Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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68 ÉDUCATION FESTIVAL DE THÉÂTRE AMATEUR Ceux qui aiment en grand Attention aux idées reçues ! Qui dit amateur ne dit pas obligatoirement médiocre, et les deux spectacles vus pour cette première partie du 10 e Festival de Théâtre Amateur le prouvent une fois de plus... Pourquoi du théâtre amateur ? Parce qu’il se produit le plus souvent dans des communes où le théâtre professionnel est peu présent ou inaccessible, parce qu’il touche les jeunes et les moins jeunes qui ont envie de s’exprimer, de participer à une œuvre collective, et qui vivent d’autre chose... Sous la présidence efficace d’Alain Sisco, le Comité Départemental de la Fédération des Théâtres Amateurs (FNCTA) organise les Rencontres de Théâtre Amateur du département depuis 1999 en donnant la plus large part possible aux écritures contemporaines. L’entreprise est de mieux en mieux soutenue par les salles locales puisque cette année 10 lieux se sont déclarés partenaires. Des stages sont aussi régulièrement organisés. X-D.R X-D.R Sur les planches ! Le cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht a été présenté au Gymnase par la Compagnie du Grain de sel dans la mise en scène d’Henriette Marchetti, avec un accompagnement musical à l’accordéon. Le propos rappelle le Jugement de Salomon : un enfant est réclamé par deux femmes, ici d’origine sociale différente, et chez Brecht c’est la servante qui l’a sauvé et protégé qui est déclarée mère de l’enfant. Le rôle de Groucha est d’ailleurs fort bien tenu par une comédienne d’une grande sensibilité. La mise en scène favorise les tableaux, mettant en valeur le travail sur les costumes et les accessoires avec un jeu inspiré de la Commedia dell’Arte qui était, chez certains, un peu trop caricatural. La Compagnie du Caramentran de Lançon a choisi de monter l’adaptation de L’assemblée des femmes d’Aristophane par Robert Merle (le 5 avril à la Minoterie). Dans cette pièce jubilatoire, les femmes d’Athènes prennent le pouvoir et veulent gérer la guerre et la paix, sans négliger leur force de persuasion sexuelle auprès de leurs maris. La mise en scène et la scénographie de Michel Ramus, qui œuvre depuis 30 ans, sont pleines d’inventivité. On peut faire du bon théâtre avec des moyens simples ! La 2 e partie du spectacle s’agrémente de nombreuses chansons : les textes d’Aristophane semblent faits pour les musiques populaires des rengaines disco, et ces détournements ont enthousiasmé le public. CHRIS BOURGUE Prochains rendez-vous en mai et juin Chacun sa vérité de Pirandello le 22 mai à la Criée Cuntruveru di Valdo Nieddu de Marco Biancarelli en langue corse le 23 mai à la Criée Hôtel des 2 mondes d’Eric-Emmanuel Schmitt le 24 mai à la Criée Le Minotaure de Marcel Aymé le 25 mai au Gyptis Errila (le Voyage) de la compagnie El Ichara de Mostaganem le 5 juin au Lenche (sous réserve) La nuit des reines de Michel Heim le 6 juin au Lenche L’Astronome de Didier van Cauwelaert le 7 juin au Lacydon Réservation et infos : 04 91 61 15 37 htt://festival-fnctacd13.wifeo.com Entre Saints et loups ! Entre Saints de Nathalie Schmitt, élève de classe préparatoire au Lycée Thiers, a été créée au Théâtre du Lacydon par la compagnie Pousse-Mots de la région parisienne. Le personnage principal, Cobalt, est un SDF ; il vit sur une décharge et se désespère d’avoir perdu son nécessaire. Il le réclame aux gens qui viennent sur la décharge : un politique qui veut installer un incinérateur, un Les débuts, et le reste À l’issue de la représentation, un débat animé par Anne- Marie Bonnabel, professeure en Khâgne, met en présence Nathalie Schmitt la jeune auteure, Serge Valletti et Dominique Cier. L’occasion pour les deux auteurs de revenir sur leurs débuts d’auteurs dramatiques Pourquoi décide-t-on d’écrire pour le théâtre ? Serge Valetti : L’écriture théâtrale ? Ce n’est pas de la