Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 THÉÂTRE GYMNASE MASSALIA LES ARGONAUTES b Obstinato La main écrit le mot, la bouche le façonne, seul le matériau le dit. Par exemple un anorak est un blouson épais destiné à protéger du froid mais c’est aussi un mot emprunté à la langue inuit... Le monde penche, vacille, avance et recule, change d’échelle, mais Mahu en transporte une sur son dos, et Robert Pinget par bonheur a inventé Larroche et les ateliers du Spectacle ! Et c’est le mot qu’écrit la main qui le redresse entre les bras ouverts d’un Grand Anorak totem... Tu vois bien que sans bafouiller on peut rien raconter ! Alors quoi ? Ils sont d’abord deux mais jamais seuls ; il y a lui dans sa cabane au Canada de poupée ; il y a elle dans sa cabane itou ; ils font tout comme nous et la cheminée fume... mais d’où souffle le vent de folie qui pousse ainsi le temps dans tous les sens ? Tentatives de l’homme pour saisir le monde : panneaux indicateurs, discours régulateurs et ô merveille... jumelles géantes pour entrevoir la vérité... qui s’échappe... miroir qui ne capte pas mais impose son reflet... rasoir qui fait naître le visage sous le savon à barbe... pinceau magique qui relaie le dire et le faire pour découper un petit monde quotidien dans l’étoffe des rêves et l’épaisseur du polystyrène... casserole sans fond qui engloutit des fleuves de lait destinés à quel estuaire ? Mais oui, il faut en croire ses yeux et ses oreilles (de l’archet qui prélude sur les cordes fantômes à l’Harmonie des Intrus enfin réunis pour dresser un éphémère chapiteau final) sans douter de sa propre jubilation face à cette scénographie de génie de la lampe qui de frottement en trafic donne tant d’esprit Thomas Lannette à la lettre ! D’ailleurs est-on bien sûr de n’avoir pas passé la soirée avec Héraclite et Platon venus rejoindre en douce Coutin, Lomon, Senet et Mahu ? Comment reprendre pied dans le monde réel après avoir assisté à l’agonie minuscule d’une tapisserie qui se décolle un peu comme une larme à l’œil ? MARIE-JO DHÔ Bafouilles/Tu vois bien qu’on ne peut rien raconter a été conçu par Jean Pierre Larroche, mis en scène par Philippe Nicolle et Frédéric Révérend, traversé et habité par de drôles de gens formidables, couvé par le théâtre Massalia et abrité à La Friche du 27 au 30 mai, et joué au théâtre de l’Olivier, à Istres, le 23 mai Thomas Lannette Confidences trop pénibles Patrice Leconte a repris au Gymnase la mise en scène de Confidences trop intimes, avec Christophe Malavoy et Florence Darel. En 2004, il réalisait un long métrage sur ce même thème de la méprise et de la confidence, avec Fabrice Lucchini et Sandrine Bonnaire dans les rôles principaux. Le film n’avait pas rencontré un franc succès. La pièce ne suscite pas grand enthousiasme non plus. Il faut dire que le texte de Jérôme Tonnerre, malgré quelques échanges savoureux, ne brille pas par sa finesse. Et que d’un quiproquo plaisant à l’origine, on attendait autre chose que cette succession pesante de saynètes prévisibles. Une femme se trompe de porte. Elle croit se confier à un psy. C’est un conseiller fiscal qui la reçoit. Courtois et troublé par les larmes de la charmante éplorée, il endosse le rôle de l’écoutant. Christophe Malavoy, crédible durant les premières scènes, s’enlise ensuite dans la posture du maladroit de service. Florence Darel, en épouse bafouée et naïve, se perd dans un personnage sans épaisseur. Les seconds rôles, pourtant bien interprétés par Olivier Pajot (le psy) et Noémie Kocher (Jeanne), ne parviennent pas vraiment à secouer la chape d’ennui. Le décor et les lumières confinent la pièce dans un univers poussiéreux. La musique n’aide pas non plus à dynamiser l’intrigue. À la manière de celle des feuilletons sentimentaux, elle assomme le spectateur. Et l’on dérive doucement mais sûrement vers un spectacle de boulevard sans grand intérêt… MARIE MILANO ET FRED ROBERT Confidences trop intimes a été représenté au Théâtre du Gymnase du 23 au 31 mai 0
