Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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52 LIVRES RENCONTRES Sur le chemin du retour Pour prolonger un peu le Salon du Livre parisien, la Bibliothèque Lilly Scherr a organisé, dimanche 23 mars, une rencontre autour des écrivains israéliens qui, comme chacun sait, étaient à l’honneur dans la capitale. Quatre d’entre eux ont fait une étape sur le chemin du retour et se sont arrêtés à Marseille pour rencontrer leur public (ancien et futur !). Qui était là, bien présent dans le magnifique espace de la Station Alexandre (voir numéro 6 de Zibeline). L’extraordinaire melting-pot de la société israélienne génère d’innombrables problématiques identitaires ; c’était le sujet de la première table ronde à laquelle participaient Savyon Liebrecht, native de Munich et Boris Zaidman, fraîchement émigré de Kishinev (quelque part en ex-Urss, comme on dit). Son approche était particulièrement intéressante, du point de vue de l’expérience de l’exil et de l’emprise idéologique indélébile du régime soviétique ; enfant, il a connu un véri-table déchirement intérieur lorsqu’il a compris (disons que les autres l’y ont un peu aidé…) qu’il était juif et que donc jamais il ne pourrait accéder à la perfection des soldats de la Révolution… Une sorte de tare originelle qui n’a pas facilité non plus, par la suite, son intégration en Israël ! Depuis, il écrit pour tenter de recoller les morceaux de ses identités impossibles. Savyon Liebrecht en revanche, construit son itinéraire d’écrivain en allant du particulier au général. Ainsi, pour elle, tous les hommes sont des émigrés, de première, deuxième ou troisième génération et leurs difficultés à être, dans un univers aux repères mouvants, est tout aussi grande ; le déracinement estpeut-êtrelamarquedenotremodernité. Cette journée, fort bien orchestrée par Pascal Jourdana, journaliste littéraire à L’Huma et à Transfuge, a mis en évidence la vitalité et la profondeur de la nouvelle génération d’écrivains israéliens qui défrichent les nouveaux territoires, parfois volcaniques, de notre bonne vieille terre aux traits mille fois redessinés… SYLVIA GOURION Les épines du mal Quelques jours après le Salon du livre parisien qui accueillait les écrivains Israëliens, la Cité du Livre d’Aix recevait Dominique Eddé, romancière libanaise, historienne de formation (les 26 et 27 mars). La pertinence de ses interventions avait déjà fasciné la rédaction de Zibeline lors des dernières Rencontres d’Averroès, et sa Lettre aux Israëliens (août 2006), appel à la paix et à la prise de conscience, au bon sens, écrite alors que 80% des citoyens israëliens approuvaient l’invasion du Liban, a marqué les mémoires. Mais à Aix le thème était apparemment tout autre : Dominique Eddé parla de son dernier livre sur Genet et, selon le principe des Écritures Croisées, une lecture de son roman autobiographique Pourquoi il fait si sombre ? par la voix sombre et timbrée d’Anne Alvaro et un concert complétèrent sa parole. Le rime de Genet (ed. Le Seuil) relate sa rencontre avec l’écrivain ; mais au-delà de ça, l’essai autobiographique interroge chacun sur la nature de l’admiration que l’on peut éprouver pour l’œuvre d’un homme qu’on n’admire pas, et dont on réprouve au contraire fortement les actes (Genêt comme Céline, ou Sade). Plus profondément, l’expérience intime de Dominique Eddé face à Genet, affectueux mais méprisant en elle l’impure (à la fois femme, arabe et chrétienne, française et libanaise…), interroge cette fascination que le lecteur éprouve pour ces écritures si fortes. Leur beauté aurait-elle à voir avec la fréquentation intime du mal, et de ses fleurs ? AGNÈS FRESCHEL La lecture par Anne Alvaro et la rencontre du 27 mars à la Cité du livre, ainsi que des extraits du concert de Zeina Mokaiesh sont téléchargeables en extraits sur Radio Grenouille, présentés par Thierry Fabre de La Pensée de Midi www.grenouille888.org Allez buller à Luminy Avis aux bédéphiles, bédévores et autres amateurs du neuvième art : les 26 et 27 avril prochains, dans les locaux de l’École de Management EuromedMarseille, se tiendra le Festival de Bande dessinée Des Calanques et des Bulles Pour cette édition 2008, le Bureau des Arts, organisateur de la manifestation, entend bien améliorer encore le bilan très positif de 2007 : 1500 visiteurs accueillis en deux jours, autour de 30 auteurs. Son objectif n’a pas changé : il s’agit d’« offrir au public un événement culturel accessible à tous et prônant la diversité des genres et des styles. » L’accès au festival reste donc libre et gratuit. Pendant tout le week-end, de 10 à 18 heures, petits et grands pourront trouver leur bonheur parmi les nombreuses animations proposées : séances de dédicaces, expositions de planches originales, ateliers et projections, espaces consacrés aux fanzines et comics, aux mangas, stands de libraires et de bouquinistes… Le parrain de cette dixième édition sera le dessinateur marseillais Bruno Bessadi, membre du Zarmatelier et créateur de l’affiche du festival ; le public pourra également rencontrer de nombreux autres auteurs et dessinateurs de la région et d’ailleurs. Des Calanques et des Bulles s’intéressera en outre au développement durable, auquel plusieurs conférences et débats seront consacrés. Vous avez dit « diversité » ? FRED ROBERT Des Calanques et des Bulles Festival de BD Campus de Luminy Les 26 et 27 avril, de 10h à 18h Entrée gratuite 04 91 82 77 39 www.descalanquesetdesbulles.com Zorn et Dirna T4 Soleil Productions
