Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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70 SCIENCES ET TECHNIQUES « Ovni potentis » ou le cave du Vatican Quand la religion entre en science, la science doit-elle entrer en religion ? Le révérend José Gabriel Funès, Directeur de l’observatoire du Vatican donne début mai un fracassant entretien à l’Osservatore Romano. Dans une grande vadrouille théologique fort peu catholique, le Révérant fait révérence à la science, admettant le calcul probabiliste qui conclue à l’existence d’autres formes vivantes dans l’univers. Selon lui, admettre certaines conclusions scientifiques n’est pas contraire à la foi ! Admettre Galilée Les sciences de l’univers intègrent l’universalité divine. Le big-bang est une thèse admissible par la foi en tant que point d’orgue de la création : c’est l’explosion du point de densité absolue et infinie de toute matière, c’est le lieu instant de la volonté divine. La thèse idéaliste du Big Bang autorise la divinisation de l’uni-versalité désormais indéniable de la matière et de ce que les humains en connaissent. Ainsi le Pape Jean-Paul II dans sa grosse bulle de 1992 reconnaît l’erreur de l’église sur les thèses de Galilée et marque ainsi la « réconciliation » entre la science libérale et la foi morale religieuse. Allégeance du religieux à la vérité scientifique, ou allégeance de la science à la loi divine ? De toute façon, le capitalisme mondialisé nécessite la mobilisation de tous les appareils idéologiques d’état dans une grande réconciliation de tous les « idéaux » du libéralisme, qu’ils soient religieux ou scientifiques. Mais si la fiction scientifique est admissible par le religieux, le Révérant, nouvel observateur de l’univers scientifique, impose ses conditions de négociation ! L’univers nouvellement probabilisé par le clergé l’autorise à revendiquer des « Aliens » non touchés par le péché originel. Si l’univers est infini, il y a bien un monde sans Eve ! Hé oui ! D’accord pour une certaine vérité scientifique, si on l’assortit du péché de vanité. Un peu satanique la connaissance ! Donc on accepte le divin Big Bang, nuancé de la honte de l’avoir inventé ; la tentation se mord la queue, le vieux serpent de mer aussi. Le péché très original Mais pourquoi donc revenir sur tant d’années de bon et déloyal obscurantisme et accepter soudain une certaine « vérité scientifique » ? L’état du Vatican est entré aussi dans la loi du marché. Ne dit-on pas que la religion catholique « se vend mal » en ce XXI e siècle ? Pour pasticher Sempé dans son album L’information consommation paru en 1968 : « En matière de morale il n’y a qu’un seul impératif… c’est vendre. » Comment nier que le benoît pape se déplace en papamobile à fenêtres blindées, que l’épiscopat déblogue complètement, que le religieux se cybernétise ? Si la religion obéit aux lois scientifiques économiques du marché, elle doit préserver la culpabilité qui est de toute éternité l’opium dont elle a toujours endormi ses brebis. Si le religieux admet les lois économiques pragmatiques de la production, il doit parallèlement culpabiliser tout autre d’en bénéficier. L’humain jouit de la connaissance mais doit se morfondre, se flageller de le faire. Car si l’humanité est une parcelle du divin Big Bang, elle a commis le péché mortel d’en formuler la thèse. C’est à l’homme de Neandertal qu’il faut jeter la première pierre taillée ! C’est sans doute à cause de cette faute première qu’on doit la papamobile et le cortège spectaculaire des fastes du Vatican, peut-être aussi la carrière précoce de Jean-Paul II au cinéma, ou les expériences politiques sulfureuses du pape actuel durant la dernière guerre mondiale. De la Maison Blanche au Vatican en passant par l’Elysée ou Bruxelles, la religion de l’innovation est l’âme du libre échange, de la création d’emploi (non plus du travail), du pouvoir d’achat (non plus des salaires), de la croissance (non plus de la satisfaction des besoins humains). Toute vérité scientifique n’est pas bonne à admettre. Seule la science fructueuse et payante est bonne, le reste n’est que vanité, la tentation du démon, le fruit de l’arbre de connaissance. Benoîte ascèse Ainsi il existerait au fond du siècle des siècles-lumière de l’univers, un Tonkin Prod.
