Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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50 LIVRES RENCONTRES La ville mirage Des blousons noirs à l’Alcazar ! À l’occasion de la sortie de Tanger, Ville frontière (voir Zibeline 6), La Pensée de Midi proposait une série de rencontres avec ses auteurs. La revue est familière de ces portraits de villes méditerranéennes qui se présentent comme des mosaïques de textes, et dont la lecture plonge dans une sorte de perplexité active, comme s’il manquait un lien entre des pensées disparates, et forcément incomplètes. La rencontre avec les auteurs, le dialogue avec le public et la projection du documentaire de Leila Kilani Tanger, le rêve des brûleurs venaient opportunément offrir au lecteur la bonne distance : celle qui permet à la mosaïque de prendre sens, etaudesseingénéraldel’œuvred’apparaître. Il est violent. Si Tanger est une ville séduisante, chargée d’attraits touristiques récents et d’une mythologie littéraire ancienne (Ô Genêt, Yourcenar, Kessel, Paul Bowles !), la prostitution, la pauvreté, l’islamisme qui gagne du terrain, l’exploitation économique par l’Espagne et l’Arabie Saoudite, et le blanchiment de l’argent du cannabis s’affirment comme les traits dominants de cette ville. Ce qui explique pourquoi Tanger reste désespérément tournée vers une Europe qui se dessine nettement sur son horizon clair, mais se refuse obstinément à ceux qui la désirent. En regardant ces « brûleurs » qui risquent leur vie pour passer le détroit, en écoutant terrifiés le nombre impressionnant de morts que la politique d’immigration européenne génère, c’est bien le visage de l’Europe que la mosaïque dessine : celle qui colonisa, prostitua, et qui aujourd’hui continue de consommer du cannabis marocain, exploite la main d’œuvre autochtone pour fabriquer son prêt-à-porter à bas prix, barbèle les côtes, laisse mourir les candidats au voyage sous les essieux des camions de marchandises, dans les zodiacs surchargés, ou dans le désert où les « reconduites » aux frontières renvoient les africains subsahariens… En clair, Tanger apparaît comme un des points névralgiques où l’utopie méditerranéenne échoue lamentablement contre la grève bétonnée. Car nés sur la rive Nord nous allons où bon nous semble : un homme ne vaut pas un homme. AGNÈS FRESCHEL Les Rencontres de Midi ont eu lieu du 25 au 29 mars à Châteauvallon, Nice (librairie méditerranée), Aix (librairie Harmonia Mundi), Marseille (Bibliothèque départementale Gaston Defferre, Dock des Suds). Tanger, le rêve des brûleurs, documentaire de Leila Kilani, 2001 Tanger, la Medina X-D.R Le 29 mars les Cahiers de l’Écailler ont proposé une de leurs Rencontres sur les littératures policières. Rock et Polar, tel était l’intitulé de cette conférence concert, menée sous la houlette érudite de François Thomazeau, coéditeur de l’Ecailler, écrivain, grand amateur de rock, et de François Billard, historien de la musique et enseignant. Avec eux, deux jeunes auteurs de polars et musiciens de rock, Thomas Labat et Bruno Leydet. Quels liens le polar et le rock entretiennent-ils ? De quelles affinités ces deux sous-genres se nourrissent-ils ? On a coutume d’associer l’écriture policière au jazz. Or, selon Thomazeau, cette parenté tient davantage du mythe que de la réalité. Dans les faits, et il l’a montré références cinématographiques, littéraires et musicales à l’appui, ce qu’on appelle polar ou roman noir, est bien davantage abreuvé de rock’n’roll. En témoigne le fameux Blackboard Jungle, adapté en 1955 du roman éponyme d’Ed Mc Bain, en français Graine de violence, dont la BO avait été confiée à Bill Haley ; ou, plus près de nous, Pulp Fiction. On a ainsi navigué des mauvais garçons des chansons aux héros désenchantés des romans, de bouges glauques en braquages foireux, sans toujours éviter l’écueil des clichés. Un voyage dans le temps et les topoï, qui tenait plus de la balade nostalgique que de l’odyssée rock : si le même esprit rebelle anime les deux formes, si la plupart des écrivains de polars insèrent volontiers des bandes-son rocks dans leurs textes, histoire de les inscrire dans une époque, peut-on pour autant affirmer que l’écriture noire soit rock ? La question du style, essentielle, est restée sans réponse. Et le public sur sa faim. Une déception donc, que l’agréable concert du groupe Double Blanc n’a pas totalement dissipée… Notons toutefois que, grâce à la bibliographie élaborée par le département Langues et Littératures de l’Alcazar, il reste possible d’approfondir par soi-même ! FRED ROBERT À lire, notamment Le chanteur de gospel, Harry Crews, Gallimard, Série Noire, 1995. La faute à dégun, François Thomazeau, Méditorial, Mistéri, 1996. Fatal song, CarlHiaasen, Denoël, Et d’ailleurs, 2003. George Pe',os Sou l Circus Soul circus, Georges Pelecanos, Editions de l’Olivier, Soul fiction, 2004. Sou/circus. Georees Pelecano Passé imparfait, Kinky Friedman, Rivages/Noir, 2007. Passé imparfait. Kinky Jim Morrison Is Alive And Well And Living In Ibiza Jim Morrison is alive and welland living in Ibiza, Bruno Leydet, L’Écailler du sud, 2007.
