Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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58 LIVRES SALON FOTOKINO Femmes libres ? Le 7 juin se clôturait Lire ensemble, manifestation organisée par l’Agglopole Provence et qui se déroulait sur les 17 communes de la communauté d’agglomération Salon - Étang-de-Berre- Durance Le Château de l’Empéri, à Salon, accueillait la journée de clôture. Dans ses cours et ses allées, auteurs, lecteurs, spectateurs, acteurs, conteurs et artistes en tous genres se croisaient, discutaient, et luttaient contre le vent en buvant un thé au soleil. Femmes en Méditerranée, annonçait cette édition. Cet après-midi-là, deux tables rondes abordaient l’état des littératures féminines en Méditerranée aujourd’hui et le désir, le plaisir et l’amour en Méditerranée. Pour la première, autour de la modératrice Catherine Mézan, des femmes auteures (Karima Berger, Fatima Besnaci Lancou, Dominique Sigaud), éditrice (Behja Traversac), et une comédienne qui lira quelques extraits de leurs écrits. Elles poseront la question des libertés, de « la liberté magnifique » que peut procurer l’écriture, le simple fait de montrer qu’« une arabe sait et peut écrire » ; de la nécessité pour Behja Traversac de créer « un pont poétique entre l’Algérie et la France » avec les éditions Chèvre Feuille étoilé ; de « l’immémorialité de l’absence, intériorisée jusqu’à devenir normalité » ; d’une parole, et notamment dans les familles harkis, qui a du mal à sortir quand la principale préoccupation dans les camps est de survivre à sa situation matérielle, au rejet de la population… Alors l’écriture libère, devient témoignage, exutoire de violences, de haine, d’exil, une possibilité de s’exprimer qui n’a pas de prix. Les femmes du livre sont des femmes libres, une fois la parole entendue. villes méditerranéennes au travers d’écrits féminins pose souvent la question de la domination masculine sur une liberté sexuelle qui ne serait qu’espérance. Comment instaurer une égalité homme/femme, aller à l’encontre de l’islamisation forcenée de ces sociétés qui -est-ce paradoxal ? - offrent dans le même temps des espaces de liberté sexuelle de plus en plus important ? Retour, encore et toujours, sur la question de la liberté sexuelle, indissociable de toutes les autres libertés, sur la place à laisser à l’amour qui, lorsqu’il n’en a pas, « coupe un individu en deux, empêche sa créativité ». Entre combat D.M féministe, politique, et révolution sociale qui pourraient faire voler en éclat une tradition aliénante, la religion pose la domination masculine comme légitime. La seule liberté alors serait-elle de « rêver le paradis » ? Présent lors du débat, le plasticien Rachid Koraïchi l’était aussi dans cette salle des gardes du château avec une exposition des originaux qui illustrent un recueil de poèmes adaptés par MohamedKacimi (éd. Thierry Magnier). Superbe travail de calligraphe, même s’il s’en défend, voulant donner à voir plus qu’à lire, Bouqala, chant des femmes d’Alger montre ce jeu traditionnel de divination créé à l’origine par les femmes d’Alger. Chacune des femmes devait déposer un bijou dans un récipient en terre, et après la lecture par l’officiante du poème, une jeune fille prenait au hasard l’un des bijoux, sa propriétaire s’efforçant alors d’interpréter le présage de bon ou mauvais augure. L’amandier fleurit au printemps La lune découvre sa lumière Les joues rougissent de pudeur Devant l’amant qui se trahit. DOMINIQUE MARÇON 1 if. t t Humanité L’association Fotokino, qui propose chaque année des ciné-contes lors de sa manifestation Laterna Magica, les prolonge durant l’année en collaboration avec le théâtre du conte La Baleine qui dit « Vagues ». Le 20 juin, le chefd’œuvre du réalisateur italien Vittorio de Sica, Miracle à Milan (Palme d’or à Cannes en 1951), sera projeté de façon particulière, dans un spectacle qui mêle cinéma et spectacle vivant à la façon des représentations des Lanternes magiques. Le conteur Laurent Daycard ouvrira la séance par des contes qui introduiront le film. Fable allégorique qui oppose les riches et les pauvres, Miracle à Milan est à mi-chemin entre le néo-réalisme et la fable fantastique : Toto, naïf et innocent garçon né dans un chou, se retrouve à l’orphelinat à la mort de la vieille Lolotta –aux pouvoirs magiquesqui l’a élevé. Adulte il ira vivre dans un bidonville avec ses compagnons d’infortune, jusqu’à la confrontation avec de méchants riches soudainement intéressés par le terrain qu’ils occupent qui se trouve être rempli de pétrole… C’est une colombe magique, envoyée des cieux par Lolotta, qui permettra aux bons de triompher, et à de Sica de délivrer son message humaniste… D.M. Miracle à Milan sera projeté le 20 juin à 21h à La Baleine qui dit « Vagues » 04 91 48 95 60 www.labaleinequiditvagues.org Miracle à Milan Usages amoureux en Méditerranée La deuxième table ronde, qui réunissait Minna Sif, Wassyla Tamzali, MohamedKacimi et Rachid Koraïchi, fut moins légère que son intitulé ne le laissait présager. Car parler d’usages amoureux dans les grandes Lire ensemble s’est déroulé sur le territoire d’Agglopole Provence du 23 mai au 7 juin
