Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
32 MUSIQUE GMEM MUSICATREIZE TÉLÉMAQUE GRIM I Quelles musiques pour demain ? Le festival annuel du GMEM bat son plein : il mise cette année encore sur le croisement des arts pour « faire passer » la musique qu’il n’appelle plus contemporaine, et la rendre un peu plus populaire. D’où l’entreprise de communication et d’affichage, et la politique tarifaire à 5 euros. La soirée d’ouverture, qui proposait un Opéra imaginaire d’après Lolita de Nabokov, se voulait une œuvre totale, et tenait par la grâce du comédien : la musique de Finneberg tournait en rond, la danse de Johanne Saunier était peu présente, le dispositif vidéo, habilement scénographié, était redondant. L’obsession d’Humbert, rendue fascinante par la juxtaposition des discours durant la première demi-heure, perdait peu à peu de son intérêt, ces discours n’étant jamais renouvelés, ou évolutifs : une mauvaise maîtrise du temps, ce qui est paradoxal pour des musiciens ! Y.T. Mouvements ciné-sonores Le succès D’Est en musique, donné au Gymnase le 18 avril, tient en premier lieu au talent de Sonia Wieder- Atherton. Dans un théâtre bondé, secondée par Laurent Cabasso (piano), la violoncelliste a fait chanter son instrument comme seule elle sait le faire, tout en lyrisme subtil : de l’exhortation désespérée à la complainte nostalgique… Le programme, édifié autour de deux superbes sonates de Rachmaninov et Schnittke, a établi un contrepoint esthétique avec les images d’un film de Chantal Akerman. Un jeu habile Des timbres en couleurs Si vous allez vous balader dans les canyons de l’Utah vous aurez peut-être l’occasion de gravir le Mount Messiaen : consécration inédite pour l’œuvre orchestrale monumentale aux dimensions insolites, Des canyons aux Etoiles, commandée à l’occasion du bicentenaire des Etats-Unis en 1971. À la Friche, faisant corps avec son instrument, le pianiste Roger Muraro a prouvé une fois de plus qu’il est bien le spécialiste du compositeur dont nous fêtons le centenaire de naissance. Sous la direction précise de Philippe Bender, les jeunes musiciens de l’OJM (Orchestre régional des Jeunes de la Méditerranée) ont eux aussi démontré qu’ils pourront bientôt évoluer comme des professionnels, tant cette partition de douze tableaux est complexe et dense. Mention particulière aux trois autres solistes, surtout au jeune corniste Julien Heisse fort à l’aise avec une écriture peu conventionnelle. « S’élever des canyons jusqu’aux étoiles pour glorifier Dieu », tel est le propos de ce monument qui, par la richesse et l’invention de ses timbres, a visiblement surpris le public venu en nombre. F.I. Les Musiques jusqu’au 26 avril 04 96 20 60 10 http://gmem.free.fr/0 o Lolita JoJi Inc de rideaux de projection a permis de suivre les plans, soit comme à l’époque du muet, avec la source sonore cachée, soit en apercevant, en transparence, les musiciens délicatement éclairés. Du coup, leur silhouette s’est intégrée, en relief, au rythme de vastes plans-séquence tournés à l’Est, mais abusant de travellings latéraux récurrents : une interminable salle d’attente, du trafic automobile urbain… Au demeurant, le va-et-vient expressif entre les arts visuel et sonore s’est avéré séduisant ! J.F. Roger Muraro Bertrand Desprez Plateaux improvisés Concerts One Shot avec Martin Tetreault et ses étranges platines et objets générateurs de sons, suivi d’une confrontation d’instruments médiévaux (le théorbe de Michel Robert et le clavicithérium de Julien Ferrando) à la guitare électrique (Jean-Marc Montera), le tout enrubanné d’électronique (le 29 avril à 20h30). Troisième temps fort de l’année, Micro Action#3 propose une mini édition de Musique Action, festival phare des musiques improvisées en Europe. Dans le cadre de la manifestation