Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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06 MANIFESTATION RADIO GRENOUILLE Radiographie de l’espace urbain Fin mai, Radio Grenouille et Euphonia font leur festival : la troisième édition de leur biennale, Engrenages, s’annonce étonnante Les formes qu’elle propose sont pour la plupart inédites, et allient création sonore, radiodiffusion et radiographie sensible de l’espace urbain. Le public y est partout convoqué en tant qu’auditeur, qui se double parfois d’un spectateur de son propre environnement. Les Concerts de ville conçus par la Cie Ici Même promènent une vingtaine de personnes par séance, les yeux bandés, dans Marseille, à la recherche de ses bruits, mêlés à des sons préenregistrés et à divers assourdissements partiels (12 séances à des heures diverses, pour écouter la ville la nuit, au matin, aux heures d’affluence…). Les Ciné-radioguidés, de la même Cie, proposent à une centaine d’auditeurs munis d’oreillettes des visites décalées de Belsunce et de la Belle de mai, invitant le promeneur à l’action… Marseille se visitera également à Vélo sonore : les 30 cyclistes (qui amèneront leur monture ou emprunteront celles que la Ville met à leur disposition devant des panneaux publicitaires volumineux) seront radioguidés par le créateur sonore Guillaume Beauron (5 randonnées) qui diffusera dans les oreillettes des pelotons ses interventions « narratives, contemplatives ou anecdotiques ». Les autres manifestations seront plus classiques, mais pas moins intéressantes : des séances d’écoute des diverses créations radiophoniques produites ces deux dernières années par Euphonia sont prévues dans divers lieux de spectacle : à La Friche, un documentaire sur Les relations franco algériennes depuis 1954 fera l’objet d’une diffusion puis d’un débat avec les témoins interrogés ; au Merlan cela commencera par la X-D.R fTnsrnu pRATüli DU 21 >:u 25 mRi,.1.m.. n'11,11,1... N. id,.uu,n.,n ERgRERRg € 5.'fI1RI11FE5TRTIQR SURQRE, RRÛ1üPHüRI(IRE ET URORIIIE `ddiscussion, autour du Traitement de la parole documentaire, avant un repas, puis l’écoute d’une création d’Emmanuelle Taurines sur la sociologie du littoral marseillais ; un documentaire sur les Îles marseillaises, à vocation plus environnementale, sera écouté à Montévidéo. D’autre événements complèteront la programmation d’Engrenages : un partenariat avec la publication Café Verre (qui pratique le collage documentaire) et ARTEradio (webradio de courts métrages) et un grand Pique-nique radio aux Pierres Plates le 24 mai, avec des créateurs sonores et musiques actuelles (John Deneuve, Stéphane Massy, Philippe Petit, Collectif Mu, Platoniq/Burn, Radiomentale, The Brain). Autant de façons de sortir des studios pour investir la ville et les salles de spectacles, tout en continuant à solliciter nos oreilles, « et tout ce qu’il y a entre » ! AGNÈS FRESCHEL Engrenages du 21 au 25 mai 04 95 04 95 15 www.grenouille888.org Les ondes coassent Les habitants de la région connaissent bien le batracien qui se balade sur les ondes. Radio Grenouille est la plus écoutée des radios libres locales. Mais ses 140 000 auditeurs réguliers la connaissent-ils ? Fondée il y a 25 ans parallèlement à Euphonia, Radio Grenouille s’est toujours associée à la création sonore. Or les grandes radios publiques emboîtent aujourd’hui le pas aux privées et pratiquent presque exclusivement les émissions de plateau d’un coût dérisoire, en se gardant de fabriquer du documentaire radio, ou même de faire du direct hors plateau. Hé bien Radio Grenouille navigue à contre-courant et persiste à faire, plus que jamais, de la création radiophonique, documentaire ou musicale ! Car Euphonia reste un véritable espace d’écriture, et permet à Grenouille de continuer sa recherche sur la spécificité du médium radiophonique, tout en proposant des plateaux sur la culture, et sur les enjeux sociaux, politiques et économiques locaux. Zibeline, le gratuit qui se lit, trouve donc en Grenouille, la radio qui s’écoute, une sorte de partenaire média naturel, bien que nettement plus âgé (25 ans de plus !). Même si l’alliance, d’un point de vue zoologique, semble fort improbable. Et même si, esthétiquement, Zibeline reste plus attachée que Grenouille aux musiques dites savantes, c’est-à-dire celles qui s’écrivent. (À côté de la création « actuelle » existe la « contemporaine », à laquelle la radio s’intéresse de façon anecdotique, tout en ignorant le répertoire classique, romantique ou baroque. Question de choix sans aucun doute, légitime bien sûr. Mais ce clivage entre les musiques entretient une opposition générationnelle et sociale absurde : pourquoi les bonheurs de la musique savante seraient-ils interdits aux jeunes et réservés à une élite, ou à des auditeurs de radios compassées ?) A.F.
