Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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54 LIVRES LIBRAIRIE DES 3 MAGES JEUDIS DU COMPTOIR Pour tous les goûts et de toutes les couleurs À la Librairie des 3 Mages, ce ne sont ni l’or, ni l’encens, ni la myrrhe que les Rois ont apportés, mais des albums, des livres, des CD, pour tous les jeunes lecteurs, de 6 mois à… ans. Lorsqu’il y a trois ans, l’ancien propriétaire a vendu ce fief trentenaire dédié à la littérature de jeunesse, on a eu peur un moment que l’endroit ne change, ne perde son âme. Ouf, rien de tout cela ne s’est produit. Didier de Régis, le nouveau gérant de la librairie, a conservé l’esprit du lieu. Des murs aux couleurs pimpantes, tapissés d’affiches colorées, et partout des présentoirs, des étagères, bourrés à craquer de volumes de toutes dimensions. On vient y faire un tour à l’heure du goûter, après la halte aux jeux d’enfants ou à la sortie de l’école, de la crèche. Enfants et parents prennent ici le temps de fouiner, de feuilleter, de demander conseil. Les deux filles jumelles du patron, Domitille et Sixtine, ne dédaignent pas de s’installer après le collège dans ce havre propice à l’évasion tranquille. Rien ne prédisposait Didier de Régis au métier de libraire : des études d’ingénieur, une carrière de salarié dans la finance, on est assez loin des livres de jeunesse ! C’est pourtant dans cette voie nouvelle qu’il s’est lancé lorsqu’il est revenu à Marseille, sa ville natale. Et sa ténacité semble lui réussir ; après une adaptation difficile à un environnement radicalement différent de ceux qu’il avait côtoyés jusqu’alors, il se sent aujourd’hui à l’aise dans le milieu. Il navigue avec adresse dans les catalogues et les revues spécialisées, collabore activement avec les écoles, organise des événements. Un authentique professionnel. Zibeline : Pourquoi avoir choisi le secteur jeunesse ? Didier de Régis : Cela a été un concours de circonstances ; au départ, j’étais plutôt intéressé par la littérature générale ; et puis, au fil de mes recherches, j’ai pensé que la librairie spécialisée était un choix judicieux. C’est comme cela que j’ai été amené à rencontrer mon prédécesseur et à reprendre cette librairie en 2005. Me former m’a demandé beaucoup de travail ; il faut du temps pour acquérir la somme de connaissances nécessaires à la maîtrise de ce secteur, pour explorer la presse professionnelle et s’en imprégner. Les enseignants, avec lesquels je collabore souvent, m’ont énormément guidé dans ma formation. Grâce à eux, je perçois mieux la façon dont on peut utiliser la littérature jeunesse dans l’apprentissage de la lecture et leur contact est pour moi une source continuelle de connaissances… et d’enrichissement personnel. Vous participez actuellement à la Semaine des Librairies sorcières, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette opération ? Cette opération a été initiée par l’Association des Librairies Jeunesse qui, depuis 1981, a à cœur de défendre la littérature jeunesse et aussi la librairie indépendante. Cette association regroupe 44 libraires qui ont choisi un titre, un auteur, qu’ils présentent dans leurs librairies. 44 titres différents ont donc été sélectionnés pour cette semaine de promotion, à l’issue de laquelle seront décernés les Prix Sorcières 2008. Quel album avez-vous privilégié, et pourquoi ? J’ai choisi un album d’Hubert Benkemoun qui s’intitule Moi ! J’aime bien cet ouvrage car, pour moi, il reflète bien les discours de cours de récré et l’imaginaire enfantin. Les enfants passent leur temps à raconter : « Moi, mon papa, il fait ça », « Moi, j’ai vécu ci, je suis allé là », « Moi, quand je serai grand, je ferai ça » ; bref, ils construisent avec des mots tout un monde imaginaire auquel finalement ils croient. Benkemoun traduit cette réalité dans son album, pour en conclure que tout cet imaginaire mis en branle par les mots, on le retrouve dans la littérature jeunesse, qui offre aux enfants à la fois le rêve et la projection nécessaire vers le futur. L’album propose un condensé de tous les mythes littéraires de l’enfance, des dinosaures aux petits hommes verts en passant par les chevaliers et les sorcières. Il s’adresse aux enfants à partir de 4 ans, mais on peut l’apprécier à tout âge… Le secteur jeunesse semble en pleine expansion… Oh oui ! Si je lisse sur l’année, je reçois en moyenne 500 nouveautés par mois. Qui sont vos clients ? Essentiellement une clientèle d’habitués. Mon prédécesseur avait une certaine renommée, que j’essaie de faire perdurer (rires). Pour l’instant, ça va. Donc, vous ne regrettez pas votre reconversion ? Non, pas du tout. J’apprécie énormément l’aspect contact de mon nouveau métier. Mais s’occuper d’une librairie représente énormément de travail. On est sur un marché qui a tendance à se comprimer, notamment auprès des écoles mais surtout des bibliothèques dont les budgets subissent une baisse sensible. On travaille avec des marges faibles, des trésoreries extrêmement tendues. Avec le système des prix imposés, on n’est pas maître de son chiffre d’affaires, qui augmente peu, face à des charges qui explosent, en particulier dans le domaine du transport. Avec la crise des carburants, cela risque fort de s’aggraver encore… PROPOS RECUEILLIS PAR FRED ROBERT La sélection de Didier de Régis -Pour de jeunes lecteurs, le libraire des 3 Mages suggère la lecture de Ma culotte, d’Alan Mets (École des Loisirs, 10,40 euros), ainsi que les