Zibeline n°8 juin 2008
Zibeline n°8 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jazz des cinq continents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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68 HISTOIRE MAI 68 À MARSEILLE L’INOUÏ DE MAI (ET JUIN...) 68 : « Émergeant d’on ne sait où, remplissant tout à coup les rues et les usines, circulant entre nous, devenant nôtres mais en cessant d’être le bruit étouffé de nos solitudes, des voix jamais entendues nous ont changés. (...) Il s’est produit ceci d’inouï : nous nous sommes mis à parler. » La prise de parole, Michel de Certeau Par ces mots, dès l’été qui suivit « les événements », l’historien et anthropologue Michel de Certeau, signalait ce qui lui semblait être l’événement le plus important du printemps 1968 : la prise de parole. Le deuxième chapitre de son essai s’ouvrait sur une formule synthétique : « En mai dernier, on a pris la parole comme on a pris la Bastille en 1789 ». Or, son analyse du mouvement, produite à chaud, portait essentiellement sur l’événement parisien. Elle est par conséquent marquée par les formes propres du mouvement à Paris et dans la région parisienne, depuis l’épicentre de la « commune étudiante », au Quartier-Latin, jusqu’aux bastions de la grève ouvrière : Flins, Billancourt, St- Ouen... Qu’en est-il du mouvement à Marseille ? Le « silence » de la grève Même si à Marseille la confrontation violente avec les forces de l’ordre est absente, la violence déployée contre les étudiants à Paris, ou dans d’autres villes comme Nantes et Lyon, polarise fortement l’opinion et crée les conditions, après le 13 mai, du démarrage de la grève. À partir de ce moment, c’est d’abord par une forme de silence qu’il faudrait caractériser la grève, qui s’est ensuite propagée pour atteindre un pic fin mai et résister jusqu’au milieu du mois de juin, et parfois au-delà. Un silence qui en impose : ainsi le 27 mai, au moment du « constat de Grenelle », établissant le résultat des négociations entre le patronat et les confédérations syndicales au niveau national, le cabinet du préfet adresse aux ministres de l’intérieur et du travail une synthèse sur la situation du département : le secteur public et nationalisé est en grève à plus de 80% des effectifs. Dans le secteur privé on compte 175 usines arrêtées, dont 93 sont occupées. À Marseille, à cette date, tous les grands établissements industriels sont touchés. Les traminots sont en grève. Le port est en grève totale, et les dockers et marins le resteront jusqu’à mi-juin au moins. Silence particulier donc : silence de la grève de masse, de la production arrêtée et du travail cessé. À certains 1968- Atelier Beaux arts égards une révolte, mais calme, contenue dans les formes assez ritualisées de l’occupation d’entreprise. Rencontres empêchées Par ses formes mêmes, le mouvement à Marseille, plus encore qu’au plan national, assigne certaines limites aux transgressions de « l’ordre habituel des choses et du discours » : il se tient globalement dans les entreprises et dans les établissements publics, plus que dans la rue. Après la journée du 13 mai, il n’y aura qu’une autre véritable occasion de manifestation commune le 29 mai, et encore le cortège étudiant est-il fortement encadré et contenu par le service d’ordre. Pour le reste, le mouvement consiste pour l’essentiel à occuper des lieux de travail ou des lieux d’études. Les limites tiennent aussi à la force de l’encadrement syndical exercé par la CGT, dans une ville et un département où, qui plus est, le mouvement ouvrier reste sous l’influence dominante du Parti Communiste. À Marseille plus encore qu’à Paris et dans d’autres villes sans doute, maijuin 68 fut marqué par une séparation dans la lutte, entre le mouvement étudiant et la grève ouvrière. Incontestablement la scène nationale, et par conséquent l’initiative étudiante, joue début mai un rôle déclencheur, ici comme ailleurs. Mais dès que la grève de masse est lancée après le 13 mai, un fort contrôle s’exerce de la part de la CGT sur la conduite de la lutte et sur les convergences qu’elle peut éventuellement occasionner. Bien sûr les déterminations sociales et culturelles interviennent aussi pour nourrir la séparation entre monde ouvrier et militants étudiants. Quoiqu’il en soit, malgré les efforts, malgré quelques
