Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 64 - 65  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
64 65
Art Public Ben, Buren, les Art’bribus : à Istres, l’art contemporain est invité à investir l’espace public 64 A U PRO G R A M M E A RT S V IS U EL S Dotée d’un Centre d’art intercommunal dans le cadre d’Ouest-Provence (lire régulièrement nos chroniques) et d’un lieu d’exposition à la Chapelle Saint-Sulpice, la municipalité d’Istres s’est orientée par ailleurs dans son plan de rénovation urbaine vers les formes d’art contemporain hors musée. Le projet Art’bribus avait inauguré cette inclination, prolongée, pour l’année Marseille-Provence Capitale de la culture, avec l’invitation de quelques grands noms : Hervé Di Rosa, Robert Combas, Ricardo Mosner, Erro, Robert Crumb. Une brochure distribuée gratuitement précise l’implantation de ces abris rénovés par les artistes. Le but affiché par le premier magistrat est d’envisager « l’art comme un outil pour renouveler le développement urbain, posant le sentiment esthétique comme outil essentiel du bien vivre ensemble » 1 en sollicitant notamment l’expertise de personnalités de renom. Ben ne déçoit pas puisqu’il a proposé de faire du Ben, c’est-à-dire ce qu’on attendait de lui. Ses déclarations et aphorismes en blanc sur grands panneaux noirs, procédés bien connus qui ne coûtent presque rien (environ mille euro pour et selon l’artiste, mais il ne nous a pas été possible à ce jour de connaître le coût total de l’opération) ne laisseront sans doute pas les badauds indifférents : « être soi-même », « la pensée est libre », « la différence est une chance ». Daniel Buren, plus monumental, a fait... du Buren. Disons quelque chose de reconnaissable rapidement comme tel. Sa Grande Daniel Buren La collection de DVD Works & Process des éditions a.p.r.e.s. dirigées par le documentariste Gilles Coudert, propose de « découvrir et d’appréhender la démarche d’un créateur à travers différentes approches documentaires ». Hyber, Kawamata, Hucleux sont notamment au sommaire avec Daniel Buren qui bénéficie d’une réédition. Celle-ci reprend l’édition épuisée de 2002, augmentée de sous-titrages en anglais, de deux films de Gilles Coudert ainsi que de plusieurs documents inédits de l’artiste. On s’arrêtera en particulier sur One Year of Ballets in Manhattan, performance dans les rues de New York en 1978 (retrouvé dans les archives de son assistant) et Interruption, suite de critiques cinglantes de l’art du moment (1969, galerie Yvon Lambert) sous Daniel Buren, La Grande diagonale, Istres, 2013C. Lorin_Zibeline Diagonale ne laisse pas indifférent non plus, avec un sentiment d’être un peu maigrelette sur cette vaste esplanade de la Cité Administrative récemment sortie de terre. Portant les couleurs de la ville, côté jaune/côté bleu, elle mène droit comme un seul « i » vers le lieu du pouvoir local, ailleurs dans l’autre sens, par un effet de perspective croissante/décroissante. Une alternative contemporaine au principe des perspectives royales ? Le quidam saura zigzaguer entre, ce qui est plus ludique. À entendre certains, ça fait quand même un peu trop barrière. Il est vrai qu’une bonne partie des 57 poteaux ont tendance à trancher/rayer la vue sur l’étang de l’Olivier. Mais la rayure c’est la signature. Et on en a besoin pour la rénovation et l’attrait de l’argument touristique. Ce faisant, Istres est probablement une des municipalités qui aura su conserver dans la suite des événements Marseille-Provence 2013 une trace artistique durable dans son espace public. Entre argument d’édile et forme de films diffusés en scopitone, ancêtre du vidéoprojecteur. Le DVD 1, le plus copieux, déploie dix chapitres entre Paris, New York, Baden-Baden, Chicago, dans une chronologie décroissante de 2011 à 1959 (film super-8 de l’artiste au Mexique dans lequel pourrait-on déceler les prémices de son travail à venir, singulièrement son intérêt pour les bandes de tissus ?). Le DVD 2 reprend l’intégralité de la performance Couleurs superposées, Acte XIII, rejouée pour ce documentaire, réalisée à l’occasion de la préfiguration du Centre Pompidou-Metz. Ces 4h de programme auront de quoi aiguiser la curiosité des aficionados comme celle des détracteurs de l’artiste le plus connu des créateurs français vivants dit-on (il est né en 1938). Aussi de quoi ne pas en rester à la polémique