Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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56 LIVRES LITTÉRATURE La petite musique de Smadja Beaucoup ne connaissent de Brigitte Smadja que l’écrivaine jeunesse, auteure de récits pour ados publiés à l’École des Loisirs, où elle dirige d’ailleurs désormais la collection dédiée au théâtre. Plus rares sont les lecteurs qui connaissent la Smadja romancière pour adultes. Elle a pourtant publié son premier roman chez Actes Sud en 1998 ; Le jaune est sa couleur paraît aujourd’hui dans la collection de poche d’Actes Sud, Babel, en même temps qu’est édité le sixième, Le jour de la finale. Le jaune est sa couleur relate les derniers mois de la vie de Jonas, atteint du sida. Dans un Paris plombé par la canicule estivale, Lili, au mépris de sa fatigue, accompagne son ami mourant, tout en cherchant à prévenir Nathan, le troisième de leur trio d’antan, l’homme à la chemise jaune, celui qui a fui et devrait être là aussi à son chevet. Mina, la mère de Lili, s’inquiète pour sa fille et l’attend dans son petit appartement, qu’elle aère et nettoie en rêvant à sa Tunisie natale, à son passé, à ses désillusions. Dans Le jour de la finale, la narratrice Marianne vit une journée particulière : tandis que tous attendent LE match, elle se prépare, elle, dans une terrible confusion des sentiments, au mariage de son fils cadet. Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de cinquante ans, que les affres d’une possible rencontre avec son ex mari bouleversent et qui, le temps d’un jour d’été, revient enfin sur son passé, sur sa séparation, pour les revivre, les affronter enfin et s’en délivrer. Dans une langue sensible et intimiste, procédant par petites touches suggestives, où un détail opportun en dit plus qu’une longue description, BRIGITTE SMAD A LE JAUNE EST SA COULEUR Brigitte Smadja Le jaune est sa couleur éd. Actes Sud, Babel, 6,50 euros Le jour de la finale éd. Actes Sud, 18 euros Brigitte Smadja crée des atmosphères d’un agréable réalisme poétique, au sein desquelles se déclinent ses thèmes de prédilection. On y retrouve la complexité des liens familiaux, conflictuels mais indéfectibles, les aléas et les déceptions de l’amour, la force de l’amitié, l’ancrage dans la nature et dans la sensualité, le goût de la vie envers et contre tout. On y retrouve surtout de beaux portraits de femmes contemporaines. Un peu perdues, tellement humaines, ces femmes à fleur de peau se heurtent à la brutalité de la vie ; elles y perdent quelques illusions mais savent aussi y trouver des îlots de tendresse. Lili, Marianne, Mina, trois âges de la femme, trois façons d’avancer libres dans l’existence. Pour ces femmes qui lui ressemblent, Smadja compose de petites odes à la vie et à la solitude ordinaires. Pas de grandes orgues pour chanter l’attente, la séparation, le deuil, le temps qui passe et qui éloigne les amis, les amants, les enfants ; pas de symphonie pathétique. Non, juste les quelques notes d’un air nostalgique, désenchanté, mais entêtant et tout sauf désespéré. De la douceur avant toute chose… FRED ROBERT À l’ombre de la Tour Eiffel Une intrigue complexe, avec de multiples entrées, des personnages hauts en couleurs, une langue riche, poétique et imagée. Voilà pour l’essentiel. Ça se passe à Paris, dans les milieux populaires et anarchistes. L’ambiance y est très nettement fin de siècle ; l’agitation politique traverse et électrise les récits qui se croisent. Mon personnage préféré : Oscar, Wilde s’entend, certainement plus vrai en fiction qu’il ne le fut en chair et en os. Un Wilde des derniers jours, usé, fini, dandy cabotin prêt à faire son numéro pour un verre. Au bout du rouleau mais encore virulent et lucide : son ultime projet, faire sauter la Tour Eiffel, lui va comme un gant. Le désir fou de finir en apothéose, de cracher au ciel une dernière fois toute sa haine de la laideur et du conformisme… Mais le destin va en décider autrement et il va se transformer en Sherlock Homes parisien, traquant le fameux « piqueur » du métro qui défraya la chronique dans les années 1890. Les plaisirs offerts par ce policier sont multiples : bonheur des mots, réflexions sur une époque, variété et complexité des personnages, aventures insolites…. Le tout bien ficelé et empaqueté dans des journaux d’époque, un peu comme ces bombes artisanales qui, une fois sur deux, pètent à la gueule de l’incendiaire ! SYLVIA GOURION Le linceul du vieux monde Sébastien Rutés éd. L’Ecailler, collection L’Atinoir, 12 euros
