Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 M U S I Q U E Arménie, terre de culture Sergey Khachatryan, violoniste (1er Prix du concours Reine Elizabeth), joue avec sa sœur Lusine, brillante pianiste. Lui, est surdoué, imprimant à chaque thème, chaque mouvement, une expression, une couleur, une énergie rares. Elle, est sensible, passionnée. Les compositeurs arméniens sont à l’honneur : les Sept Danses pour piano seul de Komitas (1869-1935), ethnomusicologue, ecclésiastique boulimique, écriture modale, monothématisme assez naïf. Le jeu de la pianiste est précis, rubato parfois excessif pour ces tableaux populaires. La Sonate pour violon et piano de Babadjanian (1921-1983) nous dévoile la technique diabolique de Sergey, sur des accords graves en ostinato du piano au début, puis final stravinskien déchaîné. Nocturne d’Edouard Baghdassarian, mélodie d’une étrange beauté, violoniste très habité, cordes à peine effleurées ; Introduction pour piano et violon d’Edouard Mirzoyan, époustouflant. Frère et sœur, jeunes et survoltés, concluent ce beau voyage. Le Poème pour violon et orchestre (piano ici) de Chausson étale ses couleurs impressionnistes, départ introspectif puis plénitude des sons. Œuvre dédiée au belge Eugène Ysaÿe, dont on savoure la Sonate N°2 pour violon seul. Sergey joue sur le violon avec lequel Ysaÿe a Sergey Khachatryan Marco Borgreevecréé sa Sonate, Stradivarius de 1807 ! Toute la palette des nuances et tempi poussée à l’extrême : du clin d’œil au Prélude de la Partita N°3 de Bach au thème du Dies Irae. Découvrir le répertoire arménien des XIX e et XX e siècles, hors de la célébrissime Danse du sabre de Katchatourian, entouré de 2 œuvres européennes majeures, est une initiative intelligente. Aujourd’hui, où les repères souvent se perdent, il est essentiel de se replonger dans les terres de culture. YVES BERGÉ Ce concert a été donné le 10 décembre à la Criée, Marseille Deux américains à Toulon Pour sa troisième soirée de concerts avec invités, l’Opéra de Toulon a visé juste en programmant la venue en ce début décembre de Nicholas Angelich sous la baguette de John Nelson. La première partie, débutée par une relecture joyeusement irrévérencieuse du passé par l’œuvre d’Alfred Schnittke dans Moz-Art à la Haydn, nous permit de découvrir Nicholas Angelich Stéphane de Bourgies un orchestre en version réduite mais au mieux de sa forme et débridé par une mise en scène loufoque voulue par le compositeur. Une belle entrée en matière confirmée ensuite par une prestation de premier plan pour porter sur les cimes le jeu explosif et tranchant du pianiste dans le splendide Concerto en Do Majeur op.26 de Prokofiev. Ce chef-d’œuvre aux harmonies polytonales et aux élans pré-répétitifs transcendait littéralement les musiciens. Rarement on aura entendu aussi parfaite combinaison, tant le soliste semblait en son jardin dans cette partition techniquement très difficile nécessitant une virtuosité et une puissance inouïes. Deux valses de Chopin vinrent mettre un terme à cette remarquable entrée en matière, avant de laisser place à la musique ionique de la monumentale Héroïque de Beethoven aux portes du romantisme dans son écriture formelle mais encore classique dans son harmonie. La direction fluide et ample mettait en valeur cette imposante perfection avec une vision très aérée de la partition qui combla un public déjà conquis. La prestation de ces deux musiciens internationaux et de l’orchestre fut digne d’un cadeau de Noël. Les musiciens de la maison en ont profité pour tutoyer les sommets du genre. Souhaitons qu’ils y restent ! EMILIEN MOREAU John Nelson, Nicholas Angelich et l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon, le vendredi 6 décembre Fête symphonique La dernière sortie de l’année de Lawrence Foster à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Marseille a été festive. Juste avant la dernière des Huit danses slaves de Dvorak, grand « bis » traditionnel des formations symphoniques, le maestro -qui effectue un magnifique travail depuis son arrivée Place Reyer- a gentiment souhaité de bonnes fêtes au public, le remerciant au passage d’être venu en nombre au Pharo le 13 décembre. Pétaradant et tonitruant, à coups d’archet, mailloches ou à pleine bouche, cordes, percussions et vents attaquent le dernier mouvement rhapsodique, paradent au rythme d’un martèlement ternaire hallucinant... C’est une atmosphère de kiosque à musique, à la fois raffinée et puissante, nourrie au folklore de l’Est, populaire et savante, qui s’achève après un feu d’artifice de cadences et contretemps, de mélodies brillantes savamment agencées, de cassures rythmiques souplement négociées : un formidable « exercice » d’orchestre pour soirée de gala ! Auparavant, le souffle romantique de Brahms a irrigué l’auditorium de ses vagues de pathos stimulant l’imaginaire, invoquant une narration secrète... Au violoncelle Jean-Éric Thirault, abandonnant pour un soir son rang de « 1er violoncelle solo », donne une réplique sobre, nette, nuancée et virtuose à Olivier Charlier, violoniste au panache rompu aux podiums de solistes. Le duo, complice dans les phrasés et respirations, sous la direction claire et efficace de l’Anglais, nous emporte dans un univers poétique, vibrant et riche, s’imbriquant dans la pâte symphonique, phalange puissante au grand complet. Il ne manquait au programme qu’un peu d’originalité : une pièce moderne par exemple, qui aurait satisfait ceux qui ne se contentent plus d’un répertoire (aussi beau soit-il !) d’un passé « ressassé ». JACQUES FRESCHEL Ce concert a eu lieu le 13 décembre au Palais du Pharo, Marseille J.F iir iyIATM=
