Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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36 M U S I Q U E Ouvrez vos écoutilles ! Le GRIM a débuté le 12 décembre les folles Nuits d’Hiver #11 à Montévidéo. L’occasion d’habituer ses oreilles à de nouvelles sonorités, de nouveaux artistes, et même de nouveaux instruments ! Dans ce laboratoire musical, c’est l’atypique violoncelliste coréenne Okkyung Lee qui a ouvert le bal. Assise à quelques centimètres du public, la musicienne effile son archet, le frotte doucement puis violemment contre les cordes, étouffe les notes avec le bras jusqu’à trouver une esthétique singulière. Forte de son expérience (déjà une dizaine d’album à son actif) et d’une dextérité hors norme, Okkyung Lee est capable de faire ressortir des sonorités surprenantes de l’instrument : passant parfois des aigües aux graves sur une rythmique excessivement rapide, elle fait grincer son violoncelle avec un maîtrise totale. Une soirée complétée par les performances d’Erik Minkkinen et du trio Trophies. De ce dernier groupe, on retient les rythmes affolés de la batterie de l’australien Tony Buck, la précision du japonais Kenta Nagai accompagné de sa guitare Fretless (sans le manche) s’alignant sur l’énergie des textes Okkyung Lee Pierre Gondard 4+"`',4 it'Age chantés et parlés de l’italien AlessandroBosetti. Mais certains artistes sont allés encore plus loin en inventant leurs propres instruments. C’est le cas des jeunes musiciens du groupe e-Saxbow. Ils ont présentés, le 19 décembre, une pièce intitulée Polyphasie, créée il y a un an au GRIM. François Wong utilise un saxophone électrifié (l’instrument est branché à de nombreuses pédales lui permettant de moduler à sa convenance les effets de chaque note) et Florent Colautti a joué de son e-string. Sur un socle en bois -qui évoluera plus tard en caisse de résonnance-, il a fixé des cordes de guitare reliées à des archets électroniques vibrant grâce à un traitement par ordinateur. Alternant entre des moments suspendus, de hautes et basses tensions, leurs mix laissent entrevoir un bel avenir pour ces petits génies de l’électroacoustique. ANNE-LYSE RENAUT Les soirées des Nuits d’Hiver#11 ont eu lieu du 12 et 19 décembre à l’espace Montévidéo, Marseille L’unité d’un homme Michel Gaechter joue aussi bien Bach que Schoenberg. C’est peut-être parce qu’il emprunte avec autant de naturel l’art du premier, architecte du système tonal au XVIII e siècle, comme celui du second, « destructeur » de ce dit-système s’essoufflant au XXe, que le pianiste français envisage plus qu’un autre ce qui relie deux univers sonores apparemment opposés. Alors « Schoenberg, révolutionnaire ou conservateur ? » L’œil bleu malin, conférencier au débit calme, virtuose à la main sûre, Gaechter répond, une heure durant, à cette problématique qui ne dépareillerait pas comme sujet posé à l’agrég. Une caméra filme ses doigts sur un clavier projeté sur un écran mural. On suit donc aisément, dans le détail, comment Arnold Schoenberg s’émancipe de la carrure classique en désynchronisant les lignes mélodiques, bâtit (2) ses thèmes en bricolant avec la tradition, le chant mozartien ou la valse viennoise... Et pourtant, quel monde sépare sa Nuit Transfigurée (op. 4 de 1899) des Variations pour Orchestre (op. 31 de 1928) ! L’oreille commune ne s’y fait toujours pas au XXI e siècle, alors que le compositeur, devenu « un homme seul », affirmait n’avoir jamais cessé de composer de la même manière. Le public, venu nombreux le 21 décembre à l’Alcazar, malgré l’aridité apparente du sujet, l’a mieux compris, et s’est trouvé plus à même d’apprécier son Pierrot Lunaire (op.21 de 1912) affiché au concert du soir clôturant le 11 e Festival Nuits d’Hiver du Grim. JACQUES FRESCHEL Ce spectacle a clôturé le 11 e Festival Nuits d’Hiver du Grim le 21 décembre à l’Alcazar, Marseille Michel Gaechter à l’Alcazar J.F Improvisation et Ecole de Vienne Jean-Marc Montera, directeur artistique du Grim, guitariste multi-expériences, et Christian Sebille, directeur du Gmem, compositeur életroacoustique, se retrouvaient sur la scène du Grand Plateau de La Friche pour la soirée de clôture du 11 e Festival Nuit d’Hiver du Grim : première partie d’échanges et d’improvisations, puis hommage à Schönberg, Berg, Webern. Montera se lance, rageur, sur sa guitare, Sebille prend les sons, les étire, les malaxe, tout se joue en direct, c’est magique. L’esprit de création des premiers bidouillages des compères Schaeffer et Henry ne sont pas loin. L’Ecole de Vienne se dresse, hautaine, nécessaire. La Sonate op. 1 pour piano de Berg, superbe Michael Gaechter, est un flot lyrique expressionniste, les Vier Stücke op. 7 pour violon