Zibeline n°8 juin 2008
Zibeline n°8 juin 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jazz des cinq continents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 THÉÂTRE GYMNASE JEU DE PAUME Les vertus du Cerbère Dominique Bluzet l’affirme plus que jamais : le pôle théâtral qu’il a mis en place au long des années, entre Aix et Marseille, est unique. Et fonctionne comme une hydre à trois têtes communicantes : musique, danse et théâtre circulent entre le Gymnase, le Jeu de Paume et le Grand Théâtre de Provence Le bilan de la saison est impressionnant : 120 000 spectateurs pour le Gymnase et le Jeu de Paume (plus les 50 000 du GTP), un taux de fréquentation de 92%, et la saison n’est pas finie puisque James Thiérrée va sans doute remplir la salle… Et on y aura vu quelques très beaux moments de théâtre ! La saison prochaine réserve aussi de belles surprises. Il y en a pour tous les goûts comme souvent : de la musique et de la danse, essentiellement au Grand Théâtre de Provence (voir page 36), mais aussi L’enterrement de Mozart de Musicatreize au Gymnase, version scénique, le dernier spectacle du Quatuor au Jeu de Paume… Des textes Une des très bonnes surprises de la saison théâtrale est la grande place accordée aux textes contemporains, et aux « mises en scène d’auteur » (comme on dit « cinéma d’auteur » …). Lars Noren est mis en scène par Jean-Louis Martinelli, Serge Valletti par Michel Didym, Jean-Claude Grumberg par Charles Tordjman, Joël Pommerat par lui-même, Nadia Xerri-L elle aussi par elle-même, et Fabrice Melquiot par le Théâtre du Centaure puis par Valérie Grail… Un parcours de choix ! Mais il y aura aussi quelques écritures plus classiques : un Oncle Vania mis en scène par Claudia Stavisky, un Système Ribadier, sans doute le meilleur Feydeau, les six Comédies de tréteaux de Molière, ressuscitées par Christian Schiaretti, un BourgeoisGentilhomme à la sauce ironique de Philippe Car, un Carmen revisité par Juliette Deschamps… Quant à l’écriture de Max Frisch, est-elle classique ? Sa Biographie sans Antoinette est en tous les cas un texte brillant, interprété par Thierry Lhermitte et Sylvie Testud… Des acteurs Car Dominique Bluzet aime les acteurs : il invite des stars dans ses théâtres, ce qui n’est pas sans plaire au public. Cette année, outre Thierry Lhermitte, il y aura Galabru, Jean Rochefort, Léa Drucker, Philippe Torreton… et beaucoup de monologues reposant sur des bêtes de scènes : Caubère qui revient dans les deux derniers volets de son (ultime ?) Epilogue, mais Biographie sans Antoinette DunnMeas Comédies de Molière Christian Ganet aussi Pierre Ascaride dans le troisième volet de sa trilogie, et Fellag dans Les Algériens sont des mécaniciens… Des formes croisées Enfin, un axe notable de la programmation du Cerbère sera cette année les spectacles croisés, empruntant leur forme à la danse ou au cirque autant qu’au théâtre : outre le rituel spectacle de cirque de fin de saison, qui sera confié cette année au Cirque Désaccordé, il y aura donc la création équestre du théâtre du Centaure (compagnie étrange qui a inventé une sorte de personnage théâtral hybride, mi homme mi cheval…), le détonnant spectacle du TeatrLicedei, La Famille Semianyki, (voir Zibeline 5), le Corps à cordes du Quatuor et, au GTP, La Chambre d’Isabella de Jon Lauwers, qui, il y a deux ans, avait bouleversé le Festival de Marseille après celui d’Avignon, suscitant un engouement unanime autour de sa forme croisée et de ses juxtapositions narratives… Donc, entre les trois théâtres, les différents genres et les différentes esthétiques, chaque spectateur devrait trouver son bonheur, et circuler entre les villes à son gré… Les abonnements sont ouverts ! AGNÈS FRESCHEL Théâtres du Gymnase et du Jeu de Paume (Aix) Saison 2008/2009 0820 00 422 www.lestheatres.net
11 Orphée au pays des merveilles En fin de saison, depuis plusieurs années, le Gymnase gratifie les spectateurs d’un grand spectacle qui concilie un accès relativement facile, sinon grand public, à une grande qualité d’exécution et une haute exigence esthétique : les Arts Sauts et le Cirque Plume ont rempli cette mission avec des bonheurs divers, et aujourd’hui c’est à James Thiérrée de conclure la saison 2007/2008. Certes, il y a quelque chose d’agaçant à voir le népotisme qui règne dans le milieu du spectacle : le nombre d’artistes qui sont « des fils ou des nièces de » est atterrant, surtout pour les « intermittents » talentueux qui n’ont pas cette carte de visite. Mais pour ce qui est de James Thiérrée, il est certain que sa filiation n’enlève rien à son talent : le petit-fils de Chaplin, fils de Victoria et Jean-Baptiste Thiérrée, pionniers du nouveau cirque, est un artiste hors du commun, et le serait sans son illustre parenté. Ses deux précédents spectacles, La veillée des Abysses et La Symphonie du hanneton, étaient des bijoux visuels, où les corps surpris par les décors s’envoyaient dans les étoiles à force de se frotter aux surprises d’un réel en constante mutation. Car une des premières qualités de James Thiérrée est de savoir fabriquer des images scéniques qui émerveillent. L’autre est de s’entourer d’une bande de comédiens incroyables, qui multiplient