Zibeline n°8 juin 2008
Zibeline n°8 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jazz des cinq continents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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74 ÉDUCATION L’ECOLE RÉGIONALE D’ACTEURS DE CANNES La Parole et le Geste L’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes a pour projet de former en 3 ans des acteurs ouverts sur le monde, créatifs et généreux. C’est un établissement de formation supérieure, né de la volonté conjointe de la Région PACA, du Ministère de la Culture et de la Communication, du Conseil Général des Alpes maritimes, des villes de Cannes et de Marseille Une immersion totale ! L’admission des étudiants se fait lors d’un concours d’entrée qui s’adresse à des jeunes gens titulaires du Bac (sauf dérogation) et pouvant justifier d’une formation initiale. Ils sont environ 300 à tenter leur chance en présentant une scène de 3 minutes. À l’issue de ce premier tour, un second, suivi d’un stage, leur est proposé qui permet de juger de leur capacité de jeu et d’écoute : un maximum de 16 élèves est retenu. Ils obtiennent le statut d’étudiant, leurs études sont gratuites et ils peuvent prétendre à des bourses du CROUS et à des aides du Ministère de la Culture gérées par l’école. Durant 2 ans, les élèves résident à Cannes où ils doivent organiser leur vie quotidienne. Le directeur déclare avec humour : « Ils y sont comme dans un sous-marin ! » Les cours sont dispensés dans différents bâtiments : villa avec parc, salles de répétition. La dernière année se passe à Marseille dans un local de La Friche ; c’est une année davantage ouverte sur le public, les créations, les échanges. Durant 3 ans les élèves sont soumis à un contrôle continu ; à la fin de chaque cycle le conseil des professeurs évalue les acquis. Avec une telle sélection, et un enseignement d’une si grande rigueur, on ne s’étonnera pas qu’il n’y ait pas d’échec ! A la fin du cursus les élèves obtiennent donc le Diplôme national de comédien. Dès la prochaine rentrée ils s’inscriront aussi à l’Université d’Avignon, et obtiendront au bout des 3 ans une Licence des Sciences de la Communication, ceci dans le cadre de l’harmonisation des diplômes artistiques supérieurs, où les formations postbac en trois ans équivaudront à terme toutes à une licence. Maintenir le cap ! Le cursus scolaire favorise une formation globale technique et artistique dispensée par des intervenants aux esthétiques diverses. Les élèves doivent y trouver leur voie personnelle. Un comité pédagogique composé de 8 artistes professionnels du spectacle d’univers très différents définit les axes du projet pédagogique pour chacune des 3 classes. Au programme d’une quarantaine d’heures par semaine : travail du corps avec l’Eutonie Alexander, danse et rythme, voix parlée et chantée, travail sur l’espace et l’imaginaire, connaissance du corps comme instrument, histoire et esthétique du théâtre en lien avec des ateliers d’interprétation. Avec des intervenants de tous horizons qu’on ne peut tous citer comme Simone Amouyal, Valérie Dreville, Youri Pogrebnitchko... Béatrice Houplain, qui a été à l’école de Vitez, est chargé d’harmoniser les enseignements dans le constant souci d’écoute de chacun et de cohésion du groupe, mais aussi de respect de la diversité : « Chacun doit développer son esthétique et son éthique. » CHRIS BOURGUE 04 93 38 73 30 www.erac-cannes.fr X-D.R Agnès Mellon À NOTER L’ERAC sera au Festival In d’Avignon du 18 au 24 juillet à 18h avec Soeurs et frères d’Olivier Cadiot, dans une mise en scène de Ludovic Lagarde et Laurent Poitrenaux. La pièce sera créée à Montévidéo du 17 au 25 juin à 20h30, avec les 2 distributions différentes des élèves-comédiens de 3 e année. Montévidéo 04 91 04 68 41 d4 À SAVOIR Le FIJAD (Fonds d’Insertion pour les Jeunes Artistes Dramatiques) a été créé en 2004 sous l’impulsion de la Région PACA et du Ministère de la Culture pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes comédiens durant les 2 années qui suivent leur formation. Ce dispositif privilégie les créations de qualité et les démarches théâtrales originales. Sous des conditions précises, les jeunes comédiens et les compagnies qui les accueillent sont aidés financièrement, ce qui leur permet souvent de décrocher leurs premiers rôles.
