Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
04 POLITIQUE CULTURELLE MARSEILLE Rassembler et rayonner : Qu’est qu’une politique culturelle de ville ? Daniel Hermann, en charge depuis les dernières élections municipales de la Culture à Marseille, prend le temps d’observer avant de décider. Mais ses idées sont précises ! Et compteront certainement, dans une ville qui regroupe près d’un habitant de la région sur quatre, et veut entraîner tout un territoire dans l’aventure de la Capitale Culturelle 2013… Daniel HermannAgnès Mellon Zibeline : Quels sont votre titre et votre poste exacts ? Daniel Hermann : Je suis adjoint au maire, délégué à l’action culturelle. J’ai en charge les compagnies, les musées, le muséum, les bibliothèques. Madame Imbert s’occupe de l’Opéra, du Festival d’Art Sacré et du Conservatoire. Madame Zayan du cinéma, Madame d’Estienne d’Orves du Festival de Jazz. Pourquoi cette répartition des rôles ? Il est matériellement impossible de s’occuper de tout, mais ma délégation regroupe celles de Monsieur Botey et de Monsieur Lucioni. La répartition précédente posait un problème de fonctionnement car les musées étaient séparés de la culture. Puisque le nouveau président de Marseille Provence Métropole est Monsieur Caselli, du Parti Socialiste, comment allez-vous collaborer avec la communauté de communes ? Est-ce que la culture relève également de ses compétences ? Non, elle est du seul ressort de la Ville. Ce qui me laisse les mains libres. Même si je pense que cette cohabitation au sein de MPM va nous apprendre à travailler ensemble, ce qui peut être très bien… Quel est votre parcours et pourquoi avez-vous hérité de la Culture ? A la base je suis kiné, mais j’étais au Lycée avec Guy Teissier. Quand il a été élu en 1983 à la mairie du 9e, je lui ai proposé d’y faire venir des artistes et de créer une vie culturelle dans ce secteur, aussi important en population que la ville d’Aix. Sans délégation on a créé l’association Ville et Culture. Aux élections suivantes j’étais sur la liste de Guy Teissier, je suis devenu son premier adjoint dans la mairie du 9/10 et j’ai continué à me préoccuper de culture. Quelle est votre vision d’une politique culturelle de Ville ? Elle doit s’inscrire dans la politique de développement dirigée par le Maire, c’est-à-dire pour Marseille dans les quatre axes de la politique de Monsieur Gaudin : le port, le tertiaire, les étudiants, le tourisme. Notre première mission est d’informer les habitants de la richesse de la vie culturelle marseillaise : les étudiants donc, et les cadres. Il y a une offre culturelle à Marseille que ses cadres ne connaissent pas. En dehors de la mission d’information, de quoi les élus doivent-ils décider ? Il faut replanifier l’activité des musées, les recentrer, les restructurer, donner à voir les fonds. Il y a près de 3000 œuvres qu’on ne voit jamais. À part cela il faut faire un état des lieux, et voir si on décide de reconduire l’existant –les 20 millions d’euros donnés aux 400 associations- ou de les redistribuer, en regardant si chacune respecte son cahier des charges. En sachant qu’on est à budget constant, donc qu’on ne pourra pas vraiment augmenter les subventions. Quelles exigences avez-vous à leur égard ? On va regarder la part des budgets attribués à la création, et celle à l’administration. Les systèmes comptables des associations doivent être rigoureux. Nous avons un budget stable, et donc si on veut ouvrir de nouvelles voies il faudra prendre sur l’existant ; d’où cette politique du résultat : on ne peut pas attribuer des aides à la création pour des créations qui ne voient pas le jour, par exemple. Après, en dehors de cette rigueur comptable, il y a d’autres critères : les retours public, même si ce critère n’est pas toujours pertinent en matière de création, et l’implication des projets dans le tissu social. Qui est exceptionnelle à Marseille et je dirai même unique en France… Et la qualité ? Bien sûr. Comment décide-t-on de la qualité d’une compagnie ? C’est compliqué, mais quelque part il faut le faire. Il y a des comptes à rendre au contribuable et on ne peut pas donner de l’argent à des compagnies, ou des entreprises d’ailleurs, sans critères. Est-ce vous qui décidez ? Non ! J’ai mon avis mais je me fie aux chargés de mission spécialisés qui connaissent les compagnies depuis des années. Et puis aussi à ce que j’en vois : je vais au Festival de Marseille depuis longtemps. Je ne peux pas dire que j’ai aimé tout ce que j’y ai vu : il y a des choses volontairement provocantes, choquantes, dérangeantes, mais personne ne peut nier la qualité des artistes. Elle se voit aussi clairement que la provocation.
