Zibeline n°85 juin 2015
Zibeline n°85 juin 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°85 de juin 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : les journées de l’histoire de l’Europe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 Pour un peer-to-peer post capitaliste ! Alors que Naomi Klein défend l’idée que Tout peut changer, Michel Bauwens observe comment cela a déjà commencé : dans des systèmes économiques alternatifs, fondés sur la participation « de pair à pair » Économiste un peu, philosophe à ses heures, anthropologue du numérique de fait, Michel Bauwens est surtout un observateur du réel, et un homme agissant. Qui a quitté la Belgique et son poste de responsable de la stratégie numérique de Belgacom, pour vivre en Thaïlande et mettre en œuvre sa Fondation P2P (peer-to-peer ! !). À l’occasion de la parution de son essai Sauver le monde, vers une économie post-capitaliste avec le peer-to-peer, il était en résidence à la Fondation Camargo (Cassis) et a répondu à quelques questions lors d’une conférence informelle. Une économie du partage Envisager le peer-to-peer comme une libération possible du capitalisme semble paradoxal : quoi de plus capitaliste qu’Apple ou Facebook ? Michel Bauwens, pour analyser le phénomène, se fonde non sur la réalité économique actuelle de ces sociétés, mais sur ce que Wikipédia, Arduino ou Linux mettent en place dans leur principe de contribution : le capitalisme récupère parfois le partage des connaissances qui se pratique entre « pairs » dans les réseaux ouverts ; il n’en demeure pas moins que des individus, volontaires, décident de fonctionner hors de l’échange habituel travail/rémunération, sans hiérarchie, pour fabriquer du « commun ». Et que cela ne concerne pas que la sphère numérique : le prêt d’un canapé pour la nuit, le covoiturage, le cojardinage, le partage de semences fertiles, la construction d’habitats partagés, le troc de savoir-faire, tout cela se pratique de plus en plus. Et plus matériellement encore, l’économie collaborative permet aujourd’hui à une voiture comme Wikispeed d’exister : ses plans sont disponibles en open source, on peut la fabriquer dans un garage avec un petit équipement, elle est entièrement modulable, on peut en changer à l’infini toutes les pièces… Bref, elle est inusable, surtout si on perfectionne l’imprimante 3D qui devrait permettre la fabrication, et la réparation infinie, de chaque composant ! Et le principe de la fabrication relocalisée est transposable pour des lave-linges, des téléphones portatifs, des ordinateurs... Car l’économie partagée en finit avec l’obsolescence programmée : la fabrication industrielle capitaliste doit prévoir une usure, pour que ses produits soient remplacés, et que la consommation perdure. On constate tous d’ailleurs combien nos machines s’usent plus vite, et combien la mode et les « progrès » rendent dépassés le dernier cri de l’année précédente : avec la fabrication de « communs » par les citoyens, l’intérêt est que tout dure. Et de fabriquer « glocal », c’est-à-dire partager globalement la connaissance, pour une fabrication la plus locale possible. L’économie collaborative est une solution à nos problèmes écologiques : fabriquer du commun, c’est aussi ne pas détruire... Michel Bauwens over. tJILaLI"r, [Liu il [l LL itrytn. SAUVER MONDE VERS ONE ! COMMIE PUSTWITAEISiE AMU PEERi#PEER Un mode de production voué à disparaître L’analyse de Michel Bauwens repose au fond sur le même constat que Naomi Klein : l’expansion capitaliste n’est plus possible, la croissance infinie est un leurre, et le système est en cours d’effondrement. Remontant dans l’histoire, il compare notre époque à celle de la fin de l’esclavage, puis du système féodal, montrant que chaque système a été détruit de l’intérieur par ses propres paradoxes, mais contenait en lui les germes du système nouveau. L’économie contributive serait-elle elle notre avenir ? Pour l’heure, il concède qu’elle conforte plutôt le capitalisme, en inventant de nouveaux marchés comme Facebook ou Google. Ou en dérégulant le travail comme Uberpop, les sites de covoiturage et les services de couchsurfing, qui concurrencent fortement les taxis et l’hôtellerie, sans régler de factures fiscales ou sociales... Autant d’entreprises ou de sites qui font de la plus-value en profitant de la collaboration, plus ou moins gratuite, des partageurs ! D’autres problèmes apparaissent encore : pour inventer une économie entre « pairs », il faut que chacun ait quelque chose à partager : des connaissances, des savoir-faire. Même si les gains de productivité immenses réalisés ces dernières années devraient aujourd’hui permettre de travailler beaucoup moins, peut-on imaginer une société où l’économie ne serait pas fondée sur le travail rémunéré ? Michel Bauwens prône un revenu minimum qui permettrait à chacun de pourvoir à ses besoins, en « collaborant » selon ses moyens. Le slogan semble très marxiste, même s’il établit une nette distance avec le collectivisme. Pourtant on ne voit guère comment maintenir une société de « pairs » égalitaire et non hiérarchisée, quand seuls certains possèdent une connaissance