0 Raconte moi les objets Le théâtre d’objet se résout dans le geste : c’est finalement la morale de l’Anthologie proposée par Christian Carrignon. À côté de la salle de spectacle, quelques objets exposés cabotinaient déjà dans l’espace, formes spectaculaires arrêtées, pleines de l’histoire de leur représentation. Dans la salle, simplement, Carrignon conférençait. Démonstrativement, comme un camelot, jouant les sketches des autres. Un cerf cruel qui n’ouvre pas la porte au lapin ; un cachet d’aspirine qui aspire à devenir bonbon ; une baigneuse qui se fait dévorer par un requin ; et pour fil d’Ariane le Roi Lear et le nom de sa fille, cri de couleur, de mort, de remords, de folie. Le théâtre d’objet serait-il féroce ? Sans doute la double distance induite par la représentation et les figurines permet-elle une cruauté plus profonde encore que celle d’Artaud. Celle de l’enfance et de ses poupées ? AGNÈS FRESCHEL X-D.R a o Anthologie du Théâtre d’objet a été créé au Massalia du 20 au 23 mai Gâchis aux Argonautes !... Cela relève de l’hérésie ou de l’inconscience ! Monter Edward Bond réclame de l’analyse, de la maîtrise, de l’expérience. Le texte est rude, les situations dérangeantes et le spectateur n’y va pas comme il irait au vaudeville. Cela nécessite donc de la part des comédiens une maturité personnelle et professionnelle que ne possédaient malheureusement pas ceux qui ont joué Mardi, pièce écrite au départ pour la télévision. L’argument en est simple : un adolescent a déserté et se réfugie chez sa copine dont le père, attaché au devoir, ne peut accepter de le cacher. La pièce se passe dans un huis clos étouffant ; les trois personnages sont malheureux, incapables de communiquer. Le spectateur est bouleversé par cette détresse et ce gâchis, mais en l’occurrence il fut également abattu par le jeu approximatif des acteurs, notamment les tics de celui qui jouait le père et qui, n’en ayant pas l’âge, se croyait obligé de grimacer. En plus il ne connaissait pas son texte ! À la fin, l’armée à la recherche de sa proie intervenait sur le plateau, semant le désordre et la mort, mais… cela devint vraiment grotesque. Il s’agissait pour la compagnie de monter trois pièces de Bond : Jackets, qui dure déjà près de 4 heures, Onze débardeurs, une pièce extrêmement lourde et Mardi, de dimension a priori plus modeste. Au vu de ce seul épisode du triptyque, il semble que le projet de Francine Eymery, louable, était trop ambitieux : manifestement il manquait à la troupe entraînement et répétitions ! CHRIS BOURGUE Les trois pièces de Bond ont été jouées aux Argonautes, en alternance, du 20 au 31 mai Mardi X-D.R 25 Enfance de l’art Il y a toujours quelque chose d’attendrissant à voir des enfants sur scène. Leurs maladresses, leur trac, les imperfections de leur jeu sont autant de petites lueurs qui brillent comme des trésors éphémères, inconscients. Les Planteurs de Perles a réussi cette performance-là, avec des enfants qui chantent… de la musique contemporaine ! Le pari n’était pas évident, et Marianne Suner a composé une partition faite de balancements légers et de mélodies aux intonations douloureuses, pour emmener dans un monde familier et terrifiant : celui de la jalousie, de la colère, du désir de meurtre et de la culpabilité. Elle a confié les chœurs et les parties solistes aux enfants des Voix Polyphoniques, mis en scène par Brigitte Cirla. Une partition dont ils se tirent à peu près, malgré la difficulté, et leur peu de technique vocale. Les ados du Conservatoire font preuve de plus de savoir faire, et d’autant de fraîcheur. Reste qu’on se demande tout de même si (ne) faire travailler (que) des enfants relève d’un choix esthétique : les spectacles d’enfants intéressentils le jeune public, ou les parents ? YAMINA TAHRI Les Planteurs de Perles a été créé au Massalia du 5 au 7 juin



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