Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 MUSIQUE RETOURS DE CONCERTS Trio inédit et virtuose b b Si le concert Les inclassables de Télémaque à Montévidéo a fait découvrir des opus rares, il a également permis à trois formidables solistes d’exprimer leur talent : Benjamin Clasen (violon alto), Jean-Marc Fabiano (accordéon) et Frédéric Baron (basson) Il semble que rien n’ait jamais été composé pour alto, accordéon et basson... Aussi a-t-on commandé à Pierre-Adrien Charpy une pièce spécialement conçue pour cette formation inédite. C’est ainsi que Récréation a été créée sur la scène du Grim le 20 mai, œuvre au caractère ludique, semblant vagabonder d’une texture sonore à l’autre : d’accords dissonants et non agressifs, au soutien d’une longue mélodie sobre, à de furtives réminiscences de tango, de contrepoint baroquisant, de quintes médiévales ou de couleurs à la Stravinsky… Dans la foulée Capuccino pour accordéon a donné l’occasion à Jean-Marc Fabiano de briller dans les traits acrobatiques, les rythmes asymétriques, les élans furieux ou les sonorités d’orgue… si éloignées de l’esprit musette ! Les deux autres musiciens ont également convaincu dans leur solo respectif. Benjamin Clasen dans la Sonate pour alto de Ligeti a dévoilé une impressionnante palette expressive, des double-cordes aux périlleuses harmoniques, de l’austérité feutrée d’une mélodie évoquant l’Europe centrale à l’ultime et suffocant frottement de l’archet sur les cordes… Quant à Frédéric Baron, il a précisément illustré toute la facétie virtuose de l’exercice en forme de pastiche comique Chopin créole de Surexposition pour basson d’Alain Mabit. Sûr qu’on n’entendra plus désormais l’incipit de Sacre du printemps avec la même oreille ! Les Duos pour basson et alto de Philippe Hersant ont complété le versant avant-gardiste du programme, et Piazzolla nous a fait retrouver des terres plus familières, propices au soufflet expressif de l’accordéon ou à l’envol mélodique de l’alto… Une originale transcription de la Sonate en sol mineur HWV 393 de Haendel (l’accordéon héritant du continuo) a parachevé le tout et fait rayonner derechef ces trois solistes de hautvol ! Avec leur spectacle Pianos croisés, le 23 mai au Théâtre Gyptis, Hélène Niddam et Bibi Louison ont joliment marié la mazurka à la biguine Les deux musiciens entrent en se balançant, rejoignent les deux grands pianos qui se font face et débutent par des accords jazz sur une pulsation syncopée de danse chaloupée. Un moment en solo, Bibi Louison improvise, sur un rythme ternaire souple, quelques harmonies suaves avant que le duo ne reprenne une danse antillaise au son de congas et maracas doucement percutés... Entre la Nouvelle-Orléans et la Martinique, une mazurka sur un rythme de biguine, un standard de Chick Coréa ou un cocktail de berceuses créoles, le couple de musiciens dresse des ponts entre le jazz afro-américain et son petit frère antillais. Plus loin, ils réinventent une valse de Chopin en mambo... La seconde partie, plus classique, entamée par Hélène Niddam reprend ce principe d’arrangements de pièces classiques de Chopin ou Rachmaninov à l’aune de rythmes de tango, de salsa... Au-delà du talent de l’une et l’autre, d’une répartition fine des rôles, l’alliage classique/jazz fonctionne pour un divertissement plaisant, chaleureux et intime. J.F JACQUES FRESCHEL Les Inclassables a été joué par les solistes de l’Ensemble Télémaque à Montévidéo le 20 mai Mozart et la Flûte < :. L’ensemble Pythéas, lors d’un attrayant concert donné le 27 mai à l’église Saint-Ferréol, a particulièrement mis à l’honneur la flûte traversière. On admet d’ordinaire que Mozart n’aimait guère la flûte… Cependant, si le fait semble se confirmer à la lecture de sa correspondance, il convient de pondérer ce jugement. À l’époque où le jeune Wolfgang compose ses principales œuvres pour cet instrument, il éprouve sans doute de la rancœur pour la France (où il n’a connu qu’un succès modéré) et pour les flûtistes français en particulier qu’il jugeait prétentieux. Au demeurant, les deux quatuors avec flûte, magistralement interprétés par l’ensemble Pythéas, prouvent (comme ses Concertos et un très bel Andante) qu’il n’a, de fait, pas négligé cet instrument. Toute l’élégance et la spontanéité propres au style mozartien ont trouvé, ce soir-là, de formidables serviteurs. En premier lieu, on salue la qualité sonore, le vibrato souple, la virtuosité de Charlotte Campana et sa musicalité déployée dans l’Adagio du Quatuor K.285. À l’écoute de son thème élégiaque, on ne peut pas réellement penser que Mozart n’aimait pas cet instrument ! Chez Debussy, la question ne se pose Benjamin Clasen Agnès Mellon pas ! Son solo Syrinx, dont les merveilleuses résonances ont empli la nef, prouve que le Français choyait particulièrement la flûte traversière. Le programme a également permis de découvrir un rare Duo pour alto et flûte d’Hoffmeister (frère de loge de Mozart) et d’entendre un superbe Trio pour cordes d’Henry Tomasi. Son divertissement, typique du style néoclassique, a été interprété avec une frappante cohésion par YannLe Roux – Sédes (violon), Pascale Guérin (alto) et Guillaume Rabier (violoncelle). J.F. Ensemble Pythéas X-D.R
