Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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04 POLITIQUE CULTURELLE MIRAMAS AIX En quête Au lendemain des élections municipales, et même si peu de villes ont changé de couleur politique dans la région, un certain nombre de nouveaux adjoints à la culture ont pris leurs fonctions. Que ce soit parce que la majorité a changé comme à Miramas, ou parce que le même maire a changé d’adjoint, comme à Aix. Nous avons décidé d’interroger ces quelques nouveaux élus, à partir d’un questionnaire type, sur leur conception de la politique culturelle. Sur leurs Zibeline : Après les dernières élections municipales vous avez été nommé délégué aux affaires culturelles et au Patrimoine de la Ville de Miramas et délégué communautaire au sein du comité syndical de Ouest Provence. Pourriez-vous nous expliquer votre parcours ? Gérard Gachon : De 1988 à 2007, j’ai exercé des fonctions administratives au sein des services culturels des communes de Miramas, puis de Grans où j’étais directeur des affaires Culturelles, chargé, entre autres, de la programmation des spectacles vivants. Et puis jeC.G. GÉRARD GACHON, ÉLU CONSEILLER MUNICIPAL À MIRAMAS (DIVERS GAUCHE), ADJOINT À LA CULTURE DEPUIS MARS suis membre fondateur d’une compagnie de théâtre amateur créée en 1964, association culture et loisirs, Théâtre du Hasard. Quelle phrase retiendriez-vous pour définir les buts de votre fonction ? Mener une politique culturelle c’est : -permettre aux artistes de travailler dans les meilleures conditions possibles -faire entrer l’art et la littérature dans le quotidien de tous les citoyens -faire rayonner la ville, et montrer au monde sa richesse créative C’est avant tout permettre et encourager l’accès du plus grand nombre dans tous les lieux où se manifeste la culture (médiathèques, salles de spectacles et d’expositions, musées, cinéma…), et notamment de celles et ceux qui pensent que la culture est réservée à une élite intellectuelle. Faire entrer l’art, sous toutes ses formes, dans le quotidien du trop grand nombre de gens qui n’ont jamais mis les pieds dans l’un ou l’autre de ces lieux est une de mes ambitions. Pour les enfants et les adolescents, nous pouvons nous appuyer sur le système scolaire pour atteindre cet objectif. Pour les autres, nous devrons imaginer des actions qui les incitent à s’intéresser aux manifestations culturelles. Ceci dit, permettre aux artistes de travailler dans les meilleures conditions possibles est aussi une de mes préoccupations, d’autant que je souhaite favoriser le contact et l’échange entre artistes et public en amont et en aval de la manifestation elle-même. Quant au rayonnement de la commune, c’est une ambition légitime de tout élu. Est-ce qu’il existe selon vous des différences entre une politique culturelle de droite et de gauche ? Entre une politique culturelle socialiste et communiste ? Sur le plan national, il y a certainement des différences d’orientations entre la politique culturelle de droite et celle de gauche. Sur le plan local, je pense que ces différences s’estompent, parce qu’elles sont confrontées aux exigences du terrain. Quant aux différences d’orientations entre communistes et socialistes je n’en vois aucune qui soit fondamentale. Est-ce que les politiques doivent décider, selon vous, de la valeur des artistes et des projets ? Si non, qui décide du montant des subventions ? La mission du politique est de définir avec précision les orientations de la politique culturelle qu’il entend mener, orientations qui sont inscrites dans son programme électoral. Pour mener à bien cette mission, il dispose de la compétence de professionnels qui sont les mieux placés pour apprécier la valeur des artistes, des œuvres et des projets proposés au public. Il convient donc d’accorder sa confiance à ces professionnels dès lors que leurs propositions respectent les orientations de la politique culturelle. Cela étant, la politique culturelle est financée par les deniers publics dont l’élu est le gestionnaire. Il lui appartient de budgétiser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de sa politique culturelle et d’en contrôler leur utilisation. Est-ce que la politique culturelle d’une ville doit tenir compte d’enjeux socio-économiques ? Oui, cela me paraît évident. Pourriez vous classer ces enjeux ? le désenclavement d’un quartier, l’accès de tous aux œuvres de l’esprit, l’attractivité touristique, la rentabilité d’un projet ? J’écarte la notion de rentabilité (s’il s’agit de rentabilité financière). Elle n’est pas compatible avec l’action culturelle. Mais je conserve cependant l’exigence d’une gestion rigoureuse. Au risque de me répéter, l’accès du plus grand nombre, et notamment du public jeune, à toute manifestation culturelle demeure mon objectif principal, y compris si pour l’atteindre on en vient à déplacer les artistes et leurs œuvres des lieux traditionnels (théâtres, cinéma, salles d’exposition …) vers les quartiers, la rue, les appartements, les écoles, … Donneriez-vous de l’argent pour accueillir Johnny Hallyday, et pourquoi ? Johnny Hallyday a déjà donné un concert dans notre commune, il y a quelques années. C’est un excellent artiste, mais il y en a d’aussi bons que lui et dont le cachet s’accorde mieux avec notre budget. Quelle est la part de son budget que votre ville consacre à la culture ? La culture est, en ce qui nous concerne, une compétence intercommunale. Notre élection est très récente et je ne dispose pas encore des informations qui me permettraient de répondre à cette question. Tiendrez vous un rôle dans le San Ouest Provence ? Je suis candidat à la vice-présidence du San en tant que membre de la Commission culture. Les élections du Président et des vice-présidents auront lieu le 25 avril.
