Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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64 LIVRES POÉSIE HISTOIRE MUSIQUE Une parole en marche ! Hélène Sanguinetti vient de publier son dernier recueil. Prose poétique, poème, chant, mélopée, prière ? Tout à la fois et autre chose encore Une parole qui semble venir de très loin, des origines, s’est mise en marche à l’âge de 12 ans alors que la petite Hélène écrivait son premier poème pour faire comme ses frères, « un poème pour être lu à voix haute », et ne s’est jamais arrêtée, jamais tue. Et quiconque a entendu Hélène Sanguinetti lire un de ces textes ne l’oubliera pas : elle connaît l’art de rendre présents les mots et les images, les éclairant, les mettant en scène par la seule magie du verbe, comme une incantation. Ses textes nous transportent dans l’univers des contes. Au détour des pages on rencontre des guerriers fatigués par trop de luttes, des berceaux, des fées, des jeunes filles, des mendiants, des nourrices... ; mais aussi on croise des ânes et des agneaux, des abeilles ou des grillons, tout un bestiaire ; on respire la menthe, le fenouil, le basilic ! Car selon le mot qu’elle s’est choisi, son univers est celui de la « concrétude », un monde physique ancré dans le quotidien : « Le réel m’a traversée ! ». Elle est ainsi happée par les êtres qu’elle croise, toute une foule sur sa route. Le poème s’en fait le témoin, et la poète le médium qui accueille et transmet avec parfois humour et dérision ces presque « riens », selon le mot qui lui est cher. Au fil des pages les mots n’occupent parfois qu’une colonne, et l’espace blanc offre sa respiration ; la syntaxe, bousculée, supprime les déterminants ou les prépositions ; ses livres finissent souvent par des virgules, pont entre les textes pour de futurs rendez-vous ? CHRIS BOURGUE S’approprier l’Histoire Quel est le point commun entre Dreyfus, Guy Môquet, Maurice Barrés, Léon Blum, Jules Ferry, la colonisation, le Général De Gaulle… ? Nicolas Sarkozy ! Dans leur ouvrage Comment Nicolas Sarkozy écrit l’Histoire de France, Laurence de Cock, Fanny Madeline, Nicolas Offenstadt et Sophie Wahnich, membres du CVUH (comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire) nous proposent d’y voir un peu plus clair, sous la forme d’un dictionnaire critique très bien documenté, sur tous ces personnages sans cesse cités, associés, mélangés. En effet, que ce soit en campagne ou bien depuis son élection, il a inlassablement multiplié les références historiques. Certes l’exercice n’est pas nouveau, puisque ses prédécesseurs ont « parsemé leurs interventions de rappels de l’histoire de France ». Cependant, ce qui étonne chez Nicolas Sarkozy c’est cette volonté de faire cohabiter de grandes figures historiques, décontextualisées, afin de construire un nouveau rêve national dépolitisé s’adressant à tous les Français. Orchestrée par Max Gallo et Henri Guaino, cette stratégie a pour but de capter les valeurs historiques de la gauche pour semer le doute dans les repères mémoriels. Le meilleur exemple sont les références très fréquentes à Jaurès (figure emblématique socialiste du XIX e siècle) : il va même jusqu’à réclamer une filiation. Cette « stratégie historique » vise ensuite à flatter l’orgueil local en citant inlassablement les héros locaux et ainsi réécrire une identité nationale ancrée dans l’histoire locale. De plus elle permet de faire oublier le clivage droite/gauche pour présenter une France consensuelle. Enfin, cette tactique permet de créer une filiation avec ces figures historiques, et de s’inscrire ainsi dans cette marche de l’histoire. Il faut toutefois ne pas se méprendre. Loin de lui l’idée de renier son appartenance politique. Bien au contraire, cette instrumentalisation permet à Nicolas Sarkozy de s’ériger en leader d’une droite républicaine présentée comme progressiste. À la lecture de cet ouvrage, relativement abrupt, on mesure mieux les desseins nationaux de Nicolas Sarkozy. Une question se pose alors : et si Nicolas Sarkozy HdldaeSanqumunl Ld Ndros wainm.,o Hélène Sanguinetti a proposé une lecture en Arles chez Harmonia Mundi le 6 juin COHfNfF : 11(f11.:1A >:1HNI ! UT 1.']I1 ? 