Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 M U S I Q U E Noël Gitan J.F Les Chants de Noël, proposés gratuitement depuis vingt ans par le conseil général des Bouchesdu-Rhône, se sont nichés aux quatre coins du département. Noëls pluriels On file dans la circulation engorgée des soirs d’emplettes précédant la fête, de St-Pierre à St-Michel où le « Noël Gitan » a été déplacé. La voix suave et ornée d’un jeune chanteur provençal (Grégory Duveau) nous accueille avant que les palmas (claquements de mains syncopés typiques du flamenco) ne se mêlent à la guitare (Pepe Fernandez), au violon (Pascal Delalée), la mandole ou le chant andalou (Gil Aniorte-Paz) et que tout s’enrobe au clavier arrangeur de Martial Paoli. Les arabesques nerveuses, danse tournoyante de Florencia Deleria apportent un peu de chaleur dans la vaste église du 5 e arrondissement où les chauffages ont cessé de brûler. Tchoune Tchanelas, maître du chant gitan, a un peu de mal à chauffer sa voix, naturellement engorgée dans le suraigu, à la limite du cri : son Ave Maria schubertien revisité aux arpèges de cordes et ruptures pianistiques est un peu laborieux, mais son « canto jondo » courageux s’enhardit peu à peu... Résonnent alors une rumba virtuose, pulsée, ou un fandango nous conduisant à pas ternaires sur les routes de Galilée, vers un monde sonore mixant la liturgie de la Misa Criolla à une psalmodie provençale, un chant séfarade ou catalan... Tout un beau programme qui aurait mérité un peu de « pédagogie », une présentation des morceaux nous racontant cette formidable histoire de culture métisse cheminant vers la lumière... Swing à l’âme A quelques lieues de là, c’est à Ste-Marguerite qu’on égoutte et se réchauffe dans l’église du 9 e arrondissement, bien remplie, malgré le temps toujours peu engageant, pour le « Noël Soul ». La compagnie Nine Spirit, dans le sillage des zébrures du saxophone de Raphaël Imbert, déchirant l’air humide de la nef, et du chant limpide de Marion Rampal, entrainant en polyphonie le public à scander en chœur un traditionnel « ay-é-é-men » américain, propose une affiche renouvelée par rapport au « Noël Swing » de l’an dernier. Les arrangements soignés proposent des ballades ou gospels mêlant des pratiques sacrées et des chants profanes, évocations de Christmas qui courent de Martin Luther à Billie Holiday, de Nat King Cole à Elvis... Pas de batterie (seulement quelques percussions minimales), ni clavier, ni contrebasse et ses pizz coutumiers ! Non ! Juste des voix expertes, sensuelles (Laure Donnat, Alexandra Satger et Ronald Baker en « special guest »), jonglant du solo expressif au choral millimétré, et un ensemble de « brass » (Jean-François Bonnel, Romain Morello, Simon Sieger), fondant l’harmonie au gros sousaphone, trombone, sax, clarinette ou trompette, pour mettre au jour une âme (« soul ») à la fois commune et intime, portant le blues du quotidien ou la parade de rue, la country music et les spirituals dans un même élan d’espérance. Engouement russe Parmi les nombreux concerts de Noël du CG 13 de cette année, le « Noël Russe » a connu un succès sans précédent, refusant du monde jusque dans les plus petites communes, quitte à provoquer même quelques mouvements d’humeur des nombreux spectateurs refoulés : ainsi à Trets, pour une jauge de 230 personnes, 600 faisaient la queue et ce depuis le début de l’après-midi !!! Le chœur cosaque Kouban donnait à entendre des chants liturgiques orthodoxes, des chants traditionnels russes et ukrainiens et des polyphonies cosaques. Les voix superbes, dont celle d’ange du plus jeune, se liaient avec bonheur. De quoi rendre la Provence adepte de Tarass Boulba ! JACQUES FRESCHEL et MARYVONNE COLOMBANI Les Chants de Noël du CG13 ont tourné dans tout le département du 4 au 23 décembre Noël Soul J.F
Une histoire marseillaise ! Ça se fait de plus en plus... S’organisent ci et là des concerts privés, espèces de salons mélomanes à l’ancienne où l’on accueille des artistes dans l’intimité d’un appartement. À Marseille, en 2013, on renoue avec la tradition de salons tenus en leur bastide par Lily Pastré ou Marie de Sormiou (Villa Magalone). Depuis 20 ans déjà, la pianiste Christiane Berlandini-Laurent concocte ses « Moments musicaux » du côté de Notre-Dame. Plus récemment, la chanteuse Larenka Hoareau a ouvert sa porte de la Place des Capucines à des récitals favorisant un contact privilégié avec les artistes. Et pour en apprendre sur l’histoire marseillaise de la mandoline, il fallait y venir, le 10 décembre, écouter Vincent Beer-Demander, jeune toulousain débarqué sur la Canebière pour reprendre le flambeau local de l’instrument à plectres (voir Zib 69) ! Non content de nous faire découvrir des opus Sur un même portrait, le Quatuor Modigliani a réuni trois figures emblématiques du quatuor à cordes : Haydn, le précurseur, Beethoven, la figure tutélaire et Ravel, le coloriste français. Résolument tournés vers l’avenir et les forces du progrès, les deux premiers, dans le pas de Le Brun, affirment la primauté de la ligne, du point, des mélodies sculpturales balayant l’espace de la force de leurs traits. Aux antipodes, héritier d’un Titien, d’un Blanchard, le français délaisse le fusain