05 d’opinions présupposés, leur façon de concevoir leur rôle. Nous mènerons cette enquête durant quelques mois, interrogeant des hommes et des femmes, des élus de gauche et de droite, dans des petites communes ou des métropoles… mais en changeant chaque fois les questions, pour conserver la spontanéité des réponses ! Zibeline : Après les dernières élections municipales vous avez été nommée 9 e adjointe de la Ville d’Aix. déléguée à la Politique de la Ville et à la Culture. Pourriez-vous nous expliquer votre parcours ? Sophie Joissains : Vous savez que je suis tombée très tôt dans le chaudron ! Mes grands-parents faisaient de la politique, côté communiste, mon père a été Maire d’Aix-en-Provence de 1978 à 1983, et ma mère l’est depuis 2001… J’ai connu toute jeune les affres de cet univers, que j’ai fui à un moment. Puis j’y suis retournée. En voulant me présenter aux X-D.R SOPHIE JOISSAINS, ÉLUE CONSEILLÈRE MUNICIPALE UMP DE LA VILLE D’AIX, ADJOINTE À LA CULTURE DEPUIS AVRIL cantonales d’abord, élections qui ont été annulées à cause d’un problème de découpage, puis en travaillant aux côtés de ma mère, comme Directrice de Cabinet à la Communauté du Pays d’Aix, qu’elle préside. Avez-vous des affinités particulières avec la culture ? J’ai une formation de pénaliste, qui a priori ne me prédispose pas à ce monde, mais j’ai fait aussi des études de Lettres, et une licence d’audiovisuel. Mon premier travail était dans une maison de production de cinéma d’art et essais. Ce sont des domaines qui me passionnent, réellement. Quelle phrase retiendriez-vous pour définir les buts de votre fonction ? Mener une politique culturelle c’est : -permettre aux artistes de travailler dans les meilleures conditions possibles -faire entrer l’art et la littérature dans le quotidien de tous les citoyens -faire rayonner la ville, et montrer au monde sa richesse créative Les trois ! Ces trois phrases définissent bien les différentes facettes d’une politique, même si « l’art et la littérature » est un peu restrictif. Mais en fait je dirai que ces trois facettes correspondent à des phases de mise en place d’un projet de ville : d’abord on donne à tous les citoyens les moyens d’accéder à la culture, ensuite on soutient les artistes pour créer une émulation et des œuvres, enfin on fait de la ville un pôle d’attraction. Chaque étape s’additionne à la précédente jusqu’à ce qu’elles deviennent consubstantielles. Est-ce qu’il existe selon vous des différences entre une politique culturelle de droite et de gauche ? La culture est sans doute un des domaines où les affaires sont le moins « politisées », c’est-à-dire partisanes. Les différences entre les politiques culturelles des villes ne correspondent pas aux couleurs politiques des mairies. Parfois, mais pas constamment, la gauche a tendance à saupoudrer les subventions, à confondre l’associatif social et le culturel, voire à faire du clientélisme –mais aucun parti n’est à l’abri de ces pratiques. Je reste attachée à une politique culturelle de projets, avec des normes de qualité visant à l’excellence, qui n’oublie pas de toucher un public large en gardant une politique tarifaire basse comme le GTP ou le Ballet Preljocaj. Il faut être également attentif au tissu culturel, aux associations intermédiaires, aux petites qui peuvent devenir grandes… mais sans saupoudrage inconsidéré ! Avec une orientation forte : je suis également en charge de la politique de la ville… Est-ce que les politiques doivent décider, selon vous, de la valeur des artistes et des projets ? Est-ce qu’ils en ont les compétences ? Si non, qui décide du montant des subventions ? Le problème est que même les spécialistes se cassent le nez. Si on nomme des comités d’experts eux aussi peuvent être aveuglés, ou trop impliqués dans le milieu pour rester objectifs. Il faut donc à la fois s’en référer aux professionnels, demander leur avis ; s’attacher à la réaction du public, tout en s’en méfiant aussi ; et aller voir : se rendre aux spectacles, dans les galeries… ou y envoyer des chargés de mission. Tout en sachant qu’on peut se tromper, mais qu’il faut décider… Est-ce que la politique culturelle d’une ville doit tenir compte d’enjeux socio-économiques ? Bien sûr. Pourriez vous classer ces enjeux : le désenclavement d’un quartier, l’accès de tous aux œuvres de l’esprit, l’attractivité touristique, la rentabilité d’un projet… L’accès de tous aux oeuvres de l’esprit me plaît bien ! Il implique d’ailleurs le désenclavement des quartiers. Quant à l’attractivité touristique, on ne peut pas la négliger : au plus une commune est riche, au plus elle peut investir pour ses habitants. Mais on ne doit pas soumettre les projets culturels à une volonté d’attractivité touristique, qui reste secondaire, comme leur rentabilité. Donneriez-vous de l’argent pour accueillir Johnny Hallyday, et pourquoi ? Il n’en a pas besoin. Je n’ai rien contre lui, on aime ou on n’aime pas, mais il a ses recettes, il n’a pas besoin d’argent public. Donc, très clairement, non. Quelle est la part de son budget que votre ville consacre à la culture ? Si l’on comprend l’ensemble des compétences culturelles, y compris le patrimoine et l’enseignement artistique donc, il représente près du quart du budget de la ville d’Aix. Mais ce n’est pas très significatif, il faut tenir compte du transfert de compétence sur la Communauté du Pays d’Aix. Tiendrez-vous un rôle dans cette communauté ? Sans doute un petit rôle culturel. Mais pour l’instant cela n’est pas voté… ENTRETIENS RÉALISÉS PAR SARA LYNCH ET AGNÈS FRESCHEL



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