Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La nouvelle année signe pour le territoire la fin de la Capitale Culturelle. Un peu partout, sans grand recul, chacun s’essaye à un premier bilan. Remarquable surtout par ses contradictions, et ses contours peu nets : artistes, publics, entreprises et cadres culturels n’ont pas vécu la même année… Bilan chiffré et économie culturelle Il y a une pratique franchement agaçante, bonne nouvelle à la fois pour les habitants à l’heure des bilans, qui consiste à surtout du territoire, qui ont vu leurs pratiques mesurer le succès d’une manifestation culturelle culturelles augmenter, et pour la vie économique, l’industrie du tourisme, les finances en nombre de participants, de visiteurs ou pourcentage de remplissage des salles. Depuis publiques qui vont récupérer en impôts leurs le début de 2013 on ne mesure que cela… investissements. et certains vont jusqu’à parler de « vote avec Ainsi on comptabilise plus de 10 millions de les pieds ». Ce qui ne signifie pas que les visiteurs dont 5.6 millions dans les expositions, habitants du territoire votent comme des 236 000 scolaires, une augmentation certaine pieds (quoique…), mais qu’ils approuvent du public durant les grands festivals d’été. la capitale culturelle puisqu’ils arpentent le Les « grands événements » ont rassemblé près Vieux Port quand on l’allume d’habits de fête. de 2 millions de personnes, depuis la Fête C’est un peu court pour parler de succès d’ouverture jusqu’aux deux Révélations finales, culturel, qui ne se mesure pas en nombre de et plus de 400 000 spectateurs pour Flammes curieux, mais en satisfaction du public, et et flots. 1.8 million de personnes ont visité en qualité artistique réelle. C’est-à-dire en le MuCEM en six mois, dont un tiers pour capacité à émouvoir, bouleverser, faire bouger ses expositions, 250 000 en 10 mois pour la le contenu des têtes et des cœurs. Ainsi Villa Méditerranée, le J1 plus de 300 000 la Friche se réjouit du nombre de visiteurs durant les sept mois de son ouverture… en 2013, comptabilisant ceux qui viennent Bien sûr l’exposition Jean-Michel Bruyère boire un coup au restau ou faire du skate à Arles, les étapes de la TransHumance ou au même titre que ceux qui vont visiter une les escales des Ecrans voyageurs ont parfois expo ou voir un spectacle : si tout cela relève frôlé le bide ; il est clair aussi que le festival d’une pratique culturelle, elles ne sont pas littéraire, le FRAC ou l’exposition Le Pont au du même ordre. Mac n’ont pas rencontré le public escompté, malgré la qualité de leurs propositions ; il est Fréquentation très net, et ceci depuis la candidature, que Reste que les chiffres de fréquentation sont, les spectacles produits par MP2013 n’étaient dans l’ensemble, très bons, et que c’est une pas été assez nombreux pour représenter un 4 P O L I T I Q U E CULTURE L L E Installation scénographiée de Stephan Muntaner pour la CCI Marseille Provence Thomas Serriere accroissement significatif de la fréquentation des théâtres. Mais dans l’ensemble l’année capitale a rassemblé habitants et touristes autour d’événements nombreux et souvent atypiques. Finances Suffisamment en tous les cas pour que l’industrie du tourisme se réjouisse : le territoire a connu un accroissement de 20% de sa fréquentation hôtelière, soit 2 millions de touristes supplémentaires par rapport aux années précédentes (10 millions en tout, dont 17% d’étrangers et 1 million de croisiéristes), dans un contexte national très morose. Il est clair que le secteur privé, qui a investi plus de 15 millions d’euros en mécénat, y trouve généralement son compte en termes de retombées économiques à court terme. Sans compter le bénéfice moins tangible : l’image du territoire y a gagné, la présence dans les médias nationaux et internationaux a changé, malgré les faits divers qui concomitamment sont venus agrémenter la capitale culturelle d’une guirlande de kalachnikovs meurtrières. Le bilan financier de l’association MP2013 reste à tirer. On sait qu’elle risque d’être déficitaire, mais moins que prévu grâce à des économies opérées durant le dernier trimestre, un rattrapage des collectivités, et une hausse de la fréquentation des grandes expositions en fin de course. Certains événements, comme la TransHumance ou l’exposition Bruyère, ont coûté très cher sans atteindre leurs objectifs. Les salaires, qui ont fait couler beaucoup d’encre au début de la Capitale, ont représenté finalement une part raisonnable du budget, la disparité entre la rémunération des dirigeants et les contrats aidés recrutés durant l’année 2013 expliquant une moyenne acceptable... Quant au management, on n’a pu que constater un turn-over du personnel, certains départs inexpliqués, et des plans sociaux qui dès l’été ont privé les acteurs culturels des interlocuteurs avec qui ils avaient mis en place les projets. Mais MP2013 n’a pas brûlé, ni explosé en vol comme certains le prédisaient. Resteront, malgré un sentiment d’amertume régnant sur la fin, de très beaux équipements, dont on espère qu’ils auront les moyens de fonctionner ; quelques publications et de rares productions qui tournent ; un changement d’image du territoire et de comportement vis-à-vis de la culture des habitants et des médias. Autant de facteurs qu’on ne peut chiffrer en termes de retombées directes, mais qui dessinent une transition économique globale. AGNÈS FRESCHEL
