Zibeline n°70 janvier 2014
Zibeline n°70 janvier 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de janvier 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,5 Mo

  • Dans ce numéro : 2013... l'heure des bilans.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 P O L I T I Q U E CULTURE L L E Olivier Py… ou l’éloquence Rencontrer Olivier Py pour évoquer Orlando ou l’Impatience, sa création en cours d’écriture pour le Festival d’Avignon 2014, engage une lecture entre ses lignes cérébrales, captivante… et patiente lui ressemble pas, plus qu’un surintendant ». Sa programmation, « déjà trop dévoilée » où les 5 continents seront présents, veut renouveler les publics et favoriser l’émergence. Il a d’ores et déjà créé un abonnement Jeune Public et un lieu dédié, se veut indisciplinaire et ouvert, pour un Festival qui ne sera « ni un retour au texte ni aux classiques, il n’est juste pas question de chasser les poètes, vivants ou morts, de la cité ». Il parle aussi de sa vigilance face aux élections municipales. Il votera en mars à Avignon : « On va voir si la ville de culture fait la différence dans une région où le FN monte. Va-t-on réussir à affirmer dans cette ville la richesse de l’immigration ? ». De la mini-polémique créée par Aurélie Filippetti, qui évoqua le « désert culturel » hivernal de la ville, lors d’une réunion de soutien à Cécile Helle au dernier Forum d’Avignon : « Mais pas du tout ! Je ne m’embête pas culturellement à Avignon, il y a des programmations toute l’année, la Collection Lambert, l’Utopia, La FabricA. » Quant au Forum, auquel il était invité : « Qu’on dise aujourd’hui que la culture participe plus au PNB que le luxe est un paradoxe passionnant. L’idée qu’elle est un moteur économique n’est pas directement celle de la politique culturelle de la gauche… » Volontiers volubile, l’artiste directeur du In maîtrise l’art de la parenthèse. Il décrit, pêle-mêle, sa nouvelle vie avignonnaise et le « mouvement » inspirateur du mistral ; son travail, « je ferai pour Avignon une création par an, un bon rythme. Cette année à l’opéra j’ai dépassé la mesure, mais j’ai fait trois spectacles magnifiques » ; il chasse d’un revers la critique, fait flamboyer sa vision politique, « la gauche de demain sera culturelle ou ne sera pas ! ». Et raconte, par bribe, la pièce au « format Shakespearien » qui ouvrira le Festival à La FabricA. Petit public deviendra grand Pressé mais accueillant, il disserte avec force et sans détour de sa nouvelle fonction : « À la tête du Festival il ne faut pas obligatoirement un artiste, mais une personnalité pour qui c’est un destin et pas un plan de carrière. Le lien avec le public est plus passionnel pour l’artiste, il a tendance à programmer ce qui ne Olivier Py Carole Bellaïche 7 pères et un ministre L’auteur, pour qui « l’impatience est à la fois [son] meilleur défaut et [sa] plus grande qualité », délivre les premières clés d’Orlando. « C’est un roman picaresque, une comédie politique dans laquelle sept pères conduiront dans une aventure de théâtre hors norme la quête d’un jeune homme. On change de forme à chaque acte, Claudelien, Brechtien, Beckettien… Il aura pour adversaire spirituel, sur l’ensemble de sa vie, un ministre de la culture ! » Un spectacle « manifeste » sur le théâtre, répété six petites semaines, Olivier Py préparant scrupuleusement les répétitions, sans improvisation. « Ecrire un manifeste qui soit une comédie, ça me met la pression ! La comédie est plus populaire, c’est l’art sublime, à condition qu’elle nous tire par le haut. » « Mais la chose la plus difficile que je fais, c’est chanter » avoue l’interprète de Miss Knife. Un défi relevé à revoir au Chêne Noir les 13 et 14 fév. DELPHINE MICHELANGELI La prochaine rencontre aura lieu le lundi 27 janvier à La FabricA à 20h30 avec l’auteur et metteur en scène Fabrice Murgia. Orlando ou l’Impatience, a été présenté au public le 9 décembre et sera créé au Festival d’Avignon 2014 Le In aura lieu du 4 au 27 juillet, le Off du 5 au 27. Sur la vague de 2013 En juin 2011, la communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée annonçait son retrait du projet Marseille Capitale européenne de la culture. Mais la volonté du Théâtre Liberté de Toulon -inauguré le même moisde travailler avec les acteurs culturels de MP2013 