quatre tomes des aventures du petit éléphant Pomelo, créé par deux Marseillais, Ramona Badescu et Benjamin Chaud (Albin Michel Jeunesse, 11,90 euros). Il nous a présenté également un grand album aux doubles pages fourmillantes de dessins, dans lesquelles il doit faire bon se perdre : Au pays merveilleux de l’intrépide Non-Non, de Magali Le Huche (Tourbillon, 12,95 euros). Sans oublier Fleur de Cendre, une splendide version de Cendrillon, à l’esthétique japonisante, raffinée, poétique ; un bijou ! (A. Combier et A. Romby ; Milan Jeunesse, 12,50 euros). -Didier de Régis a aussi des collections « chouchou ». Il nous fait écouter les airs slaves des Comptines et Berceuses de Babouchka, son titre favori dans la collection de coffrets livres- CD (Didier Jeunesse, 23,50 euros). Dans les documentaires, il recommande la collection
LIVRES 55 Le tonneau est mort, vive le Bouchon « Enfants d’ailleurs », et particulièrement le volume sur la Chine (Ed. de La Martinière Jeunesse). Sa préférence va toutefois à une collection de beaux livres, …raconté par les peintres. Il montre celui que Marie Bertherat et M-H Deleval ont consacré à la Bible, et on est séduit par la qualité des reproductions et leur choix judicieux. (Bayard Jeunesse, 19,90 euros). -Aux lecteurs adolescents, il conseille les deux tomes des aventures de Tobie Lolness, micro habitant d’une micro société nichée dans un tronc d’arbre, créé par Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse, 16 euros). -Ses deux filles de 12 ans donnent elles aussi des conseils de lecture. Domitille recommande L’île qui rend fort, de Jean-Luc Luciani (Rageot Poche) ; Sixtine a adoré Verte de Marie Desplechin (Neuf, de l’Ecole des Loisirs). -À noter enfin, la rencontre fin mai avec une nouvelle maison d’édition marseillaise L’Initiale, spécialisée dans des livres de philosophie à l’usage des plus jeunes. Juliette Grégoire y a présenté son premier titre, La grande couverture, qui évoque la naissance du deuxième enfant et traite du problème de la jalousie. Bref, beaucoup de choix dans cette librairie jeunesse éclectique et pleine de vie. FRED ROBERT À feuilleter également, Citrouille, la revue trimestrielle de l’Association des Librairies Spécialisées Jeunesse. Fini les Danaïdes, Libraires à Marseille a élu un nouveau lieu. C’est au Bouchon marseillais qu’organisateurs et auteurs avaient coutume de venir dîner après les Jeudis du Comptoir ; c’est dans ce resto tendance de la rue Thiers que se tiendront désormais les rencontres littéraires mensuelles de l’association. Nouveau lieu, nouveau style : après la grande brasserie animée, idéalement située sur une place très passante, mais bruyante, un bar à vins plus confidentiel, à la déco sobre et néochic. Service détendu mais raffiné, amuse-gueule originalement présentés, salle agréable et surtout superbe fond de jardin, avec figuier et acacia en prime, le nouvel espace ne manque pas d’atouts. Il est réputé pour ses apéros mix. Espérons que sa notoriété grandira également grâce aux jeudis littéraires. À lieu nouveau, nouvelle formule. Pour cette première « émission radiophonique en public », selon les termes du journaliste animateur Pascal Jourdana, Marie-Dominique Russis et Claude de Peretti ont invité deux nouvelles venues sur la scène de la fiction littéraire, Marie Cosnay et Hélène Frappat. La brune, Marie, arrive de Bayonne où elle enseigne les lettres classiques et anime des ateliers de traduction du grec ancien. La blonde, Hélène, vient de Paris ; philosophe de formation, elle est journaliste, critique de cinéma, auteure entre autres d’un essai sur Jacques Rivette, et traductrice de textes américains. Toutes deux écrivent. Des livres étranges, labyrinthiques, qui interrogent plutôt qu’ils ne relatent. Écritures du ressassement, de la reprise, du leitmotiv. Marie Cosnay le constate : « Il ne se passe rien, en fait. » C’est que ce qui se passe n’est pas, loin s’en faut, À lire : n... [em.. Déplacements Marie Cosnay : Déplacements et André des ombres, aux éditions Laurence Teper. André des Ombres Hélène Frappat : Sous réserve et Agent de liaison, aux éditions Allia. l’essentiel. L’essentiel, c’est comment ça se passe, comment ça affleure, comment ça se dit. Comment ça raconte une histoire qui n’a plus rien à voir avec l’anecdote, et qui pourtant parle, et fait ressurgir le plus profond. Alors, lorsque le journaliste évoque leurs récits fragmentaires, Hélène Frappat s’étonne ; pour elle, il s’agit au contraire d’exprimer une continuité. Comme Marie Cosnay, elle dit chercher la « grammaire profonde, le liant. » De même, pour les deux jeunes femmes, la question du genre est secondaire ; et encore moins intéressante celle de l’autofiction. Seule compte la langue, qu’en traductrices elles maîtrisent parfaitement, et qu’en amoureuses elles espionnent pour la faire parler. Un débat passionnant, agrémenté de lectures par les écrivaines d’extraits de leurs derniers textes. De quoi regretter que le public n’ait visiblement pas encore trouvé l’adresse de ce nouveau rendez-vous littéraire. Jeudi 19 juin, Anne-Marie Garat est l’invitée du deuxième Jeudi du Comptoir au Bouchon marseillais. Souhaitons qu’une météo enfin clémente permette cette fois-ci de profiter du jardin ! Littérature rime avec verdure, non ? FRED ROBERT Voir les chroniques sur André des ombres et l’Agent de liaison en pages Livres. Renseignements sur www.lebouchonmarseillais.com



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