La Capitale culturelle du point de vue des entreprises : quel bilan et quels échos pour l’avenir ? L’exemple de l’AP-HM Déplacer l’art une des spécificités de MP2013 par L’rapport à d’autres Capitales européennes de la Culture a été la volonté d’impliquer les entreprises de façon particulière. Mastodontes de l’économie ou PME, publiques ou privées, nationales ou régionales, nombreuses sont celles qui ne se sont pas contentées de mettre la main à la poche, mais ont joué le jeu en accueillant des artistes en résidence et en impliquant leurs équipes sur le long terme. Les Ateliers de l’EuroMéditerranée, financés conjointement par les entreprises et MP2013, et les Ateliers de Participation Citoyenne, qui ont impliqué les personnels et les habitants dans des processus de création aux côtés d’artistes, font partie des dispositifs originaux qui devraient perdurer après 2013, si l’on en croit le dernier rapport du Conseil d’Administration de MP2013. L’Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) est l’un des plus gros employeurs de la région avec 15 000 salariés sur 5 sites hospitaliers. À travers son programme Santé e(s)t culture(s), l’AP-HM a amplement participé à l’année capitale, parfois très en amont de 2013. L’Action de Participation Citoyenne Un air de famille a ainsi été initiée dès octobre 2010 avec les personnels de la Conception, des patients, et les étudiants du Centre de Formation des Musiciens Intervenants, produisant une quarantaine de chansons dans 17 langues, qui résonnent encore dans les couloirs. À l’Hôpital Nord, le collectif du Cabanon Vertical est intervenu en 2011, menant à bien plusieurs projets d’amélioration de la vie des services au quotidien. On lui doit une signalétique à la fois ludique et efficace en chirurgie infantile, et un espace convivial en médecine interne, deux propositions grandement appréciées par les familles dans un contexte souvent éprouvant. Sur le site de Sainte-Marguerite, les étudiants de l’École Nationale Supérieure de Paysage ont encadré des équipes de soignants, des Salon de Provence, l’archipel des Canougues, cabanon vertical CABANON VERTICAL élèves infirmiers et des patients, tous armés de pelles et de pioches, afin d’offrir un beau jardin à la cour centrale. Pour Josianne Cassin, psychologue dans le service du Pr Naudin, l’apport du jardinage est considérable : « Chez les psychotiques qui souffrent tellement de solitude, le travail collectif est précieux, et puis si l’on fatigue le corps, les idées tournent moins vite ». C’est ici également qu’est intervenu le metteur en scène de théâtre Marco Baliani, dans le service d’endocrinologie du Dr Raccah. Éliane Pic est art-thérapeute, elle ne tarit pas d’éloges sur le bénéfice ressenti par ses patients en surcharge pondérale. « Le travail sur Le baiser de la grenouille, conte sur la découverte de soi, a libéré les gestes de ces personnes empêtrées dans la honte, créé énormément de complicité, renforcé l’alliance pour les soins. Beaucoup ont perdu du poids. » Après coup, l’expérience a servi d’outil de travail en groupe de parole, et les patients qui ont réclamé sa reconduction ont été entendus par le médecin responsable : un partenariat va être noué avec l’hôpital Montperrin d’Aix-en-Provence. Pourtant, dans un milieu hospitalier malmené par les objectifs de rentabilité, la mise en place de projets culturels impliquant budgets et mobilisation des personnels n’allait pas de soi. Les équipes surchargées de travail se sont parfois inquiétées du coût de ces opérations, quand un renfort aurait été si bienvenu. Comme dans certains Quartiers créatifs -dispositif de participation citoyenne destiné à impliquer les habitants des zones sensibles dans un acte artistique propre à changer le quartier dans lequel ils vivent (voir p.63)-, l’extrême urgence dans laquelle vivent les publics concernés a parfois empêché de mesurer combien ces actions étaient originales et précieuses. Mais outre l’impact thérapeutique réel de ces résidences d’artistes, la capitale culturelle aura aussi permis aux employés de l’AP-HM de pointer leurs frustrations et souffrances. Comme le souligne Éliane Pic, « il aura eu un avant et un après ». GAËLLE CLOAREC Le Baiser de la grenouille, jardin d’hospitalité de l’hôpital Salvator, Marseille 9e Mathieu Ducaroy 5 P O L I T I Q U E CULTURE L L E



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