et piano et Drei kleine Stücke op. 11 pour violoncelle et piano de Webern résument la magie miniature du musicien, fulgurances ou introspections, lumineuse Fanny Paccoud, violon, Séverine Ballon, violoncelle, très habitée. Les Vier Stücke op. 5 pour clarinette et piano de Berg sont très sensuelles, Mathieu Steffanus, envoûtant. Dominique Visse, contre-ténor, spécialiste de la musique Renaissance et Baroque, avait la tâche incongrue de se frotter à la magie du Sprechgesang, parlé-chanté que Schönberg décline dans son Pierrot Lunaire en 1912, la créatrice, Albertine Zehme, étant une chanteuse de cabaret. Visse colle à l’ironie, la morbidité des textes, complice du brillant quintette, musiciens précités plus Amélie Michel, flûtes, si chaleureuse. La Sérénade de Pierrot, voix de tête sur les pizz du violoncelle, marche à merveille : D’un grotesque archet dissonant, agaçant sa viole plate. Idée géniale de mêler l’art de Schönberg aux aventures improvisées, aléatoires, de Montera et Sebille. La rupture radicale de 1912, entraînant dans son sillon toutes les audaces du XX e siècle, résumées ici d’un jet fulgurant. YVES BERGÉ Concert donné le 21 décembre, en clôture du 11 e Festival Nuits d’Hiver du Grim, à La Friche, Marseille
La Méditerranée par tous les côtés Marseille 2007, Marseille 2013. La boucle des Cantates des rives est bouclée. Six ans après sa création, le spectacle conçu par Manu Théron, Zied Zouari, Said El Maloumi et Dionysios Papastergios est revenu dans la ville qui l’a vu naître pour clôturer la capitale européenne de la culture à la Cité de la musique. Une ode au creuset culturel méditerranéen qui propose un croisement d’esthétiques musicales traditionnelles entre Occitanie, Grèce et Maghreb. La complicité développée au fil des collaborations entre ces artistes et le travail d’harmonisation de leurs influences respectives rendent difficile de discerner la moindre frontière entre Orient et Occident. À la direction artistique du projet, Manu Théron chante naturellement en occitan mais aussi en grec. Le jeu élégant et enlevé du violoniste tunisien Zied Zouari, les percussions subtiles du Marocain Said El Maloumi et la finesse de Dionysios Papastergios au luth grec s’unissent dans un langage ouvert à l’improvisation. Une incursion indienne réaffirme la porosité des univers musicaux. À dominante instrumentale, cette ultime séquence du cycle « Cantates du monde – Marseille, porte du Sud » offre un condensé de ce M. Dufétel qu’il a démontré tout au long de l’année : revisiter nos racines par les voix et les instruments de la Méditerranée. THOMAS DALICANTE Cantates des rives a été joué le 13 décembre à la Cité de la musique de Marseille L’équilibre de la vie Dans une cour défraîchie, les murs tombent et laissent entrer la chaleur des chants soufis. Les voix de Medhi Ayachi, Mourad Brahim, Nidhal Yahyaoui, Hassan Soltan, dirigées par SofyannBen Youssef, vibrent d’émotions. Comme une respiration, leurs chants tunisiens donnent vie au spectacle. Une bouffée d’air musicale qui permet aux trois danseurs d’errer et de voyager -Rayah en arabe. L’un d’entre eux se sert de béquilles, c’est Hédi Thabet. Il n’a qu’une jambe. Ce qui n’empêche pas cet homme longiligne de marcher avec une certaine aisance. Mais la danse et l’acrobatie dans tout ça ? Rayahzone est une pièce chorégraphique, mais c’est aussi l’histoire de trois complices qui s’aiment, s’enivrent, s’amusent, se violentent... Car, avant tout, Hédi Thabet, Ali Thabet et Lionel About avancent ensemble. Alternant les pas de danse et les jeux d’équilibre, ils enchaînent les combinaisons avec une fluidité déconcertante. Presque naturellement, les trois danseurs s’assemblent pour ne faire qu’un. Qu’ils s’élancent sur une tige de métal ou qu’ils inventent des êtres à 3 jambes et 4 mains, tous leurs gestes sont indéniablement liés. Chacun se complètent car chacun a un rôle : ils incarnent la raison, la mort et la folie. Hormis la performance physique et ces exercices de maintien ingénieux, c’est une belle vitrine de la vie que les trois protagonistes retranscrivent sur scène. Créant un langage corporel rempli d’émotions, chacun tombe lorsque l’un ne trouve plus la force d’avancer, les autres la retrouvent alors, lui insufflant l’envie et le courage. Plus besoin de béquilles pour marcher, ils ont trouvé leur propre équilibre à trois. ANNE-LYSE RENAUT Rayahzone a été joué les 11 et 12 janvier au théâtre du Merlan, Marseille Cf{ HAQUECREh1 € ER iERCTEI DU MOIS A RIDE NET QUAND SONNENT 1£5 5 € RÈh135. 37 MP UO LS I QT UI QE U E CULTURE L L E Dan Aucante,, r +SIRLNR-r5 ETmiD Z NET Parris de kbpéra Marseikke mr,i-.1211



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