75 Deux responsables efficaces ont mis toute leur énergie au service des futurs acteurs Didier Abadie, le directeur, a toujours aimé le théâtre. Pourtant il a fait des études scientifiques, du droit immobilier, puis s’est retrouvé à la DRAC (Direction Régionale d’Actions Culturelles). C’est ainsi qu’on lui a proposé de participer à la réflexion sur l’implantation d’une école d’acteurs en PACA. De fil en aiguille il s’en est retrouvé directeur, et y est comme un poisson dans l’eau ! Zibeline : Qu’est-ce qui vous attire dans le théâtre ? Didier Abadie : C’est la transmission de l’œuvre au public, une alchimie qui m’intéresse. Je suis fasciné par l’acteur : il y a toujours un moment, même infime, où il a un espace de liberté, où il prend le temps, là. Où, seul avec le public, il existe en dehors du texte et de la mise en scène, et c’est un instant d’humanité profonde ! Tout metteur en scène, s’il est honnête, s’arrange pour que cette liberté si précieuse passe dans sa mise en scène. Quels sont les partenaires de l’ERAC ? L’école travaille en partenariat avec La Criée, les Bernardines, la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, l’IRTS d’Avignon (Institut Régional des Techniques du Spectacle), le Conservatoire National de Nice, des théâtres parisiens, et divers festivals de théâtre en Europe. Le métier de comédien a-t-il évolué ces dernières années ? Oui. Avant il y avait davantage d’autodidactes, les metteurs en scène avaient le temps. Maintenant il faut être efficace et on ne compte que 11% d’autodidactes dans le métier. On utilise aussi les nouvelles technologies ; ainsi Jean François Peyret, metteur en scène, travaille sur les mécanismes du cerveau en parallèle avec une université de Los Angeles. Le 23 Une enseignante fidèle Catherine Marnas, metteur en scène de la Cie Parnas basée à Marseille (voir page 28) enseigne depuis plus de 10 ans à l’ERAC, et a été professeur au Conservatoire National Supérieur de Paris. Zibeline : Qu’est-ce qu’on enseigne à des élèvesacteurs ? Catherine Marnas : Les questions du jeu constituent l’essentiel des préoccupations des enseignants et des metteurs en scène intervenant à l’ERAC. Pédagogie et mise en scène sont étroitement liées, et l’acteur est au centre des 3 ans de la formation. Les intervenants doivent avoir un regard qui permette à l’acteur de prendre conscience de sa responsabilisation, puis de trouver son propre chemin et sa liberté. Comment travaillez-vous avec les premières années ? Il faut leur donner très vite la notion du groupe, de sa cohésion car ils vont travailler ensemble durant 3 ans ! Il est important d’expérimenter le travail collectif ; ainsi mai, à 17h, une représentation sera proposée à la Chartreuse, suite d’une résidence en collaboration avec le Laboratoire d’Informatique, Robotique et Microélectronique de Montpellier (LIRMM). Il s’agit d’une réflexion autour du vivant et de l’artificiel sur un plateau de théâtre, avec le spectacle Variations pour 5 acteurs et des machines humanoïdes. René Corbier est le directeur de Made in Cannes, projet des Affaires Culturelles de la ville. Le Maire lui a confié la mission de mettre en valeur les écoles. Outre l’Erac, Cannes possède l’École de Danse de Rosella Hightower, l’école de marionnettes Artekal (création, manipulation et jeu) et une école du cirque. La structure permet au Théâtre de la Licorne (500 places) de recevoir des spectacles créés par les anciens élèves des écoles. Ainsi les étudiants voient des spectacles d’excellente qualité pour 2 euros ! Sans oublier que les Cannois ne sont pas vraiment concernés par le