Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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08 THÉÂTRE LENCHE LA CITÉ LES BERNARDINES Exquise esquisse Parce qu’il croit dur comme fer que « le théâtre n’est pas une marchandise », parce qu’il s’insurge contre le formatage imposé à la création, Michel André, lorsqu’il se lance dans l’élaboration d’un spectacle, prend le temps. Le temps nécessaire à l’émergence du texte et à sa maturation, le fxNrlEr9\1J7F.tiAr[7NrrEROra 4HAL117E11eH'll}ii f717HC1eEIN DU M[1ti A mini\IT f1[]A\17 S [Po : I:NY LE55IHÇ\Lti MERCREDI 7 MAI 51R E SIRÈNES I ET RREF Aa 011R çy u1.kE CAt`.,-`1t RE41R>=E [Bernard CaVanna] parvis de 13061 lvla r6pllea Tél : 04 91 03 81 28 www.lieulepublics.com Specter !, Gra+ultr I Cie La Cité temps indispensable à un profond travail d’appropriation par les comédiens, le temps, essentiel lui aussi, de rencontres régulières avec le public. Son nouveau spectacle consacré à l’adolescence, dont la création aura lieu à l’automne prochain, aura demandé pas moins de deux ans d’enquêtes, d’interviews, de rencontres entre les 5 jeunes choisis et les comédiens chargés de les incarner, de tournages vidéo, de répétitions et d’échanges (voir Zibeline 6). C’est ainsi que Michel André conçoit la création : un travail au long cours, dans lequel on s’immerge totalement. Cet engagement, il l’a fait partager au public en présentant pour la deuxième fois l’esquisse du spectacle à venir. On a retrouvé avec plaisir Chloé, Nicolas, Belinda, Daouda, Marion et on a pu mesurer le chemin parcouru depuis juin dernier. Les cinq comédiens « tiennent » désormais leur personnage, à bras le corps, à bras les mots, dans une incarnation à la fois intime et décalée, qui a mûri, s’est affinée. À cette nouvelle étape, la vidéo a trouvé sa place. Certains passages ont disparu, d’autres sont nouveaux, ça bouge, même le texte n’est pas encore fixé. Alors, bien sûr, il reste des coupes à pratiquer, un rythme global à peaufiner, certains systématismes à casser. Normal, le travail est loin d’être fini. Et c’était justement le but de cette présentation : recueillir les réactions, les remarques des spectateurs, afin que l’œuvre avance aussi avec eux, dans un échange constant. Et tellement vivant. FRED ROBERT Nous ne nous étions jamais rencontrés a été présenté du 29 mars au 4 avril, dans le cadre des Rencontres autour des Écritures du Réel, au Théâtre de la Cité « La joie de jouer en personne » La ligne imaginaire, au football, c’est celle que doit visualiser le buteur pour parvenir à mettre le ballon dans les cages. Voici ce qu’on apprend, entre autres, au cours du superbe monologue de Serge Valletti, Monsieur Armand dit Garrincha. Et point n’est besoin d’être supporter pour apprécier toutes les feintes, passes et minutes d’émotion suspendue qu’offre le texte, splendide et hilarant de digressions, de ruptures, de tonitruant lyrisme. La ligne imaginaire, c’est aussi celle que Monsieur Armand tend, de derrière son comptoir, vers un auditoire de prétendus journalistes, de clients las de l’écouter plutôt. Fil d’une existence sublimée, qui l’éloigne de sa vie de raté et le métamorphose en héros salvateur. La scénographie simple et efficace d’Eric Louviot fait du théâtre une salle de café et du comptoir la scène sur laquelle chaque soir M.Armand rejoue sa vie, sa passion pour le foot, sa rencontre avec le célèbre ailier brésilien Garrincha. Chaque objet, du cendrier de bar mastoc à la bouteille de rhum-pied de lampe, tient sa place dans cette partie sans cesse remise en jeu, même (et surtout) si elle n’a jamais vraiment eu lieu. La mise en scène, futée, est dopée par Roland Peyron, qui EST Monsieur Armand. Ce comédien puissant et généreux vit le texte de Valletti, avec une intelligence profonde de son comique mais aussi de son rythme cassé et de ses interstices où se glisse le désespoir. Lorsqu’à la mitemps, il sort du rempart de son comptoir, en chaussures de sport, vieux jogging azur remonté jusqu’au nombril et gilet en lainage beigeasse, on est au cœur du propos : tout le monde s’esclaffe et en même temps quelle tristesse ! Une heure et demie de régal théâtral. F.R. Monsieur Armand dit Garrincha a été représenté à la Friche de Lenche du 1er au 5 avril En mai le théâtre de Lenche pratique l’ubiquité avec trois spectacles en même temps : L’Ascension du Paysage est un itinéraire théâtral de Marie-Christine Frézal qui ballade les spectateurs dans la mémoire littéraire du Panier (du 6 au 10 mai, mini Théâtre du Panier). En alternance, avant ou après cette proposition, la Cie Les Racines du Vent propose Entre deux rives, un conte musical de Stefanie James Monsieur Armand dit Garrincha Kevin Louviot et Samuel Barr, pour adultes et adolescents, et toujours en liaison avec le quartier du Panier. Enfin du 13 au 31 mai, au Théâtre de Lenche lui-même, L’Égrégore créera le Métier de vivre d’après l’œuvre de Pavese…
