Zibeline n°9 juin 2008
Zibeline n°9 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : politique culturelle... Marseille s'explique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 FESTIVALS AVIGNON La technique de Cour À la veille du festival, Avignon bouillonne autour de son palais... Mais que savons-nous au juste de la Cour ? La plus grande scène à ciel ouvert d’Europe va cette année, pour la 62 e fois, ouvrir son cœur aux artistes. Roméo Castellucci y met en scène l’Enfer de Dante et demande à l’équipe technique du Palais de réaliser des prouesses encore inédites. Pourtant, qui a vu Pina Bausch et sa montagne de roses (conçues et cousues spécialement pour l’occasion) voler en éclat lors d’une représentation sait combien le mistral capricieux peut briser le spectacle qui devient alors un chaos imprévu menaçant les attaches de la structure colossale du plateau : nous sommes ici dans un monument historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, donc pas un clou n’entre dans ces murs, même recouverts de moquettes, de toiles et de bois lorsqu’ils servent de support aux accroches lumières et sons. Sans parler du danger que les certaines fantaisies de l’art font courir aux quelques 2000 spectateurs. C’est ainsi que le régisseur général, Philippe Varovtsikos a tenté en vain de dissuader Sasha Waltz d’utiliser un ballon gigantesque comme accessoire de scène pour Nobody (2002). Poussé par le vent il a brisé ses attaches et volé dans le public, faisant frémir d’horreur l’équipe technique placée en haut des gradins... Le vent, ici maître des lieux, métamorphose d’une rafale la féerie en catastrophe. La Cour s’offre ainsi au spectacle comme en s’y retirant. Son plateau à géométrie variable sert de sol comme de montagne (Le roi Lear, Sivadier 2007), d’appartement où une troupe séjourne et joue (Les Feuillets d’Hypnos, Fisbach 2007), de lac pour Médée avec Isabelle Huppert (2000), ou encore de plan d’eau spectaculaire pour le Woyzek d’Ostermeier (2004) : une actrice y plongeait brusquement toute entière, se retrouvant alors sous la scène dans une piscine où un plongeur l’attendait avec réserve d’air… elle devait ensuite ressortir par le même chemin. Car la scène dissimule des potentialités insoupçonnées. Le rocher des Doms, sur lequel le palais tout entier est construit, contient des salles voûtées dont Jean Vilar ignorait l’existence en 1957, lorsqu’il investit le lieu. Aujourd’hui encore, comme autrefois, des camions-grues rasent les murs au millimètre près, dès le crépuscule des soirs de mai, pour travailler à construire scène et décors ; Le plateau, à lui seul, demande trois semaines d’installation. On fit jadis percer la roche et couler du béton pour pouvoir planter des poteaux et soutenir la scène. Quelle ne fut pas la surprise des archéologues de trouver, 20 ans plus tard, des salles sous la roche, aussi grandes que celle de l’Audience ! Coulisses de Papes Cette salle immense est le pendant de la cour. L’Audientia nova, siège du tribunal des causes apostoliques, ornée alors de fresques d’apôtres, où la juridiction fut instituée en 1566, a été transformée dans l’histoire en arsenal à canon, magasin à foin, puis divisée en 3 étages pour servir de caserne à 200 hommes avant d’être restaurée comme tout le palais par Napoléon III. Aujourd’hui cette salle sert de loge des artistes, un lieu de vie hors du commun. Électricité, douches, sanitaires, cuisine, scène de répétition y sont montés, restreignant l’accès touristique d’un des monuments les plus visités du monde. Le cœur du palais à ciel ouvert, loin de livrer abruptement ses secrets, en fait poindre le sens : lorsqu’en juillet, vers 22 heures, Cour d'honneur du Palais des Papes Christophe Raynaud de Lage - Festival d'Avignon l’obscurité et le silence se font, on sent que l’on n’est pas seulement au théâtre. L’architecture vit, dialogue avec l’artiste qu’elle rencontre lui imposant ses contraintes et lui offrant son prestige. Ludovic Guet, attaché aux relations publiques du bureau du festival, fait visiter le Palais quand il change de peau… Zibeline : Depuis quand visite-t-on la Cour au moment où elle se transforme en scène ? Ludovic Guet : En 2005 Philippe Varovtsikos a commencé en relatant des anecdotes, liées aux formidables possibilités et aux difficultés qu’il y a à créer dans ce lieu pour les artistes. Quelles sont les contraintes majeures ? Le vent bien sûr, mais aussi la dimension du mur de scène. Il est inutilisable comme support de décor. On peut à la rigueur équiper les quelques fenêtres en projecteurs et enceintes, mais l’équilibre des lumières est difficile à faire, c’est une question de perspective. Certains artistes ont pris le parti de le faire disparaître, par exemple Ostermeier dans Woyzeck ; d’autres ont tenté de le transformer : Éric Lacascade pour le spectacle des Barbares en 2006 ou son Platanov en 2002. Enfin, ce qui importe ici c’est que le réseau électrique soit fiable : l’alimentation du Palais est très insuffisante pour les 200 à 250 projecteurs. Le festival a donc un contrat spécial avec EDF, une salle entière des sous-sols y est consacrée, et des kms de cables filent