Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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72 L I V R E S Libertés chéries La liberté d’information et de communication, comme celle de pouvoir s’exprimer par l’acte artistique, sont-elles garantes des peuples libres ou aspirant à l’être ? Elles sont assurément un contre-pouvoir nécessaire dès lors que toute velléité de démocratie ose se pointer à l’horizon. Les deux dernières livraisons de Reporters Sans Frontières nous le rappellent. Les réseaux L’artiste chinois dissident Ai Weiwei a décidé de faire de la surveillance et de la répression qu’il subit de la part des autorités de son pays le matériau-même de son œuvre, en mettant à profit toutes les formes de communication et de réseaux sociaux, alors que son blog avait été fermé en 2009 par le pouvoir chinois. Il est devenu ainsi l’un des artistes désormais les plus en vue de l’art contemporain dans le champ de la contestation, rejoignant la cohorte des artistes activistes. Les textes inédits de dissidents chinois Hu Ping, Hu Jia, Zeng Jinyan, l’écrivain en exil Liao Yiwu viennent épauler ses images documentant sa résistance. Le crayon Le traditionnel dessin de presse s’avère un média redoutable véhiculant la pertinence du sens et l’impertinence de la conscience en quelques traits. Une exposition itinérante à l’initiative de Plantu, Cartooning for peace, lui a été consacrée. Le portfolio qui s’en inspire rassemble une cinquantaine de croqueurs(es) du monde entier. Leurs regards scrutent au scalpel l’actualité internationale selon plusieurs registres : La liberté d’expression/Le pouvoir/La presse, Le monde sur écoute et L’état du monde. Bonne résolution Selon Reporters Sans Frontières, 89 journalistes ont été assassinés en 2012 dans l’exercice de leur fonction. En novembre 2013, l’ONU a pris une résolution sur la sécurité des journalistes et avance la création d’une journée internationale sur le sujet. Mais certains se demandent quels seront les moyens de mise en œuvre sur le terrain pour exercer effectivement ce contrôle par les états membres ? Quel statut est encore à construire pour les auteurs, les photographes, les penseurs, pour toutes celles et ceux qui bataillent pour la liberté d’expression de par le monde, en dénoncent les turpitudes ? CLAUDE LORIN Triste sud L’actualité politique et sociale africaine se rappelle constamment à nos bons et mauvais souvenirs. Alors que les conflits terribles reprennent en s’intensifiant au Soudan du Sud, les photographies de Cédric Gerbehaye en sont malheureusement le témoignage permanent. Le reporter de l’agence VU’est un habitué des zones de conflits : le schisme Israël/Palestine, la question kurde en Turquie et en Irak, en République démocratique du Congo plus récemment (Congo in limbo, chez le même éditeur salué par de nombreuses récompenses), à la suite de laquelle il entreprend entre 2010 et 2012 ce travail tout en empathie sur les populations victimes depuis des décennies des guerres intestines entre les différentes factions. Un long texte du grand reporter au New Yorker Jon Lee Anderson vient en appui pour recontextualiser ces images dans l’histoire coloniale du pays et ses convulsions actuelles oublieuses du référendum de 2011, et la récente reconnaissance en tant que 193e état membre de l’ONU. Dans ce contexte qui semble sans issue, Cédric Gerbehaye, ayant opté cette fois-ci pour le numérique et la couleur, semble avoir moins recherché la dénonciation qu’offrir une certaine compassion (entretien avec Laurent Debrue, sur le site de la librairie filigranes tv) 1. Ses images, empreintes de tristesse et désolation, poétiques et esthétiques pour certaines, pourraient paraître parfois presque trop belles sur le velouté du papier mat. D’autres à charge plus symbolique, comme cet arbre décharné repris en couverture avec des tons de terre, se dressant tel un repère coutumier pour le berger de la tribu Dinka autant qu’en emblème dérisoire et désespéré. D’autres encore semblent dire quelque chose, (re)Publication culte On ne peut qu’être en admiration à la lecture de cet ouvrage dont la première édition, en allemand, date de 1968 : Stanislaus von Moos travaille depuis un demi-siècle sur Le Corbusier, et livre le fruit de ses recherches. Au même titre que l’Histoire de l’art de Gombrich est devenu depuis longtemps un parangon incontournable, Le Corbusier une synthèse est un des piliers des bibliothèques artistiques et architecturales, pour néophyte ou spécialiste. La nouvelle édition, richement iconographiée, de cette étude très complète parue chez Parenthèses, donne un peu de fraicheur et permet une lecture très aérée de cette publication culte. Approche chronologique, données analytiques, repères biographiques permettent d’appréhender le regard critique de Von Moos sur la vie et l’œuvre de l’architecte. Car cette étude synthétique majeure, maintes fois remaniée, embrasse la globalité des créations de l’artiste architecte visionnaire, des plus connus aux moins commentées : maisons individuelles, habitats collectifs, édifices sacrés, programmes industriels et plans d’urbanisme, mais aussi articles, conférences, livres, peintures, sculptures, tapisseries… FRED ISOLETTA 100 dessins de Cartooning for peace pour la liberté de la presse 100 photos de Ai Weiwei pour la liberté de la presse Reporters sans Frontières, 9,90 euros comme « ce n’est pas facile mais la vie continue » et « tout cela, peut-être, n’a jamais été » : juillet 2010 sur les bords du fleuve Gilo. Ce travail a reçu le prix SCAM 2012.C.L. Land of cush Cédric Gerbehaye, photographies Jon Lee Anderson, texte Le bec en l’air éditions, 30 euros 5'l'AI4IS ! AUS V[1I4 MOOS 1 L" l'OPHLi SIL-'R UNE SYNTH ESE Le Corbusier une Synthèse Stanislaus von Moos Parenthèses, 26 euros