MARTIGUES LIVRES 59 Bâtir l’utopie La cinquième édition de l’Odyssée des lecteurs s’est déroulée avec plus de succès encore que les précédentes co Polyphonie martégale Ils étaient heureux, les gens de Martigues, et la grande salle du Théâtre des Salins était pleine à craquer. Un public inhabituel, pas très sage, quelque peu chahuteur. Ma voisine était venue applaudir son fils joueur de doukdouk ; d’autres étaient là pour entendre leurs mots repris, amplifiés par la scène, pour voir ce qu’on avait fait de leur vie, de leur parole ; et ils ne se privaient ni de commentaires, ni de rires, ni d’applaudissements. Le spectacle était aussi dans la salle pour ces deux représentations de L’Amour fou. Les textes sont condensés en une heure et demie de spectacle. Une heure trente d’épopée modeste des gens d’ici. Michel André, dont on connaît le goût pour les écritures du réel, a accepté le défi de monter, en un temps record, cette mosaïque, Odyssée des lecteurs le 22 mai X-D.R de lui donner une unité, un tempo, un cadre dramatique. Il y a plutôt bien réussi. Le spectacle débute dans l’ombre tutélaire de l’enfant célèbre du pays : Félix Ziem, par la voix de Michel Crespin, redit son amour fou de Martigues, « mine entière de richesses superbes ». Ce préambule donne le ton. C’est bien de passion, et d’utopie, et de beauté, et de bonheur qu’il sera question. En dépit des pollutions, de la précarité, des violences de la vie. Sur le plateau, des plates-bandes plantées de gerberas rouge vif symbolisent l’énergie martégale et le rêve d’un petit coin de paradis. Deux acteurs professionnels, Josette Lanlois et Théo Trifard, ont accepté l’aventure. En moins de trois semaines, ils ont appris les textes et sur scène, ils incarnent tour à tour Il n’était pas facile d’accéder à la Halle durant ces cinq jours, entre les groupes scolaires, les familles écartelées par leurs désirs divers, et les stands, abondants, qui occupaient l’espace. On passait d’un bout de conférence à une conversation surprise, un dialogue impromptu, et du monde du conte à celui de l’illustration. Le livre y était exposé en objet de désir, et même si l’espace de lecture n’y était pas ménagé, les ateliers nombreux empêchaient un rapport passif et intimidé à l’écrit. Les mots s’y construisaient, s’y chuchotaient, s’y dessinaient, s’y échangeaient, s’y écrivaient, s’y traduisaient… ce qui est plus précieux encore que de les lire ! Trois événements furent particulièrement remarquables : tous les moments où le conte envahissait de ses fictions l’espace du réel, transformant la foire en scène ; le Souk de la parole, qui s’est construit puis visité au dehors (voir page 26) et les deux soirées imaginées par Riccardo Montserrat. Le projet de l’Amour Fou est singulier, généreux, important : il s’agissait de faire écrire la ville, son histoire, son éclatement, ses utopies et sa réalité sociale, culturelle… par ceux-là même qui la vivent. Riccardo Montserrat a recueilli pendant plus d’un an les paroles de ceux qui habitent les divers quartiers de la ville. Depuis le plus tranquille, Carro, jusqu’aux immigrés récents qui survivent dans le foyer d’accueil temporaire de la colline, et ceux plus anciens de Paradis Saint Roch. En passant par les employés et ouvriers de Lavera. Chacun a écrit sa fiction, comédie musicale, nouvelle, drame, récits autobiographiques… Montserrat, à partir de ces textes, a écrit sa propre utopie, en se servant aussi de celle de Ziem, l’impressionniste qui ne répugnait pas à peindre la misère (quoi de plus halluciné que les soleils couchants de l’industrie chimique) et de celle de Paul Lombard, Eti une dizaine de personnages, dont ils transmettent la parole, les aspirations. Avec une grande justesse. On écoute avec émotion le réfugié kurde, émerveillé d’être arrivé dans un pays sans guerre, les désillusions de Tania, la jeune Tchétchène… Grâce à eux, toute la ville est là, dans sa diversité, sur le plateau du grand théâtre. Et avec eux, un chœur d’habitants, des musiciens (bravo à l’accordéoniste et aux guitaristes !), une danseuse orientale, une chorale, un trio époustouflant de danseurs de hip-hop. Les images de la réalisatrice Florence Lloret, magnifiques, soulignent et transcendent l’ancrage dans le réel. Toutes les formes d’expression artistique s’interpellent ici pour donner raison à Ziem, et aux urbanistes qui rêvaient d’une Martigues radieuse. Pour faire de Odyssée des lecteurs le 23 mai X-D.R qui a voulu bâtir une ville heureuse, une anti-Sarcelle, industrielle mais heureuse… Et c’est Michel André (voir Zibeline 4) qui a, en trois semaines, mis en scène tous ces espaces de paroles, ces utopies confrontées au réel, et aux fictions engendrées par les histoires mouvementées des populations migrantes. Preuve qu’un théâtre qui s’inscrit dans la ville est possible, lorsque la ville veut être une Cité… A.F et F.R. L’Odyssée des Lecteurs s’est déroulée du 22 au 25 mai à Martigues l’Amour fou un vrai beau spectacle populaire. Et pour rappeler la vocation première, politique, du théâtre : un lieu où résonne le chœur de la Cité. F.R. L’amour fou a été créé au Théâtre des Salins de Martigues, les 23 et 24 mai dans le cadre de L’Odyssée des lecteurs Riccardo Montserrat X-D.R,



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