Zibeline n°8 juin 2008
Zibeline n°8 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jazz des cinq continents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 LIVRES INSTITUT CULTUREL ITALIEN Un pont de livres entre deux rives Les 22 et 23 avril, à Marseille puis à Aix, l’Institut Culturel Italien a organisé deux tables rondes autour des Éditions en Méditerranée. Deux moments de rencontres et d’échanges, en partenariat avec les associations Libraires du Sud, Libraires à Marseille, Écritures croisées-Cité du Livre d’Aix et la DRAC ; deux occasions de célébrer 2008, année du dialogue interculturel Prétexte à ces deux manifestations, la création toute récente à Rome de Sharq/Gharb, filiale en langue arabe des éditions Est/Ouest. Étaient donc invités, le 22 avril, SandroFerri, le directeur des E/O Edizioni, et Amara Lakhous, directeur éditorial de la nouvelle filiale. Marie Desmeures, directrice de la collection Babel chez Actes Sud, Molly Fournel, libraire, et Sofiane Hadjadj, écrivain, ont également participé au débat, animé par le journaliste littéraire Fabio Gambaro. Est/Ouest Nord/Sud Initiatives et perspectives de l’édition dans les pays méditerranéens, ainsi s’intitulait la première des deux conférences. Rien d’étonnant à ce que la nouvelle entreprise des éditions E/O ait été au centre des débats. Elle s’inscrit dans le parcours original et militant de cette maison romaine indépendante, qui s’est, depuis l’origine, lancé des défis. Dans les années 1970, il s’agissait, et c’est de là que vient son nom, de faire connaître à l’Ouest les écrivains et la littérature de l’Est, de franchir le Mur grâce à la diffusion des œuvres. Quelque trente ans plus tard, SandroFerri n’a rien perdu de son goût du défi : en créant cette branche en langue arabe de sa maison d’édition, il entend répliquer à sa manière aux discours rebattus sur le « choc des civilisations », aller à contre-courant des préjugés obscurantistes en vogue. Amara Lakhous ne peut que s’engager résolument à ses côtés : son premier roman, à mi-chemin entre le noir et la comédie à l’italienne, ne porte-t-il pas le titre ironique Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio ? (voir p 60). Partisan du « dialogue entre les deux rives », le jeune directeur éditorial de Sharq/Gharb a choisi comme premier titre Les jours de mon abandon d’Elena Ferrante. Ce récit de séparation a connu un grand succès en Italie et a été adapté pour le cinéma. Amara Lakhous est convaincu que le roman du quotidien peut trouver son lectorat dans les pays arabes. Il envisage également d’éditer des textes français, espagnols... Un de ses rêves serait de traduire en arabe la trilogie de Jean-Claude Izzo, histoire de poursuivre son « projet fou et ouvert ». X-D.R Sortir de l’isolement Sofiane Hadjadj, qui est aussi éditeur aux éditions Barzakh d’Alger, voit d’« un bon œil » ces initiatives, qui visent selon lui à « réinventer un nouveau cosmopolitisme », et pointe avec insistance les difficultés de publication et de diffusion que subit le monde arabe. Évoquant les conditions de l’édition en Algérie, il n’hésite pas à parler d’« anorexie éditoriale ». Il approuve les échanges, mais souligne que l’urgence serait de sortir du « sous-développement », en aidant des éditeurs comme lui à faire mieux connaître les auteurs et leurs livres. Dans cette optique, l’expérience de coédition menée chez Actes Sud avec le Canadien Lemeac pourrait servir de guide ; Marie Desmeures n’a cessé de rappeler que la coédition doit s’affranchir de toute logique commerciale, que les liens se tissent sur le long terme, que c’est ainsi que les associations perdurent … et sont finalement profitables ! Quant à Molly Fournel, elle a redit avec force la nécessité de « casser pierre à pierre le nouveau Mur de Berlin » et le rôle de « passeurs » des libraires. La librairie Regards, dont elle s’occupe, propose depuis longtemps un grand choix d’ouvrages consacrés au monde méditerranéen. Une orientation évidente pour elle, dans une ville comme Marseille, où se tiennent chaque automne les Rencontres d’Averroès, sous l’égide de Thierry Fabre, qui était présent et est intervenu pour rappeler que : « La langue de la Méditerranée, c’est la traduction. » Pour tous les participants, une chose était sûre : le dialogue entre les deux rives de la mer doit se renforcer ; c’est un enjeu culturel majeur. Noir méditerranée À la question de l’existence d’une « littérature méditerranéenne », SandroFerri a une réponse : la Méditerranée, centre de trafics et d’organisations criminelles en tous genres, berceau de la tragédie, trouve aujourd’hui son unité littéraire dans le mouvement du « noir méditerranéen », qui offre des œuvres fortes, ancrées dans un paysage très contemporain et habitées de toutes les questions sociales et politiques. Reste que le roman noir méridional est encore peu lu dans les pays arabes, faute de diffusion correcte ; et que les nouveaux talents de la littérature en langue arabe sont souvent méconnus de ce côté-ci de la mer. Pour un Mahfouz ou un El Aswany, combien restent dans l’ombre ? Et comme l’a fait remarquer Sofiane Hadjadj, comment un romancier arabe pourrait-il écrire un roman noir s’il n’a jamais pu lire Camilieri, Montalban ou Izzo ? Alors, traduisons, coéditons, diffusons en Méditerranée. Témoignons ainsi de la pérennité des échanges qui la nourrissent. Et faisons tomber ce nouveau mur qui s’édifie autour des rives. FRED ROBERT De Rome à la Méditerranée : Initiatives et perspectives dans l’édition des Pays Méditerranéens
