Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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06 MANIFESTATION B.J.C.E.M Tous les tons de Bari La Biennale des jeunes créateurs s’est déroulée du 23 au 30 mai à Bari, dans les Pouilles. Une manifestation que Marseille aimerait bien accueillir en 2013… La Biennale est un très beau moment accordé à la jeune création, c’est-àdire à l’avenir de l’art. Cette treizième édition a réuni plus de 800 artistes pendant dix jours. Tous avaient moins de trente ans, et beaucoup étaient bourrés de talent… On y a vu des propositions artistiques étonnantes d’inventivité et… de maturité ! Et d’autres qui, trop amateurs, souffraient d’une confrontation avec des œuvres véritables. Pourquoi ces différences de niveau ? D’une part parce que la Biennale est un réseau non pyramidal, sans directives autoritaires : un tissu d’associations qui obéissent à une charte commune et à des critères de sélection, mais sans contrôle central. Aussi certains pays sont représentés par des opérateurs culturels très efficaces, qui font un appel à candidature large et bien relayé, et une sélection pertinente ; et d’autres sont plus artisanales. Sans parler des différences de moyens : le papier Canson en lieu de toile de MohammedAhmedHawajri, Palestinien qui travaille au centre culturel français de Gaza, ne relève sans doute pas d’un choix esthétique… Mais visiblement une autre raison à ce déséquilibre vient d’un problème de proportion entre les arts : les arts visuels (arts plastiques, appliqués, vidéo, cinéma, design) se taillent la part du lion, tandis que les propositions spectaculaires sont rares : dix chorégraphes, guère plus de musiciens, encore moins de théâtre… Il est plus facile d’exposer 650 artistes visuels que de faire voir 50 spectacles ! Du coup la Biennale n’attire pas vraiment les jeunes talents de ces arts dits vivants, et nombre de spectacles étaient particulièrement ratés… On aurait rêvé d’entendre des musiciens qui maîtrisent leurs instruments, et de voir des danseurs qui ont un peu de technique, plutôt que de subir au mieux du mauvais rock, et de la danse et du théâtre d’avant-garde… des années 70 ! Peut-être que les sélectionneurs dans leur ensemble hantent davantage les galeries que les salles de spectacles ? Images particulières Car en revanche les propositions visuelles témoignent de la vitalité de la jeune création contemporaine. Et de sa variété. À Bari elles ont bénéficié de lieux d’exposition vastes, bien éclairés, à la neutralité grise qui mettait chaque proposition en valeur, malgré un léger manque de recul. Et une drôle d’habitude des visiteurs d’aller toucher les œuvres, quitte à les abîmer bien souvent ! Les œuvres méditerranéennes, surtout celles du Sud, sont souvent politiques, douloureuses, autour de questionnements sur l’oppression, la femme, la domination. L’histoire. Celles de l’Est se posent des problèmes de frontières, de mémoire, d’ethnies, de guerre. D’histoire. Celles du nord de l’Europe ont généralement plus de questionnement formel ou psychologique, métaphysique. Des histoires. Une géographie marquée, qui contredit l’idée d’une mondialisation des pensées, et cartographie une typologie des souffrances… Car la Biennale, au-delà du tremplin qu’elle peut constituer pour les jeunes artistes, relève depuis sa création un défi utopique. Son expansion actuelle, et son ouverture aux pays du Nord Européen, risque de modifier son équilibre en déplaçant son centre de gravité vers des pays riches. D’autant que le rêve d’une Biennale sur la rive Sud, depuis l’échec d’Alexandrie, semble peu réaliste. Dommage ! Car si les artistes d’Europe occidentale ont bien souvent un langage plus accompli, et des moyens techniques plus adéquats, leurs œuvres sont parfois plus anecdotiques… du moins à nos yeux d’européens occidentaux ! AGNÈS FRESCHEL www.bjcem.org Quelques œuvres marquantes Des installations interactives : Celle du Français Pierre Andrieux, amusante, vous transformait en Dompteur, et nécessitait de s’époumoner, longtemps, dans un micro, pour faire décoller un homme sur un écran ; dans celle du Portugais André Sier, plus complexe, quatre micros captaient des sons, les déformaient, les mêlaient à des boucles