et nous inonde d’un océan de couleurs. Son unique Quatuor en fa majeur bariolé de couleurs chaudes, doucement irisé d’une lumière tantôt forte tantôt tamisé, trouve son expression dans un champ harmonique pruiné de modalité. Haydn, dans le Quatuor op.5O n°1, dans l’ingénuité de ses thèmes et de ses harmonies « simplistes » déploie toute sa science d’écriture. Quant au maître, dans son septième Quatuor op.59 n°1, il étire les registres, déchire l’espace, secoue le monde, son regard fixé vers les siècles à venir. Cette opposition de styles, le Quatuor Modigliani, fort d’une lecture des œuvres intelligente, d’une technique irréprochable, d’une osmose parfaite, l’a parfaitement illustrée. Au fil des ans, cet ensemble de jeune français s’affirme comme un des quatuors les plus en vue du moment. Avec Zaïde, Ebène... la France montre toute la richesse de son vivier. Cocorico et longue vie à Modigliani ! CHRISTOPHE FLOQUET Concert donné au GTP, Aix, le 10 décembre a ignorés du mélomane moyen, le virtuose, secondé au piano par Frédéric Isoletta surfant à mille croches sur les touches d’un Pleyel, nous raconte un âge d’or de la mandoline : ces Années folles où la France comptait trois millions de mandolinistes, quand à Marseille œuvrait un orchestre à plectres par quartier, où l’instrument avait son propre magazine (Le Plectre, de 1904-1934). Marseille était un peu la « Naples française », tant la mandoline était ancrée dans la culture locale, en particulier grâce à Laurent Fantauzzi qui fut le 1er professeur d’une classe de mandoline ouverte dans un conservatoire en France entre 1921 et 1941. Ce disciple de Raffaele Calace (1863-1934) a formé et côtoyé tout un vivier de musiciens qui ont composé des œuvres tournoyantes de gaité populaire, acrobatiques de virtuosité, riches en trémolos vibrants ou pizzicati pointillistes... Elles sont signées Vincent Scotto Le combat du dessin et de la couleur Frédéric Isoletta et Vincent Beer-Demander J.F ou Mario Monti (Csardas), pour les plus célèbres, mais aussi Antoine Padutto (musicien et... anarchiste !), Théodore Thurner (mais oui... le petit boulevard qui grimpe vers Notre-Dame du Mont !), ou Jeanne de Benedetti (mandoliniste et 1er violon à l’Opéra de Marseille)... Entre 1950 et 1980 la mandoline, qualifiée de poussiéreuse, est tombée en désuétude, surfant sur une vague populaire et amateur trop conventionnelle, faute surtout de répertoire moderne et attrayant. Aujourd’hui un sang neuf coule dans ses double-cordes grâce, en Voix de demain ? Holst, Britten, Kodaly, ou Rutter, ces compositeurs au programme du dernier concert du 47 e Festival à Saint-Victor ont grandi, été formés dans des Maîtrises, ces chœurs d’enfants qui depuis le Moyen Âge sont un vivier de musiciens (Machaut, Josquin, Janequin, Marin Marais, Delalande, Bach, Schubert... et tant d’autres !). Gageons que certains jeunes de la Maîtrise des Bouches-du-Rhône, à l’affiche le 5 décembre dans la magnifique acoustique romane, passeront des bancs de l’« école » dirigée par Samuel Coquard aux sunlights des scènes de demain ! Parmi les solistes, Théo Imart, s’il sait mener sa barque et ménager le fragile et rare diamant qui se moule dans sa gorge, en a tous les atouts : jeunesse viscontienne, une voix de sopraniste grimpant aux pointes des portées musicales, patinée, claire, vibrante et naturelle... On ne peut s’empêcher de penser à Philippe Jaroussky à ses débuts ! En compagnie de deux autres voix pimpantes, Majda Boughamni (soprano) et Mathias Laurent (beau timbre de sopraniste également), des quinze ou vingt-cinq jeunes chanteurs en alternance, rompus au rituel du concert (voir Zib 68) et de la harpiste virtuose Elodie Adler, c’est le monde poétique d’A Ceremony of Carols qu’on a apprécié dans une interprétation mêlant rigueur, précision, suavité et lyrisme. Pour ce concert approprié à Noël, la langue anglaise a fait office de fil rouge au pays des Children’s Choirs : de la fraicheur prîntanière aux nuits d’été promises à l’amour (Eastern Pictures), du lever de soleil à la marche obstinée vers la lumière (Hymns for the Rig Veda), belles pages signées Gustav Holst, jusqu’aux réjouissances populaires d’un hymne à la Nature de Zoltan Kodaly (Wainamoinen makes music). Tout un programme vivifiant qu’on retrouve dans un disque qui vient de paraître chez Parsiphonie (« Christmas Carols » PAR 002) ! (Voir p.76). J. F. Recrutement : Maîtrise/enfants : auditions du 5 au 7 mai (clôture des dossiers 20 février sur maitrise13.com - auditions 2014) Ce concert a eu lieu le 5 décembre à l’abbaye Saint-Victor, Marseille particulier, au panache de Vincent Beer-Demander (qui conduit désormais la classe de mandoline du CNRR de Marseille) ou à son ébouriffant Tango Mediterraneo joué à toute volée percussive, lyrisme flamboyant et maestria technique par un duo à suivre ! JACQUES FRESCHEL Théo Imart Jean-Philippe Garabedian (mart lean-Philippe Garabedian Théo Vincent Beer-Demander et Frédéric Isoletta se produiront avec Mandoline for ever à l’Alcazar, Marseille, le 12 avril « Chants de Noël » a été donné à l’Estaque, Marseille, le 22 décembre v 29 MP UO LS I QT UI QE U E CULTURE L L E 9



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