Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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64 SCIENCES ET TECHNIQUES La Roue, la plus belle concrète humaine Tonkin prod. Et l’homme créa la roue à l’image de sa pratique… Ainsi pourrait commencer l’évangile Zientifique : avant la création de la Roue rien n’était dans l’univers conforme au saint principe mécanique de « rotation libre autour d’un axe ». L’observation du « bousier » (petit coléoptère coprophage) poussant sa boulette de crottin pouvait sans doute inspirer un Sisyphe du « rouler » indéfiniment ; et le mouvement de rotation de la feuille de laurier autour de son pétiole au grès des zéphyrs du jardin d’Eden permettait peut-être de rêver la perfection du bien de l’axe. Mais Dive Nature n’avait jamais songé à lier le mouvement de la boulette de bouse à la rotation de la feuille de laurier. La puissance de l’axe Nul ne pouvait trouver, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, cette forme d’accouplement, sauf peut-être dans le rapport d’amour gravitationnel de Saturne à ses anneaux. Mais nos homo sapiens-sapiens ne disposaient pas à l’époque, il y a environ 5500 ans, du télescope qui leur eut permis de « pomper » éhontément cette divine invention que Cronos (de son petit nom romain justement, Saturne) avait sûrement bricolé dans ses attributions premières… mais nous y reviendrons. Les Sumériens, autour de –3500 avant notre ère, en associant l’axe à la rotondité ne se doutaient sûrement pas qu’ils fondaient le tout premier « concept scientifique » de l’humanité. Las, ni le CNRS ni le brevet n’existaient en ces temps sauvages (quoiqu’en même temps, les mêmes Sumériens aient inventé l’écriture). Quelles bonnes royalties cela aurait pu rapporter à notre science mercantile ! En associant ainsi deux types de mouvements indépendants, nos « géniaux » ancêtres, les Sumériens, se faisaient réellement créateurs d’une dimension totalement nouvelle des pratiques : le concept « d’axe de rotation ». En inventant la roue ils ouvraient la voie à toutes les représentations humaines de « cycle » c’est-à-dire au dimensionnement scriptural du concept de spatiotemporalité et à sa forme pratique active : la mécanique. De Cronos à Chronos Ô ! Zitoyen contemporain ! Recueille-toi sur cette primitive et géniale invention qui peuple toutes tes pratiques quotidiennes. De ton réveil-matin (même s’il est électronique) à ta Zibelmuche douze cylindres qui te conduira au boulot (si tu en as encore), en passant par ta cafetière électrique, le cycle de ta vie est voué pratiquement au culte inconscient de la « libre rotation ». La roue en tant que premier « objet » mécanique a questionné la notion de matériaux : le bois, la pierre, puis le bronze, le fer, l’acier… Elle a ouvert immédiatement à la nécessaire réduction des frottements de son axe par le choix des matériaux (rubis, bronze, synthétique) puis l’invention de toutes formes de paliers de rotation, roulements à billes, à aiguilles. La transmission du mouvement de rotation fait émerger la manivelle, la courroie de transmission, les engrenages crantés, les hélicoïdes ! La transformation du mouvement circulaire en mouvement linéaire alternatif inaugure l’embiellage et le vilebrequin. Du tour à la fraiseuse, il n’est pas une construction mécanique qui ne repose strictement sur le concept d’axe
65 de rotation. Le développement de la mécanique permet essentiellement à l’humain de prolonger son mouvement propre en « temporisant sa pratique » : le moulin tourne en l’absence du meunier. La roue, mère de la mécanique, « invente » le concept d’énergie et ses équivalents-travail, « cheval-vapeur » puis « homme-année ». La Roue substitue le temps mécanique au temps social dans la mécanisation des rapports sociaux. Et désormais, dans une civilisation vouée au culte productiviste, la machine qui « faisait gagner du temps » subtilise le temps même de nos représentations à notre libre gestuelle : l’horloge, le chronomètre nés de la mécanique détrônent l’antique clepsydre et mécanisent notre temps social en le « cyclisant ». Le temps ne s’écoule plus, il « tourne ». Ans cycliques N’est-ce pas au développement de la mécanique et de ses représentations que l’on doit plus tard les représentations essentielles de la science cosmique ? La rotondité de la terre, sa rotation autour d’un axe théorique, la valse des étoiles et la description fonctionnelle mathématique de leurs orbites relatives… Le temps social discipliné par le concept de « rotation libre », de gravitation, inaugure de nouveaux modèles mathématiques tels que les fonctions