n’a pas été entamée : « Nous avons immédiatement signifié à TPM que le théâtre voulait désenclaver le territoire toulonnais et promouvoir un esprit d’ouverture, explique Pascale Rodier-Boeglin, directrice générale. Notre volonté de nouer des liens avec MP2013 a paru tout à fait normale ». De fait, le théâtre a accompagné des projets existants, accueilli ou coproduit des spectacles. Il s’est rapproché de La Friche la Belle de mai en participant, dès sa genèse, au projet autour des dramaturgies arabes contemporaines et programmé quatre spectacles. Ce premier round ne s’arrête pas là car pour son directeur, Philippe Berling, « c’est ce type d’initiative auquel on a envie de se raccrocher car il correspond à notre ligne artistique. La Friche est devenue, avec MP2013, l’un des lieux importants de la métropole marseillaise. On veut poursuivre notre collaboration et susciter des écritures et des nouvelles productions dans l’ensemble des pays concernés ». Dès l’arrivée de Macha Makeïeff à La Criée, les deux théâtres ont eu envie d’œuvrer ensemble : d’un côté Liberté a coproduit Ali Baba qu’il a présenté dans la foulée de la création marseillaise, de l’autre La Criée accueillera Dreck créée en octobre dernier à Toulon… Avec Dominique Bluzet, la complicité ne date pas d’aujourd’hui car l’acteur Charles Berling est un habitué des planches aixoises. C’est donc tout naturellement que le directeur Charles Berling a programmé Abd Al Malik la saison dernière et, en 2014, Un beau matin, Aladin de Charles Tordjman et Azimut d’Aurélien Bory produit par le Grand Théâtre de Provence. Sans oublier la lecture par Charles Berling d’extraits du Premier homme d’Albert Camus à l’occasion de la Fête du livre de Toulon, production made in Liberté inscrite dans le programme officiel de MP2013, et également programmée à La Criée lors du festival littéraire. Mais est-ce pour autant que le public de la métropole marseillaise s’est déplacé sur la côte varoise ? Selon Pascale Rodier-Boeglin, « difficile de quantifier avec exactitude la fréquentation sur les spectacle étiquetés MP2013 car globalement 7% des spectateurs viennent de Marseille ». L’impact réel est une visibilité accrue du théâtre au-delà de son territoire car il a bénéficié « de leurs moyens supplémentaires pour créer et produire, et nous pour les accueillir ». MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Un beau matin, Aladin de Charles Tordjman sera donné le 30 janvier et Azimut d’Aurélien Bory le 17 avril www.theatre-liberte.fr
Deux des quatre scènes nationales de la Région PACA ont changé de direction récemment. Didier Le Corre succède à Jean-Michel Gremillet à Cavaillon, et Gilles Bouckaert a pris la suite d’Annette Breuil à Martigues. Présentations… « Je fais le pari de l’intelligence » Didier le Corre Delphine Michelangeli Didier le Corre a succédé à Jean-Michel Gremillet le 2 janvier à la tête de la scène nationale de Cavaillon. Recruté sur un projet qu’il qualifie de prudent, le breton d’origine assume en douceur la transition vers le sud, et souhaite concilier exigence artistique et démocratique. Zibeline : Votre parcours est atypique, vous avez une formation dans les travaux publics, avez été directeur des affaires culturelles dans la Marne, administré l’Institut et l’école de la marionnette de Charleville-Mezières, dirigé les scènes de Vitry-le-François et d’Albertville. Comment arrivet-on à la direction d’une scène nationale ? Didier Le Corre : Ça n’était pas ma vocation au départ, je m’étonne moi-même d’avoir été retenu ! J’ai senti qu’il fallait remettre du lien sur ce territoire, en affirmant mes axes d’engagement autour de l’accès au plus grand nombre. Je suis issu d’un milieu ouvrier, mon premier accès à la culture c’est grâce au collège. Ce sont les hasards des rencontres de gens investis dans la culture et mes valeurs socio-culturelles qui m’ont amené à diriger des théâtres. Votre première tâche sera de renouer le dialogue avec la municipalité… Je ne prends pas en héritage les remous avec la ville, liés à des problèmes de personnes et des projets qui ne sont plus partagés. Il m’apparait prioritaire de renouer le contact avec les élus locaux. Je ne prendrai pas d’engagement politique en tant que directeur, ce qui n’exclut pas que je défende certaines valeurs, hors du débat