les talents les plus fous, jouent de la musique et chantent comme des pros tandis qu’on retire leur tabouret, qu’on les tourne en tout sens… Les contorsionnistes et acrobates exécutent des numéros qui techniquement laissent pantois, mais sont aussi empreints de cette poésie pure qui naît de l’étonnement du réel. Quant à James Thiérrée interprète, il renouvelle totalement l’art du mime en l’étendant à son corps tout entier, qui devient l’instrument d’une étonnante parole muette. Et son visage est un livre clair, tout s’y lit en une seconde. Pour Au revoir Parapluie il s’est entouré de sa bande habituelle et de deux danseuses, puis a construit une histoire simple : celle d’un homme qui descend comme Coup de balai sur la Cantatrice La Cantatrice Chauve est une tragédie. Hilarante, mais une tragédie. Ce qui y meurt, entraîné par une fatalité, un ordre social irrévocable, en une gigantesque et funeste accélération, c’est le langage. Le sens, la communication, les mots, la logique, tout y est détruit, et Ionesco laisse la scène vide comme Racine après la mort de ses héros imparfaits. L’entreprise est systématique, et commence par une attaque en règle de phrases toutes faites, dégénère en parodie de scène de reconnaissance, d’enquête policière absurde, puis de borborygmes et d’écholalies. Ne subsistent que des sons, et des illogismes à deux termes du genre « Et la cantatrice chauve ? Elle se coiffe toujours de la même façon ». En centrant pour la première fois le thème d’une pièce de théâtre sur ce qui en fait la matière initiale, Fraicher-Matthey Orphée chercher l’amour en un pays étrange. Qui n’a rien de l’enfer, mais tout du paradis visuel… A.F. Au revoir Parapluie du 9 au 21 juin Théâtre du Gymnase 0820 000 422 www.lesthéâtres.net Jean-Louis Fernandez c’est-à-dire le langage, Ionesco révolutionnait en 1950 l’écriture dramatique. Daniel Benoin, un demi-siècle plus tard, perturbe systématiquement cette démarche : il donne sens à des répliques qui s’ingénient à n’en avoir pas, transforme la scène de reconnaissance entre époux en un jeu érotique entendu, la non communication des conversations en propos croisés au téléphone, les réitérations de la bonne fascinée par le pompier –qui répète « feu feu feu » comme un phonème primordial- en révolte de classe. Le plus étonnant est que cela marche, par la grâce des comédiens une lecture s’impose, qui ne place plus la tragédie dans le langage lui-même, mais dans l’absence de sens de notre société de surcommunication, obnubilée par ses portables, ses conventions, ses écrans de télé et ses présentateurs vedette. C’est sans doute à cela que l’on reconnaît un classique : un lecture inattendue, subjective mais talentueuse, peut en révéler des facettes insoupçonnées… A.F. La Cantatrice chauve a été jouée au Gymnase du 22 au 29 avril



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 1Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 2-3Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 4-5Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 6-7Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 8-9Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 10-11Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 12-13Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 14-15Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 16-17Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 18-19Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 20-21Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 22-23Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 24-25Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 26-27Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 28-29Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 30-31Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 32-33Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 34-35Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 36-37Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 38-39Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 40-41Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 42-43Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 44-45Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 46-47Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 48-49Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 50-51Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 52-53Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 54-55Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 56-57Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 58-59Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 60-61Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 62-63Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 64-65Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 66-67Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 68-69Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 70-71Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 72-73Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 74-75Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 76-77Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 78-79Zibeline numéro 8 juin 2008 Page 80