Zibeline n°8 juin 2008
Zibeline n°8 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jazz des cinq continents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 MUSIQUE GTP SMCM ANGUÉLOS Reine du bel canto À Aix, le 6 mai au Grand Théâtre de Provence, June Anderson fait son récital. La salle est comble et retient son souffle… 411000°F June Anderson Agnès Mellon La diva pénètre sur le plateau, la cinquantaine altière, traverse les rangs de l’orchestre et vient s’installer aux côtés du maestro Philippe Bender. La silhouette affinée, une robe en harmonie de tons avec sa chevelure blonde, la soprano débute par Rossini (Sémiramis). Trente ans qu’elle triomphe sur les scènes du monde entier ! Dès les premiers sons, on est rassuré : son timbre, certes peu épais, a gardé ses qualités d’équilibre et d’égalité sur tout le registre. Le souffle est maîtrisé avec métier, les phrasés sont souples et les aigus conservent leur franche clarté. Dans les emplois bel cantistes appropriés à son centre de voix, June Anderson demeure une interprète hors-pair : dans les grands airs de La Somnambule ou du Pirate de Bellini en particulier. À l’orchestre, on regrette un poil de redite stylistique pour la série d’Ouvertures intercalées entre les airs de la première partie et, parfois, un manque d’osmose avec la chanteuse : l’orchestre de Cannes et son chef sont remarquables, mais semblent peu rompus à l’exigence particulière de la fosse d’opéra. Au bout d’un récital éprouvant, au cours duquel June Anderson a enchaîné l’incontournable Casta diva, les airs de Desdémone, Juliette et O mio Babbino caro en bis, la soprano quitte la scène sous des acclamations méritées. JACQUES FRESCHEL Piano lumineux L’auditorium de la Faculté de Médecine de Marseille était bondé ! Il faut dire que la Société de Musique de Chambre accueillait, le 22 avril, le pianiste Nicholas Angelich Le programme était varié, réfléchi, d’un grand à propos. De fait, les danses baroques de la Suite anglaise de Bach et les Valses nobles et sentimentales, dissonantes, de Ravel ont servi d’ouverture pertinente aux 33 Variations de Beethoven sur la Valse de Diabelli et ses contrepoints hérités de Bach. L’art du pianiste a fait le reste ! Après une brève suspension, Angelich attaque Bach par un Prélude puissant, égal et détaché, appuyé mais sans lourdeur... Son jeu ménage des plans sonores pianistiques qui n’oublient pas l’originel clavecin. Après une Allemande sereine et une Courante virtuose, la Sarabande éthérée ravit l’auditoire… avant une Gigue pyrotechnique ! On change d’atmosphère avec Ravel : sa « suite » de Valses est empreinte d’un langage harmonique moderne. Et l’on passe de la tendresse nostalgique à la féerie impressionniste, à des teintes pastel au-delà desquelles s’élève un chant étincelant. Point d’esbroufe chez Angelich : l’expression du corps est discrète, mais le jeu phénoménal ! Plus rien n’échappe aux doigts du virtuose dans les Nicholas Angelich X-D.R Diabelli : de l’articulation brutale, à l’humour discret, des couleurs orchestrales aux contrastes abrupts, des cloches funèbres aux marches cavalières, dans les chorals et fugues se souvenant de Bach... Et lorsqu’en bis le pianiste y retourne : l’abyme est éblouissant ! J.F. L’adhésion pour la saison 2008-2009 de la SMCM est ouverte Boutique Harmonia mundi 04 91 33 08 12 Espace Culture 04 96 11 04 60 www.espaceculture.net Les 20 ans d’Anguélos Les plus jeunes se tiennent devant, en tenue de concert. Ils connaissent la musique, rompus qu’ils sont aux programmes qu’ils exécutent régulièrement dans la région ou l’été lors des tournées internationales ! Récemment, le chœur a remporté le 1er prix du Concours de Draguignan. Leur prochain disque paraît en juin, et en juillet prochain les artistes chanteront à Venise, Salzburg, Vienne, Prague, Bratislava… Mais ce 3 mai la Chorale Anguélos fête ses 20 ans ! Du coup nombre de « vieux choristes », ceux des débuts, sont revenus pour prêter main et voix fortes à l’actuelle génération. Ils sont près de 120 massés dans le chœur de la Chapelle du Lycée Chevreul… Et tous ont le même regard d’enfance ! Attentif au moindre geste de leur chef Patrick Benoît, anciens et nouveaux entonnent, sans ciller et par cœur, l’Alléluia de Haendel ou l’émouvant Cantique de Jean Racine… Le temps semble effacé ; la flamme toujours présente ! Elle s’est transmise en chacun d’eux, de génération en génération. J.F. www.choraleanguelos.com