LIBRAIRIE LA RÉSERVE À BULLES LIVRES 53 Des bulles qui pétillent Agnès Mellon À deux pas de La Plaine à Marseille, La Réserve à Bulles accueille depuis mai 2005 les amateurs de bande dessinée. Une librairie exclusivement dédiée au neuvième art, dans un espace coloré et chaleureux qui incite à s’attarder, à fouiner, à découvrir… Emmanuel Marin et Peggy Poirrier ont souhaité qu’on s’y sente « comme à la maison ». C’est réussi. Dans cet espace petit mais pas confiné, tout en arrondis, en bois et en couleurs soleil, on circule à l’aise. Partout, sur les murs libres, suspendues au plafond, affiches, planches, couvertures et personnages s’exposent. Aux avant-postes, la librairie proprement dite propose un grand choix d’albums, dont une sélection est disposée sur une vaste table ovale, en plein milieu. Au cœur de la Réserve, la cabine de pilotage de ce navire à bulles - caisse, coin bureau, bar-, jaune vif, joliment éclairée de lampes translucides. Au pied de cette vigie se niche le coin jeunesse, où il fait bon se vautrer sur les poufs orange et les coussins, à même le sol. Au fond, le salon de thé avec son fauteuil club fatigué, ses banquettes et ses petites tables de bois. On se croirait vraiment chez soi. Et l’on s’assoit volontiers, le temps de consulter une revue, de feuilleter un flip book ou simplement de contempler l’exposition de planches originales du moment en sirotant un thé. Zibeline : D’où est venu votre projet ? Peggy Poirrier : Au départ, nous sommes tous les deux, Emmanuel et moi, des passionnés de BD. Nous avons participé pendant un temps à un festival, Massilia BD ; lorsque celui-ci s’est arrêté, l’idée de monter une librairie spécialisée a commencé à nous trotter dans la tête. Il nous semblait que, dans une ville de l’importance de Marseille, la place réservée au neuvième art était trop petite. Il a fallu deux ans pour réaliser ce projet. Et vous en vivez aujourd’hui ? Oui, mais je suis l’unique employée à plein temps. Le fait de se spécialiser dans un genre, de se démarquer, me semble la seule voie pour les librairies indépendantes comme la nôtre. Par ailleurs, nous développons beaucoup d’activités annexes, qui nous permettent de faire vivre la librairie. Lesquelles ? On travaille beaucoup en partenariat. Je fais des interventions en milieu scolaire, au cours desquelles je présente la bande dessinée, l’évolution du genre, des techniques… On collabore avec les médiathèques, auxquelles on fournit des BD. ; on présente les albums aux bibliothécaires, pour les aider à faire leur choix. Les documentalistes nous demandent aussi souvent d’intervenir dans le cadre de l’aide à la lecture par la BD. et je trouve cet exercice particulièrement intéressant : se retrouver face aux lecteurs, surtout adolescents, est enrichissant. Un échange fructueux et une remise en cause constante ! Quels sont vos choix éditoriaux ? Nous vendons bien sûr des titres commerciaux, des albums à succès ; mais, par rapport aux grandes enseignes, notre spécificité est de proposer un large choix d’éditeurs indépendants et de petites maisons d’édition. Certains, comme Cornélius ou Les Requins Marteaux, ont déjà 10-15 ans d’existence et une bonne notoriété. Parmi les petites nouvelles, on aime tout particulièrement Les Enfants Rouges ; sise à Antibes et créée par une ancienne libraire, cette maison n’a pour l’instant qu’une dizaine de titres, mais ce sont des romans graphiques très prometteurs. On apprécie aussi beaucoup Cambourakis, éditeur du Jeu des Hirondelles (voir ci-dessous). On organise également des rencontres avec de jeunes auteurs. Samedi 29 mars dernier, on a reçu deux Marseillais, Lisa Mandel (voir page suivante) et le dessinateur Eddy Vaccaro. Ce sont d’ailleurs ses planches originales que nous exposons en ce moment. Qui sont les clients de la librairie ? On compte 10 à 20% de fans très connaisseurs, qui viennent 1 à 2 fois par semaine, achètent toutes les nouveautés dès leur sortie et ont des demandes précises. En dehors de la période spécifique des fêtes, on fonctionne principalement avec une clientèle d’habitués, dont on connaît les goûts et que l’on peut conseiller avec pertinence. Même la mamie du quartier, si elle entre ici, est généralement une mordue de BD. ! La plupart des gens qui poussent notre porte sont comme nous des passionnés. Du coup, je donne des conseils, mais j’en reçois pas mal aussi ! ENTRETIEN RÉALISÉ PAR FRED ROBERT Les conseils de Peggy Poirrier Chez Cambourakis, Le Jeu des Hirondelles de la Libanaise Zeina Abiracheb. Ce roman graphique en noir et blanc relate un huis clos à Beyrouth : pendant les bombardements, tout un immeuble se réfugie dans le même appartement. Une façon détournée d’évoquer une période douloureuse de l’histoire libanaise récente et de revivre, en le sublimant par la beauté du trait, un épisode traumatisant de l’enfance. 20 euros. Chez Delcourt, Chloé Cruchaudet a réalisé avec Groenland-Manhattan, une B.D. au graphisme superbe, à partir de l’histoire d’une authentique expédition américaine en Arctique. 14,95 euros. Aux éditions Vents d’Ouest enfin, Les funérailles de Luce, de Springer : la découverte de la mort par une fillette, et des dessins au feutre noir d’une belle puissance évocatrice. 15 euros. F.R.



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