Zibeline n°8 juin 2008
Zibeline n°8 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jazz des cinq continents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 DANSE PAVILLON NOIR Haut en couleurs Que ma joie demeure/Béatrice Massin X-D.R Décidément les Aixois qui aiment la danse ont de la chance : le Pavillon noir leur réserve une saison exceptionnelle ! En deux saisons le Ballet Preljocaj a gagné son pari. Car où peut-on voir aussi fréquemment de la danse d’une telle qualité, si variée dans les esthétiques, et pour un prix aussi modique ? Les petites formes sont à 5 euros, les places les plus chères, sans abonnement ni réduction, à 23 euros : Le Pavillon noir démocratise indéniablement la danse, avec cette année 18 spectacles programmés (71 représentations !), sans compter les répétitions publiques, toujours pleines, et gratuites, les projections, les conférences, rencontres et stages, les interventions urbaines des GUID… Et pour les artistes, les résidences… Ceux d’ici Cette année c’est Michel Kelemenis qui restera le plus longtemps au Pavillon. Une vieille connaissance de Preljocaj, puisqu’ils dansaient chez Bagouet il y a 25 ans, et qu’ils ont même créé ensemble, en 1982, Aventures coloniales, leur première œuvre de chorégraphes. Kelemenis reprendra Alea et Tattoo, deux pièces récentes (voir Zibeline 6) et créera Viiiiite en janvier sur la musique de Christian Zanesi, puis, pour la première fois, inventera une pièce anatomique et mutine pour enfants, en mai : L’Amoureuse de Monsieur Muscle. Mais il ne sera pas le seul chorégraphe de la région sur la scène aixoise : les enfants de Josette Baïz danseront Ulysse (voir Zibeline 6), cinq Affluents, (dont quatre filles, enfin !) termineront la saison et, bien sûr, on pourra voir du Preljocaj : par la formation DANCE, la reprise de À nos Héros (voir Zibeline 7) ; par le Ballet Preljocaj la reprise des Quatre saisons colorées et baroques, et aussi, au GTP, la création attendue de Blanche Neige, avec les 26 danseurs exceptionnellement réunis pour une exploration de notre inconscient commun ; et par le Ballet de Lorraine la Stravaganza, une pièce qui confronte la danse contemporaine à sa mémoire classique : elle a été créée pour le New York City Ballet en 1997, et reprise depuis par les plus grands ballets du monde, mais jamais dans la région. … et d’ailleurs C’est d’ailleurs le Ballet de Lorraine qui ouvrira la saison, avec un programme Petronio, Brumachon, Preljocaj et Maliphant qui affirme la vitalité d’un répertoire contemporain varié, pariant sur une danse physique. Dans un autre genre, hip hop, les Pockemon Crew montreront aussi la virtuosité de leur danse mâle, qui construit une esthétique au-delà de ses démonstrations de force. Germaine Acogny, quant à elle, retrouve avec ses huit danseurs, masculins eux aussi, la variété des répertoires africains (Waxtaan, voir page 22). Et puis il y aura quelques stars de la Anuang’A X-D.R danse : Carolyn Carlson pour les Rêves de carabine Klaxon, une pièce onirique et colorée à voir en famille ; Béatrice Massin qui avec Que ma joie demeure a retrouvé l’esprit des Danses de Cour, et l’a insufflé à ses danseurs roses comme un irrésistible élixir de vie ; Wayne Mac Gregor qui délaissera un peu le cinéma et l’opéra pour retourner à sa Cie Random, et à sa danse intense, qui plie les corps et les soumet à des confrontations inédites ; Alain Buffard mettra en mots et en chanson Vera Mantero et Claudia Triozzi, pour une danse qui danse peu mais interroge et réjouit beaucoup. Enfin quelques chorégraphes jeunes d’horizons très divers se verront offrir la scène du Pavillon : Kaori Ito, japonaise, ancienne interprète de Decouflé et James Thierrée (et de Preljocaj), viendra y créer un trio intitulé Noctiloque ; Anuang’A, jeune chorégraphe du Kenya, viendra danser un solo qui prend sa source dans les traditions Massaï (danses rituelles de pluie, de chasse et de fêtes) pour construire un Voyage dans le futur ; quant à Éric Oberdorff, il viendra monter dans un quatuor sensuel qu’un Autre Rêve américain est possible : celui de la Beat generation, qui a laissé des traces et libéré les corps. Preuve que même l’esprit rock peut souffler sur le Pavillon noir, à coté de Vivaldi, du hip hop, des percussions africaines, de Bach, Mahler, ou des nappes électroniques… Alors n’attendez pas : les locations sont ouvertes depuis le 6 mai… AGNÈS FRESCHEL Voir également la programmation danse du Grand Théâtre de Provence p 36 Le Pavillon Noir Saison 2008/2009 0811 020 111 www.preljocaj.org
