Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Les métamorphoses 6 P O L I T I Q U E CULTURE L L E Comment ne pas se réjouir du nouveau profil architectural de Marseille qui s’est dessiné à l’aune de la capitale culturelle européenne, entre l’inauguration du Silo le 21 septembre 2011 et du Théâtre Joliette Minoterie le 28 septembre 2013 ? La Cité des arts de la rue ayant simplement entériné de manière « officielle », le 30 novembre dernier, une réalité partagée par Lieux publics, Karwan et la FAI-AR… À deux exceptions près -le Pavillon M et le J1-, les nouveaux espaces dédiés à la culture sont pérennes et marquent un tournant décisif tant du point de vue du développement urbanistique (quasi exclusivement sur le front de mer et dans la zone Euroméditerranée) que de l’augmentation de l’offre culturelle (musées, salles de spectacles, lieux d’échanges des savoirs et des ressources) et de sa diversité (concepts, missions et formes). Certains équipements comme le MuCEM, la Villa Méditerranée, la Tour Panaroma irriguent d’un sang neuf les veines de la cité phocéenne, sortis de terre à l’occasion de 2013 autour de projets novateurs. D’autres ont mis à profit la labellisation pour coupler leur déménagement avec l’envie d’un geste architectural fort : le Frac, le Musée Regards de Provence et La Minoterie réinventée, aujourd’hui ouverte sur la place Henri Verneuil. D’autres encore de Marseille n’ont pas voulu rester en rade en opérant de profonds liftings, tels que le musée des Beaux-arts au Palais Longchamp, le Musée d’histoire-Site archéologique de la Bourse, le Château Borély qui, après des années de désaffection, regroupe les collections des arts décoratifs, de la faïence et de la mode. Une politique de rénovation des bâtiments doublée du redéploiement des collections qui, espérons-le, devrait offrir une meilleure visibilité aux musées de Marseille… D’autres enfin ont bénéficié de l’élan de MP2013 pour se doter d’outils de création et de diffusion : le Klap et le Château de la Buzine portés par la Ville, ou encore le PIC de l’Ensemble Télémaque. Quant à la Friche, elle a fait l’objet d’un vaste programme de réhabilitation (crèche, ateliers d’artistes, bureaux, commerces) et de création de nouveaux espaces (Tour-Panorama et Pôle arts de la scène) qui booste déjà sa fréquentation. Ephémères, le J1 mis à disposition par le Grand Port Maritime a fermé ses portes le 22 décembre dernier malgré un succès public jamais démenti, tandis que le Pavillon M sera démonté le 15 février prochain. Une disparition que d’aucuns regretteront puisque 1,2 millions de personnes y sont passées en 347 jours. Toutes ces métamorphoses interrogent les relations entre l’espace MuCEM Agnès Mellon Villa Méditerranée Agnès Mellon public et les équipements d’art et de culture, leur fonctionnement, leur appropriation par les habitants, leur intégration dans l’environnement urbain. Jusque dans un plus vaste territoire : à Aix, l’année 2013 aura favorisé l’émergence du Conservatoire de musique et de danse Darius Milhaud, la rénovation de la Chapelle des pénitents blancs (Collection Planque du musée Granet) et l’ouverture d’un musée historique sur le site-mémorial du camp des Milles ; à Arles, l’extension du musée départemental Arles antique ; à La Ciotat, la rénovation mille et une fois annulée de l’ancien cinéma l’Eden. Autant de mutations profondes qui devront continuer à alimenter les désirs d’un public plus friand qu’avant. La preuve : une pétition circule déjà pour annuler le démantèlement du Pavillon M… Mais pour s’inscrire durablement dans le paysage, tous ces « nouveaux » équipements devront pouvoir compter sur l’engagement de leurs partenaires financiers, entreprises privées et collectivités publiques qui les ont portés sur les fonds baptismaux. À l’heure des bilans et des comptes, une fois les budgets d’investissement votés, la question de la mise à niveau des budgets de fonctionnement est plus que jamais d’actualité. Il n’est question, au mieux, que de leur maintien… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Paysage après la bataille Si la capitale de la Culture a profondément changé le bâti culturel, elle laisse aussi des brèches ouvertes, et des motifs d’inquiétude Politiques d’abord : on ne sait ce qu’il en sera de la coopération culturelle à l’échelle de la métropole marseillaise qui se dessine dans la douleur. Les communes voisines de Marseille, qui se sont impliquées dans la capitale avec enthousiasme, sont en attente d’une politique commune qui leur laisse de la latitude, corresponde à leurs enjeux particuliers, et ne soit pas noyée dans l’hégémonie marseillaise, ou ne les oriente pas vers des identités caricaturées. Ainsi à Aix, qui a investi depuis longtemps dans les grands équipements de son pôle (Pavillon Noir, GTP, Cité du Livre et Conservatoire), les petites