Recycler c’est métamorphoser (voir page 7) le guitariste/ « platiniste » japonais Otomo Yoshihide est entouré de musiciens pour Invisible Songs (le 13 mai à 20h30) et une composition réalisée à partir du film de Masao Adachi Prisoner qui retrace l’histoire d’une attaque suicide dans un aéroport et la capture d’un des terroristes dont la grenade n’a pas fonctionné (le 14 mai à 20h30)… MARSEILLE. Montévidéo GRIM 04 91 04 69 59 www.grim-marseille.com Répertoire et création contemporains Le 3 e volet des Ouvertures solistes au Grim (voir cicontre) s’intitule Les inclassables. Benjamin Clasen (alto), Jean-Marc Fabiano (accordéon) et Frédéric Baron (basson) présentent des opus d’Alain Mabit, Surexposition pour basson solo, György Ligeti Sonate pour alto solo, Philippe Hersant Duos pour basson et alto, Astor Piazzolla Trio pour accordéon, basson et alto et deux créations de Pierre Adrien Charpy Pièce pour accordéon et Trio pour accordéon, basson et alto. le 20 mai à 20h30, 3 impasse Montévidéo 04 91 39 29 13 (Café musique contemporaine à 19h30) www.ensemble-telemaque.com Amarres vocales Le prochain Concert « à quai » de l’ensemble Musicatreize annonce un rapprochement vocal intéressant avec Le Printemps de Claude Le Jeune (XVI e siècle), et les Cinq Rechants de Messiaen. On assiste ensuite à une création de Christophe Bertrand Kamenaia inspirée des tableaux de Jean- Dubuffet Vénus du trottoir et Terre Brûlée II de Raoul Ubac avant la reprise de The last words virginia Woolf wrote de Jean-Christophe Marti (Avant-goût « atelier d’écoute » le 14 mai à 17h à l’Alcazar - entrée libre) Concert le 15 mai à 19h30 Temple Grignan 04 91 00 91 31 www.musicatreize.org La manifestation prévue pendant la Nuit des musées du 17 mai est annulée, de même que l’Avant-goût De la toile à la partition du 10 mai
Drôle de requiem ! Assister à la création d’une œuvre a quelque chose de palpitant ! Ce fut le cas le 1er avril au GTP pour la version musicale du 5 e Conte de Musicatreize, fruit de la collaboration de l’écrivain Hubert Nyssen et du musicien Bruno Mantovani Agnès Mellon Tout débute par un classique allegro de quatuor mozartien, un peu bouche-trou certes, mais ménageant une interrogation : à quelle sauce Wolfi sera-t-il accommodé pour passer le Styx ? Car c’est bien de cela dont il semble être question derrière le titre énigmatique L’Enterrement de Mozart. De fait, dès l’attaque d’une texture mouvante, étrange alchimie d’un vibraphone, d’une guitare, d’un piano, d’une clarinette et d’harmoniques de cordes, surgissent les mots « Requiem œternam » ! Assisterions-nous à quelque cérémonie funèbre ? Que nenni ! On comprend vite que le propos est décalé. Peu à peu s’instaure un dialogue insolite entre un boutiquier à moitié sourd et un collectionneur bègue ! Ce dernier pense être tombé sur « la gravure que Beethoven avait accroché dans sa chambre car elle évoquait à ses yeux l’enterrement de Mozart. » Erreur ? Serait-ce un rêve… « Rue de Lille, à Paris, pas loin de chez Lacan » qui finit par appeler l’homme « pour le coucher sur son divan » ? Le chien qui suit le corbillard se nommerait Aristide, un chien malade (Kantien ou disciple d’Aristote ?), que le marchand traînait autrefois au jardin public… et la gravure n’a pas de prix… et n’est pas à vendre ! Le livret d’Hubert Nyssen fleure l’absurde légèreté des textes mis autrefois en musique par Satie ou Poulenc, et l’accompagnement de Bruno Mantovani fait la part belle à la clarinette grinçante, virevoltante ou pleurnicharde, sur une trame sonore tantôt continue, fuyante ou obstinée, pulsée et énigmatique… On attend désormais la création scénique ! JACQUES FRESCHEL Insolites solistes ! Le Grim accueillait sur la scène musicale de Montévidéo, le 4 avril, l’ensemble Télémaque Précédé d’un café musique