Festival de cinéma ou autres manifestations réservées aux VIP, et viennent nombreux découvrir les créations contemporaines ! www.madeincannes.com X-D.R je propose un travail sur le chœur depuis l’Antiquité jusqu’à Brecht ce, qui permet de souder le groupe. Faire du théâtre est une sorte de maïeutique. Qu’est-ce qui fait la particularité de l’ERAC ? L’ERAC est un endroit privilégié, car dans le cadre du comité pédagogique qui se réunit au moins une fois par mois, nous définissons des axes de travail. Il y a vraiment une écoute, une pratique et une interaction quotidiennes. Par exemple, nous décidons ensemble de solliciter de nouveaux intervenants, des textes à monter... Le fait d’être confrontés à des intervenants différents permet aux futurs acteurs de trouver des repères pour choisir leur propre esthétique. Quel conseil donneriez-vous à un futur acteur ? Se méfier du narcissisme, penser à l’interprétation plus qu’à la représentation ! Se rappeler Jouvet qui déclarait que l’acteur se devait d’être généreux ! Les élèves Claire est en 2 e année, dans l’ensemble 17, c’est-à-dire la 17 e promotion, après une licence des Arts du spectacle à Nice. Elle évoque les difficultés de la sélection, puis celles du stage de 8 jours, lectures et jeu pour tester la disponibilité de l’interprète, à l’issue desquels n’ont été pris que les 10 élèves de sa promo. « Il faut faire ses preuves en 3 minutes ! » Constance est en 3 e année. Elle fait du théâtre et joue du violon. depuis la classe de 3e. Elle nous parle des projets personnels auxquels réfléchissent les étudiants à partir de la 2 e année : « Il faut préparer un dossier et le soumettre au comité pédagogique ; 4 projets sont retenus cette année. Je fais la mise en scène d’un texte de Sarah Kane, je joue aussi dans un projet de Mathieu sur les rapports du théâtre et du cinéma, un spectacle de 40 mn avec des extraits de films. » Maïa est de la même promotion et travaille sur un texte du norvégien Jon Fosse. Elle confie : « Je considère que j’étais dans une totale incapacité à faire autre chose que du théâtre ! » Constance et Maïa ont participé avec 8 autres comédiens de l’ensemble 16 à la création du très beau texte de Francis Ponge, Le savon, qui a été présenté à La Friche le 26 avril, sous la direction d’Alain Zaepffel, enseignant voix et diction au conservatoire de Paris (CNSAD). Spectacle d’une finesse rare mettant en valeur la langue subtile de Ponge, sublimée par des comédiens lumineux et une scénographie dépouillée !...et des anciens Guillaume Gouix a commencé très jeune par le cinéma, puis a vite senti la nécessité de faire une formation solide. Pour cela il a obtenu une dérogation à 17 ans et son diplôme en 2004. Il affirme que l’école lui a donné l’amour des textes. Depuis il alterne cinéma et théâtre sans réelle préférence mais au gré des rencontres. On l’aura notamment remarqué en compagnie d’Emilie Berling et Carole Bouquet, dans Les hauts murs de Christian Faure, sorti récemment sur les écrans. Elisa Voisin a un parcours intéressant car elle alterne ses rôles avec une activité de costumière, notamment dans la dernière proposition de Thomas Fourneau à Montévidéo (voir Zibeline 7). Elle fait partie du trio fondateur en 2006 de la compagnie l’Individu avec Charles-Eric Petit et Guillaume Clausse, tous trois sortis la même année. Ils préparent en ce moment un spectacle intitulé Notre Dallas sur un texte de Charles-Eric Petit, en chantier (voir Zibeline N°5). Une première « maquette » en sera proposée les 19 et 20 juin au 3bis F à Aix.



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