Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
30 MUSIQUE MARS EN BAROQUE PHILHARMONIQUE Violon et viole Le 6 e festival Mars en baroque avait pour thème cette année Viole de gambe ou violon… illustré par une série de concerts D et conférences traitant du passage historique du premier au second. Retour sur des récitals enthousiasmants ! Il y a quelque chose de rare dans le jeu de la violoniste Hélène Schmitt. Dès les premiers sons surgissant du silence, délicatement distillés sur son instrument, on sent bien que l’artiste sculpte sa sonorité en amont, dans la profondeur d’une âme dont on devine la largesse. Des sonates de Bach ou Biber, données le 27 mars dans l’acoustique intime du Temple Grignan, on retient (au delà d’un décolleté « baroque »), la force de l’expression, la richesse des effets, la liberté des dynamiques, l’ardeur des coups d’archet virtuoses… Au clavier, Laurent Stewart seconde la ligne de chant par un jeu alternant finesse et grandeur, une rigueur mécanique de la pulsation dans les multiples basses cycliques et de subtiles suspensions pour les alertes variations mélodiques du violon… Prodigieux ! Délices royaux Dès le Prélude « improvisé », on sent bien que Paolo Pandolfo s’aventure sur des terres expressives et lyriques. Sa viole de gambe chante, en demi-teinte, telle une voix humaine à laquelle il ne manquerait que les mots, aux antipodes d’un pur exercice d’échauffement… Dès l’intrusion du clavecin, il nous semble entendre un récitatif d’opéra. Christine Lecoin, souveraine, respire en osmose avec le violiste qui expose, dans le Labyrinthe de Marin Marais, un discours « narratif » laissant la place aux doutes, ménageant des suspensions à couper le souffle ! Avec Forqueray, ce 29 mars à l’église Sainte-Catherine, on se trouve au cœur du dernier grand répertoire pour viole, destiné à la cour de Louis XV. C’est que la France a longtemps résisté à la prédominance croissante du violon italien en Europe… avant de céder au sens de l’histoire. La 5 e Suite du « roi des violistes », donnée en alternance viole et clavecin, fait vibrer la nef au gré de contrastes frappants : du pur chant plaintif aux traits les plus acrobatiques dominant des carrures obstinées et des dynamiques balancées… Stupéfiant ! JACQUES FRESCHEL Paolo Pandolfo X-D.R Direction Versailles et la France du violon le 30 mars avec le concours d’Amandine Beyer (violon), Anna Fontana (clavecin) et Sergio Alvarès (viole de gambe) à la chapelle sainte-Catherine.La précieuse conférence de la musicologue Catherine Cessac, sur la place et l’ascension du violon au siècle de Louis XIV et Louis XV, ne pouvait que laisser place une illustration vivante de son propos. Le gambiste Sergio Alvarès interprétait magistralement les ultimes témoignages de la fin du règne de la viole de gambe dans des pages de Forqueray et Marais alors que la violoniste Amandine Beyer soulignait l’apport virtuose et délicat des compositeurs Rebel et Leclair dans l’implantation du violon, et de fait la supplantation du dessus de viole. La deuxième sonate de Jean-Marie Leclair est le miroir du renouvellement du style français, servie à l’archet de manière étincelante et légère par Amandine Beyer. Le clavecin fut, une fois n’est pas coutume, mis à l’honneur dans la chaconne La Felix de Jacques Duphly, témoignant des qualités digitales et interprétatives d’Anna Fontana. Bien qu’un peu long, ce programme a ravi son auditoire, pour lequel la musique française instrumentale du XVIII e siècle n’avait semble-t-il aucun secret. FRÉDÉRIC ISOLETTA Angelich le Grand Première invitation réussie à l’Opéra de Marseille pour le grand pianiste Nicholas Angelich dans le cadre des concerts symphoniques. Retour sur la très belle soirée du 29 mars L’ex-protégé de Martha Argerich n’est pas près d’oublier l’accueil