des Deux Plateaux. Il y a suffisamment de matière ici pour (re)découvrir et mieux comprendre l’œuvre, la démarche suivant les propos de l’artiste depuis ses débuts - hormis l’aventure BMPT- grâce aussi aux commentaires extérieurs des commissaires, critiques, journalistes, architectes, parfois du public (pas toujours converti et unique représentant de la partie critique). Il ne manque qu’un livret pour donner du lien à l’ensemble. Pour continuer On ne ménagera pas sa peine ou son enthousiasme en poursuivant avec une des dernières réalisations de Gilles Coudert à propos d’Exentrique(s), travail in situ (Monumenta, Grand Palais, Paris, 2012), réussi tant dans sa simplicité que par ses qualités Ben, Etre soi-même, Istres, 2013C. Lorin_Zibeline Ben, Etre soi-même, Istres, 2013C. Lorin_Zibeline projet culturel artistique bien ficelé on attend donc la suite. La première adjointe annonçait d’autres projets d’art dans sa ville sans pour autant en dévoiler le contenu. Proposer une alternative de choix aux ronds-points paysagers au goût parfois douteux, qui s’en plaindra ? CLAUDE LORIN 1 préface du catalogue Daniel Buren, Un bouquet : 5 couleurs moins une, travail in situ www.istres.fr - didactiques, projeté en présence de l’artiste et du réalisateur à la Pyramide d’Istres dans le cadre de son installation Un bouquet : 5 couleurs moins une, travail in situ qui vient de se clore (lire ci-contre). Cette dernière fait l’objet d’un nouveau projet de DVD, avec une autre œuvre, pérenne, La Grande Diagonale, travail in situ (lire p.65) inaugurée en décembre dernier pour le parvis de la nouvelle Cité Administrative istréenne. Last but not least : tout ceci serait à suivre à la lumière des écrits de l’incoercible « in situeur » réédités récemment aux éditions Flammarion/CNAP.C.L. Works & Process Daniel Buren a.p.r.e.s. éditions, 25 euros Ti
Van Rogger sur le devant de la scène Cela faisait longtemps que Roger Van Rogger (1914-1983) n’avait pas tenu le haut de l’affiche, les dernières expositions significatives datant de 1985 au Musée d’art de Toulon et de 2008 à l’Hôtel des arts. Depuis juillet, la galerie des Riaux, installée à proximité de la Maison de la photographie, s’attache à promouvoir et à diffuser son œuvre picturale. Un projet un peu fou porté par Thierry Berruet qui collabora durant cinq ans à la Fondation Van Rogger, autrefois nichée sur la colline de Vallongues à Bandol, là où le peintre et sa famille élurent domicile de retour des États-Unis et du Brésil. Période d’exil et de gloire qui précéda des années de déception et de sentiment d’incompréhension… « En 1968 la Ville de La Seyne-sur-Mer lui a consacré sa première exposition en Europe, mais le public est resté sourd à son art. Cela a remis en cause tout son travail », explique Thierry Berruet, intarissable sur la vie et le parcours de l’artiste, fin analyste des différentes périodes et thématiques qui construisirent son œuvre. D’ailleurs il a choisi pour sa troisième exposition -après Patrick Vue de l’exposition Arlequin de Van Rogger à la galerie des Riaux, Toulon X-D.R Garnier et Vincent Rivière qui considèrent Van Rogger comme « un maitre du siècle passé » - de mettre en perspective gouaches et peintures sur le thème de l’Arlequin avec des toiles abstraites de la même période. Car Van Rogger le coloriste suivit les chemins de l’abstraction jusque dans la représentation de la figure : Catherine, son épouse décédée en 2000, n’écrivait-elle pas : « Au bout de trente arlequins, il va mieux. Ils deviennent abstraits, dit-il, cela n’a plus d’intérêt. Je peux retourner à ma peinture » dans Petites scènes de la vie d’un peintre… Sur 42 œuvres réalisées, la galerie des Riaux en expose 21 dans un espace harmonieux qui privilégie l’intimité avec la peinture. Et avec la littérature car elle dispose d’un large fonds de catalogues, d’études thématiques, d’études de sa correspondance avec René Char et autres ouvrages publiés aux Éditions de Vallongues. Sans jamais prétendre être « dépositaire » de son œuvre, elle veille à sa survivance à travers une succession de temps forts et un seul impératif : trouver des collectionneurs. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Arlequin jusqu’au 13 mars Galerie des Riaux, Toulon 06 62 98 64 08 www.galeriedesriaux.com D Réflexion en ombre courbée Un kiosque sombre et comme déformé par le vent… L’Opéra Noir qui occupe désormais la Place Lulli, derrière l’Opéra de Marseille, en est comme l’ombre maline. Tout en résine d’un bleu frisant le noir, réplique amoindrie et distordue, mais cependant exacte, du kiosque à musique de la Canebière, l’œuvre des plasticiens Berdaguer et Péjus fait penser une expansion de César qui aurait été revisitée par Tim Burton, ou habitée par un Marsupilami. Accueillant malgré sa noirceur, tout en courbes et rondeurs, sans angles abrupts, chaud et souple, le kiosque offre ses marches, demande qu’on y pénètre, et qu’on s’attarde un instant dans ses sons. Eux aussi sont un reflet déformé : le L’Opéra noir, Berdaguer et Péjus, 2012 L’Opéra noir, Berdaguer&Péjus, ADAGP Paris 2012 dispositif conçu par le GMEM diffuse les sons captés en direct dans le ventre de l’opéra par quatre micros, sur et sous la scène, depuis la salle, dans l’atelier des couturières. Un témoignage en direct indistinct, et évolutif, de la vie sonore du grand bâtiment à musique à quelques pas. Les soirs de représentations et de répétitions, c’est de la musique perturbée qui s’élève… Lors de l’inauguration le 10 janvier, on entendait surtout les bruits de la foule rassemblée, et des élus venus se féliciter de l’affaire. Car cet Opéra noir est aussi une initiative singulière, soutenue à la fois par la Mairie de Marseille et MPM, par Marseille-Provence 2013 et les collectivités : projet des Nouveaux Commanditaires, mécéné entre autres par la Fondation de France, il a été porté par l’Association des commerçants du Centre Ville de Marseille, qui a passé commande aux deux plasticiens. Comme l’a fait remarquer Eugène Caselli, cette œuvre « s’inscrit naturellement dans la rénovation d’un centre ville qui retrouve des espaces de vie jusqu’à présent consacrés aux voitures en stationnement ». Mais avec ici, en plus, une bonne dose de poésie… AGNÈS FRESCHEL Opéra noir, installation permanente sur la Place Lulli, Marseille (2) 65 A U PRO G R A M M E A RT S V IS U EL S



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 1Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 2-3Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 4-5Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 6-7Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 8-9Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 10-11Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 12-13Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 14-15Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 16-17Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 18-19Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 20-21Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 22-23Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 24-25Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 26-27Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 28-29Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 30-31Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 32-33Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 34-35Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 36-37Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 38-39Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 40-41Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 42-43Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 44-45Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 46-47Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 48-49Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 50-51Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 52-53Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 54-55Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 56-57Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 58-59Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 60-61Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 62-63Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 64-65Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 66-67Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 68-69Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 70-71Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 72-73Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 74-75Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 76-77Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 78-79Zibeline numéro 70 janvier 2014 Page 80