71 être divin vierge de toute connaissance. Heureux l’alien simple d’esprit, imagine l’abbé Funès ! L’exception qui confirme la règle. Un être pur de toute contradiction, un prolétaire idéal obéissant à toutes les oukases de la production du grand marché intersidéral, sans faire grève, sans salaire, un esclave de la divine croissance, un divin abruti, quoi ! Le rêve ! Car admettre l’Eden extra-terrestre confirme l’immanence de la punition divine sur l’humanité critique. Il s’agit là de faire accroire que l’être unique, harmonieux, infiniment réconcilié avec luimême dans une absolue méconnaissance du grand Autre est objet divin. En contrepoint, la contradiction motrice de toute pratique critique de connaissance est satanique, pécheresse. La contradiction dialectique (en pratique formelle et définition critique de cette pratique) devient dès lors une forme déviante. Nécessité dialectique Or il ne peut y avoir de production scientifique sans que la contradiction dialectique entre pratique et théorie soit questionnée. La quête de l’humanité pour l’amélioration de ses conditions d’existence est motivée par le questionnement des contradictions essentielles entre le monde qui l’entoure et ses pratiques immédiates. L’universalité de la contradiction est l’unique moteur de l’évolution du vivant et de sa conscience. De la pointe de flèche en silex à la machine outil, l’humain pense et critique. De la découverte de la distinction des sexes aux fantasmes de toutes ses représentations, les humains désirent, souffrent et n’ont pas à s’en culpabiliser car c’est l’humanité même. S’il existe d’autres formes de vie dans l’univers sans Big Bang, soyons sûr qu’elles résultent des mêmes contradictions intrinsèques qui nous fondent et qu’elles aussi désirent l’Autre. La distinction des sexes dans l’ordre du vivant nous le prouve, n’en déplaise aux caves du Vatican. YVES BERCHADSKY Heureusement que Monsieur Homo Erectus, notre lointain cousin, ne se doutait pas qu’une branche d’illuminés enluminés de sa descendance le blâmeraient de s’être, en l’an de vache maigre « moins 700.000 », creusé les méninges à inventer la pointe de flèche qui allait sérieusement améliorer son ordinaire et par voie de conséquence le nôtre. On peut d’ailleurs se demander si les fameux enluminés auraient pu débiter leurs inepties sur le péché originel de connaissance si les ancêtres blâmés ne l’avaient commis. Quadrature du cercle ou plutôt paradoxe d’un « savoir ne pas savoir ». En tout cas si d’aventure estivale vos pas et les bâts de votre âne (compte tenu du prix des carburants) vous poussent vers le magique pays du bas Verdon, n’hésitez pas, entre parties de grimpe ou de pêche, à commettre sans retenue tous les péchés originels. Découvrez ou faites découvrir à vos enfants et amis le Musée de la préhistoire des Gorges du Verdon à Quinson. Dans une architecture exceptionnelle pour sa modernité et sa complète fusion avec la beauté minérale du site, vous cueillerez avec émotion et délice les fruits défendus du verger de la connaissance de l’homme par l’homme. Au travers de salles d’exposition « vivantes » vous vous baladerez sur les chemins d’un million d’année d’édification de l’intelligence industrieuse. L’originalité pédagogique de ce lieu réside dans le parti pris scientifique de ses créateurs de faire comprendre Au programme Avant l’histoire ? Musée de Préhistoire des Gorges du Verdon X-D.R « l’humain » en tentant de reconstituer une image de ses pratiques à partir des vestiges, des traces de son industrie, en tant que seule connaissance immédiate d’une intelligence passée. Reconstitutions de village rupestre, animations d’ateliers pratiques… glissez-vous dans les pelisses de l’homme de Neandertal… partez à la redécouverte de la prime gestuelle enfouie en vous et qui est la base de toute vos connaissances. Allez, en famille, aérer vos consciences et cultiver le geste premier cet été à Quinson. Y.B. Musée de Préhistoire des Gorges du Verdon Route de Montmeyan - 04500 QUINSON 04 92 74 09 59 En juillet et août, musée ouvert tous les jours de 10h00 à 20h00 sans interruption. http://www.museeprehistoire.com Candidatez ! Dans Zibeline N°2 nous annoncions la deuxième édition des Rencontres Internationales Sciences Cinémas (RISC) au mois de novembre 2007. L’Association Polly Maggoo organise dès maintenant la 3 e édition de ces Rencontres. Zibeline se fait le relais de l’appel à candidature de cette Association auprès des professionnels du cinéma pour la sélection du programme du prochain festival qui se tiendra cette année à Marseille du 13 au 16 novembre 2008. « Tous genres de films (documentaires, expérimentaux, fictions, art vidéo, animation...) dont le sujet est directement ou indirectement lié à des thématiques scientifiques (sciences fondamentales, sciences du vivant, environnement, sciences humaines et sociales...) sont éligibles. » Y.B. Informations, règlement et formulaires sur le site http://www.pollymaggoo.org/doc_polly/risc-2008.html Date limite d’inscription des films : 15 juillet 2008



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