Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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42 ARTS VISUELS ALLAUCH PASSAGE DE L’ART LA FRICHE Ceux qui tricotent avec la mort L’un attend la mort dans une prison texasunienne. L’autre fait du tricot de ce côté-ci de l’Atlantique. Ils ont correspondu. Kjersti Andvig a posé son installation de mailles à la Friche. L’art contemporain c’est parfois très humain Pendant que les têtes tombaient (dans des paniers d’osier) sous la Révolution Française, des femmes étaient payées pour assister aux exécutions tout en tricotant, tirant les fils des boules de laine de leur panier et haranguant la foule. Mais pourquoi donc certaines femmes s’entêtent-elles à pratiquer le tricot ? Singulièrement dans le domaine de l’art contemporain ? Louise Bourgeois, Annette Messager, ou encore Marie-Ange Guilleminot avec Le Chapeau-Vie interrogent à travers les formes symboliques du tissage la complexité des relations humaines. Celles-ci ressortissent notamment aux sociétés politiques. Telles les formes de démocratie qui fondent, avec la question de la peine capitale, la matière du travail réflexif et plastique de l’artiste norvégienne Kjersti Andvig. La correspondance qu’elle a entretenue avec Carlton Turner, meurtrier en sursis qui concevait ce monde comme un système de boxes, d’enfermements prédestinés, lui a suggéré cette boîte/cellule Claude Lorin tricotée à échelle réelle. Le maillage plus ou moins gros, la trame plus ou moins serrée autorisent ou filtrent par endroits le regard vers l’intérieur restreint de cette drôle de box. Surveillance et voyeurisme, enfermement ou liberté surveillée en attendant l’ultime délivrance ? La relation ambiguë du regardeur à cette œuvre trouve son pendant dans la situation nécessairement distanciée de l’artiste au condamné : que peut l’art en pareil cas ? Le catalogue à venir retrace cette expérience qui se clôt à Marseille. Il sera au format A4, car, selon la directrice de Triangle-France, le seul format autorisé en prison est en A5. Rien n’est innocent. CLAUDE LORIN Personne ici n’est innocent Kjersti Andvig jusqu’au 10 mai Triangle France/Friche de la Belle de Mai 04 95 04 96 11/13 www.trianglefrance.org Kjersti Andvig, Personne ici n'est innocent, 2008 (détail) Claude Lorin Un homme du monde Bernard Plossu est l’invité d’honneur du 42 e salon photographique d’Allauch, rendez-vous annuel régional. Pour cette édition 2008, la photo cherche la poésie dans le voyage Centrée sur un thème, la programmation du Salon Photographique d’Allauch se veut pourtant ouverte, afin de permettre la rencontre entre professionnels et amateurs. De nombreuses manifestations composent ce copieux menu, au risque parfois de déborder le thème central. Qu’importe. La longévité du projet prouve le succès de la formule. Le travail de Bernard Plossu mêle inextricablement photo et itinérance : « la photo est le moyen d’être un homme du monde » affirmait-il lors de sa conférence. On retrouve cette posture particulière à la sauvette, qui emprunte plus à Godard qu’à Cartier-Bresson, transcrite avec beaucoup de fluidité dans Marseille en autobus, court métrage réalisé avec la complicité de Hedi Tahar. Parmi les emblématiques flous désirés par le photographe, quelques tirages en couleur exécutés avec le procédé Fresson prolongent l’incertaine poésie de ses images. Pourtant selon lui « la différence n’existe pas entre la couleur et le noir et blanc. C’est toujours du noir et blanc. » Et d’affirmer sereinement, prenant encore l’auditoire à contre-pied, « ce n’est pas l’œil qui fait la photo mais le corps. » L’occasion nous est donnée de vérifier ses dires avec la sélection du concours national, qui fait montre d’un niveau remarquable par la variété des propositions et la qualité des tirages. Ces images mériteraient d’ailleurs une présentation plus soignée, en regard de l’engagement des participants comme de l’important investissement des organisateurs. Si les budgets suivent, ce sera pour l’édition 2009 ! C.L. En voyages Bernard Plossu Sélection du 42e Concours National Galerie du Vieux Bassin et autres lieux, Allauch jusqu’au 12 mai Voyage de retour Soirée-débat Avec Jean-Louis Fabiani, directeur d’études à l’EHESS, d’après les images de Bernard Plossu 23 avril 21h 04 91 10 48 06 www.allauch.com La Femme renouvelle… L’Art Renouvelle le Lycée, le Collège et la Ville est devenu au fil des années un des évènements de la cité phocéenne. Rapprochant les institutions éducatives du monde de la culture, l’initiative favorise l’application des programmes artistiques du Ministère de l’Éducation Nationale : permettre aux élèves de fréquenter de près des œuvres et provoquer d’authentiques rencontres avec les artistes. 2008 est placé sous le signe de La Femme, les Femmes et l’Art. Une opportunité pour vérifier les affirmations d’une des artistes les plus en vue actuellement : « Aujourd’hui, ce sont les femmes qui produisent l’art le plus audacieux des dix dernières années. Psychologiquement, leur art est beaucoup plus extrémiste que celui des hommes. » La Femme, les femmes et l’art du 22 avril au 15 juin Passage de l’Art – Lycée du Rempart 04 91 31 04 08 Colloque le 24 avril, 9h à 12h, Espace Ecureuil François Bazzoli, Parmi tant d’autres Emmanuel Loi, Bonne ou déesse, un déni de justice ? Catherine Gonnard, Elisabeth Lebovici, Ecrire et penser l’histoire des artistes femmes Frédérique Villemur, Deux ou trois choses que j’ignore d’elles, comment jeter le trouble ?