OPÉRA LYRINX MUSIQUE SACRÉ MUSIQUE Manon ou l’opéra français par nature Ce n’est pas un Grand-opéra qui regarde du côté des mythes (Samson et Dalila) ou des héros de Goethe (Faust, Werther). Aucune transposition géographique dans cet Opéra-comique comme pour Carmen, ni abus de légèreté comme dans l’opérette contemporaine : Manon c’est l’équilibre même. De la fête libertine au couvent, de la comédie au drame, son action est ancrée dans le XVIII e siècle de Louis XV. Et le roman de l’abbé Prévost, dont est tiré le livret, est un pilier de la littérature française. C’est peut-être en cette perfection de l’esprit français que Manon est un chefd’œuvre. Et puis il y a la musique de Massenet, minutieuse : tout est écrit dans sa partition, du moindre détail stylistique au plus petit phrasé. Il suffit aux musiciens de suivre le texte… et le sens apparaît de lui-même. Aucune longueur ! Le compositeur ne s’étale pas ; chaque air dit l’essentiel des personnages. Massenet exige d’être fidèle : il ne faut rien trahir ! De fait, dans sa mise en scène, le duo Renée Auphan/Yves Coudray respecte scrupuleusement les contextes historique, géographique, artistique, social du livret. Leurs six tableaux (que cela fait plaisir de sortir du « lieu unique » des productions actuelles !) se situent dans de magnifiques décors (Jacques Gabel) aux perspectives sobres : entre ombre (Saint-Sulpice) et lumière (Cours-la-Reine), intimité (l’appartement parisien) ou faste rougeoyant en habile contreplongée (l’hôtel de Transylvanie)… Et sur ces toiles se dessinent des silhouettes à la Watteau dans des costumes de « fêtes galantes » (Katia Duflot). Tout est juste et pictural : de l’Escarpolette de Fragonard à la sensualité de Boucher… Les « live » de Lyrinx Dans la petite chapelle marseillaise aménagée en studio d’enregistrement, les micros sont plantés devant un immense Steinway. Des tentures verticales ou posées à même le sol atténuent la réverbération du lieu. Deux jeunes artistes s’installent face au public : c’est leur premier enregistrement ! Caroline Boirot (piano) et Franz Ortner (violoncelle) doivent évacuer le stress, le convertir en ondes positives : celles qui font le sel des prises « live » ! Depuis quelque temps, Lyrinx a fait le choix de privilégier la vie des enregistrements publics. En réalité, le vieux sorcier des micros René Gambini gardera « tout ce qu’il est possible de conserver » de la prise du soir : il la montera avec des sections captées les jours précédents. « Pas toujours facile de faire le montage ! » ajoute le preneur de sons. À cause de la pression générée par la présence du public les tempi ont Et l’on a entendu une superbe Manon ! Ermonelo Jaho a illuminé la scène de sa présence dynamique. Elle a subtilement incarné la duplicité du personnage, sorte de Violetta antipathique, joueuse, amante capricieuse fuyant l’ennui et rêvant de luxe. Vocalement l’Albanaise a été parfaite ! Elle possède la voix du rôle : clarté d’émission, aisance dans les vocalises, les aigus… De même Roberto Sacca est un formidable Des Grieux. Son timbre est clair, franc et le ténor se montre capable de nuances fines autant que de puissance : son Ah fuyez ! fut somptueux. Le reste de la distribution, outre des qualités vocales tendance à bouger, le jeu à évoluer… « Avec des artistes comme Katia Skanavi (on attend la sortie de son CD Chopin le 10 juin) c’est très compliqué, car elle ne fait jamais la même chose ». Ce 2 mai, le duo livre un programme conçu autour de Brahms et Schumannet nous fait découvrir des pièces expressives de Kirchner, une sonate romantique de Fuchs… La sonorité chaleureuse du violoncelle et son cortège pianistique emplissent l’espace et ravissent l’assistance. On attend désormais le résultat discographique… après les Beethoven du Fine Arts Quartett, le récital hongrois de Cédric Tiberghien et Valérie Aymard, les Haydn du Trio Hoboken ou les derniers Brahms de Marie- Josèphe Jude… Que du beau monde, décidément, chez ce label marseillais ! J.F. e 31 adaptées aux emplois, a fait montre d’une diction exemplaire du français. On salue également un ballet (Josyane Ottaviano) inspiré du fameux Faune de 1912 et les interventions millimétrées des chœurs… Quant à l’orchestre, il s’est tiré au mieux d’une partition exigeante, servie par la baguette parfois flottante de Cyril Diederich. JACQUES FRESCHEL Manon a été jouée à l’Opéra de Marseille du 29 avril au 9 mai Poésie vocale Christian Dresse C’est à l’excellence qu’était consacrée cette soirée du 16 mai à la mairie du 13/14 de Marseille, dans la bastide Saint Joseph. La maîtrise des Bouches du Rhône, Chœur d’enfants et Jeune Chœur, sous la houlette de Samuel Coquard, accompagné de Magali Frandon au piano a donné un merveilleux concert lyrique sur des poèmes de Tagore, Haffnass, Pétrarque, Herman Lauer, mis en musique par Malher, Rachmaninov, Rheinberger. Les voix sont aériennes, riches, expressives. Ce soir-là a pemis égaleent d’assister à la création mondiale d’une nouvelle œuvre de Florent Gautier, brillant compositeur marseillais, avec L’enfance d’un jour, sur des extraits du poème de Tagore, La jeune lune. Cette composition en forme de triptyque qui reprend la journée d’un enfant, est difficile mais d’une immense finesse, d’une grande fraîcheur, d’une remarquable sensibilité. Elle fut magnifiquement interprétée par le chœur de la maîtrise des Bouches du Rhône, dont la qualité n’est plus à souligner, et qui ira défendre cette création le 30 août au festival de la Chaise Dieu. MARYVONNE COLOMBANI



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