05 une politique sans dialectique Qu’est-ce que vous aimez en art ? J’aime beaucoup la peinture. La musique aussi, classique, jazz. Il faut aider la création, mais je crois que l’art contemporain a fait péter l’idée d’équilibre, ou du moins de recherche d’équilibre. Je suis d’accord avec les philosophies orientales qui pensent le geste artistique dans un rapport entre une recherche qui avance, et déséquilibre ce qui précède, et un point d’arrivée qui est à l’équilibre, un équilibre nouveau. Comme quand on marche. Je voyais récemment un Rubens : c’est beau, on a besoin de cette beauté-là. L’art contemporain qui s’interroge sur la matière, les idées, la toile… n’explore à mon avis qu’un seul aspect de son propre champ. Être en responsabilité de la culture, c’est aussi donner à voir Rubens, le patrimoine… et embellir la ville, l’illuminer, la rénover. Je suis de formation classique, avec latin grec… j’ai du mal à dissocier l’Art de la Beauté, la Beauté de la Morale. Cela fait partie de mon champ culturel. Mais c’est personnel, et ça ne veut pas dire que je n’aiderai pas ceux qui n’ont pas cette vision-là de la culture ! Est-ce qu’en tant qu’adjoint délégué à la Culture vous faites des choix politiques ? C’est-à-dire ? Est-ce qu’il existe selon vous une politique culturelle de droite ? De gauche ? Globalement il n’existe plus de politique de droite. Il n’y a plus d’idéologie de droite depuis… Maurras. La seule politique de droite se définit par rapport aux idéologies de gauche, et tous les gouvernements pratiquent une politique libérale avec un ajustement social. Donc, a fortiori, comment voulez-vous qu’il y ait des différences entre les politiques culturelles ? Pourtant oui, il y en a une, et de taille. Du moins ici à Marseille : on laisse une grande liberté, une liberté totale en fait aux artistes et aux programmateurs. J’ai vu à la Criée un film de Torreton, qui appelle clairement à voter à gauche. Jamais Martigues ne programmerait un film qui appelle à voter à droite. Quel est votre rôle si vous reconduisez les subventions et n’intervenez pas sur les programmations ? Nous ne reconduirons pas systématiquement les subventions, comme je vous l’ai dit, nous allons tout réétudier peu à peu… Mais enfin notre rôle est plus global. Il est de veiller à donner de la nourriture intellectuelle aux habitants, d’exiger qu’il y ait des équipements culturels chaque fois qu’il y a des chantiers d’importance, d’imaginer des événements fédérateurs qui font avancer la ville, et la rendent attractive. Il passe à Marseille 400 000 croisiéristes, un potentiel d’un million de touristes : il faut faire de belles expos, avoir une politique culturelle qui aille dans le même sens que la politique économique, et participe du même phénomène de civilisation… Il faut donc que la culture ait un impact économique ? Elle n’est pas exclue du champ économique, même si elle n’est pas un produit comme les autres. Faut-il faire de la culture pour les touristes, ou pour les habitants ? Je vous ai dit que je n’étais pas marxiste : je n’aime pas la dialectique, qui oppose et tranche. Ce qui est bon pour les touristes peut être bon pour les Marseillais, qui seront ravis de la grande expo Van Gogh/Monticelli par exemple. Et pour tous les habitants de la région, aussi. C’est cela vouloir être une métropole culturelle. Pourquoi opposer ce qui se complète ? D’ailleurs les cultures se nourrissent les unes des autres, et à Marseille ce sont les différences de culture qui fondent une richesse commune. Il faut préserver cette diversité, et ne pas la fondre dans un moule commun, qui anéantirait sa richesse. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL Des nouvelles de la candidature Marseille ayant été retenue dans la « short list » des villes candidates au label Capitale Culturelle 2013, poursuit son effort en vue de son élection. Elle lance à ce titre ses premiers Ateliers de la Candidature, destinés à lier les projets culturels, les associations sociales et les entreprises dans des projets communs. Ainsi l’ensemble de percussions Symbléma, La cie Grenade de la chorégraphe Josette Baïz ou le Théâtre de la Mer d’Akel Akian collaboreront, avec des associations comme L’Art Plus Fort que le Handicap ou Pas Vu à la Télé, à faire entrer l’art dans l’entreprise : des grandes comme Eurocopter aux plus modestes comme l’entreprise graphique Quadrissimo. Il s’agira d’ateliers tests destinés à mettre en place les futurs Ateliers de la