littérature, c’est autre chose... ça a besoin des êtres vivants. La magie de l’écriture de théâtre c’est qu’elle donne de la vie ! À mes débuts au Théâtre Massalia (première époque, en 1969 !) avec ma pièce Les brosses je journaliste, des nettoyeurs,un financier, une écolo...On le devine, ce n’est pas Cobalt qui gagne ; il disparaît dans l’indifférence, pour cause de pollution et contagion. Avec ce texte on mesure la place que prennent les thèmes de l’Ecologie dans la réflexion des jeunes. Rappelons que la pièce de Nathalie a été primée par la Fédération Sportive et culturelle de France qui organise jouais mes textes parce que personne ne voulait le faire et souvent avec un seul personnage, que j’interprétais moimême. 20 ans plus tard quand une de mes pièces est enfin montée par Chantal Morel j’ai éprouvé un choc. C’était impudique et troublant ! Dominique Cier : Lorsque ma première pièce a été créée à la Radio, j’avais 14 ans ! L’écrivain est comme une sentinelle et doit attirer le public. Sa démarche est politique, c’est son rôle ! Nathalie Schmitt : Ce qui me plaît aujourd’hui c’est de voir l’histoire mise en scène ; ma pièce a l’air d’exister depuis 8 ans un concours d’auteurs d’œuvres dramatiques Vive les auteurs ! dans le but de diffuser et de créer des textes.C.B. Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF) 22 rue Oberkampf – 75011 Paris 01 43 38 50 57 maintenant ! Le texte qui a été soumis à l’épreuve de la scène estil ensuite retouché ? D.C : Oui je corrige, je change beaucoup de choses. Je ne veux pas que le texte soit fossilisé. S.V. : 30 de mes textes sont actuellement édités, je ne retouche rien du tout. La seule chose qui reste c’est le texte, sorte de déchet avec lequel on peut faire un autre spectacle. L’édition permet simplement de susciter des représentations futures.C.B.
TRIBUNE LIBRE 69 ZIB ! ZIB ! ZIB ! HOURRA ! Vous avez aimé la première version de ZIBELINE, vous avez adoré la nouvelle ! Nous avons effectivement eu de nombreuses réactions positives à notre changement de format : plus pratique, plus maniable, mieux imprimé, plus transportable, votre ZIBELINE se glisse désormais dans la poche de votre jeans ou de votre blouson. Vous l’avez toujours sous la main ! ENVOYEZ VOS REMARQUES ET RÉACTIONS À : chris.bourgue@wanadoo.fr Privés de V.O. Madame Nicole Mipatrini nous fait part de son étonnement à propos des chèques-cinéma délivrés par la région PACA aux lycéens. En effet, il se trouve que ces chèques ne sont pas acceptés au César et aux Variétés, seules salles d’Art et Essai de Marseille facilement accessibles aux lycéens, obligeant ainsi les élèves à voir les films en VF ! On se demande quelle est la raison de ce refus. Y-a-t-il un coût pour les cinémas lorsqu’ils acceptent ces chèques ? Un artiste nous écrit ! Et c’est tant mieux, car cette tribune est faite aussi pour eux ! Benjamin Clasen est altiste à l’Orchestre Philharmonique de Marseille, il est aussi abonné de Zibeline. Il a participé au spectacle de Richard Martin : La Poésie crie au secours ! (voir article page 31) et nous a envoyé ce texte dès le lendemain. C’est donc un « retour de l’intérieur » qu’il nous confie : point de vue sensible ! Mon émoi et moi Une partition avec trois kilos de rondes –façon de dire que les nappes sonores s’annoncent épaisses et étendues pour nous, les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Marseille. Nous sommes ce soir les invités de Richard Martin dans son fief, en terre conquise, au Théâtre Toursky. Il a pris rencart avec ses potes, les poètes. Les lumières s’éteignent et le public disparaît. Quelques paires de lunettes brillent encore discrètement dans le noir de la salle. Monsieur Martin laisse passer la première série d’accords, tâtant avec des mains nerveuses ses vêtements amples. Des harmonies feutrées choient en éternelles spirales descendantes. Sa voix s’y mêle, incertaine, hésitante. Le comédien chuchote, susurre, improvise, cherche