circulaires autrement nommées périodiques (ou sinusoïdales pour les Zintimes). De ces représentations naissent les représentations ondulatoires de la matière. Les représentations chimiques s’échafaudent sur l’imaginaire rotatoire de l’infiniment grand à l’infiniment petit (cycle benzénique, rotation libre des liaisons entre atomes). L’électricité industrielle naît de la mécanique avec l’alternateur, la dynamo. N’oublie pas, cher Zibelecteur, que derrière ton minuscule portable tourne l’énorme roue du temps imaginaire égrenant ses unités (mais l’épuisement de ton forfait saura te le rappeler). La Roue tourne et se venge Ainsi notre plus géniale conquête concrète, celle qui peutêtre imagina un Homme-Dieu libre de son propre mouvement, un homo-mécanicus soulagé des pénibilités du travail, a pris le pouvoir en s’emparant de notre imaginaire : le temps des rapports humains est mécanisé, les gestes humains sont cyclisés. Cycles vitaux, menstruels, saisonniers mais aussi cycles scolaires, électoraux, fiscaux, hémicycle, encyclique… La rotation créée et rêvée par les humains pour les soulager de leur peine s’est privatisée. La roue de la fortune a pris le pouvoir sur le temps, notre temps, nos pratiques… sur notre libre rotation. YVES BERCHADSKY Au Programme En cyclo, vélo, patins à roulette le Zibelscient pourra rouler sa bosse sur les sentiers printaniers de Provence où se dérouleront quelques festivals tournant autour de l’axe scientifique et/ou technique. Le 5 e Festival de la Camargue et du Delta du Rhône vous enroulera sous son aile apaisante du 1er mai au 7 mai 2008. Plus d’une centaine d’événements jalonneront la semaine : conférences, sorties nature, circuits découvertes, expositions, ateliers ou encore projections, permettront au Zibécolo de s’immerger bec et échasse au cœur de la Camargue sauvage. Cette édition 2008 aura des accents andalous, avec la participation de l’Espace Naturel de Doñana qui réserve de bien belles surprises ! Sur cette terre d’eau, de vent et de sel, au cœur de la Camargue, les oiseaux ont leur Festival. À Arles, Fos-sur-Mer, les Saintes-Maries-de-la-Mer et bien sûr à Port-Saint-Louis-du-Rhône, épicentre du festival, vous pourrez, sans vous mouiller, vous plonger dans un monde de nature aquatique et vous rincer l’œil et l’âme tout en vous abreuvant les neurones. Association du Festival de la Camargue et du Delta du Rhône Port-Saint-Louis-du-Rhône 04 42 55 70 68 www.festival-camarguedeltadurhone.camargue.fr La 7 e édition du Festival des Sciences et Technologies marquera son premier tour de roue grand public, au WTC du Centre Bourse à Marseille, le 15 mai. Avec, le 16, remise des trophées, conférences « senior » et « en herbe » données par des lycéens. Deuxième tour de manivelle : les lycéens s’expriment sur la science grâce à une exposition. Cette année encore le Festival se veut grande roue de la promotion du potentiel scientifique et technique régional et une courroie de transmission de la culture scientifique et technique auprès de la jeunesse pour susciter des vocations. En partenariat avec le Rectorat de l’Académie d’Aix-Marseille, le Muséum d’Histoire Naturelle et de plusieurs lycées, le Festival engrène des élèves de classes scientifiques dans la préparation d’expositions. Cette édition sera présidée par André Brahic, astronome et physicien français, professeur à l’Université Paris VII, directeur du laboratoire gamma-gravitation du CEA de Saclay. Le travail des chercheurs et équipes de recherche de la région PACA sélectionnés par le comité scientifique du Festival sera récompensé par des prix remis lors d’une soirée de remise des trophées ouverte au grand public le 16 mai. Association Avenir de la science 04 96 15 12 50 www.festival-sciences.com À un tour de roue vous pourrez toujours consacrer un après midi pluvieux au Musée de la Moto. Le Zibelmécaphile y trouvera, au travers d’une très belle collection de deux roues, un panel complet de l’évolution technique mécanique du domaine, mais aussi les traits sociologiques d’un puissant mythe du XX e siècle. Ce qui ne gâte rien, le Musée de la Moto assure des activités éducatives et de formation professionnelle en accueillant des jeunes en Aide à la Réinsertion Sociale (ARS) dans son magnifique atelier de mécanique de restauration. Musée de la Moto Quartier du Merlan, Marseille 04 91 02 29 55 www.mairie-arseille.fr/vdm/cms/culture/musees/musee_de_la_moto Ouvert tous les jours sauf lundi et jours fériés de 10h à 17h Festival de la Camargue et du Delta du Rhône Jerome Moutrille Tonkin prod.



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