et moyennes structures, les compagnies indépendantes, malmenées en 2013, s’inquiètent de leur avenir. Aubagne et son pays de l’Étoile, qui ont vécu une année capitale exceptionnelle par le nombre et la qualité des événements, se demandent comment poursuivre. Et si Istres, Salon-de-Provence ou Martigues ont su saisir l’occasion de remodeler leurs ambitieuses politiques culturelles, la question de la coopération avec Marseille reste délicate, comme on l’a vu le 31 décembre, quand la capitale régionale a décidé de doubler la Révélation du Groupe F prévue à Istres par une autre Révélation, du même Groupe F, à la même heure à Marseille. Du côté des artistes À Marseille, une grande inquiétude, parfois résignée, règne dans les compagnies indépendantes : bon nombre de bâtiments ont été construits (voir ci-contre), mais d’autres sont en attente de décision quant à leur avenir. Les théâtres, en particulier, sont aux abois. Le Gyptis a mis la clef sous la porte, le Comptoir de la Victorine est menacé de fermeture, Montévidéo va disparaître, les Bernardines changer de direction… On ne sait si ce très beau lieu, propre à l’expérimentation par sa jauge, son emplacement et son architecture, finira en salle de répétition pour le Gymnase ou la Criée, en un improbable théâtre jeune public, ou si un metteur en scène tel Hubert Colas aura l’opportunité de lui redonner vie. Les salles de la Friche, magnifiques, seront-elles dotées des moyens suffisants pour devenir un pôle de production et de diffusion du théâtre régional qui souffre d’un manque criant de visibilité et de financements ? Si Catherine Marnas s’est envolée vers la direction du Théâtre National de Bordeaux, Renaud-Marie Leblanc, Alexandra Tobelaim, Xavier Marchand, François Cervantès, Charles-Eric Petit, Agnès Régolo, Hubert Colas, Alexis Moati mais aussi Arketal, Nono, Skappa, l’Agence de Voyages Imaginaires… ont besoin de l’implication des théâtres dans de réelles coproductions. Or les scènes nationales du territoire peinent désormais à tenir ce rôle, et la production des compagnies régionales se raréfie au Gymnase, à la Criée, au Toursky… bref dans les théâtres qui devraient en avoir les moyens. Et si la nouvelle Minoterie est un équipement ouvert à ce genre d’aventures, il n’a pas pour l’heure de moyens réels de production ! Il en est de même en danse et en musique, où le Klap de Kelemenis représente un bol d’air généreux de son espace pour les compagnies du territoire, mais ne peut pratiquer que l’accueil, tout comme le PIC de Télémaque ou la Salle Musicatreize. On ne sait si José Montalvo, qui vient d’être désigné pour succéder à Frédéric Flamand, sera attentif au paysage chorégraphique du territoire. En revanche Christian Sébille, à la tête du GMEM, a su bâtir en trois ans des collaborations éclairées, et va installer son Centre National de Création Musicale avec le GRIM, à la Friche. Mais les changements de direction nombreux à la tête des équipements nationaux (voir p10 et 11) laissent les compagnies dans le flou quant à l’année 2014/2015. Un audit est en cours sur la scène nationale du Merlan, une inspection au Théâtre Liberté de Toulon… ce qui réduit la marge pour construire des saisons ambitieuses. Dès juin, Bruno Suzzarelli laissera la tête du MuCEM à un successeur dont on ne sait quelle sera la politique artistique. À Avignon, Olivier Py développe les résidences, et la programmation annuelle, ancrée dans la ville, qu’avaient initiée ses prédécesseurs. Mais la FabricA serat-elle un lieu de production pour les compagnies du territoire ? Entretemps les élections municipales orienteront bien des choix, cruciaux pour la vie culturelle du territoire. Il faudra en tous les cas compenser la pauvreté criante, en matière de spectacle vivant, de la Capitale Culturelle. La région, friande de théâtre, n’a eu droit qu’à très peu de productions pertinentes, et les labellisations 2013 n’ont fait que conforter des projets portés par les théâtres ou les compagnies. Quand elles n’ont pas accéléré, directement ou indirectement, les chutes : le Ballet d’Europe a fermé ses portes au lendemain de la création de la très belle pièce de Sharon Friedman, ainsi que le Bureau des Compétences et Désirs, la Galerie Alain Paire… Il est urgent que les collectivités locales et territoriales prennent la mesure de la détresse des acteurs du territoire, et que la DRAC cesse de voir ses subsides dédiés aux compagnies fondre plus vite que neige au soleil ! AGNÈS FRESCHEL la trilogie de f'ranck la table du fond - she - le soir lent reprise - Compagnie Francois Cements Compagnie tarpen#eur thrtre parte- de 5 ans - fCtit I1y,Ie irrwrr.t}ieatramass3Ya.com'itandarai : 04 96 0+ 95 70 Ianeiterle 04 95 0+ 95 75 l Friche L Bette de Mai 41 rue Jobin,12 rue François Simon 13.003 Marseille



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