du public marseillais tant il a longuement salué ce poète du clavier. Car pour servir à sa juste valeur le compositeur allemand Robert Schumann, il faut pouvoir allier le toucher subtil et délicat d’Eusébius à la verve romantique enflammée de Florestan. Le magnifique concerto pour piano en la mineur, à l’imagination débordante, fut offert à l’auditoire de manière magistrale, tel un présent. La musique de cette époque, propre à une virtuosité transcendantale parfois gratuite, se mit tout à coup à chanter sous les doigts du pianiste américain. La complicité harmonieuse palpable entre le soliste et le chef d’orchestre Emmanuel Villaume fut de fait un atout considérable de cette entreprise concertante. Le chef avait préalablement ouvert les festivités de manière étincelante avec la tourbillonnante ouverture des Noces de Figaro de Mozart. L’orchestre philharmonique de Marseille, très concerné, donnait ensuite la septième symphonie de Beethoven de manière éclatante, emmené vers une symbiose totale avec le chef strasbourgeois. Cet opus symphonique, Nicholas Angelich Stéphane de Bourgies véritable « apothéose de la danse » selon Richard Wagner, mit à l’honneur la profonde pâte sonore des cordes et les nombreux soli des bois, mais dévoila parfois le timbre un peu trop sec des cuivres. Phénomène secondaire qui n’a pas altéré ce magnifique concert, conclu par la Rêverie du poète Schumann, offerte par Angelich en guise de rappel, telle une ultime offrande. F.I.
TOURSKY SMCM JEU DE PAUME GTP MUSIQUE 31 La poésie crie de joie Il est des moments où le temps s’arrête, parce que la fulgurance du Verbe l’emporte. La lumière tombe sur l’acteur, crépuscule ocre où baignent les mystères de la création « On t’aime, Richard ! » Les cris fusent du public. L’orchestre philharmonique est convié par le maître des lieux à s’avancer, et l’émotion est sensible ! Chacun reste à sa place, pour préserver encore la magie, achever de la savourer. Une rose est délicatement déposée sur la scène, offrande à l’acteur puissant et ardent. Léo Ferré, Arthur Rimbaud, Boris Vian, Ferré encore et toujours, et Richard Martin, passeur de mots, passeur de sens, passeur de vie. La voix clame, murmure, module, psalmodie, se mêle à l’autre voix, celle de l’orchestre de l’Opéra (voir page 69), qui, sous l’impulsion subtile de Philippe Nahon, dialogue, rêve, ourle d’écume les vagues Brahms à la folie gigantesques du poème. Chaque voix garde son timbre propre, son discours, et la magie du spectacle les rend indissociables, plus que complémentaires. Parfois le dialogue se fait plus intime, le piano ou la harpe chantent leur contrepoint ; parfois un trio se détache, constitué par les intonations vibrantes de Richard Martin, la voix chaude et profonde du cor d’harmonie et celle, aérienne, extérieure, du piano. La salle comble est comblée, face à cet interprète enthousiaste au premier sens du terme, possédé par le dieu : Dionysos, bien sûr, dans sa folie, sa démesure, sa capacité à renaître sans cesse. ecra n Le compositeur romantique allemand était à l’honneur sous les doigts du merveilleux pianiste Cédric Tiberghien, le 1er avril au théâtre du Jeu de Paume Donner un récital entièrement consacré à la littérature pianistique de Johannes Brahms est audacieux et bienvenu, tant ce pan de l’œuvre du compositeur hambourgeois reste méconnu, et interprété de manière sporadique. Ce concert doit déboucher sur un enregistrement dont il faudra guetter la sortie, car il a su pointer les spécificités de l’univers sonore, éclectique, brahmsien. Tout d’abord le vénéré maître Bach, dont se nourrissait quotidiennement Brahms comme d’autres font leur footing le matin. La Chaconne de la Partita en ré mineur pour violon, Cédric Tiberghien X-D.R transcrite par Brahms pour la seule main gauche, nous plonge dans une