jusqu’aux régies qui sont situées tout en haut des gradins. Combien y a-t-il de spectacles dans la Cour ? Trois par an environ, chaque troupe vient d’abord répéter en juin. La première jouera en dernier, la seconde en second et enfin celle qui répète en dernier joue la première, ça nous évite de démonter et remonter le décor. Entre chaque pièce nous avons trois ou quatre jours pour changer de décor. Une équipe volante vient en renfort des techniciens des troupes et du Palais. Nous avons plusieurs lieux à installer en même temps. La carrière de Boulbon où jouera cette année Valérie Dréville demande à être équipée en tout (électricité, eau, toilettes, point de restauration, scène...) Tout ça exige beaucoup d’organisation et un travail constant. D’ailleurs, l’entrée des artistes reste ouverte 24h/24 pendant tout le Festival. Notre équipe passe de 25 personnes travaillant à l’année à 700 au mois de juillet. Combien coûtent les places à la Cour ? 36 euros en première catégorie, 30 euros en seconde catégorie et 13 euros en tarif jeunes. Les subventions nous permettent de rendre la création théâtrale accessible à tout public. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CAROLINE ROSSI
LA CHARTREUSE VILLENEUVE EN SCÈNE LES DOMS FESTIVALS 13 Chez les Chartreux Les rencontres d’été de la Chartreuse débutent avec le Festival. Le Centre National des Écritures du spectacle offre les murs frais de sa Chartreuse, et le fruit de son travail de l’année aux estivants ; mais on ne change pas l’atmosphère d’un bâtiment si chargé de recueillement et d’histoire : même en plein Festival, la Chartreuse prend le temps de réfléchir avant de monter et d’élaborer par la pensée, plutôt que d‘offrir du spectaculaire. C’est le CLIM, Cabaret Libre International de Montréal qui inaugurera la programmation : la compagnie de théâtre québécoise Trois Tristes Tigres est en résidence à La Chartreuse, pour y créer son cabaret politique, qui traite de l’accueil des étrangers en Europe (du 3 au 6 juillet), et une lecture de l’Enéide (le 6 juillet). Heiner Goebels poursuivra avec Stifter’s Dinge, les choses de Stifter (du 6 au 14 juillet) : un monde de sons et d’images, sans musiciens, sans acteurs, sans humains sur la scène, mais avec des objets visuels, sonores, virtuels, pro-jetés… Car cette année un des débats de la Chartreuse questionnera le théâtre à l’heure du numérique. Un autre est en rapport avec l’histoire du lieu. Le moine Rabelais, lorsqu’il décrivit Thélème, pensait (entre autres) à la Chartreuse. La Dégelée Rabelais, titre générique d’une série d’expositions en Languedoc Roussillon, évoque ce chapitre du quart livre, les Paroles gelées, NONANTE% PASSION dans lesquels les mots glacés retrouvent leur état premier et s’énoncent dans l’air réchauffé, laissant éclater leur truculence… À la Chartreuse, depuis le 6 juin, cette révélation prend les formes d’une exposition sur Priape, et plus généralement d’une confrontation d’œuvres contemporaines à l’architecture médiévale monastique, éclairée de la pensée et du rire rabelaisiens… Réjouissant ! Les rencontres d’été de la Chartreuse à partir du 3 juillet Villeneuve lez Avignon (30) 04 90 15 24 24 www.chartreuse.org …et chez les wallons S’il est une programmation particulière durant le Off avignonnais, c’est celle du théâtre des Doms. La salle accueille depuis sept ans la Création de la Belgique Francophone. La Communauté reçoit de nombreuses candidatures (120 cette année !), opère une sélection et propose aux festivaliers six spectacles quotidiens, dans les conditions d’alternance du off : de 11h à 23h les représentations aux décors démontables se succèdent. La spécificité : tous les textes sont contemporains, en création, et les compagnies, aussi diverses que le Théâtre National de Wallonie ou le Manège de Mons, sont, si l’on en croit ce que l’on a vu les années précédentes, d’une grande qualité. La Création belge affiche également sa danse aux Hivernales, juste en face, grâce à la programmation de Charleroi danses (voir zibeline 8). Alors, vous ferez bien un petit tour à Bruxelles sur Rhône ? A.F. La création en Belgique Francophone Du 7 au 27 juillet Théâtre des Doms, Avignon (84) 04 90 14 07 99 www.lesdoms.eu Stifters Dinge de Heiner Goebbels Mario Del Curto … dans la plaine… Oncle Vania à la campagne Thibault Dangréaux Cette année il y aura une création d’Irina Brook, un Tchekhov par le Théâtre de l’Unité, Tristan et Yseult par Les Baladins du miroir. Sans oublier des spectacles de cirque, et une programmation pour les enfants. Alors n’hésitez pas à descendre dans la plaine (si vous êtes Chartreux) ou à passer le Rhône ! A.F. Chaque année le Festival de Théâtre Itinérant grossit, grossit, et attire un public de plus en plus nombreux, et heureux, de l’autre côté du Rhône. Au pied de la Chartreuse fleurissent les chapiteaux et se succèdent des spectacles populaires d’une grande qualité, dans une ambiance foraine, avec guinguette et convivialité garanties. Villeneuve en scène Du 4 au 21 juillet Villeneuve lez Avignon (30) 04 90 26 07 40 www.villeneuve-en-scene.fr 1 TERNATION A L ThIJHSI



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