contemporaine instructif et convivial animé par Raoul Lay, cette deuxième Ouverture solistes de la saison portait le titre Les Baroques. Comprenons Ouverture pour la rencontre de musiques distantes de trois siècles et la transmission de partitions contemporaines aux oreilles synchroniques, solistes pour la formation réduite de l’ensemble qui tour à tour offre à chaque interprète un rôle majeur, et baroques pour le sens littéral du terme définissant, au-delà de la période historique, une esthétique du contraste, de l’irrégularité, de l’extravagance. Ce terme s’applique alors à toutes sortes d’opus proches de l’improvisation, à la conquête de nouveaux timbres, qu’ils datent de 1700 ou de 2000. Le Ryoanji de John Cage peut installer un tactus immuable sous les mailloches de Christian Bini et la mélopée distendue du hautbois de Blandine Bacqué, installant une ambiance propice à l’entrée fracassante et médusante du contre-ténor Alain Aubin. Accompagné de Jean-Bernard Rière, contrebassiste pince-sans-rire notre chanteur-conteur à l’allure expressionniste dégoulinante se déhanche et éclabousse le spectateur de quelques axiomes savoureux mâchés et catapultés en pleine figure. Les costumes d’Edith Traverso et la mise en scène d’Olivier Pauls laissent la salle déconfite et rigolarde, obligée de se reconcentrer pour Les Citations de Dutilleux, vaste diptyque évoquant entre autres le renaissant Janequin dans une formation aux accents baroques : hautbois, percussions, contrebasse et le clavecin d’Isabelle Chevalier, toujours surprenant pour une page qui n’a que vingt ans. Transition concordante avec les songs O solitude et Here the deities approve de Purcell et la cantate 102 de Bach que ne viendra même pas troubler une lamentation du contemporain Simon Holt, dialogue spatialisé du contre-ténor et du hautbois. Ouverture, rencontre et talent auront été au service d’une très belle soirée ! FRÉDÉRIC ISOLETTA Alain Aubin, extrait de vidéo de Didier Garcia 33 En plein chœur b6e L’ensemble Musicatreize et le Chœur Contemporain étaient accueillis au Conservatoire de Marseille le 21 mars dans un programme éclectique et recherché. L’auditoire fidèle était entouré par un chœur spatialisé, placé de surcroît au cœur de l’œuvre. Et quelle œuvre ! Spem in Alium de l’anglais Tallis est un trésor de la musique élisabéthaine, motet écrit à quarante voix individuelles divisées en huit chœurs de cinq voix chacun. Roland Hayrabedian, situé face au public, parvint à garantir l’osmose de l’ouvrage. Les Tre canti sacri de l’italien Scelsi nous convièrent ensuite en plein vingtième siècle avec une formation vocale bien plus réduite. Triptyque témoin de la virtuosité vocale florissante à l’ère moderne, ces chants sacrés innovent et étonnent avec des quarts de tons, onomatopées percussives, sons nasaux, vibratos particuliers… La création de Denis Bosse, Fragments de la Voix Lointaine, commande de l’ensemble marseillais, est inspirée de deux tableaux exposés au musée Cantini : Le théâtre de la vie de Maria Elena Vieira Da Silva et Terre brûlée II de Raoul Ubac. Les deux toiles, projetées pendant l’exécution de l’œuvre, furent également associées au texte du poète Yves Bonnefoy, support de stries sonores illustrant les œuvres picturales. La boucle fut bouclée avec la nouvelle mise en espace du chœur au complet pour le Cadavre exquis de Zad Moultaka, également présent dans la salle : une œuvre écrite pour quarante-huit voix réparties en quatre chœurs dirigés par quatre chefs, les trois nouveaux venus officiant depuis l’allée centrale. Le public redevint acteur d’une partition au texte fragmentaire, élaboré lors d’ateliers d’écriture par nombre d’auditeurs du concert… Au cœur du chœur, l’expérience fut applaudie ! F.I.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :