Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 THÉÂTRE/DANSE AUBAGNE 3 BISF CHÂTEAUVALLON Aubagne en fête Karnavires Michel Wiart L’événement à ne pas rater pour les amoureux des arts de la rue : Aubagne, qui aime à rassembler ses citoyens sur les places publiques, fête le retour de l’été avec sa nouvelle édition printanière de Chaud dehors. Deux jours de fête avec les spectacles de l’Orphéon Théâtre intérieur, de Léandre, des Piétons avec Brut de Décharge, un opéra concert fondé sur l’accumulation d’objets de récupération, qui critique les décharges publiques… et la création à ne pas rater des Karnavires, le samedi à 22h30 : leur nouveau spectacle de feu, être ou ne pas être, débute par l’arrivée nocturne d’un camion musical, qui laisse descendre 10 clowns illuminés… Encore une très talentueuse compagnie de la région qui depuis des années cherche un lieu de création, et navigue, karnavire involontaire nomade, de résidence de création en résidence de création. En Bretagne, tandis que NoNo s’installe à Pastré… AGNÈS FRESCHEL Chaud Dehors Centre Ville d’Aubagne les 28 et 29 juin 04 42 18 19 88 Jardin de neige Une compagnie qui s’appelle Compagnie, qui signe Demesten Titip d’un anagramme joliment cassetête (on attend vos courriers !) et qui, au 3bisF, se confronte au mythe d’Antigone ne peut être soupçonnée de rechercher la facilité. Et ce titre emprunté à Gilles Deleuze, Ils regardaient le monde dans les yeux de leur voisin, somptueux comme un Ils regardaient le monde dans les yeux de leurs voisins Xavier Oliviero arc-en-ciel en noir et blanc, ouvre en grand sur un vrai travail de théâtre simple et efficace. La musique composée et jouée par Sébastien Rouiller cadre l’espace et trame le temps dans une vibration qui dit sûrement déjà quelque chose du mythe : familier et très lointain... La famille s’installe assez vite, autour d’une table, comme il se doit, et d’une marmite rouge sang ; une jeune puis vieille jeune Ismène a d’abord parlé doucement, paisiblement d’un présent, d’un passé étouffé par un jardin de neige (?) ; une autre affairée, péremptoire et cassante assène des injonctions dans une noria domestique qui ne fait pas oublier qu’elle tourne en rond ; l’histoire va se raconter, suffit de laisser parler la parole durement amplifiée de Créon, les mots blancs projetés sur mur noir ; les gestes du métier font la tragédie : se poudrer les cheveux ou se blanchir le visage pour passer à l’attaque ; ça va tout seul, on connaît : depuis le début dans le jardin de neige (?) qui crisse deux planches, deux tombes, l’une presque muette (quelle belle idée que ce nom de Polynice en lettres éphémères ranimées par la vigilance d’une éponge imbibée d’eau), l’autre, tribune avant d’être caveau, et le nom d’Antigone y est tracé en blanc pur. Les mots se croisent et Sophocle côtoie d’autres paroles moins antiques, pas sacrées, tout aussi poétiques : bonheur ! Le mythe est un bien commun et les sœurs des héroïnes peuvent avoir les cheveux gris désormais. Le seul délit d’impuissance serait de ne pas remarquer que le gros sel a fait fondre la neige... MARIE-JO DHÔ Idéologie du Le programme présenté à Châteauvallon par le Ballet du Grand théâtre de Genève s’est révélé un peu décevant. Bien sûr les interprètes étaient magnifiques. Bien sûr le public serré dans l’Amphithéâtre face au ciel, et la lune qui éclairait la nuit derrière les pins noirs avaient un goût délicieux de festivals qui débutent… Pourtant l’affiche était belle : Teshigawara, Kylián, Bagouet ! Mais Jours étranges, malgré son côté pop réjouissant, n’est pas une œuvre majeure de Bagouet : en dehors de son affirmation gaie de la liberté individuelle, et d’une exploration du geste mou, atonique, ou au contraire sporadique, elle traîne en longueurs sans propos véritable. Le court duo Blackbird de Kylián n’est pas spectaculaire, ni spécialement émouvant. La pièce de Saburo Teshigawara, qui ouvrait le programme, jouait en revanche d’une belle abstraction, de symétries et oppositions entre les quatre couples, de tranversales, de contrastes, d’obliques, de lumières. Dans un raffinement plastique extrême, tendu, ne laissant aucune place à l’imperfection. À la liberté ? Baroque Airs de Cour, Marin Marais, danse baroque, viole de gambe, théorbe et luth… Le voyage dans le temps où semblait deux heures avant nous convier Béatrice Jours étranges GTG-Ariane Arlotti Ils regardaient le monde dans les yeux de leurs voisins mis en scène par Christelle Harbonna été donné au 3 bis F du 5 au 7 juin
raffinement Massin, dans le Théâtre couvert, avait une tonalité aristocratique affirmée. Idéologique ? Certes la danse de Cour laisse les corps plus libres que sa descendante la danse classique, mais elle n’en est pas moins diablement codée, sage par rapport à ses contemporaines populaires… Le baryton se mêlait à la danse joliment, esquissait sur le plateau plus que des gestes, un jeu, et lui aussi s’attachait à un chant naturel et raffiné, éloigné des acrobaties du belcanto mais aussi des impertinences et émotions des chants populaires. Tout cela, petits sauts, batteries simples, demi-pointes, pas chassés, tout cela semblait bien sage… Mais comme à son habitude Béatrice Massin dévie les attentes, dévoie la reconstitution, dévoile le présent de la danse. Car les filles malgré leurs festons sont en pantalons, égales de l’homme, et mine de rien elles vont au sol, tentent des contacts contemporains et pour finir, sur une chanson à boire, se tanquent sur le plateau et retrouvent les appuis lourds des danses populaires… Béatrice Massin réaffirme ici que la danse contemporaine, et la musique, ont quelque chose à chercher là, dans ces Arts baroques de Cour, dans leur liberté, leur naturel, leur abstraction, leur énergie. Leur raffinement ? AGNÈS FRESCHEL Les Fêtes galantes et le Grand Ballet du théâtre de Genève ont dansé à Châteauvallon (83) le 14 juin À VENIR À CHÂTEAUVALLON Le 20 juin : Le Grand Nain (Jambenoix Mollet et Philippe Eustachon) à 19h30, Il Silenzio (Pippo Delbono) à 22h. Le 27 juin : Deca Danse (Batsheva danse Company) à 22h Le 4 juillet : Diga-me (Samir el Yamni) à 19h30 ; May B (Maguy Marin) à 22h Gare aux Garances Cécile Bousquet-Mélou, 1er violon X-D.R Philippe Glass porte bien son nom : sa musique, minimaliste et répétitive, est d’une limpidité extrême. Le Quatuor Garance avait choisi son troisième quatuor à cordes pour débuter son concert dans la crypte du couvent des dominicains. Avec une maîtrise remarquable, les quatre jeunes instrumentistes s’emploient à faire miroiter ce prisme musical fait de formes géométriques, décalages structurels en un tissage subtil de résonances complémentaires. Une musique hors du temps, hors d’époque, insaisissable. t MUSIQUE 29 Changement d’ambiance avec les trois mouvements de l’Espagnol Edouard Toldra. Le Quatuor Garance entame ces miniatures avec une légèreté toute latine qui sert merveilleusement l’écriture enjouée de ces petits joyaux. Le quatuor de Ravel est certainement une des œuvres les plus jouées de la littérature pour quatuor à cordes. Les quatre musiciennes donnent ici une version d’un grand sérieux. Les détails les plus délicats brillent de précision. Le jeu d’ensemble est d’une cohésion minutieuse et les caractères différents des quatre mouvements sont dessinés avec finesse : les pizzicatos fébriles, au second violon (Sophie Perrot), les cantilènes délectables à l’alto (Blandine Quincarlet) nous rendent la vivacité d’une concep-tion si française de la musique de chambre. Le premier violon, Cécile Bousquet-Mélou, éclaire les aigus de sa partition avec une habilité lumineuse, et toutes se rassemblent autour du son savoureux de la violoncelliste Elisabeth Groulx. BENJAMIN CLASEN Le Quatuor Garance a joué le 26 mai dans la crypte du Couvent des Dominicains Concert Espagnol (Ravel, Toldra, Turina) le 28 juin Hôtel D’olivary, Aix 04 91 54 76 45 Complètement timbré ! Beau succès pour le concert de clôture de la saison marseillaise de l’ensemble Musicatreize L’auditoire était nombreux malgré la concurrence involontaire et souvent déloyale d’un autre ensemble, adepte de jongles lui aussi, mais avec une seule note appelée ballon rond. Pendant que onze Hollandais volants s’improvisaient solistes, Roland Hayrabedian prenait l’accent suédois pour diriger le Chœur Contemporain dans le Paradiso de Lars Edlund. Ensuite, croisements des chœurs mais aussi des styles avec le pré-baroque allemand Schein, attiré par le madrigalisme italien dans ses Fontaines d’Israël, intitulées telle une antinomie madrigaux spirituels. Nouveau croisement riche en émotion avec la création réussie de Ikhtifa de Zad Moultaka. Inspirée de deux tableaux présents au musée Cantini (Terre Brûlée II de Ubac et Voiliers à Cannes de De Staël) sur un texte de al-Maari, poète et philosophe arabe du XI e siècle, la « disparition », dans sa traduction littérale, désintègre les mots, les morcelle, les fractionne et les fait danser. Les solistes et l’orchestre vocal alternent, dans une mise en espace propice à l’éparpillement des consonnes si chères à la langue arabe. La boucle d’une saison réussie est bouclée : les Lys de madrigaux de Maurice Ohana rappellent combien les compositeurs du XX e siècle se sont intéressés à la voix et, à l’instar de Schein, au genre qui magnifie son timbre Guy Vivien, Paris, 2006 : le madrigal. Orchestration originale et riche en couleurs avec deux claviers (Pierre Morabia au piano et Isabelle Chevalier à l’orgue), deux cithares (Sébastien Boin), des percussions (Christian Hamouy) accompagnant le Chœur contemporain. Du blues aux feulements, chuintements et jeux de bouches, la richesse de la vocalité est inouïe, le dialogue et l’échange constants entre les vingt-quatre voix de femmes et les instruments dont les timbres prolongeaient les résonances vocales… FRED ISOLETTA Le Concert à quai fut donné le 13 juin au Temple Grignan



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