Bouffe d’Enfer : mesure et démesure ! Orphée aux Enfers est une bouffonnerie qui stimule l’imaginaire des metteurs en scène : propice à la fantaisie, elle tombe parfois dans une trivialité inopportune. La musique du « Mozart des Champs-Elysées », bien plus riche et subtile qu’elle n’y paraît, et le livret du couple Crémieux et Halévy, tout en sous-entendus ignorant l’obscénité, ne méritent pas pareil traitement. Point n’est Christian Dresse besoin de vulgarité gratuite, de transformer l’Olympe en orgie fornicatrice, voire incestueuse, les vocalises d’Eurydice en gloussements orgasmiques... pour qu’on apprécie l’ouvrage dans un esprit de fête nimbée de douce folie ! C’est ainsi qu’on goûte à cette réécriture du mythe au temps des fêtes de fin d’année à l’Opéra de Marseille : dans la mesure... et la démesure ! Car c’est avant tout du grand spectacle (comme on en voit finalement rarement) avec un orchestre complet, des chœurs pros, d’excellents chanteurs et acteurs, costumes et décors luxueux qui s’étagent en profondeurs, jeux de suspensions, de couleurs, et sa dizaine de danseurs n’escamotant pas le Cancan final... On est loin d’une production économe ! On en prend plein les yeux (et les oreilles grâce à la direction énergique de Samuel Jean), on sourit aux idées de Claire Servais mêlant la télé-réalité (« Opinion publique » incarnée par Marie- Ange Todorovitch) à l’élucubration mythologique : Pluton (Loïc Félix) est une crapule issue d’un clip de rappeur filant en décapotable infernale. Méphistophélique, il prend le devant de la scène, en négatif d’un Jupiter (Francis Dudziak) tantôt tribun pitoyable d’un cénacle de dieux avachis ou Roi solaire guinchant son Menuet... Tout ce beau monde embarque pour un charter au bout d’un joyeux Enfer, explosant en apothéose dans un ultime tableau « barocambolesque », lorsqu’Eurydice (délicieuse Brigitte Hool) connaît l’ivresse des bas-fonds et Orphée (Philippe Talbot) n’en mène pas large avec sa toge d’opérette et sa dérisoire lyre à charmer les bestiaux... On apprécie particulièrement la prestation vigoureuse de Jenifer Michel en Diane teutonne façon « domina » et la poésie qu’Yves Coudray apporte au personnage de John Styx présenté d’ordinaire comme une brute bourrue et avinée. Un fil rouge qui contribue à rendre à Offenbach une tenue qui lui manquait ces derniers temps ! JACQUES FRESCHEL Orphée aux Enfers a été joué du 27 décembre au 5 janvier à l’Opéra de Marseille a Impérial n En cette fin d’année maussade, l’Opéra de Toulon a encore une fois fait mouche en programmant judicieusement La Vie Parisienne. Cet opéra-bouffe de Jacques Offenbach, véritable tube depuis sa création en 1866 sous le Second Empire, a conquis l’auditoire avec un esprit comique et festif de rigueur en cette saison. Exit le tragique avec cette histoire de bourgeois et de nobles aussi oisifs qu’intrigants, et place à la plaisanterie vaudevillesque dans la plus pure tradition française où se mêlent la moquerie sournoise et la critique acerbe. Porté par une mise en scène dynamique et intelligemment pensée (Nadine Duffaut) dans des décors circulaires et bien éclairés donnant à la masse des protagonistes une fluidité bienvenue, le jeu des acteurs costumés à la perfection (Gérard Audier) était jubilatoire. À l’image du truculent Brésilien incarné par Marc Larcher ou de la sublime Métella de Marie-Adeline Henry ou encore du superbe Baron d’Olivier Grand, pour ne citer qu’eux, le plateau vocal et les chœurs méritaient les éloges. Il est vrai cependant qu’en termes de lyrisme, l’ouvrage n’est pas un sommet du genre, mais n’était-il pas destiné au départ davantage à des comédiens chantants ? Néanmoins, la réussite n’est pas à porter au seul crédit des chanteurs ; l’orchestre dirigé avec énergie et rigueur par Jérôme Pillement pimenta Frédéric Stephan une très belle écriture qui donnait à cette immense farce toute sa saveur musicale et le magnifique ballet final fut d’une fraîcheur pétillante… alors « champagne » ! EMILIEN MOREAU La Vie Parisienne a été représentée à l’Opéra de Toulon du 28 au 31 décembre 31 MP UO LS I QT UI QE U E CULTURE L L E



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