préenregistrées et les diffusaient dans des enceintes pleines d’eau ; les ondes sonores faisaient vibrer de la surface de l’onde liquide, et le processus avait quelque chose d’alchimique, qui transmute le son en friselis d’eau… De nombreuses œuvres qui interrogent l’image sociale de la femme : Les photographies de l’Egyptien Mohamad Al Sfaraby qui travaille autour du péché originel, de la pomme, du voile, de l’interdit ; celles de la Belge Kim Engels, qui photographie Le Bureau des questions, Maya Pasternak X-D.R Espaceculture des portraits de femmes au regard direct, avec et sans foulard, nous demandant d’interroger cette différence ; la vidéo d’Elena Rossella Lana, italienne, particulièrement bouleversante. Projetée sur un lit, une image de femme alitée s’y déplace comme dans un jeu vidéo, le Tetris : les femmes s’accumulent en bas de l’écran et tombent lorsqu’elles sont alignées ; puis des femmes courant comme les personnages virtuels essaient d’atteindre le haut de l’écran, s’égarent, heurtent les parois ; une candidate y parvient en fait, rejoignant enfin le ventre originel, la matrice féminine (Dieu est une mère ?), siège de tous les cauchemars, et lieu d’une nouvelle naissance (New Birth). Car les femmes aussi naissent du ventre des femmes. Des œuvres politiques : Le Bureau des Questions de Maya Pasterniak, qui vit en Israël, recueillait sur machine à écrire désuète (celle des commissariats glauques ?) les questions les plus diverses sur Israël, et affichait, avec une neutralité toute factuelle, ces interrogations si simples (Quand quitterez-vous les territoires occupés ? Que pensez vous de la politique Syrienne ?) sur un mur des réclamations. Le film Green Border des Croates Nikica Klobucar et Tomislav
s Elena Rossela Lana X-D.R Soban interroge la séparation entre Slovénie et Croatie, et les déplacements de population, tandis que le Slovène Matjaz Ivansin raconte l’introduction dans une famille catholique d’un petit ami inattendu… Certaines œuvres allient ce questionnement politique à des interrogations personnelles : Juan Enrique Sanchez Aragon construit une image marquante : un gigantesque drapeau américain, dont les bandes blanches sont des extraits de presse, les bandes rouges des photographies violentes. Par-dessus les bandes son propre visage, un cri expressionniste, douloureux, envahi. Plus impressionnant encore le travail d’Hetain Patel, Indien vivant en Angleterre : dans Musulman, son propre torse projeté sur quatre vidéos coordonnées construit une œuvre sonore (clapping) formellement parfaite, très personnelle, et universelle, parce que son questionnement identitaire recoupe les problèmes du monde : dessinant dans son dos un croissant rouge et sur son torse une croix sanglante (celle des Templiers ?) il construit un crescendo de métaphores limpides et inépuisables, sans didactisme… Une œuvre musicale : Le Français Matthieu Hours, tout juste sorti de la classe d’électroacoustique du Conservatoire de Marseille, a produit une pièce démontrant son savoir-faire. Malgré l’agaçant rituel qui poussait les auditeurs à mettre leur masque noir comme à Disneyland (est-il si difficile de demander à des gens d’écouter sans spectacle ? les concerts d’électroacoustique existent depuis 50 ans…), Octo se révéla une belle œuvre, fondée sur des sons réels synthétisés très habilement spatialisés. Le répertoire de sons était riche, varié ; certains, reconnaissables, rappelaient le réel, d’autres analysés, projetaient les auditeurs dans l’essence du son, ses composantes, ses dynamiques, ses timbres et ses couleurs. L’ensemble manquait peut être un peu de trajet… mais confronté aux quelques exhibitions de « musique » proposées sur la scène par des groupes ou des chanteurs dont le look et l’attitude (décevante ou amusante) comptaient davantage que la production sonore, on comprenait que l’on était justement dans de la musique. Qui en principe s’entend plutôt que de se voir… A.F. Hetain Patel X-D.R.'.'r'. : ; p.. ` t I"._ !'. S.+j 1t.'a. Festival de Martigues danses, musiques et voix du monde 21 > 29 juillet 2008 ww w.fe st ivai de m art ig u es.com réservations 04 42 49 48 48 g^rtlp CPS Slat - réservations 04 42 49 48 48



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