ALCAZAR CIPM LIVRES 57 Illustrez-vous ! L’association Sur la Place organise à 13 mai et jusqu’au 7 juin. Mais les 23 et L’Alcazar deux journées de rencontres 24 mai les rencontres battront leur autour de l’illustration : dans divers plein, avec Jean Claverie et son Little lieux de la bibliothèque sont déjà Lou, autour de l’illustration du livre exposés, ça et là, quelques images étonnantes, et des boîtes à surprise, depuis le arts visuels et livres : tout ce qui fait jeunesse, mais aussi des rapports entre qu’un livre est un objet. Et puis il y aura aussi des ateliers pour apprendre à regarder « entre les pages », des stands organisés sur le Parvis par La Réserve à Bulle et la Librairie des 3 Mages, des films dans l’audiorium… Et le 24 au soir, un concert au Paradox, pour suivre Jean Claverie sur La Route du Sud. A.F. Lisa Mandel Little Lou Jean Claverie Rencontres de l’illustration Alcazar les 23 et 24 mai 04 91 54 48 76 http://surlaplace.free.fr Éclosions printanières au CipM Nouvelles publications, extension des programmes de résidences d’auteurs, en ce début de printemps le Centre international de Poésie Marseille se porte bien, merci. C’est ce qu’a tenu à rappeler son directeur Emmanuel Ponsart, lors de la conférence de presse qu’il a organisée mi-avril dans ses locaux de la Vieille Charité. Création vivace et proliférante La poésie, souligne Emmanuel Ponsart, est « une activité souterraine mais très existante » : tous les six mois, ce sont plus de deux cents recueils publiés, auxquels s’ajoutent sites, CDs et autres supports. La bibliothèque du centre, riche de quelque 40000 documents, le site et ses 16000 documents consultables en ligne, témoignent de ce foisonnement. En 2008, le CipM entend persévérer dans sa mission de « défense de la poésie contemporaine à travers un soutien à la diffusion et à la création. » Il vient de publier le numéro de printemps, bleu (celui de l’automne est jaune), de sa revue semestrielle Cahier Critique de Poésie. Le dossier de ce CCPn°15 est consacré à « l’œuvre singulière, souvent passée sous silence » de Roger Giroux et de Maurice Roche. Comme les précédents, ce numéro a nécessité une centaine de collaborateurs, quelques universitaires mais surtout des créateurs, des écrivains, pour une revue qui refuse l’aridité et se révèle un excellent outil pour les bibliothécaires. Pépinière de projets Outre les poètes qu’il accueille à Marseille et dont les textes sont publiés dans la collection Le Refuge, le CipM initie de nouveaux programmes de résidences dans des villes du pourtour méditerranéen. Le Refuge en Méditerranée diffusera désormais les textes écrits par les résidents à l’étranger. La première collaboration s’est faite à Tanger, grâce à l’Institut français Tanger Tétouan. D’autres sont en projets, à Beyrouth, Athènes. S’ajoutent à cela les séminaires de traduction, menés en partenariat avec l’association Un bureau sur l’Atlantique, au cours desquels un poète nord-américain est accueilli une semaine à Marseille et traduit par ses collègues français. Floraison de voix Il est une voie de diffusion à laquelle Emmanuel Ponsart se montre particulièrement attaché, celle de la lecture publique. C’est d’ailleurs l’une des contraintes imposées aux poètes en résidence à Marseille, qui doivent, en général à mi-temps de leur résidence de création, proposer une lecture de leur choix. De fait, le cipM organise chaque vendredi une lecture, pour faire entendre « la littérature à haute voix ». Le 25 avril, l’atelier La voix de l’écrit, présenté par Nanouk Broche, a proposé Voyage ! Voyage ! Quelques fragments de récits de voyages, quelques extraits de lettres de voyageurs célèbres et surtout une lecture théâtralisée de passages d’Oreille rouge d’Eric Chevillard. Ou l’avant, le pendant et l’après d’une résidence d’écriture au Mali. Humour féroce et autodérision dans cette évocation sans complaisance, que les six voix des jeunes lecteurs comédiens ont su rendre avec finesse. Sorti de cette performance, on n’a qu’une envie, celle de lire tout le texte de Chevillard. Car c’est bien à cela que servent ces lectures apéritives, à susciter le désir… FRED ROBERT À lire : Dans la collection Le Refuge : La maison Bing de Jérôme Mauche ; Le Prostituant d’Eric Meunié, 10 euros Dans la collection Le Refuge en Méditerranée ; Une grammaire de Tanger d’Emmanuel Hocquard, 10 euros ; Aux Editions de Minuit, Oreille rouge, d’Eric Chevillard.



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