partageable... Mais la force de la démonstration de Michel Bauwens réside dans le constat qu’il dessine : cette économie existe déjà, à l’état embryonnaire ; il est donc souhaitable qu’elle se développe et que les États la favorisent et la protègent, afin qu’elle ne soit pas happée par le capitalisme financier. De plus en plus d’individus, partout dans le monde, sortent du salariat volontairement. Nos modes de production, destructeurs de la biosphère, ont si peu besoin de notre travail qu’on en vient à réduire volontairement la productivité pour ne pas détruire de l’emploi, et à sur-fabriquer de l’inutile jetable. De toute façon, cela finira bientôt : autant regarder ce qui peut advenir d’autre... AGNÈS FRESCHEL Sauver le monde Vers une économie post capitaliste avec le peer-to-peer Michel Bauwens Ed Les liens qui libèrent, 20,50 euros
Quelle paix ! ? Les Journées de l’histoire de l’Europe existent depuis 12 ans à Paris, elles ont connu leur première édition marseillaise fin avril. L’Association des Historiens a rassemblé des spécialistes parmi les meilleurs, à même de traiter son sujet La paix en Europe, quand l’Europe a connu la paix du Moyen Âge à nos jours. Après une courte allocution de bienvenue de la part d’Anne-Marie d’Estienne d’Orves, adjointe au Maire déléguée à la Culture, les conférences ont démarré sur les chapeaux de roues au Musée d’Histoire de Marseille et à la Bibliothèque de l’Alcazar, devant un public dense et attentif (y compris nombre de lycéens). La première intervention, celle de Benoît Rossignol, maître de conférence à l’université Panthéon-Sorbonne, pouvait paraître hors sujet, puisqu’il a évoqué la Pax romana, l’idée de paix dans le monde romain. Mais bien au contraire, il a posé avec brio les fondations d’une réflexion indispensable : on ne pouvait pas traiter 10 siècles d’histoire occidentale sans avoir une idée claire du contexte antique qui l’a immédiatement précédée. Ce qu’il a fait avec humour, se demandant d’entrée de jeu si l’expression « paix romaine » tire plutôt vers l’oxymore... ou la mauvaise blague ? Utilisée par Sénèque, elle fut mise en pratique par son inventeur en politique : Auguste (31 av JC-14). Arrivé au pouvoir par les armes au terme d’un siècle de guerre civile, il a compris qu’il « ne pouvait durer que par le consensus », la paix légitimant l’autorité impériale. Bien évidemment cette paix est parcourue de guerre, au point que l’on a « beaucoup de mal à la trouver ». Pas une seule période où Rome ne cherche à repousser ses frontières, même sous Antonin le Pieux (138-161), réputé peu belliqueux ; les conquêtes ont donné lieu à énormément de mouvements de troupes. Précisons que le fait d’écraser une peuplade hostile n’est pas considéré comme une guerre, mais comme une manière de régler un conflit servile : il faut écraser les fauteurs de troubles pour ramener le calme. La guerre à la romaine est très encadrée par le droit, et implique une égalité entre belligérants ; de même, faire la guerre suppose d’avoir fait la paix avec les dieux, comme préalable pour susciter leur bienveillance et garantir une victoire. Enfin, combattre aux frontières est un bon moyen de limiter les tensions intérieures, politiquement dangereuses : c’est une façon d’assurer la stabilité du gouvernement. Idem au Moyen Âge, où selon Michel Balard les autorités civiles et religieuses ont favorisé le départ aux Croisades, comme un moyen de drainer vers la terre sainte les courants agressifs traversant la population. Là encore, on distingue la guerre juste de l’injuste, à visée purificatrice sous les encouragements divins, et si elle est juste « peu importe son caractère défensif ou offensif ». Pour « pacifier » la chrétienté, il a fallu organiser une caste de guerriers, la chevalerie, encadrer son usage des armes, et l’Église a longuement insisté pour qu’elle évite de s’en prendre aux prêtres, aux paysans, aux femmes... avec un succès tout relatif. Si l’on tente une balance entre les violences et les mesures de pacification, « dans la seule Europe les déprédations, pillages et massacres l’emportent largement ». Ces deux intervenants ont permis de dégager un schéma valable à peu près à toutes les époques : la paix, c’est la guerre qui se repose... ou qui est déviée. GAËLLE CLOAREC Les Journées de l’Histoire de l’Europe à Marseille ont eu lieu les 24 et 25 avril FEtF`lVAL S` : RT5 DE L. La Ville de Gap ut i û théâtre La passerelle pré5erltént a =.. Brous DEHORS (ENFIN) ! PROGRAMME 129 14, Ç iAP imbN's 13 spectacles dans la vil le de Gap et au DomainedeCharance COR'IEST Cie Lézartikal ROUE LIBRE. Cie 3 x rien TAS DE PEAUX YEUX TU SAISC.ARAPO$SE (.illustre famille Burattini EXTENSION. Cirque Inextrérniste LE MUR DE LA MORT. MÉCANIQUE QUANTIQUE Collectif MDLM (Mur De La Mort) HISTOIRES CACHÉES Begat theater L'HOMME CORNU. conception Kurt Demey 1,7)'Pt UCHE Cie Presque Siamoises TOR, C'Presrii} Siarnoises., Cie La mondiale générale LA CABANE DE P1 E conception Daniel Raffel HOMOCATODICUS Cie l'Excuse MONSIEUR {.0 LPUTO. Dynarr7ogène LE JOUEUR DE LUTH. par Silvio Paradiso G p La sserepwww.theahela-pa65erelle.eu



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