ARTS LIVRES 57 De la musique noire ? Après son ouvrage sur les Musiques expérimentales présenté sous la forme d’une anthologie transversale et chronologique d’enregistrements marquants (publié en septembre 2007), Philippe Robert récidive avec Great Black Music. C’est un parcours en « 110 albums essentiels » qu’il nous propose de suivre, du Lady sings the blues de Billie Holiday de 1954 à Vietnam : reflections de Billy Bang en 2005. Au fil des pochettes d’albums, et des textes qui les accompagnent, se dessine une histoire de la musique noire, des racines du blues et du gospel, irrigués par le Mississipi, au rock psychédélique et au rythm’n’blues… jusqu’au hip hop urbain. Qu’elle soit militante, revendicatrice, ou purement esthétique, inspirée du Divin, euphorique ou furieuse, la musique noire possède une empreinte singulière, une marque de fabrique, une vibration propre… Certes ! Mais il semble abusif de pontifier de façon radicale en la matière, car à l’écoute de Chet Baker, Gerry Mulligan, Stan Getz, Jerry Lee Lewis ou Elvis Presley (pour ne citer que quelques blancs emblématiques de l’histoire du jazz et du rock’n roll), on peut sincèrement se demander si cette « vibration », ce sens du phrasé, des dynamiques et du swing ne viennent pas d’ailleurs que de la teinte de la peau ou des racines africaines… Au demeurant, on suit volontiers ce chemin personnel, jalonné de bornes incontournables (Max Roach, Ray Charles, Coltrane, Aretha Franklin, Jimi Hendrix, James Brown, Archie Shepp, Miles Davis, Stevie Wonder, Herbie Hancock, Michael Jackson…), mais aussi d’une pléiade de musiciens plus « confidentiels » à (re)découvrir. JACQUES FRESCHEL Great Black Music Philippe Robert Ed. Le mot et le reste en partenariat avec le GRIM, 20 euros GREAT BLACK MUSIC Jour de fête chez les Bach Le pasteur Martin Petzoldt est professeur de théologie à l’université de Leipzig, également musicologue et spécialiste de Jean-Sébastien Bach au sujet duquel il publie depuis vingt ans de nombreux ouvrages. Président de la Société Bach internationale, rien ne lui échappe concernant le Kantor de Leipzig, son « concitoyen » avec lequel il a noué une forme d’intimité et dont il connaît par cœur toutes ses cantates (il les a chantées au Kreuzchor de Dresde, analysées, commentées…). Ce livre est original. Ce n’est pas un essai, ni une biographie ou une dissection musicologique. Non ! C’est une fiction ! Sous la forme d’une nouvelle, Martin Petzoldt nous fait revivre une journée imaginaire de Jean-Sébastien Bach, le 21 mars 1745. Le jour de son 60 e anniversaire, ses deux fils aînés Wilhelm Friedemannet CarlPhilippEmanuel débarquent par surprise de Dresde et Berlin pour honorer « Père ». On suit leur arrivée secrète, la veille, chez les Bose sur le Thomaskirchhof et les Henrici dans la Burgstrasse, les préparatifs de la messe du dimanche à l’église Saint-Thomas, le choral chanté en famille au petit déjeuner par les jeunes frères et sœurs, le repas de fête dirigé par Anna Magdalena, jusqu’à la balade en calèche sur le lac de Markkleeberg… On s’y croirait, d’autant que le récit est agrémenté de notes détaillées, d’une iconographie riche, instructive et d’une préface de Gilles Cantagrel. Une plongée plus vraie que nature dans le quotidien intime de Bach à Leipzig, au cœur du XVIII e siècle. J.F. Ce 21 mars 1745, Jean-Sébastien Bach… Martin Petzoldt Editions Papillon, 13,95 euros Musées à la page La BD s’attaque au musée ! Contrairement à ce que laisse paraître le titre, il s’agit d’un assaut bienveillant. La BD s’intéresse au musée faudrait-il affirmer plutôt. Et celui-ci le lui rend bien. Car ce catalogue d’exposition poursuit et approfondit le regard porté par la manifestation éponyme du musée Granet à Aix-en-Provence dans le cadre des Rencontres du 9 e Art (voir page 44). Reprenant tout naturellement le format classique des albums de bande dessinée et discrètement leur stylistique pour la maquette, il alterne textes et illustrations abondantes avec un rythme aisé de lecture, chaque thématique se complétant mais autorisant des lectures indépendantes. Après un cadrage serré du projet par la conceptrice conservatrice auprès dudit musée, sur la problématique centrale qu’on pourrait résumer ainsi : quelles représentations les auteurs de bande dessinée se font-ils du musée et comment s’emparent-ils de son image ?, sont (re)visitées les questions de l’architecture, de la scénographie, des personnels (ah ! la figure du gardien !), du visiteur et de la visite guidée, de l’après fermeture… sans échapper aux visions fantasmées conjuguées au futur. Une bibliographie succincte propose in fine des références et pistes pour des analyses plus approfondies. La BD est un art, mais elle n’est pas toujours artistique. Le musée est sérieux, mais il est parfois ennuyeux. Voilà donc un bel objet pas cher qui, en s’attaquant à leurs insuffisances, marie intelligemment deux époux imparfaits. CLAUDE LORIN LA T so S'ATTAQUE A11 MUSEE ! La BD s’attaque au musée ! Images En Manœuvres Editions, 28 euros lC



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