69 À MARSEILLE AUSSI ? transgressions parfois, globalement la rencontre des deux mouvements n’a pas vraiment eu lieu : elle a été empêchée. L’inouï de mai-juin 68 : l’insubordination et la radicalité ouvrière Jusqu’aux négociations de Grenelle, la dynamique politique de la grève était forte à Marseille aussi : elle portait des revendications sociales et elle portait aussi une contestation du pouvoir gaulliste comme anti-démocratique. Après Grenelle, la grève résiste en s’ancrant désormais au plus près des revendications propres à chaque branche ou chaque secteur, elle perd de son contenu général, elle recule en tant que grève politique. Dès lors, l’inouï de mai-juin 68 à Marseille est contenu avant tout dans la radicalité qui s’exprime, malgré tout, au sein de certains collectifs ouvriers qui ne se résolvent pas facilement à l’abandon des perspectives générales du mouvement et à la reprise du travail. De manière plus générale, la grève de mai-juin 68 est, à Marseille aussi, un acte majeur d’insubordination ouvrière 1 qu’illustre le mouvement d’occupation des entreprises dans sa généralisation même, c’est à dire y compris dans des entreprises moyennes et petites, dans des entreprises fortement féminisées ou à forte composante immigrée, sans tradition syndicale, (les Pâtes Panzani, les entrepôts des magasins Casino, certaines entreprises du bâtiment...). Tout cela signale des possibles du mouvement de maijuin 1968, et pousse à reconsidérer le point de vue des acteurs dans son ouverture, c’est-à-dire en s’efforçant de l’extraire de la fatalité qu’impose après-coup, nécessairement, l’histoire accomplie 2. EMMANUEL ARVOIS 1.Voir à ce propos L’insubordination ouvrière dans les années 68,X.Vigna, publication en 2007 aux Presses Universitaires de Rennes. 2.Sur ce point de vue essentiel, voir l’ouvrage collectif important, sous la direction de D. Damame, B. Gobille, F. Matonti et B. Pudal : Mai-Juin 68, Les Editions de l’Atelier, 2008 (voir Zibeline 6). "Hangar occupé", usine Sud-Aviation de Marignane X-D.R Où en est l’esprit de mai 68 ? C’est la question que l’on va se poser à la Friche, de 13h jusqu’au bout de la nuit, à travers débats, projections, tables rondes, sans oublier apero et soirée Mix… Un débat orienté vers des questions spécifiques, puisqu’il est organisé par l’Observatoire permanent de la laïcité : les questions posées porteront semble-t-il davantage sur des avancées culturelles (place des femmes, des jeunes, de la laïcité) que politiques ou syndicaux. 13h30 Café littéraire en présence des lauréates du Concours de Nouvelles du Forum des Femmes en Méditerranée. Concert de Frédérique Wolf-Michaux. 14h30 Documentaire réalisé par Véronique Decrop Laïcité et Droits des Femmes. L’association Phare et Forum Femmes Méditerranée un débat, animé par Anne Zelensky et Pierre Cassen, autour des enjeux des combats laïque et féministe. Intervention théâtrale de la cie 6T Théâtre. 17h00 Tables rondes sur différents thèmes liés à la 7E Viv,. laïcité et aux droits des Femmes animées par le Planning Familial, Femmes Solidaires, Gemppi. 18h00 Apéro, restauration et Mix 60’s & 70’s par Dj Zoom. 20h30 Documentaire de Simon Brook, Génération 68 (Ina/Cinétévé) : images d’archives et témoignages de Denis Hopper, Milos Forman, Vaclav Havel, Annie Nightingale, Jean-François Bizot, Wolinski... Débat mené par Colette Tron (Alphabetville) 22h30 Restauration, Dj... 23h00 Soirée concert, Mix... Système Friche Théâtre 04 95 04 96 10 www.lafriche.org PRÉPARE7ORE o SEJOUR AVEC LE C RÉGIONAL EN PRovENCEL DE TOURISME WWW.DECOUVERTEPACA.FR Ici, chaque jour, nous cultivons !'Exceptionnel Provence-Alpes-Côte d`Az ! Cnnu[i Regional de Tourisrr



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