Zibeline n°8 juin 2008
Zibeline n°8 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jazz des cinq continents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 MUSIQUE CONCERTS I Duplicités Le Grand théâtre était comble pour accueillir un programme atypique : les deux violonistes Korcia et Niculescu, dans une affiche mêlant classique et jazz. Ils commencent en duo avec le premier mouvement du concerto pour deux violons de Bach, puis Laurent Korcia enchaîne seul. Le talent de ce dernier n’est plus à prouver : il envoûte l’auditoire avec Bartok et Brahms. On ne s’y trompe pas, tout y est : la qualité de l’ex-pression, de l’interprétation liée à une technique irréprochable. Puis le répertoire dit « savant » fait place au swing de Niculescu dans une am-biance détendue. Cette partie fait alterner des standards de Reinhardt et Grappelli avec des Bandes originales de films (Le thème des Valseuses ou celui des Parapluies de Cherbourg). À la fin, Korcia vient se mêler, le temps d’un morceau, au répertoire jazz. Bref, ce fut un très agréable moment musical. Ou plutôt deux, successifs : on eut préféré une vraie connivence entre les interprètes, et davantage de « confrontations » en duo. GUILHEM BERNARD Doubles jeux a été proposé au GTP le 24 avril Déraillage controlé Rares sont aujourd’hui les tentatives d’un spectacle total, prenant réellement le risque de conjuguer les arts de la scène. C’est qu’il est fréquent d’échouer dans ce savant tressage des langages, et de se limiter à une simple juxtaposition des choses. Ce n’est pas le cas du projet Laurent Korcia Agnès Mellon Des mots pour le dire La seconde édition du festival Autour des Claviers de Gémenos accueillait le 18 mai le comédien Alain Carré et le pianiste François-René Duchâble dans un programme mettant en scène Hector Berlioz « Ma vie est un roman qui m’intéresse beaucoup ! » lance l’imposant Alain Carré sous la voûte en berceau de l’édifice roman, campant le rôle du compositeur romantique. Un axiome qui pourrait résumer Histoire de ma vie, spectacle original au concept singulier proposant un dialogue théâtral entre les mots issus des correspondances du musicien et les Le cri de l'oie Christian Mathieu sons du piano, synonymes d’estampes musicales. Illustrés merveilleusement sous les doigts précis de François-René Duchâble par des pièces contemporaines de l’artiste (Schumann, Liszt, Chopin) ou antérieures (du vénéré Beethoven), les délicieuses lettres du romantique incompris retracent plusieurs moments de sa vie tourmentée : les amours bien sûr, le mépris des Parisiens et des Français pour son œuvre, la résidence à Rome, encore les échanges avec les artistes de son temps. Acerbe et souvent corrosive, maniant l’ironie aigrie du musicien fâché avec son monde, la correspondance s’installe tranquillement entre le pianiste et le comédien prenant tour à tour la parole dans conjointement mené par le metteur en scène Thierry Poquet et le compositeur Benjamin De La Fuente. À ce titre, et malgré quelques imperfections, il mérite d’être salué. D’autant que ce « théâtre composé » prend appui sur l’une des matières les plus délicates qui soit : la poésie, a fortiori celle du marseillais Christophe Tarkos. Une « pâte-mot » dont les comédiens-chanteurs s’emparent avec brio, au fil de tableaux livrant tous azimuts ce que le poète avait dans la tête. D’emblée, la présence envoûtante de Michel Hermon s’impose. Mais ses deux acolytes parviennent eux aussi à trouver leur place, sur un registre plus décalé, plus léger. Portés par les musiciens d’Ars Nova, la partition tisse les sonorités instrumentales avec les mots du poète, les cette dualité artistique. Le site majestueux de l’abbaye de saint Pons a enrichi par son décor austère une rencontre véritablement romantique, dont le public nombreux a su se délecter. FREDÉRIC ISOLETTA prolongeant, les développant, les questionnant. Seul bémol, la danse, qui ne trouve pas matière à se fondre dans ce tout et qui, par son développement parallèle, parasite le discours. Le grain de sable ne fait pas pour autant dérailler cette belle mécanique, qui fait résonner avec succès la parole de Tarkos, dans son euphorisante inventivité comme dans son inquiétante étrangeté. LAURENCE PEREZ Le cri de l’oie a été présenté dans le cadre du festival Les musiques proposé par le Gmem, le 26 avril dernier
