Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 T H É Â TR E Pousser au crime « O love ! O life ! Not life but love in death ». Cette phrase de Shakespeare semble être le propos même de cette mise en scène des Justes de Camus. Plus qu’au contexte politique du terrorisme en réponse au despotisme, Medhi Dehbi s’intéresse à l’amour de la vie que chaque personnage incarne à sa manière. Même Stepan ne fait pas exception : s’il est prêt à faire tuer des enfants c’est pour que d’autres ne meurent plus de faim. Au lieu de prendre place sur scène, les cinq comédiens se déplacent dans un espace sans plateau, ni gradins. On découvre peu à peu d’où et de qui, parmi la foule, surgit la parole. Cela dans une ambiance pesante d’enfermement aux faibles lumières. Ambiance pesante régnant également au sein du parti socialiste révolutionnaire. Camus pose clairement la question : la violence est-elle la bonne réponse à l’oppression ? Posée durant la décolonisation des pays arabes, et faisant référence au terrorisme de gauche pratiqué en Europe, Les Justes précisaient la révolte plutôt réformiste de Camus. Aujourd’hui, jouée majoritairement en arabe, avec une scène entièrement en français ou quelques passages en anglais, la pièce montre que la jeunesse révoltée de Camus pourrait être celle de l’autre rive. Car le point de départ d’une révolution est toujours l’étouffement d’un peuple par le Mehdi Dehbi Iphigénie'‘zbe contemporaine Mademoiselle Else Christian DRESSE 2013 Untel a des « yeux de veau mourant », l’autre… Au jeu des portraits, elle tient de Célimène. Issue de la bourgeoisie viennoise, elle, Else, tournoie avec grâce lors de vacances dans une station thermale italienne. « L’air est comme du champagne » … La nouvelle d’Arthur Schnitzler publiée en 1924 évoque les émois naissants de Mademoiselle Else, jusqu’au drame provoqué par la lettre de sa mère qui la supplie de solliciter, pour son père acculé à la faillite, une aide auprès du riche marchand de tableaux, Dorsday. Ce dernier accepte à la condition de la voir nue. Fin de l’insouciance et des scènes imaginées, Else en un long monologue intérieur se débat, se soumet, s’indigne, juge avec lucidité, joue et rejoue la scène insupportable à laquelle elle se sent condamnée. L’adaptation du pouvoir. Malheureusement, la mise en scène est parfois fragile dans sa circulation : les comédiens en permanence en contact avec le public et restant immobiles lors de quelques scènes sont parfois dos à certains spectateurs. Parfois, ils serrent la main des spectateurs disant « Bonjour » entre deux répliques. Cette mise à distance du théâtre qui devrait rapprocher du spectateur fonctionne parfois à contre-courant : un aspirateur assourdissant perturbe une scène où deux personnages ne doivent pas être entendus des autres protagonistes. Mais ils devraient l’être texte par Jérôme Ségura -dans un décor sobre avec un lit rond et blanc entouré de rideaux, une porte fermée qui laisse entrer la lettre fatale, un miroir devant lequel se dessine l’adieu à soi, un petit écran de contrôle, intrusion du monde, voyeur jusqu’au tréfonds des consciences-, sait garder avec justesse le ton de la jeune fille, la confusion bouleversante de ses sentiments, sa plongée inéluctable vers la mort. Floriane Jourdain interprète avec une fine intelligence ce personnage déchiré, dans une mise en scène superbe de Jean- Claude Nieto, avec en mémoire le délicieux air de Giuditta de Franz Lehar « Meine Lippen Sie küssen so Heiss » repris par Else. Le spectacle était donné en hommage à Françoise Chatôt, le 12 décembre au Jeu de Paume, Aix MARYVONNE COLOMBANI À venir le 21 mars Théâtre de Fontblanche, Vitrolles 04 42 02 46 50 www.vitrolles13.fr du public ! Néanmoins, Medhi Dehbi parvient à transmettre fidèlement l’idée selon laquelle l’humanisme n’a, dans un monde cruel, d’autre issue que la mort. Un spectacle sans utopie, mais humain. Donc Camusien ! ALICE LAY b Les Justes a été joué au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence du 18 au 20 décembre Les bons, les brutes et le tyran Voir dans le Caligula de Camus le simple récit d’une spirale de la folie vers laquelle peut conduire le pouvoir absolu serait réducteur. Certes, la personnalité de l’empereur romain suffirait à en faire le sujet central d’une œuvre. Et l’interprétation mesurée de Bruno Putzulu, évitant avec bonheur le sur-jeu que le caractère d’un tel individu pouvait générer, mériterait à elle seule tous les honneurs. Homme blessé par le deuil, le fils d’Agrippine protège sa vulnérabilité dans une violence outrancière, qui ne sert qu’à dissimuler sa propre angoisse d’être confronté à la mort tout en semblant la convoquer. Mais l’auteur, comme le metteur en scène Stéphane Olivié Bisson qui a choisi de se mesurer à la version écrite initialement en 1941, sont allés bien plus loin que la radioscopie d’un tyran. Monstre complexe qui parvient à attendrir dans l’horreur et provoquer le sourire dans la haine, ce Caligula aborde finalement les travers bien actuels d’une société où parfois la lâcheté, la soumission, la perte de la dignité font triompher le renoncement et étouffent la combativité. Humains à l’extrême, les protagonistes victimes de Caligula n’en sont pourtant pas plus faibles que leur maître. Chacun semble au fond y trouver son compte et le spectateur, poussé à l’acceptation de l’intolérable, renonce à tout jugement. Le travail de Stéphane Olivié Bisson, les performances des acteurs honorent l’écriture camusienne et conduisent aux questionnements existentiels qu’elle porte en elle. THOMAS DALICANTE Caligula a été joué au Théâtre du Gymnase, à Marseille, du 10 au 14 décembre AF Letizia Piantoni
pArçumMITÇ AUDITORIUM Samedi 18 janvier - 20h30 JEAN MÛLP Musique ire VEGETABLE ORCHESTRA t A NOS MORTS Festival de court métrage 3 lours- 69 films, de 3 a 103 ans De 2,5 € h 5C ou Passillimité â 10)/imirigl3i MÉDÉRIC COLLIGNON - 20h30 ff RITES LaHonneAme duSe Tchouan 29 janvier > 1 t" février De Bertolt Brecht Mise en scène de Jean Belloririi Informations et réservations 04 91 54 70 54 www-th eatre-1 acrieaco m + E5CAL'THOR CAFE DA NSE avec Denis Alassrc} Mardi q fé vri er Auditorium loam Moulin/it Thar 04 90 33 96 80 Auddarnrmlean Moulin - 971 di min des Estawans WWW,ARTSViYAHfiSBC FR SI 250 Lelliar



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