le bon passage pour s’insérer dans le texte et la bonne distance avec un micro trop sensible. Il projette les premières invectives, enchaîne les registres : mon émoi et moi sommes enfin réunis. Les paroles tendres se balancent et vous mettent « le cœur à l’heure ». L’acteur clame, l’orchestre languit. La vedette prend de l’élan, l’orchestre laboure cette partition lourde comme une terre trempée. Le chef d’orchestre Philippe Nahon, mains en l’air, tête plongée dans le pupitre, s’efface au profit de Richard Martin qui, encerclé par la lumière, isolé sous sa douche, lance ses mains en éventail dans le vide, retient le flot des paroles pour mieux les lâcher ensuite, s’époumone en decrescendos jusqu’à bout de son souffle, secoue sa crinière de clown furibard. Il fait crépiter les injures, lance au public de fausses interrogations, des certitudes partagées, des exhortations d’une génération de poètes qui nous semblent proches mais ne sont plus de notre siècle. Rimbaud, Baudelaire, Vian, Aragon et Ferré se succèdent et se mêlent à une musique qui tire les grosses ficelles du larmoyant : des tirades révolutionnaires sur fond de mélodies languissantes, une émeute la larme à l’œil, une rébellion poétique. Et toujours ce rêve d’un monde meilleur. Qu’il est difficile de nos jours de mourir révolutionnaire ! Un extrait d’une œuvre de Gorecki tire mon orchestre de sa torpeur instrumentale par un mouvement de polka parodique. Des accords grinçants s’entrechoquent comme grêlons sur tôle. L’écriture, toute en reprises irrégulières, vous fait dérailler un orchestre symphonique comme un rien. Le pianiste joue seul contre tous, plante ses temps hargneux en dépit du bon sens avec un manque d’écoute qui dépasse l’entendement. L’orchestre, secoué, vacille, mais résiste à ces attaques incessantes, et atteint dans le crescendo frénétique et final une véhémence proprement douloureuse. Après cette éruption musicale, la musette des mots engagés s’emballe à nouveau. « À bientôt la raison, à bientôt ». Les paroles en pirouettes, les sarcasmes grésillent et l’innocence des justes jubile. « Aux armes citoyens ». La tendresse des gros mots côtoie des plaidoyers engagés : « La priorité à gauche si vous permettez. » Le public exulte, et remercie d’avoir échappé le temps d’une soirée à cette époque morose qui est désormais la nôtre. Est-ce que ce rêve d’un monde plus juste est une affaire classée ? Et ces poètes si vieux et si vivants ? Ce soir la salle donne raison aux poètes, et à leur pote. Mensuel gratuit paraissant le deuxième jeudi du mois Edité par Zibeline SARL 76 avenue de la Panouse n°11 13009 Marseille Dépôt légal : janvier 2008 Directrice de publication Agnès Freschel Imprimé par Rotimpress 17181 Aiguaviva (Esp.) photo couverture Agnès Mellon Conception maquette Max Minniti Rédactrice en chef Agnès Freschel agnes.freschel@wanadoo.fr 06 09 08 30 34 Secrétaire de rédaction chargée de l’éducation Chris Bourgue chris.bourgue@wanadoo.fr 06 03 58 65 96 Secrétaire de rédaction Spectacle vivant Laurence Perez laurence.zibeline@orange.fr 06 15 78 65 21 Sara Lynch journal.zibeline@gmail.fr Livres Fred Robert fred.robert.zibeline@free.fr 06 82 84 88 94 Musique et disques Jacques Freschel jacques.freschel@wanadoo.fr 06 20 42 40 57 Frédéric Isoletta f_izo@yahoo.fr 06 03 99 40 07 Cinéma Annie Gava annie.gava@laposte.net 06 86 94 70 44 Arts Visuels Claude Lorin claudelorin@wanadoo.fr 06 25 54 42 22 Philosophie Régis Vlachos regis.vlachos@free.fr Sciences et techniques Yves Berchadsky berch@free.fr Maquettiste Philippe Perotti philippe.zibeline@gmail.com 06 19 62 03 61 Responsable commerciale Véronique Linais vlinais@yahoo.fr 06 63 70 64 18 Ont également participé à ce numéro : Anne et Pierre Bence, Maryvonne Colombani, Marie-Jo Dhô, Sylvia Gourion, Clarisse Guichard Photographes : Agnès Mellon, Philippe Charbonnière, Richard Melka



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