RECYCLER C’EST MÉTAMORPHOSER MANIFESTATION 07 Transformance des arts AndersonBB : Bluebeard, film couleur, 2007, 12', Anna Leska Films, Paris-Brest ; Productions, HBOX Alice Anderson Frédéric Flamand aime les croisements et les rencontres : à partir de sa dernière création sur les Métamorphoses d’Ovide, il propose à d’autres artistes d’explorer avec lui la notion de recyclage… États de danse En mai le Ballet National de Marseille convie ses spectateurs à trois événements successifs, qui affirment la plasticité de la danse aujourd’hui. Les Démonstrations de l’ENSDM, École Nationale Supérieure de Danse de Marseille désormais dirigée par Jean-Christophe Paré (voir Zibeline n°0) entrelaceront la mémoire de la danse (classique, traditionnelle, baroque) et ses divers prolongements actuels, ses traces dans les danses moderne, néoclassique et contemporaine (16 et 17 mai au Grand Studio du BNM). Pendant ce temps, à l’Opéra de Marseille, le BNM présentera un programme qui, en trois pièces lumineuses, affirme la vitalité de la danse dite « néoclassique » (et que l’on devrait qualifier de « contemporaine à technique classique », puisque la plus ancienne de ces pièces date de 1992). Le duo de Forsythe, incroyablement virtuose, est d’ailleurs la seule pièce véritablement La notion de cycle est-elle naturelle ? La roue, en tous cas, est une invention humaine (voir page 64), et si tout se transforme dans la nature, la matière y reprend rarement sa disposition initiale… L’art, quant à lui, aime à réutiliser et détourner les matériaux. Les métamorphoser, comme la nature sait le faire, les transcender comme l’alchimie l’a rêvé… C’est pourquoi les déchets l’intéressent (comme à l’inverse l’or, le marbre…) : la forme nouvelle y outrepasse forcément l’objet premier et son matériau déchu (ou précieux). Mais si la métamorphose et son rapport à la transcendance est activé par l’incongruité du rebut et de sa déchéance, peut-on pour autant parler de recyclage, qui suppose aussi un retour à l’état premier ? Dans la pièce de Flamand comme dans les histoires d’Ovide, il n’est pas question que la grenouille évolue et redevienne têtard, comme nos bouteilles bues reviendront bientôt, refondues et repues, dans les rayons de nos temples alimentaires… néoclassique, interprétée magistralement par Julien Lestel et Agnès Lascombes. Tout y est étiré, performant, extrême, fondé sur des augmentations rythmiques, mais débarrassé des empesements, sourires figés, costumes et personnages de la danse classique : une épure abstraite fascinante. La pièce de Michel Kelemenis, Tattoo, est un petit quintet qui questionne les empreintes indélébiles de la danse classique : il oppose des mouvements fluides, en ruptures et en contacts, de ses interprètes, avec les pointes de danseuses qui ancrent, immobilisent et rigidifient les corps. Quant à Por vos muero de Nacho Duato, elle est à proprement parler néobaroque : une magnifique et festive explosion de couleurs, d’élans, de vitalité et de joie, sur de la musique baroque espagnole… Le troisième programme est la création de Frédéric Flamand, enfin à l’Opéra de Marseille (les 23 et 24 mai). Grâce aux Ces questions de trans-formance seront au cœur de la manifestation organisée par le Ballet National de Marseille, en collaboration avec les Musées de Marseille et le GRIM. Côté musique il s’agira de recycler le son en direct, électroniquement : le jazz de Otomo Yoshihide sample, enregistre et déforme, superposant en Invisible Songs le son direct et ses transformations captives, ses captations anamorphosées… Ce transformisme musical donnera lieu à un concert (le 13 mai) et à un ciné-concert (le 14 mai) sur le film Prisoner de Masao Adachi, avec guitare, platine, basse, ondes, sons et voix… à Montévidéo, bien sûr. Côté arts plastiques, le [Mac] profitera de cette interrogation sur la forme pour ressortir son fonds… si riche et peu visible habituellement. Alors à partir du 16 mai, le Musée d’Art Contemporain ouvre en grand tous les jours (sauf le lundi) et expose ses trésors, comme la machine à ballons de Tinguely faite de pièces de camions, des ready-made et des collages, les superpositions des affichistes, des compressions, et quelques détournements Fluxus… Le FRAC quant à lui expose à partir du 15 mai son deuxième volet consacré à Alice Anderson. Miroir-Miroir est construit autour de Barbe Bleue, le plus terrifiant des contes : en lieu de recyclage, Nacho Duato Agnes Mellon une sombre Traversée des apparences, à rebours, qui renvoie vers l’enfance, l’âge où le corps se transforme et l’identité s’établit douloureusement… AGNÈS FRESCHEL Recycler c’est métamorphoser [Mac] 04 91 25 01 07 www.mairie-marseille.fr FRAC 04 91 91 27 55 www.fracpaca.org GRIM 04 91 04 69 59 www.grim-marseille.com I1il a ? marsèide provence 1.1 20.13 ni aw..,u.. kj L’opération Recycler c’est métamorphoser reçoit le soutien de Marseille-Provence 2013 Otomo Yoshihide X-D.R costumes et aux décors de récupération des frères Campana (designers brésiliens) ; à la force des fables d’Ovide dont chaque personnage a accédé au mythe ; à la pertinence des choix musicaux, qui font oublier ce que le bout à bout peut avoir d’insconstruit ; et surtout grâce au talent des danseurs du Ballet National qui impulsent une énergie constante, un rythme épuisant qui ne sacrifie pas à la perfection et à l’ampleur du mouvement, ces Métamorphoses constituent sans doute à ce jour la pièce la plus réussie de Flamand : résolument dansée, et singulièrement belle. A.F. Ballet National de Marseille 04 91 32 72 72 www.ballet-de-marseille.com



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