Méditerranée. Qui, on l’espère, seront confiés à tous ces artistes de grand talent qui attendent depuis des années une reconnaissance de Marseille, qu’ils vont bien souvent chercher ailleurs faute d’être programmés dans la métropole qu’ils habitent… Car on sent actuellement, dans les compagnies qui soutiennent la candidature, une inquiétude grandissante sur leur place à venir dans le projet. Sur laquelle on les rassure globalement, mais sans les assurer de rien… A.F. Subliminable ? La Ville de Marseille organise une grande fête populaire et fédératrice ! On devrait s’en réjouir ! Seulement… elle s’articule autour d’un terrain de boule, institué en point de rendez-vous durant trois jours. Ce que certains Marseillais, qui ne sont pas tous des « santons mous qui puent l’anis » comme le disait si joliment Desproges, pourraient mal prendre. De nombreuses composantes de cette fête à flonflons rappellent par ailleurs les temps joyeux des défilés militaires et des barouds scouts : concert de l’harmonie de la Flotte de Toulon, journée avec les marins pompiers, rallye, course de relais en uniformes bleus… Les temps de vrais spectacles, professionnels, sont rares (le ballet d’Europe voir page 10, Liz Mac Combvoir page 42). Et bien sûr les entreprises profitent de l’occasion pour s’auto-promouvoir à peu de frais (NESPRESSO Business Solutions, EDF-DCECL/Philips, Eurocopter, la SNCM, le tournoi de Poker Texas Holdem no limit…). Enfin, quelques slogans hallucinants apparaissent sur les panneaux de la ville, défendant… la couleur bleue. Ce qui est assez vain, ou particulièrement subliminal : à force d’assimiler Marseille à la couleur bleue (la mer, le ciel, l’OM, mais aussi l’UMP), une identification très directe entre Marseille et sa mairie actuelle s’opère, instituant dans les esprits la gouvernance UMP comme naturelle. Liée à la Ville comme le ciel et l’air, le foot, la fête populaire. Peut-on douter de ces intentions, lorsqu’un des slogans des affiches recommande « Ne voyez plus la vie en rose, voyez-la en bleu » ? A.F. Fête bleue du 27 au 29 juin www.fetebleue.com



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 1Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 2-3Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 4-5Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 6-7Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 8-9Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 10-11Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 12-13Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 14-15Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 16-17Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 18-19Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 20-21Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 22-23Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 24-25Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 26-27Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 28-29Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 30-31Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 32-33Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 34-35Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 36-37Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 38-39Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 40-41Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 42-43Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 44-45Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 46-47Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 48-49Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 50-51Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 52-53Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 54-55Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 56-57Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 58-59Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 60-61Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 62-63Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 64-65Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 66-67Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 68-69Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 70-71Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 72-73Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 74-75Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 76-77Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 78-79Zibeline numéro 9 juin 2008 Page 80