21 Raconte-moi l’abstraction… Empty Moves-Ballet Preljocaj/Sergio Diaz, Céline Marié, Isabelle Arnaud, Yan Giraldou JC Carbonne La saison au Pavillon noir se termine avec les deux volets d’Empty Moves. Dans ces deux quatuors Angelin Preljocaj a voulu faire l’expérience de l’abstraction. Le problème étant toujours, avec la danse, que la concrétude des corps s’impose, et que dès lors qu’ils bougent et se touchent ils donnent à lire une histoire ou, du moins, des sentiments et des élans. Alors pour explorer l’abstraction du mouvement le chorégraphe a choisi Empty words. Une « pièce musicale » de John Cage, une performance qu’il fit à Milan en 1977 : devant un public de mélomanes venu assister à un concert, le compositeur a lu un poème de David Thoreau en détachant systématiquement, mais aléatoirement, ses phonèmes, jusqu’à les vider de tout sens, mais aussi de tout trajet prévisible : du signifiant sans signifié aucun, sinon la provocation de proposer cela en ce lieu. Aujourd’hui l’abstraction n’est plus provocante. Elle est un lieu commun et signe la « contemporanéité » comme un label presque suffisant. Mais la danse, lorsqu’elle se veut abstraite, se tourne rarement vers la musique contemporaine, surtout celle des années 70 : le choix de Preljocaj de danser cette « musique » est donc tout à fait symptomatique de sa recherche d’abstraction radicale, historiquement datée. Sauf que le public, sur la bande qu’on entend, réagit et fait sens. Rit s’agite, proteste, insulte, chante. John Cage, imperturbable, continue sa dislocation phonologique. Mais les danseurs ? C’est ce double rapport à la bande sonore qui fait l’intérêt des deux Empty Moves. Parce qu’à chaque instant on se demande ce que les corps signifient, puis on y renonce tant les combinaisons sont belles. Le premier volet est assez froid. Les corps cherchent des passes inédites, des recoins de l’autre, des plis, dans des mouvements d’une épatante précision. Le second volet est plus coulé, les corps sont plus proches encore, plus imbriqués, plus souples. Plus ludiques aussi, plus amusés, complices. Par moments ils quittent la voix du performer et suivent les perturbations des spectateurs. Le mouvement est continu, constamment inventif, comme si ces quatuors abstraits avaient permis au chorégraphe d’édifier tout un répertoire de gestes nouveaux, parce qu’il était libéré du signifié et du pathos. Il n’en reste pas moins que dans Empty Moves l’abstraction se raconte… ce qui est un sacré paradoxe ! AGNÈS FRESCHEL Empty Moves 1 et 2 Angelin Preljocaj du 28 au 31 mai 0811 020 111 www.preljocaj.org À noter : Trois répétitions publiques d’Angelin Preljocaj Empty moves le 20 mai, Noces le 5 juin, Blanche-Neige le 24 juin Carte blanche à la formation DANCE les 13 et 14 juin Une promotion particulièrement intéressante, qui a dansé À nos héros avec beaucoup de talent. La carte blanche donnera l’occasion de découvrir leurs dispositions de chorégraphes… Tu es l’autre à tuer Sur un texte de Topor, Bataille Intime, Sylvain Groud et Bruno Bayeux ont mis en scène leur fusion. Et ses douleurs ? La rencontre entre le comédien et le danseur se joue dans une véritable prospection de terrain commun : aucun ne fait dans cette pièce la démonstration de son (grand !) talent d’interprète, car ils cherchent ensemble comment le texte peut donner du geste. Linguistiquement, la démonstration est fascinante : on y voit comment le geste peut naître d’un son, d’un mot, d’une phrase, de sa répétition, de son sens, son intonation. Tout cela s’inscrit dans les deux corps comme un vocabulaire commun, et c’est à peine si l’on remarque que Bruno Bayeux n’est pas un danseur. Mais Bataille intime ne s’arrête pas à ce champ d’investigation et, à travers le texte de Topor, explore et met en scène la schizophrénie, les pulsions de mort, les mythes du double. Mettant en garde contre l’envahissement et la perte d’identité, de repères. Ce qui est une belle métaphore, ambiguë, émouvante, de cette rencontre-fusion entre la danse et le théâtre… A.F. Bataille intime a été dansée au Pavillon Noir les 5 et 6 mai (2) Bataille Intime/Sylvain Groud David Morganti De la terre sur la tête Le troisième volet de la trilogie de Peeping Tom est comme une claque. Dans le Jardin et le Salon ils exploraient des zones interlopes, parfois perverses, souvent factices, où la sublimation semblait inopérante, où la danse et la musique ne sauvaient personne. Le Sous-sol plonge vers la mort matérielle, et impose des images de deuil qui remuent les tripes. Tout est recouvert de terre, les corps tressautent comme des poissons hors de l’eau sur de la musique de chasse à courre, disparaissent sous la terre, font l’amour à des squelettes enfouis, s’empoignent sans désir, désespérément. Les vieux parfois sont drôles, décalés, comme s’ils n’avaient plus rien à perdre et tout à jouir. Les jeunes semblent des cadavres mouvants. Un spectacle magnifique, bouleversant, crépusculaire, dont on sort marqué pour longtemps. A.F. Le Salon a été dansé au Pavillon Noir du 25 au 27 avril



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