politicien. Vous souhaitez un rééquilibrage de la programmation. C’est-à-dire ? La saison de Jean-Michel (jusqu’à juin 2014,ndlr) est au top niveau ! C’est une belle pression qu’il me laisse. Il y a une demande en faveur des jeunes et des musiques actuelles, je souhaite être partenaire et complémentaire des SMAC de Vaucluse, en leur offrant un plus grand plateau et les accompagnant sur les réseaux. Il faut développer les esthétiques pour que les jeunes s’ouvrent à toutes les musiques. Et au reste ! Si je m’inscris dans la continuité de la ligne artistique, je veux intensifier les partenariats avec les opérateurs culturels, accueillir plus de danse, d’arts du cirque, et de projets pluridisciplinaires. Je suis en contact avec l’auteure et metteure en scène Pauline Bureau, Dorian Rossel, la Cie Les anges au plafond, Gilles Cailleau et son projet Shakespeare. La cie Arcosm sera associée pour 3 ans. Et les artistes de la région ? Je ne suis pas d’ici, alors je prends mon bâton de pèlerin et je vais les voir. Je serai vigilant et attentif à leur travail. L’éducation artistique est une de vos priorités ? Je veux élargir la décentralisation des Nomade(s) au-delà des 15 kms, dans les villages, les quartiers. On ne doit pas apparaître comme des prestataires mais nouer un vrai partenariat avec les communes d’accueil, et intensifier la rencontre entre artistes et publics. Je crois en la pédagogie de l’expérience. Et je fais le pari de l’intelligence ! PROPOS RECUEILLIS PAR DELPHINE MICHELANGELI Gilles Bouckaert X-D.R Ouvrir et rassembler Zibeline : Quel a été votre parcours avant d’arriver à Martigues ? Gilles Bouckaert : Je suis originaire du Nord, je suis né à Dunkerque ; j’ai travaillé pendant 12 ans à la scène nationale de Maubeuge (directeur de la communication puis directeur de la diffusion artistiquendlr), puis 10 ans à la scène nationale de Créteil (directeur des projets artistiquesndlr). Connaissiez-vous la Ville de Martigues ? Non, mais je suis né à Dunkerque, et les deux villes ont les mêmes industries. Il y a énormément d’échanges de population entre les villes, dans le sens nord sud car beaucoup d’entreprises ont fermé à Dunkerque, dans la pétrochimie et la sidérurgie, et j’ai toujours pensé que Martigues était la ville jumelle de Dunkerque dans le sud. Je savais que si je postulais pour prendre la direction d’une scène nationale ce serait celle de Martigues. Comment s’est passée votre prise de fonction ? Très bien ! J’ai été tout de suite mis dans le bain lors de la Nuit Industrielle qui a eu lieu à Martigues dans la nuit du 31 août au 1er sept… Quels sont vos projets pour la scène nationale de Martigues ? Ce ne sera pas fondamentalement différent de ce qui existe, on continuera à y faire du théâtre, de la danse, de la musique, c’est une scène pluridisciplinaire. J’ai à peu près la même vision qu’avait Annette Breuil, c’est-à-dire qu’il faut que ce soit hétéroclite dans la programmation, avec une ligne conductrice qui est basée sur la qualité des spectacles. L’ouverture du lieu me tient à cœur : quand on est directeur de scène nationale, il faut faire comprendre aux gens que cet espace est le leur. Ce que j’ai envie d’apporter, parce que je viens de lieux où on a beaucoup travaillé dessus, ce sont les nouvelles technologies dans le spectacle vivant. Et notamment dans la suite du travail initié lors de la Nuit Industrielle : on ne va pas refaire la même chose, mais ce sera en effet un événement qui mêlera industrie et nouvelles technologies. De quelle façon ? On est sur un bassin où il y a des industries lourdes, pétrochimie, sidérurgie, etc. Or derrière ces industries-là il y a des nouvelles technologies. Et de la même façon elles peuvent permettre, au théâtre, de faire autrement les spectacles. C’est un parallèle que je trouve intéressant et important. Il y aura aussi une ouverture vers les arts plastiques, avec des installations qui seront dans et hors du théâtre à Martigues, et au cœur des industries. Rien n’est encore arrêté, mais ça devrait durer une semaine à 10 jours, avec une clôture qui donnera lieu à des formes plus performatives, orientées vers le spectacle vivant. PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE MARÇON 11 P O L I T I Q U E CULTURE L L E



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