Un « herbier » peu ordinaire… Geoffroy Mathieu shoote les villes avec distance, comme en réserve d’elles. Déjà dans Dos à la mer, promenade en Méditerranée urbaine, il regardait Beyrouth, Marseille, Alger, Valence et Tripoli dans les yeux, sans donner de repères. Pas de front de mer, de rades illuminées, de baies radieuses mais les entrailles des villes à ciel ouvert… Avec Geum Urbanum, toujours chez Filigranes éditions, il tire un portrait en pointillés de Tanger (avril 2010 à l’invitation de Vol de nuits), Marseille (entre 2007 et 2010), et Édimbourg (juin 2011 lors d’une résidence à l’Institut français d’Écosse). En pointillés parce que l’organisation des diptyques et triptyques se fiche de la chronologie comme de l’atlas ; parce que l’absence de légendes simultanées brouille notre reconnaissance. Tanger ? Marseille ? Édimbourg ? Qu’importe, l’herbe y est toujours verte, surtout « la benoite des villes » qui se faufile partout et doit son nom scientifique Geum urbanum à l’odeur agréable produite par ses racines. Le photographe la traque sauvage et folle en prairie écossaise, maigrelette en périphérie urbaine, tristounette aux abords d’un lotissement, tondue avec précision ou envahissante… Question de place, abordée justement par Baptiste Lanaspeze dans Nature urbaine qui interroge les relations ville-nature, réalité humaine-réalité naturelle, espace urbain-espace sauvage. Son petit opuscule niché entre deux cahiers tranche, par sa couleur jaune moutarde et son petit format, avec le format classique à l’italienne. Et épouse parfaitement, par les petits dessins malins de Stéphane Brisset, l’esprit rigoureux des photographies : ne sont-elles pas notre seul point de repère, point de fuite, point de convergence ? MARIE GODFRIN-GUDICELLI Les éditions Laffitte en lumière Réédition du Marsiho d’André Suarès, paru chez Trémois en 1931. Le livre est broché avec une couverture jaune orangé et un papier de beau grammage ; les illustrations sont des bois gravés de Louis Jou, l’ami catalan de l’auteur marseillais, graveur et célèbre typographe. On relit avec plaisir ces pages rutilantes d’excès dans ce bel écrin de lettrines, culs de lampes et gravures aux belles textures. Au fil des pages on retrouve l’ardeur de Suarès qui clame sa passion pour sa ville, ses artistes Puget et Daumier, mais aussi son mistral et sa lumière. La peinture provençale affirme sa singularité avec un panorama des peintres du Sud entre 1840 et 1960 sous la forme du catalogue détaillé d’une vente de collections d’amateurs passionnés réunies par Damien Leclère. Jean-Roger Soubiran, qui a assuré la rédaction, détaille au fil des pages une histoire de la peinture provençale du naturalisme à l’expressionisme, mettant en valeur l’avant-garde provençale et les amis du Bar du Péano. Le Vieux Port et son pont transbordeur sont à l’honneur dans les belles images de la photographe allemande Germaine Krull qui a vécu en France de 1925 à 1940. Magnifique réimpression de l’édition de 1935, ce livre se déguste comme une gourmandise raffinée mise en valeur par le texte d’André Suarès, avec ses cadrages d’une grande modernité et ses points de vue audacieux. CHRIS BOURGUE Marsiho André Suarès 29 euros Paysages provençaux de Loubon à Ambroggiani Jean-Roger Soubiran 18 euros Marseille Germaine Krull & André Suarès 29 euros (I. }\Geum urbanum Photographies de Geoffroy Mathieu, texte de Baptiste Lanaspeze traduit en anglais par Helen Tomlinson, dessins de Stéphane Brisset Filigranes éditions, 20 euros 73 P L OI VL RI ET SI Q U E CULTURE L L E En fait un lieu commun Il n’en revient pas, Arno Bertina, d’être tombé sur La Friche, d’avoir vécu en résidence dans ce lieu-là, d’avoir voulu y écrire et le décrire, juste dans l’interstice de ces deux verbes (qui se contredisent ? se complètent ?). Bref Arno Bertina signe une description qui n’en est pas, à la Butor, s’inventant d’abord un vous qui comme dans La Modification arriverait en gare à Saint-Charles, se dirigerait vers La Friche à pied, traverserait ses espaces, raconterait une skateuse imaginaire… Puis il passe au Je après sa première nuit de résidence, toujours aussi admiratif de l’esprit du lieu, des graffitis révoltés (« sa mère la pute la réinsertion »), de la transformation incessante, de l’architecture de Poitevin et des jardins de Brisson, des Frichistes. C’est là que le bât blesse : faire l’apologie d’un lieu parce qu’il n’est pas desservi et qu’il faut le mériter, qu’on s’y perd dans la poussière, installe La Friche dans la caricature qui a freiné son développement depuis 25 ans, et dont on voudrait bien qu’elle sorte… tout en restant La Friche, avec ses nouveaux espaces de vie, et toutes les conversations qui éclosent partout autour des cafés. Les photos de Frédéric Lecloux, s’étalant sur des doubles pages plein cadre, disent aussi les groupes improvisés, le mouvement, les accumulations, les surfaces dans des boîtes, les flous, les graffs, la beauté nocturne, tout ce qui pousse et se partage. Le lieu commun. Comme toujours chez Bec en l’air, la maquette est soignée et la mise en page superbe, ce qui compense bien les poétiques poncifs. AGNÈS FRESCHEL Étonnamment étonnée Une description de La Friche la Belle de Mai avec de délicats morceaux de fiction, dedans Frédéric Lecloux photographies, Arno Bertina texte Le bec en l’air, 25 euros



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