œuvre austère et intérieure, puis enchaîne avec les intimistes Klavierstücke op.76 interprétées avec poésie. L’écriture parfois sévère laisse alors place à l’expression populaire si chère au pianiste de tavernes et de cabarets que fut Brahms dans sa jeunesse. Les miniatures raffinées que sont les valses op.39, le plus souvent interprétées à quatre mains, installent une nature chatoyante transitant de manière opportune vers les fameuses danses hongroises, dont les dix premières furent à l’instar des valses transcrites pour deux mains par l’auteur lui-même. Servies de manière explosive par une technique irréprochable, ces pages spectaculaires, dont certaines sont au demeurant très difficiles d’exécution, font presque oublier la première image de Brahms : jouées parfois à la tzigane, en intensifiant les contrastes, les couleurs et les changements de tempi, ces « tubes » comme les appelle Cédric Tiberghien ont confirmé le grand talent de ce pianiste virtuose qui, en communiquant avec le public, a expliqué ses choix humblement et simplement. Simplement génial. I.F. Richard Martin X-D.R Qui a dit que la Poésie criait au secours ? Ce soir-là, vivante et superbe, elle a transporté son auditoire dans la beauté, effaçant au passage les maladresses des arrangements musicaux et les décalages du pianiste. Et tant pis pour tous les Platon qui cherchent à expulser la Poésie de la Cité, même avec des couronnes de roses ! MARYVONNE COLOMBANI La Poésie crie au secours a été créé au Théâtre Toursky le 4 avril Programme calorique Comme chaque année à la Société de Musique de Chambre de Marseille, lors de l’avant-dernier concert de la saison, Bernard Camau annonce le menu de la suivante. Du coup, on salive déjà à l’idée d’entendre les pianistes Eric Le Sage, Ronald Brautigam, Bertrand Chamayou, Hélène Couvert, le corniste David Guerrier, le claveciniste Pierre Hantaï, les violonistes Nicolas Dautricourt, Fanny Clamagirand, le violoncelliste François Salque, le Trio Equinox et les quatuors Amadeo Modigliani, Gabriel et Atrium. Après ce préambule traditionnel, en ce 25 mars, le Quatuor Fauré fait son entrée et débute par le très lyrique Mouvement pour quatuor avec piano de Mahler, horsd’œuvre joué comme il se doit, avec emphase, passion et quelques touches de délicatesse. Viennent ensuite deux gros Une étoile en clôture Malgré une carrière déjà bien remplie, June Anderson demeure l’une des meilleures belcantistes des plateaux lyriques. Pour l’ultime concert de la première saison du Grand Théâtre de Provence, la soprano se produit dans son répertoire de prédilection : essentiellement du Bellini (Casta Diva, La Somnambula…) mais aussi Rossini (Semiramide), Verdi (Otello)… (le 6 mai à 20h30). D plats de résistance du répertoire pour quatuor avec piano ! L’Opus 60 de Brahms s’avère chez ces jeunes allemands supraexpressif, tantôt furieux ou plaintif, désespéré ou paradisiaque… Du grand son, somptueux, une texture homogène et une pulsation impeccablement maîtrisée ! C’est dans un élan semblable qu’est attaqué le majestueux Op.87 n°2 de Dvorak, avec toujours le même souci de dessiner de belles phrases, larges, vibrantes et de ménager des transitions souples et soignées… Après un nouveau mouvement de Brahms, en bis, le public a tout de même apprécié un élégant et ludique Tango, déposé en délicieuse sucrerie sur une table de mets richement préparés. Mais un peu lourds à digérer en une seule soirée ! J.F. Auparavant on aura entendu l’Académie de l’Orchestre National de Lyon dans la 6 e Symphonie « Pathétique » de Tchaïkovski, le Concerto pour harpe de Rodrigo (le 26 avril à 17h - Entrée libre) et, dans un autre registre, la chanteuse québécoise Isabelle Boulay (le 29 avril à 20h30). J.F. Grand Théâtre de Provence, Aix 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :