Zoo n°63H6 nov/déc 2017
Zoo n°63H6 nov/déc 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63H6 de nov/déc 2017

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,7 Mo

  • Dans ce numéro : se barre à Zanzibar.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 zoom Les mille et une vies des urgences, de Beaulieu et Mermoux De son quotidien LES MILLE ET ME YitS DIf RGENCES 14. ‘.t aux urgences, Beaulieu a fait un blog en 2012, ÿ Alors voilà Ÿ, devenu un livre et maintenant adapté en BD avec Mermoux. Drôle, humaniste, pathétique, ironique, le ballet des soignés et des soignants prend le tempo de lÊhôpital, battant le rythme dÊun temps à part, celui où lÊon est en état de force ou de faiblesse, de la maternité à la gériatrie. Baptiste a pris lÊhabitude dÊexorciser le poids de sa routine par écrit et évite dÊoublier pourquoi il est devenu médecin. Si vous le connaissez, vous serez heureux de le retrouver en images, même si sa plume originale reste plus remuante que la BD. Devenu depuis généraliste en cabinet, Baptiste Beaulieu vient aussi de sortir un roman et ressemble de plus en plus à Bruno Sachs, le médecin du roman de Martin Winckler qui puise la force de continuer dans lÊécriture ! Rue de Sèvres, 232 p.couleurs, 18 € HÉL˚NE BENEY En cuisine avec Kafka, de Tom Gauld Érudits, cyniques, drôles, décalés, les strips de lÊartiste anglais Tom Gauld ravissent les lecteurs dominicaux du Guardian, mais aussi ceux deM, le blog du Monde, les lundi et jeudi. Réunis ici en album, tout le monde pourra en profiter. La cuisine de Gauld nÊa rien à voir avec les casseroles, même sÊil cisèle son humour en quelques cases, offrant un album aux petits oignons ! Juste après Police lunaire (éditions 2024, sélectionné lÊan dernier à Angoulême), son trait fin et minimaliste nous revient dans cet élégant format à lÊitalienne pour nous offrir son troisième degré salutaire. ¤ déguster sans modération. Éditions 2024, 160 p.couleurs, 15 € HB Largo Winch, T.21, LÊÉtoile du matin, de Giacometti et Francq Premier tome depuis le départ de Jean Van Hamme, créateur de Largo Winch. Francq a choisi Giacometti, journaliste économique et romancier, pour prendre la relève. Mission accomplie ! Tout lÊesprit de Largo y est, dans un univers très bien documenté et à la portée des néophytes  : la Bourse à lÊère des algorithmes. On en sait plus sur lÊantagonisme Nerio/Largo sur les questions sociales, et notamment lÊévasion fiscale. Des sujets dÊactualité qui donnent un cadre réaliste aux aventures de Largo, qui risque son entreprise, sa réputation et même sa vie. Captivant. Dupuis, 48 p.couleurs, 13,95 € LOUISA AMARA David Sala, d’après Stefan Zweig/CASTERMAN Voilà une adaptation qui ne manque pas de caractère. Dès la couverture et les premières pages, on sÊaperçoit immédiatement que David Sala nÊa pas fait les choses à moitié en sÊemparant dÊune des nouvelles emblématiques de lÊécrivain autrichien. La qualité graphique de lÊalbum suit les traces de Gustav Klimt, Egon Schiele (tous deux Autrichiens, ce nÊest pas un hasard), Alberto Breccia ou Carlos Nine, excusez du peu. Le modelé des visages, la palette de couleurs, les décors et les paysages donnent une atmosphère au récit qui transcrit parfaitement celle du texte de Zweig. Une atmosphère pesante, portée par les souvenirs dÊun inconnu, qui par hasard vient défier et battre le champion du monde dÊéchecs lors dÊun trajet en paquebot. Comment cet homme sans antécédents en compétition a acquis une telle virtuosité ? CÊest le cflur de lÊouvrage de Zweig, qui Actu B d DANS LA TÊTE DE MONSIEUR B. Brillamment adapté par David Sala, Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig plonge le lecteur dans la pratique obsessionnelle de ce jeu, sur fond d’invasion nazie. Ou quand les échecs mènent à la schizophrénie. Superbe et éloquent. témoigne au passage – la nouvelle est écrite entre septembre 1941 et février 1942 – des pratiques des nazis. En 1938, après lÊAnschluß, Monsieur B. est en effet incarcéré par la Gestapo pour révéler où se trouvent les capitaux gérés par son cabinet de conseil. Mis à lÊisolement total, il ne doit son salut quÊà la lecture de lÊunique livre à sa disposition  : un répertoire des 150 plus grandes parties dÊéchecs. Une lecture qui le plonge dans une obsession menant à la folie. 1. C4 C5 2. CF3 CF6 3. CC3 D5 Les échecs et la folie, vaste programme. ¤ force de rejouer les parties de son livre, puis de jouer contre lui-même, Monsieur B. sÊenferme dans une schizophrénie plus efficace que sa cellule physique. David Sala parvient de manière remarquable à décrire en images ce lent processus de désincarnation. Par son découpage, mais aussi lÊincrustation de motifs géométriques dans les décors (papiers peints, moquette, tissus, tapis, couvertures) ou en arrière-plan, il matérialise lÊassujettissement du joueur à lÊéchiquier. Les 107 planches de lÊalbum offrent la possibilité dÊalterner scènes dynamiques et longues plages de lenteur. Un rythme qui est également une des forces du récit. David Sala a le chic pour dramatiser une partie dÊéchecs, sans faire décrocher le lecteur. LÊaffrontement autour de lÊéchiquier est intense, combat psychologique qui peut faire sortir lÊun des joueurs de ses gonds. LÊexpression des visages des personnages, lÊusage des gros plans, les séquences silencieuses sont autant dÊoutils pour exprimer des sensations. David Sala imprime sa patte sur cette adaptation, le secret dÊune interprétation réussie. THIERRY LEMAIRE LE JOUEUR DÊÉCHECS de David Sala, dÊaprès Stefan Zweig, Casterman, 128 p.couleurs, 20 € David Sala, d’après Stefan Zweig/CASTERMAN
Greigner et Collignon/GLÉNAT Àla suite dÊun choc à la tête, le jeune acrobate Lubin Maréchal découvre quÊil ne vit plus quÊun jour sur deux. Ou plus exactement, cÊest une autre personnalité qui prend le relais, mais impossible de sÊen souvenir. Un corps pour deux personnes en somme, chacun étant tributaire de la manière dÊemployer ce ÿ véhicule partagé Ÿ par son double. COLOCATION DIFFICILE Le Lubin dont on épouse le point de vue dans ce récit est rêveur, joyeux, sportif et volontiers fêtard. Son alter ego paraît plus pragmatique et porté par une vie professionnelle rémunératrice. La communication entre les deux Lubin parvient à sÊinstaurer par le biais de messages vidéo ou écrits quÊils se laissent lÊun à lÊautre. Si la colocation débute de façon cordiale et raisonnable (il nÊy a plus de beurre dans le frigo, pourras-tu en racheter ?) , elle va progressivement tourner au conflit (cÊest quoi cette méchante gueule de bois que tu me laisses ?). Plus ennuyeux encore, le nombre de journées octroyé à Années 1920, Paris. Tamara de Lempicka danse avec les hommes comme avec les femmes, attire les uns et les autres, peint des portraits comme des nus féminins, croque parfois ses modèles autrement quÊavec son pinceau, sort seule et rentre chez elle souvent plus tôt que la faune nocturne, retrouvant époux et enfant. Elle vit comme elle le souhaite et nÊentend pas quÊon lui dicte sa conduite. Actu B d Un véhicule pour deux conducteurs Pour son troisième album, Timothé le Boucher s’écarte quelque peu des affres de l’adolescence et se tourne vers le fantastique. Un récit tout en subtilité. la vie de chacun penche peu à peu en faveur de lÊautre personnalité de Lubin⁄ LA RARÉFACTION DE L’EXISTENCE ¤ personnalité différente, entourage différent  : Lubin nÊa ni les mêmes amis que son ÿ autre Ÿ, ni les mêmes histoires sentimentales. Ils ont en revanche bel et bien la même famille. En maître du jeu, Timothé le Boucher sÊamuse à balloter son personnage de réveils en réveils, à rythme de plus en plus espacé dans le temps, un coup auprès dÊune inconnue, un coup en famille, Lubin sÊefforçant alors de mettre à profit du mieux possible les miettes dÊexistence qui lui sont laissées. Tout au long du récit, plusieurs questions se posent  : pourquoi ÿ lÊautre Ÿ Lubin prend-il le pas sur le ÿ vrai Ÿ ? Est-ce réversible ? SÊagitil dÊune maladie mentale ou dÊun phénomène surnaturel ? Le Boucher prend soin de ne jamais répondre franchement, préférant insinuer et Virginie Greiner et Daphné Collignon livrent un portrait sensible et sensuel de Tamara de Lempicka, femme résolument libre et peintre emblématique de l’Art déco. LE REFUS DU SPECTACULAIRE Le récit, sobre, refuse le spectaculaire. SÊen tenant aux faits, pensées, attitudes et gestes, il met en lumière une existence incandescente et fascinante sans accentuer la dimension sulfureuse de la personnalité de Tamara de Lempicka. Si la fin, convenue et un peu mièvre, est décevante, elle nÊéclipse pas lÊensemble de lÊalbum qui, le plus souvent, est tout à fait passionnant. Le dessin de Daphné Collignon distille élégance et fragilité. LÊépaisseur de son trait varie parfois et cette vibration pleine de vie colle à merveille à lÊexistence de Tamara de Lempicka. La mise en couleur utilise une palette assez réduite (gris, ocres, marrons, roses⁄), mais riche par les effets quÊelle produit  : un très beau travail sur la lumière, des ambiances feutrées et délicates. Tout au long de cette biographie posée, le feu couve bien souvent sous la glace. Il en résulte un album dÊune belle intensité qui, outre ses qualités propres, a le mérite de mettre en avant une laisser la porte ouverte à diverses interprétations. Ces jours qui disparaissent se montre à la hauteur de son ambition. On y retrouve le sens du dialogue et la finesse psychologique quÊon avait constatés dans les deux précédents albums de lÊauteur 1, mais Timothé le Boucher parvient en plus à étirer sur une vie entière une véritable réflexion sur les choix de vie et la dualité de lÊêtre humain. Ce brillant roman graphique confirme un auteur qui, on le souhaite, nÊa pas fini de nous épater. OLIVIER PISELLA 1 Qualités qui ne sont pas sans rappeler celles de Max de Radiguès. CES JOURS QUI DISPARAISSENT de Timothé le Boucher, Glénat, 192 p.couleurs, 22,50 € Le désir, cet outil des peintres Pensez au ry-irne qu'il aut insugler sur le tiebleau. Travaillez vos diagonales... artiste importante, par sa démarche peut-être davantage encore que par son fluvre. BORIS HENRY TAMARA DE LEMPICKA, UNE FEMME MODERNE de Virginie Greiner et Daphné Collignon, Glénat, 56 p.couleurs, 14,50 € Timothé le Boucher/GLÉNAT Greigner et Collignon/GLÉNAT 13



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