1-01— ➢L iH:iNil : l Le héros Hélène Sanguinetti éd. Flammarion, 17 euros réécrivait l’histoire ? cette histoire que l’on enseigne à nos enfants résumerait désormais « l’héritage africain à la musique », « le communisme au totalitarisme », « le choc des civilisations au péril de demain », « la liberté au libéralisme », « le soixante-huitard à l’ennemi de la République » … Le terme de vigilance n’a jamais été autant d’actualité ! FABRICE BARTH Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France Laurence De Cock, Pierre Schill et Eric Soriano Ed. Agone, 15 euros Rock’n roll will never died ! La maison d’édition marseillaise Le Mot et Le Reste continue de publier des ouvrages de qualité sur les musiques actuelles, et plus particulièrement sur le rock’n roll. Révolution Musicale du tout jeune professeur de lettres Guillaume Ruffat enseigne qu’il n’est pas nécessaire d’avoir vécu la fin des sixties pour analyser avec pertinence le foisonnement artistique que représentent les années 67, 68, 69 de Penny Lane à Altamont. Du flower power au sex, drugs and rock’n roll, une approche sociologique précieuse nous plonge dans ce monde mythique encore appelé rock and roll, des premières communautés hippies à la guerre du Vietnam, des nouveaux courants musicaux, psychédéliques ou expérimentaux aux prémices du hard rock et autres tentatives électroniques, sans oublier les substances licencieuses et les festivals incontournables. Ou meurtriers, comme le festival d’Altamont qui fit sonner le glas par son effervescence autodestructrice. Quelques 90 albums sont proposés et présentés en regard de cette analyse fort instructive. Chefs-d’œuvre reconnus (Doors, Stones, Beatles…) ou trésors souvent méconnus (Stooges, Grateful Dead, et même… Pierre Henry avec son fameux Psyché Rock), ces 33 tours présentés avec leur pochette originale sont témoins d’un paysage sonore et social en pleine mutation. La révolution musicale du rock se dévore au fil des pages ! FRÉDÉRIC ISOLETTA REVOLUTION MUSICALE Révolution Musicale Guillaume Ruffat Ed Le Mot Et Le Reste, Coll. Formes, 23 euros
ÉCONOMIE PHILOSOPHIE LIVRES 65 Foucault l’insupportable Le concept chez Foucault vient bousculer les évidences de l’histoire positive, et la généalogie historique corroder les universaux dont la philosophie se prévaut Ce livre rassemble des articles sur les « gestes, luttes, programmes » du philosophe. Car ce qu’il y a d’insupportable chez Foucault c’est qu’il parle du langage en y introduisant l’évènement, le politique, l’histoire, et ceci à rebours de la philosophie analytique à la mode, en prenant au sérieux le discours des perdants, des fous, des enfermés, des délinquants. Ceci pour construire une théorie du pouvoir contre une posture philosophique qui a fait des concepts juridiques les catégories directrices de toute réflexion sur le politique. En bref, dans Surveiller et punir par exemple, Foucault sort du piège humaniste et re-politise la question de la prison : ce bouleversement radical devait être enterré, tant sa vérité était insupportable, et l’est d’autant plus aujourd’hui où l’on surpeuple les prisons par un emprisonnement de la société comme il le dénonçait déjà 30 ans auparavant. Inadmissible encore cette pensée du libéralisme chez Foucault, qui n’est pas rapportée aux lieux communs de la liberté ou de l’économie, mais à l’aune des transformations précises dans l’art de gouverner. Ce livre parcourt ainsi les rires du philosophe, lieu d’ouverture de la pensée mise en branle