33 Sacred Christ ! Le Festival de Musique Sacrée de Marseille a débuté, le 16 mai à l’église Saint-Michel, par un classique de genre : Le Messie de Haendel. Une fresque baroque qui a été particulièrement soignée par le Chœur et l’Orchestre de l’Opéra ! On se demandait si l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Marseille seraient en mesure de rendre au plus fameux oratorio de Haendel toutes ses couleurs, ses nuances, ses contrastes… Les musiciens et chanteurs du théâtre municipal sont excellents, mais habitués à la fosse et au plateau lyrique ces artistes s’avèrent peu rompus à ce type de répertoire. C’est dans le bel canto, l’opéra romantique que voix et cordes trouvent d’ordinaire leur plénitude, essentiellement dans le legato et le vibrato. Interpréter aujourd’hui une vaste partition baroque telle que Le Messie avec ces seules armes serait suicidaire ! Et bien saluons le travail des 26 chanteurs et de leur chef, Pierre Iodice ! La tâche entreprise avec Didon et Enée en 2005, poursuivie à l’orchestre au festival de musique baroque ou lors des représentations de Jules César cette saison, porte ses fruits. Les pupitres du chœur, en allégeant leur émission naturelle, la texture de leur timbre dans les vocalises ou les entrées contrapunctiques, ont favorisé le tracé d’une polyphonie claire dans l’espace acoustique de l’église, et ce jusqu’au dernier rang. À quelques occasions, comme dans l’inaltérable Alléluia !, la pompe à décibels s’est enclenchée pour en mettre plein les oreilles, soutenue par des trompettes et des timbales muettes jusqu’alors. C’est que tout conduit à ce climax situé en point d’orgue organique de l’œuvre : Haendel a idéalement exprimé la Résurrection… ! À l’orchestre, le jeune chef québécois Jean-Marie Zeitouni (en remplacement de Kenneth Montgomery souffrant) a imposé aux cordes « modernes » un jeu sans vibrato, des tempi justes et modérés, des phrasés essentiellement basés sur les respirations, la souplesse des nuances et des couleurs subtilement dosées. Un joli nuancier de claviers a alterné ou associé judicieusement l’orgue et le clavecin dans les récits, les airs ou les sinfonies, deux hautbois et un basson de haut-vol, ainsi qu’une intervention impeccable de la trompette solo dans le dernier air de basse The trumpet shall sounds… Côté solistes, le baryton-basse Nicolas Testé s’est particulièrement distingué. Son timbre solide, rond, son souffle long et maîtrisé font penser furtivement au jeune Samuel Ramey ! À l’autre extrême le soprano lumineux d’Hélène Guilmette a également captivé l’auditoire. Dans ses vastes airs, Lucie Roche (davantage mezzo qu’alto) a fait preuve de belles aptitudes de chaleur vocale et d’expressivité, et le ténor Olivier Dumait, par son timbre léger et son articulation soignée, a complété un quatuor francophone remarquable. JACQUES FRESCHEL Le chœur parle L’ensemble Musicatreize était accueilli pour la première fois au temple Grignan, le 15 mai, pour un programme tourné vers le sentiment amoureux Le déménagement de l’ensemble vocal et de leur chef Roland Hayrabedian au temple protestant de la rue Grignan a avant tout le mérite de nous promettre un avenir acoustique radieux : le concert a affiché de belles performances sonores, domaine qui est loin de s’avérer négligeable. Ce n’est toutefois pas la seule bonne surprise : le programme est justement pensé et l’interprétation d’une grande qualité. La mise en regard d’extraits du chef-d’œuvre de l’humaniste Claude Le jeune, Le Printemps, avec les Cinq Rechants d’Olivier Messiaen postérieurs de près de quatre cents ans est bienvenue, ne serait ce que du point de vue de la filiation inspiratrice et admirative dont témoigne l’avignonnais envers son aîné. « Je considère les cinq Rechants comme une de mes meilleurs œuvres »... Et comme une des plus difficiles d’exécution ! aurait pu ajouter Messiaen tant les douze voix solistes sont soumises à rude épreuve d’un point de vue vocal et rythmique (rythmes hindous très présents). Nonobstant les chausse-trapes d’une écriture complexe, l’« orchestre vocal » a su briller par la pureté et la justesse de ses voix. Kamenaia, création du tout jeune compositeur Christophe Bertrand, s’inspire d’un texte de Pierre-Jean Jouve et de la rugueuse et peu sensuelle Vénus du trottoir, art brut de Jean Dubuffet visible au musée Cantini : l’œuvre interroge à la première écoute. Tandis que Jean- Christophe Marti, dans The last words Virginia Woolf wrote, nous fait véritablement sentir le dernier soupir de la femme de lettres et féministe anglaise, littéralement chanté, soufflé, saccadé… épuisé et haletant ! FRÉDÉRIC ISOLETTA Ensemble Musicatreize Guy Vivien



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