BJCEM ARTS VISUELS 43 Puissamment existentiel Bousculée par les évènements, distribuée en deux lieux pour la partie arts visuels, son étape Marseillaise avant Bari est un prélude qui n’élude pas les talents. La Biennale tient bien son cap ! Alexandrie annulée, la Biennale 2008 arrivera à Bari après cette présentation marseillaise (voir Zibeline 6). Vu l’urgence et la modestie des moyens, Martine Robin (Association Château de Servières) et sa petite équipe ont réussi un petit miracle pour rendre visible et lisible cette sélection de vingt-quatre créateurs en deux endroits bien éloignés dans la ville. Aux Ateliers d’Artistes, une habile restructuration des espaces confère une intimité nécessaire comme un parcours fluide entre les œuvres. Le Campanile de Marie Grégoire développe sa structure géodésique auto tendue en aluminium ; à côté, les prémisses de l’enfance restent fragiles pour Keiko Hagiwara ; plus loin les papiers peints phosphorescents de Jessy Gemayel sourdent dans le noir. Dans la salle commune, différentes matérialités se répondent en drapés sensuels (Rhizome de Caroline Le Méhauté), fourrure en simulacre d’écorce (Adrien Porcu), céramiques coruscantes (Cédric Ponti). Malgré la variété des médiums –dessin, sculpture, vidéo, installation, objets détournés, peinture, photographie-, l’ensemble reste tout autant cohérent à la Galerie de l’École des Beaux-Arts. On retrouve la matériologie diaphane de Caroline Le Méhauté (La Vieille Dame) contrastant avec les toiles puissantes de Fanny Mesnard. Selon la tendance actuelle, le design Marie Grégoire, Campanile, 2008 Claude Lorin s’émancipe du fonctionnel vers le poétique (Azucar de Fontana et Cordoléani, Light is art de Tansen Bel). Les catégories « arts plastiques », « arts appliqués » ou « design » se dissolvent dans des propositions qui empruntent ou jouent dans les marges le plus souvent, provoquent le réel, le mettent à distance dans des formes poétiques (Caroline Le Méhauté), inquiétantes (Pablo Garcia, Emilie Le Strat, qui signe aussi le visuel de la manifestation), désenchantées (Minori Matsuoka), ironiques (Damien Berthier), burlesques (Heidi Moriot) ou absurdes (Jean-Adrien Arzillier) et finalement, presque systématiquement, renvoient le visiteur à lui-même. Martine Robin ne s’y est pas trompée en ouvrant les Ateliers Boisson avec le Sac de frappe de Clara Perraut, recouvert de fragments de miroirs, boudin-boule disco à hauteur de poing et d’œil. Pour ces jeunes artistes (moins de trente ans pour être sélectionné), les problématiques purement plastiques de certains de leurs aînés ont laissé la place aujourd’hui à des interrogations de nature puissamment existentielle. Il semble que l’ordre de ce monde les inquiète ou pour le moins les interpelle. A l’absurdité rampante ou évidente, qui a fait notamment capoter la biennale égyptienne, ceux-ci répondent par des actes doublement intéressants : artistiques et sensés. CLAUDE LORIN Le Prélude à Marseille se poursuit à Montévidéo : parmi les 28 artistes de la sélection Sud (Marseille, Aix, Toulon et Montpellier) il y a aussi des musiciens, des auteurs, une compagnie de théâtre… Octo Concert de musique électroacoustique Mathieu Hours Concert (chant, violon, guitare) Trash Aka L le 24 avril à partir de 20h30 Lecture spatialisée Jihane El Meddeb Hamlet Exhibition Cie À travers l’étang mes Thomas Gonzalez le 25 avril à partir de 20h30 Minori Matsuoka, L'écume du sommeil, 2008 Prélude à Marseille/arts Visuels jusqu’au 17 mai Ateliers d’artistes de Marseille 04 91 85 42 78 Galerie Montgrand/Esbam 04 91 33 11 99 www.espaculture.net Hamlet Exhibition ANYTHING MARIA et Meisterfackt Musique « savamment populaire » Sophie Gonthier, Christophe Arltet, Rolf Entgelmeier le 26 avril à partir de 20h Montévidéo 04 91 37 14 04 www.montevideo-marseille.com



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