dans l’étonnement, mais aussi les risques de l’intellectuel sur le terrain du terrorisme : on se rappelle son engagement sur l’affaire des Fractions Armées Rouges et du cas Croissant, au moment de la brouille avec Deleuze… RÉGIS VLACHOS NH IEIPPE ARTIÉRES MATHIEU POTTE-BONNEVILLE LJN<`rr l7 hh W 1.E/i Organisation Globalement Monstrueuse On essaiera de ne rien dévoiler de la trame narrative, investigatrice et policière de ce documentaire fondamental et terrible. Autre précaution qui est de l’ordre de l’injonction : même si ce film est passé il y a deux mois sur Arte, il faut absolument le donner à voir, à revoir, à tous. C’est une entreprise salutaire que de comprendre et faire partager collectivement ce qui fait le fonctionnement de notre monde. Rien de moins. Son actualité est brûlante : Marie-Monique Robin vient de témoigner il y a quelques jours au procès des OGM ; son enquête est on ne peut plus rigoureuse et approfondie : les OGM sont un danger pour la planète, une véritable hérésie. Les mots ne sont pas assez forts pour Penser la décroissance Il s’agit d’une réflexion aux frontières confondues de la philosophie et de l’économie : que nous faut-il pour être heureux ? Quel est le but de l’humanité ? Être ou avoir ? Ces questions, comme tout questionnement philosophique, sont en fait sous-tendues par une critique préexistante : nous ne pouvons plus continuer à vivre comme cela. C’est tout l’objet du projet global de Serge Latouche que de donner à penser avec des précisions chiffrées. Notre modèle économique et ces objectifs servent les intérêts de minorités dominantes et pas de la population planétaire. Le PIB réel de la France a été multiplié par 12 entre 1900 et 2000 : vivons nous 12 fois mieux ? Même si l’on admet que l’on vit deux fois mieux, où est cette plus qualifier l’insupportable, l‘inadmissible : Monsanto fait son fascisme de chemin qui consiste à s’ap-proprier le vivant en ruinant et exterminant des centaines de milliers d’agriculteurs dans le monde, et en truquant et trompant les enquêtes scientifiques ; insupportable aussi que l’on rencontre des défenseurs de cette technique entièrement soumise à une multinationale ; écœurant que les politiques se fassent acheter, que le sénat français se plie aux intérêts économiques… Face à la clarté de la démonstration et des faits ne peut être ainsi opposé aucun argument - comme nous le démontre Duval MC sur un autre sujet, somme toute si proche(page 66) : à certaines vérités ne peuvent être opposées value de fois 6 ? Il faut 5 mètres carrés de forêt pour absorber le coût énergétique d’un litre d’essence consommé. L’absurdité écologique est connue mais rien n’y fait : « le capitalisme est un géant déséquilibré qui reste debout grâce à une course perpétuelle qui détruit tout sur son passage. » : bien vu. « L’horreur économique » est toujours d’actualité : nos vaches européennes touchent deux euros de subvention par jour, soit plus que ce que gagnent 2 milliards 700 millions d’humains sur la planète ! La décroissance c’est quoi alors ? C’est bénéficier du progrès technologique en le débarrassant de son pouvoir destructeur, lié à la croissance, c’est-à-dire actuellement à l’accumulation de richesses par des multinationales. Le concept de LE MONDE SELON MONSANTO DE GD@IgNE AUX Dalk UNE MULTI NATIONAL Qu1 VOLE VE ur 0u BIEN N16 Le pari de La décraissanc L D’après Foucault Philippe Artières Mathieu Potte- Bonneville Les prairies ordinaires, 22 euros que la dissimulation ou la négation péremptoire. On le redit, c’est 15 euros de clairvoyance. RÉGIS VLACHOS Le monde selon Monsanto DVD, 15 euros décroissance a pour trame directrice celle de tout projet intellectuel abouti : il faut savoir, penser, puis lutter. R.V. Le pari de la décroissance Serge Latouche Fayard, 19 euros



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