Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 D A N S E 21 raisons de voir Sadeh Au Silo à l’occasion du dernier Festival de Marseille, au Pavillon Noir à Aix, à Châteauvallon à Ollioules, le spectacle Sadeh21 est un et trois à la fois selon la dimension du plateau où se meuvent les 18 danseurs de la Batsheva Dance Company et selon la distance qui nous sépare. Mais c’est toujours la même vague d’émotion qui gronde au fil de cette odyssée du corps ! Sadeh21 est le dernier exploit de Ohad Naharin, ex danseur à la Batsheva Dance Company avant d’en être un directeur artistique novateur, qui orchestre avec maestria une multitude de variations chorégraphiques. Progressivement et en profondeur, il met en mouvements séquentiels une succession de soli, de duos, puis d’ensembles ; il les agence, les diffracte, les accouple, pour composer une véritable symphonie. Les corps s’inscrivent au sol avec légèreté et force à la fois. La réussite tient à une inventivité formelle inépuisable et à la qualité technique des danseurs, corps et âmes plongés dans des figures extrêmement complexes ; et irradiantes, tant la danse, particulièrement dans cette pièce fleuve semblable à une ronde ininterrompue, ne cesse de balancer entre l’instinctif et le maitrisé, la rigueur géométrique Gadi Dagon et l’abstraction. Éffilée et précise comme une calligraphie japonaise… Sadeh21 -qui signifie Champ 21- est une pièce hypnotique dont l’épilogue fait l’effet d’un feu d’artifice : d’un mouvement l’autre, les « lettres » se forment, arrondies, comme l’écolier appliqué à former sa plus belle page d’écriture. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Sadeh21 a été joué les 6 et 7 décembre au CNCDC Châteauvallon et les 13, 14 et 15 décembre au Pavillon Noir à Aix THGURE fie CHANSONS Arthur Rimbaud ET TO !, fil MARCH-ERAS DANS LE SOLEIL Isabelle Bloch-Delah aie Jcnirhan Sourisse 18, 25 et 31 janvier â 20h30'ih¢3rrc cr Chansons.] nkc UcCrYaxinns, LY4 42- 2-7 3 ? 39 A ix-:n-l'rovcnac Danser la vie ! Pourquoi le Sacre du Printemps ? « Cette pièce d’un mystère absolu nous a donné l’impression qu’il était possible d’envisager quelque chose. Au début ce n’était qu’un travail de recherche puis tout le monde s’est mis à travailler pour ne garder que cette essence » explique le co-chorégraphe Jean-Pierre Moulères. L’idée du spectacle …du printemps ! est pourtant venue d’un autre chorégraphe, Thierry Thieû Niang, qui a décidé de créer, il y 8 ans à Marseille, un atelier de danse pour les seniors. Sur scène, 24 danseurs se rassemblent autour d’un lecteur Des Cahiers de Nijinski. L’un d’entre eux, Chronos, commence alors une course interminable dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. En mesure, et à contretemps. Chacun s’y joint à sa manière. Puis les perruques et les habits tombent, les cheveux blancs et les corps vieillissant apparaissent. La chorégraphie est inspirée de gestes quotidiens, épurés et délicatement sculptés. À la fin, l’élue est choisie dans un soudain regain d’énergie, mais le sacrifice n’aura pas lieu… Un symbole de cette vie qui continue, même à son crépuscule. Cette vérité qui transpire sur scène revient dans tous les témoignages qui façonnent le documentaire Danser le printemps à l’automne, présenté le 17 décembre au cinéma l’Alhambra en écho à la représentation. Ils sont unanimes. Jean-Louis Fernandez Parce qu’elle leur a permis de découvrir un nouveau rapport à leur corps affaibli, parfois même malade, et de puiser en eux des ressources physiques et mentales encore inconnues, ils ont tous vécu cette création comme une « seconde vie ». Et Thierry Thieû Niang de confirmer : « Ce projet, c’est de la vie pas forcément de l’art. » ANNE-LYSE RENAUT …du printemps ! a été interprété le 16 décembre au Klap, Marseille Danser le printemps à l’automne a été projeté le 17 décembre au cinéma l’Alhambra, Marseille