Roubaud l’Espiègle Jacques Roubaud A.Gava « J’ai 75 ans. J’écris de la poésie. C’est difficile et je n’en vends pas beaucoup. » C’est ainsi que se présente lui-même Jacques Roubaud. Le ton est donné : humour et espièglerie ! C’est à un enfant espiègle de 75 ans que nous avons affaire : il s’amuse de ses propres audaces littéraires, nous entraîne dans son jeu. Et on le suit avec ravissement, tant dans les confidences plus ou moins autobiographiques du Grand incendie de Londres (1989) que dans les entrelacs du métro de Tokyo ! Ses déclarations - Quand une rue descend d’un côté, elle a tendance à monter de l’autre, même à Tokyo- laissent pantois, et émerveillé. Les textes lus sont choisis dans différents recueils et soulignent tous le souci du détail juste de Roubaud. Il faut l’entendre évoquer le souvenir de sa grand-mère l’initiant à la savante et difficile recette de la gelée d’azoroles, fruits du rare azorolier ; « Il faut la soumettre au test du frisson en la faisant glisser sur une soucoupe : si elle frissonne, elle est réussie, sinon on peut tout jeter ! » Et il ajoute très sérieusement qu’il en est de même de la prose qui doit également être soumise au test du frisson ! Plus tard il déclare qu’il écrit dans sa tête en marchant, mais qu’il a peur des automobilistes fous parisiens. Mathématicien, oulipien, amateur d’haïkus et de coccinelles, Jacques Roubaud est décidément aussi séduisant à l’oral qu’à l’écrit ! CHRIS BOURGUE dmġrs. Ase Jacques Roubaud était invité à une lecture de ses textes par Maud Buinoud, Céline Greleau et Nicole Yanni et à un entretien informel sur les processus de la création, au Théâtre du Petit Matin les 11 et 12 avril Un poète, des ados, des animaux Le 12 avril, des élèves d’une sixième du CollègeThiers à Marseille ont la chance de rencontrer Jacques Roubaud. Venus lui offrir un recueil de vingtquatre sonnets composés après la lecture des Animaux de tout le monde, ils dialoguent avec le poète conteur. À leur question sur sa démarche de travail pour ce recueil, « Le premier poème, répond-il, a été réclamé par la chatte Ophélie, une chatte très sympathique qui n’aimant pas la télé, s’asseyait sur le poste, la queue au milieu de l’écran…. » Le ton est donné ! Des histoires plein les oreilles ! Après avoir lu les sonnets des élèves présents, Jacques Roubaud leur raconte des histoires, la gourmandise des écureuils de Londres, les soucis des blaireaux anglais dont les ennemis sont les promoteurs immobiliers. À la demande des élèves, il précise certaines dédicaces, comme celle à Harry Matthews, (un de l’Oulipo), son ami américain qui, jouant du clavecin, la nuit et perturbé par les loirs grignotant les opéras, -même ceux de Mozart ! - les a capturés et ramenés en forêt. Il confie qu’il a composé son premier 51 Jacques Roubaud A.Gava poème à cinq ans pour l’anniversaire de sa mère et voyant qu’il faisait plaisir ne s’est jamais arrêté. Son poète préféré est Robert Desnos ; il aime mieux la poésie que la mathématique : mais la poésie ne nourrit pas ! Son plaisir à raconter des histoires et à jouer avec les mots est manifeste. La rencontre s’achève par des dédicaces colorées et réciproques, pour le plus grand bonheur des jeunes adolescents. ANNIE GAVA Jacques Roubaud A.Gava Un homme de convictions Thierry Magnier Olivier Dion Invité d’honneur de la 8 e édition de Lire et Grandir, organisée par l’association Ville Lecture Ouest Provence, l’éditeur Thierry Magnier fut un orateur passionnant lors de la rencontre du 28 mars à Istres. A côté de la médiatrice du débat, Liliane Rebillard, initiatrice du Salon du livre jeunesse d’Aubagne, étaient également présents Sara et François Delebecque, auteurs et plasticiens dont les livres sont édités chez Thierry Magnier, et dont les œuvres faisaient l’objet d’expositions à Miramas et à Fos. Après une brève présentation au cours de laquelle on apprit que Thierry Magnier n’aimait ni les livres « toutous » ni les « cuicuis » « aux images propres et aseptisées, politiquement correctes » (qui l’eut cru ?), il expliqua son profond attachement à la toute petite enfance et à l’adolescence, et son travail pour offrir aux uns et aux autres des livres qui initient, qui éveillent, qui construisent, avec, toujours, « un respect total pour les enfants. » Parlant de sa politique éditoriale pour les touts petits, Thierry Magnier s’anime : lorsqu’il y a des enfants, non encore lecteurs qui plus est, il y a forcément des passeurs, à savoir les adultes. Plaire à tous est une gageure, mais instaurer des niveaux de lectures est une solution que l’éditeur défend. Ainsi que les notions de références et d’implicite qui feront que le livre sera bon. Un livre est un tout, sa lecture doit pouvoir se faire par les images, par le texte, et par les deux réunis. Pas si évident que ça… Plongez-vous donc dans le sublime Du temps de Sara, dont les tableaux évoquent la mort, le travail de deuil et le temps qui guérit, ou dans Les songes de l’ours de François Delebecque, remarquable travail photographique qui rend compte des interrogations d’un ours sur la vie des hommes. Si en plus les livres se mettent à faire penser les touts petits, où va-t-on… S.L. La manifestation Lire et Grandir s’est tenue sur le territoire de Ouest Provence du 25 mars au 2 avril



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