09 Vive le cinéma Pasolini a écrit en 1966 un article analysant deux programmes culturels : un feuilleton télévisé de Liliana Cavani consacré à St François d’Assise et un débat sur la liberté de l’écrivain... Marie-José Malis n’a pas obtenu l’autorisation de monter Contre la télévision ; elle a donc mis en scène de manière généreuse (trop) et foisonnante (trop) le manque et l’absence de l’œuvre en pleine conscience de la Un chantier plein de charme... ! ! Commentmettreenscèneuntexte-chimère, médusant, échevelé, épouvantable et époustouflant, lourd de vingt-cinq personnages dont la reine Victoria et sa petite amie, de presque autant de lieux improbables, charriant des vivants et des morts, des frères siamois très singuliers, des flots de paroles (oui, il y a même des monologues comme au théâtre !) et, last but not least, la dernière pièce interdite en Grande Bretagne par décret royal en 1968 ? ! La légèreté même ! Early Morning se nourrit goulûment des pièces de Shakespeare les plus sanglantes et on peut imaginer qu’Edward Bond a lu le jeune Claudel, les premières versions de Arnaud Connan La Ville ou de Tête d’Or... Le jeune Thomas Fourneau n’a pas cligné des yeux devant la démesure et a su malicieusement apprivoiser l’excès sans le détourner ni le contourner lâchement ; les sept acteurs jouent comme vingt-cinq, et Agnès Régolo avec une magnifique brutalité crève royalement le plateau ; un dispositif entre enfance de l’art et utilisation essentielle, sans coquetterie, de la vidéo donner à voir de manière drôle et émouvante un frère siamois encombrant comme la fatalité ; la mise en scène affiche son mauvais genre, entre tragédie burlesque et comédie musicale ; la rudesse frontale, poétique et juvénile, entre Grand Guignol nature « spectrale » de tout plateau de théâtre ; elle y laisse donc entrer, dans l’espace obscur d’un hangar à brocante assiégé par une violente lumière extérieure, les fantômes fondateurs de la représentation, mêlant allégrement les figures (du père d’Hamlet aux Marx Brothers, en passant par les silhouettes des films de Pasolini ou des Straub) et les voix (de Jacques Lacan aux héroïnes agonisantes de l’opéra baroque, de Derrida aux commentateurs de la croissance économique) sous la houlette magique d’une fée quelque peu empêtrée dans ses voiles. Pasolini voulait dénoncer le « fascisme » télévisuel que l’on traduirait plutôt de nos jours par la notion attrape-tout de « vulgarité » … Marie-José Malis lance pesamment ses sept acteurs lestés de sa culture vertigineuse (et ses spectateurs captifs plutôt que captivés) dans un assaut désœuvré de 2h15 ; l’Ennui y est et Opéra de Quat’Sous, libère le spectateur du questionnement parasite sur le sens ; on ne nous cache rien ; nous pouvons rire à gorge déployée ! Et c’est en chantier, autrement dit inachevé, en devenir, en fragilité, en équilibre instable... de quoi faire attendre avec impatience le mois de mai 2009 à la Minoterie !!! Retenons alors notre souffle jusqu’à l’episode two M.JO D. Early Morning Episode one d’Edward Bond a été présenté par Les Bernardines en escale à Montévidéo, les 1er et 2 avril Gym nose revendiqué comme esthétique du temps de la réflexion, et l’Idiotie comme seule condition d’approche d’un peu de vérité : ces ruses de mise en scène le disputent à une volonté de connivence, entre tragique et burlesque, avec le public, qui rit parfois de bon cœur et parfois reste médusé devant la lourdeur didactique revendiquée de certaines situations-rébus : le poisson plat qui tombe des cintres pile sur sa couche matérialise en effet l’irruption de la « raie alitée » ! On se prend alors à rêver du petit corbeau noir philosophe d’uccellacci euccellini qui nous accompagnerait en sautillant tout au long du chemin... ou des sandales de Saint- François qui font le pied léger... MARIE JO DHÔ Enter the ghost a été créé à la Friche dans le cadre des Bernardines en escales du 18 au 20 mars Montage Thomas Fourneau Jean-François BALMER - Jacques WEBER Débats -1981 Valéry Giscard D'estaing-François Mitterrand 13 au 17 mai 2008 Renseignements/Réservations 0 820 000 422



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