Flamand, Montalvo Pour clore l’année capitale, et offrir à Marseille sa dernière création, Frédéric Flamand a fait danser à tout son Ballet National des fictions sportives. Une reprise-création, puisqu’il avait créé ce spectacle lors des Métamorphoses de Lieux Publics, en plein air, sur le parvis de la gare Saint Charles (voir Zib 63). En salle, à la Criée, le spectacle a perdu et gagné : de bi-frontal il est devenu cadré, plus confortablement offert à tous les yeux dirigés vers la même cible. Les effets scénographiques, vidéos, y sont plus efficaces encore, et certains tableaux y gagnent en poésie : le ballet des escrimeurs et des ballerines est un moment de grâce… Mais le carnaval final, défilé de mode chatoyant, ne porte pas le même esprit de fête : même si le public est convié un instant à monter sur scène, le mur entre les danseurs et la salle demeure, imposant… Reste que ce spectacle, et surtout Orphée et Eurydice joué récemment à l’opéra, feront regretter le départ d’un directeur du Ballet National qui a su, malgré la perte de ses décors emportés par le feu, malgré l’absence totale de répertoire à son arrivée après le cataclysme Pietragalla, malgré la difficulté de gérer un corps de ballet vieillissant et un personnel parfois peu adapté, redonner vie, réputation, répertoire et jeunesse à un des plus grands ballets de France, ouvrir son studio et partager sa salle. Il part en laissant un calendrier de tournée rempli, sans interdire son répertoire contrairement à ses prédécesseurs, et en laissant ses danseurs tourner la superbe création d’Olivier Dubois (voir p 46). Il reste à espérer que José Montalvo, qui prend sa succession à la tête du BNM, aura autant de sens du partage. Au vu de son dernier opus, Don Quichotte du Trocadéro (voir Zib 61), on peut parier que oui ! AGNÈS FRESCHEL Sport Fiction a été dansé à la Criée, Marseille, du 18 au 21 décembre JC Verchere Conte et décompte de Noël 10 Pour les fêtes de fin et de début d’année, Jean-Christophe Maillot nous emportait dans le tournoiement délicieux de Casse-noisette, un conte empli de mémoires, jonglant entre le thème initial et les réminiscences des anciennes chorégraphies du directeur des Ballets de Monte Carlo. Bien sûr, il y a l’argument d’Hoffman, la musique de Tchaïkovski, l’esthétique en tableaux, autant de scènes initiatiques qui permettent à la petite Clara de grandir. Mais sa volonté de s’immiscer dans le monde des adultes est ici transcendée par la volonté de danser. La fillette, délicieuse de fraîcheur et de désir, se rêve étoile. Enfant de la balle, elle assiste aux répétitions du cirque dansant de ses parents. Il faudra l’intervention de la Fée Drosselmeyer (sublime Bernice Coppierters), image de la Princesse de Hanovre pour J-C Maillot (ainsi le laisse-t-il entendre), pour que le rêve se fonde à la réalité. Les habitués se régalent à retrouver les échos des grandes chorégraphies du Casse-noisette Circus, du Songe (avec Puck), de la Belle (qui réveillera l’endormie ?), Cendrillon (ah ! toujours le rêve de Casse-Noisette et Compagnie Angela Steling la danse !), Roméo et Juliette (ici transformés sur le mode cocasse), sans oublier le voile qui tombe sur la scène finale à l’instar de celui de Lac, avant la folie jubilatoire qui s’empare de la troupe entière. Artifice, confettis… Le public est debout, loin de la querelle des anciens et des modernes sans cesse renouvelée lorsqu’il est question de ballets classiques : le jeu autour de Balanchine, la liberté rendue aux corps, chassant de la pointe dure des chaussons les carcans de toutes les époques, renouant avec le plaisir du mouvement, racontent avant tout celle l’ineffable bonheur de la danse. Qui peinait davantage à être présent lors de la soirée emmenée par Diana Vishneva. L’étoile du Théâtre Mariinsky, habitée de grâce, aux bras exceptionnels, alliant sans efforts apparents la plus grande souplesse à un dynamisme et une précision rarissimes, est sans conteste possible une immense soliste. Mais le trio de Jean-Claude Maillot, narratif, laissait peu de place à ses envolées : Switch, en racontant l’histoire d’une danseuse aux prises avec le réel, fabriquait une mise en abyme sans que l’interprète, contrairement à ses deux compagnons, n’atteigne la distance nécessaire à ce regard sur soi-même. Quant au solo de Carolyn Carlson, s’il recelait de beaux moments de danse pure, ses figures frisaient parfois le ridicule : des rétropédalages à plat ventre, des mandarines offerts sur un ton guilleret, des moments inexpliqués d’expressionnisme soudain se succédaient sans logique apparente. Restait, pourtant, le plaisir indescriptible de contempler une interprète exceptionnelle, qui mérite un répertoire qui lui convienne mieux. MARYVONNE COLOMBANI et AGNÈS FRESCHEL Casse-Noisette, Switch et On the Edge ont été dansés à Monaco du 26 décembre au 5 janvier et les 18 et 19 décembre 23 DP OA NL SI ET I Q U E CULTURE L L E



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