31 Et la Lumière fut ! Au festival de Musique Sacrée, l’oratorio La Création de Haydn a été éminemment servi par un chef chevronné, l’Orchestre et les Chœurs de l’Opéra de Marseille. On regrette néanmoins quelques bémols du côté des solistes La bonne idée de la programmation du festival 2008 a été d’afficher successivement Le Messie de Haendel et La Création de Haydn. Du coup, le public a pu se rendre compte dans quelle mesure le second oratorio s’inscrit dans la filiation du premier, tant sur le plan formel que du point de vue du traitement contrapunctique ou illustratif des chœurs… Cependant, La Création, dont le texte s’inspire en partie de la Genèse, porte le sceau du style de la maturité d’Haydn. Composé près de soixante ans après le chef-d’œuvre de Haendel, sa texture orchestrale est plus riche, éloignée du langage baroque, davantage proche d’une expression pré-romantique. Là où l’on trouve essentiellement des cordes, s’agrège une harmonie complète (cuivres et bois) ; là où des sons plats non vibrés et des soufflets baroques se justifient, l’expression exige des phrasés pleins et un jeu où le legato et le vibrato priment. Le 6 juin à l’église St Michel, l’effectif de l’orchestre de l’Opéra de Marseille, dirigé du clavecin par un excellent chef viennois Theodor Guschlbauer, s’est avéré plus proche du modèle brahmsien que de celui de Mannheim. Les Chœurs, placés dans l’abside derrière l’imposant appareil orchestral, ont dû chanter à pleine voix quasiment tout au long de l’ouvrage. Si la plénitude sonore a ravi l’auditoire, on n’a pas manqué de relever quelques décalages rythmiques (difficilement évitables dans ces conditions) ainsi qu’un déficit de clarté dans les traits polyphoniques. Spectaculaire apothéose L’œuvre possède cependant une puissance rare et, dans ce sens, les musiciens ont formidablement dévoilé les contrastes d’une fresque tout en ombre et lumière. De la représentation musicale du Chaos originel (que n’a-t-on pas écrit sur cet incipit dissonant unique dans l’histoire de la musique !) à l’avènement de la Lumière (l’œuvre est autant d’inspiration religieuse que franc-maçonne), des récitatifs aux ariosos, des airs aux duos, trios, des chœurs à la gloire du Divin… Dans ces conditions, on aurait aimé entendre de plus grandes voix solistes. Seul le ténor Éric Huchet possède, outre une belle présence physique, une pâte vocale capable de passer la rampe et de tenir le choc face à la masse orchestrale et chorale. Mais sa voix s’avère un peu courte dès les sons de « tourne ». La soprano Li Chin Huang a donné le change grâce à un joli timbre, des aigus aisés et clairs. Cependant son centre de voix est trop léger. Que dire du baryton basse Marc Olivier Oetterli (ni vraiment baryton, ni franchement basse !) … si ce n’est qu’il a montré une belle musicalité dans son chant ? Il lui fallait toutefois davantage d’ampleur vocale pour rendre aux personnages de Raphaël ou Adam toute leur noblesse de ton. Là où il aurait dû être solaire, le timbre était bien pâle… JACQUES FRESCHEL o La Création a été jouée à Saint-Michel le 6 juin dans le cadre du Festival de Musique sacrée Le Chœur Régional PACA, l’Orchestre Philharmonique de Marseille et quatre magnifiques chanteurs dirigés par Michel Piquemal ont offert, en clôture du Festival de Musique Sacrée, un Stabat mater de Rossini grandiose ! On souligne d’emblée le remarquable travail accompli en amont, sur les partitions, par les chefs de chœur Nicole Blanchi et Vincent Recolin. Dans les périlleux passages a cappella du Stabat mater en particulier, on a apprécié le dessin soigné des plans sonores, des nuances, la richesse des textures vocales… et la qualité de la justesse. Le Chœur Régional PACA, outil précieux au service de nombreuses manifestations et créations du Sud-Est, Elena Gabouri X-D.R. s’est trouvé magnifiquement soutenu par l’Orchestre de l’opéra qui est entré dans le jeu initié par la direction fougueuse de Michel Piquemal. Dans le Chant du Destin de Brahms, superbe page romantique donnée en prélude, comme dans la célèbre prose latine évoquant la douleur de la mère du Christ crucifié, on a pu mesurer toute la ferveur, la profondeur qu’a placée le chef dans le lyrisme, l’expression du désespoir et de la lumineuse espérance. Le souffle théâtral de la partition a même poussé le maestro à chanter ou gronder (un peu trop !) de concert avec les solistes ou les pupitres de cordes… Le Stabat mater de Rossini est quasiment un opéra de par son style exubérant et imagé. Il exige des voix qui vont de pair : ce fut le cas avec les solistes invités ! Dominé par l’expression large et puissante de la soprano Sandrine Eyglier, le quatuor vocal a montré, outre des moyens techniques sans faille, une musicalité exemplaire. Le ténor Jesus Garcia, à la sonorité ronde et séduisante, n’a pas failli sur son contre-ré, point d’orgue de son air de bravoure, ni la basse Nicolas Courjal dans ses graves profonds et ses aigus généreux. La vraie mezzo Elena Gabouri, au timbre compact et charnu, a complété un plateau vocal magistral. Et quand, au bout de l’ultime fugue jubilatoire, les derniers accords spectaculaires ont ponctué l’ouvrage, le public a rendu aux artistes, par d’inlassables salves d’applaudissements, le fruit d’une émotion générée deux heures durant. JACQUES FRESCHEL Eric Huchet X-D.R Michel Piquemal X-D.R Le Stabat Mater de Rossini a été joué le 13 juin à l’église Saint-Michel, dans le cadre du Festival de Musique Sacrée de Marseille



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