Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 DANSE LE MERLAN CAVAILLON MARTIGUES ISTRES Événement Sidi Larbi Cherkaoui passe à Istres ? Avec sa nouvelle création ? Allez-y, ça ne se rate pas Origine cherche une terre nouvelle, entre danse et chants, Nord et Sud, comme si le chorégraphe marocain et belge voulait trouver, dans cette forme resserrée et pluriculturelle (Scandinavie médiévale, moyen orient traditionnel), les traces de sa propre histoire, entre violence et tendresse des gestes, et de la voix. L’ère du Je Il avoue se plaire « dans l’entre-deux ». Entre Marseille et Paris, la danse et l’opéra (pour lequel il collabore régulièrement avec Chéreau), l’art et la vie. Avec ce nouveau voile levé sur l’atelier qu’il mène depuis trois ans au Merlan auprès de personnes âgées, force est de constater que cet entre-deux réussit à Thierry Niang et n’a rien à voir avec un éparpillement. Car d’une proposition à une autre, des duos aboutis des « anciens » aux improvisations des « nouveaux », c’est le même sentiment de présence qui se dégage, sur scène comme à travers les images du documentaire de Frédérique Pollet-Rouyer. L’extrême présence de ces « vieux » refusant selon la formule de Bataille de « remettre leur existence à plus tard ». Libérés du regard des autres, connectés à leur corps grâce au méticuleux travail du chorégraphe, ils se transforment et resplendissent. Alain devient le goéland qu’il évoque dans le film. Thérèse, « née le 5 mars 1927 au Vieux Grand Port à l’île Maurice », nous émeut jusqu’aux larmes à tirer sur les coins de sa robe, dans le trio qu’elle danse avec son passé (ensorcelante Ana Gabriela Castro) et la musique singulièrement vivante que le compositeur et guitariste Benjamin Dupé interprète en direct, jouant de l’envoûtement à chaque instant. On ne voit plus alors en eux de simples vieux, mais des individus décidés à être ce qu’ils sont. Des hommes et des femmes entrés de L’art de la chaussette Drôle de spectacle, dont on ne sait jamais s’il est parodique ou admiratif ! La chorégraphe Robyn Orlin jette sur les Swankas un regard dont elle ne nous livre pas la clef. Ces Sud-africains M’as-tu-vu pratiquent l’art du bling bling vestimentaire avec un talent beaucoup plus affirmé que notre Président (assortiment de couleurs vives, audace des motifs, sens du détail, amour de ce qui brille…) : ils assument leur exhibitionnisme à un point tel que le comique cède le pas, et qu’ils font penser à Cab Calloway et aux Zazous, qui déjà affirmaient leur résistance à l’occupant ou à la ségrégation par leurs vêtements voyants. Mais Robyn Orlin va plus loin. En faisant présenter le spectacle par un animateur vulgaire, bonimenteur télé qui prend John Hogg X-D.R X-D.R Agnès Mellon littéralement son pied en énumérant les marques de haute couture ; en commençant la série d’exhibitions par la performance d’un Swanka blanc ; en y glissant une chanteuse magnifique et obèse, anti swanka par sa corpulence, son sexe, son talent ; puis un vrai danseur qui dynamite la performance des autres, et de vrais swingers qui rythment les espaces africains… Robyn Orlin gauchit la cérémonie, et interdit peu à peu qu’on se laisse prendre à cet art Zoulou de la chaussette bien mise. Une manière de dire qu’il faut se méfier du bling bling, et qu’il ne représente jamais la voie de la libération ? A.F. Les Swankas a été présenté sur la Scène Nationale de Cavaillon le 1er avril Origine Création 2008 de Sidi Larbi Cherkaoui Pour quatre danseurs et trois musiciens Musique : Hildegard von Bingen, Rabi’a van Basra (chants scandinaves/chants maronites et syriens) le 14 mai Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr plain-pied dans l’ère du Je : la nouvelle vague de Thierry Niang -puisque tel est le nom de cet atelier- est loin d’être à bout de souffle. A.F. Cet instantané de l’atelier Nouvelle vague mené par le chorégraphe Thierry Niang a été donné au Merlan le 21 mars Decouflé en solo Après le passage de Sombrero au Grand Théâtre de Provence, c’est à un spectacle plus intime que le théâtre des Salins invite les amateurs de Decouflé. Plus solitaire en tout cas. Car dans Solo le chorégraphe ose pour la première fois mettre son propre corps en scène, seul, pendant 70 minutes. Mais comme on s’en doute il n’est pas vraiment isolé : à la poursuite de son image, suivi par ses ombres et les ombres de ses doubles, le corps de Decouflé se multiplie, se colore, grandit, et ses doigts, ses mains, ses membres, deviennent autant d’interprètes autonomes… Il n’en reste pas moins que Solo se présente comme une exploration presque autobiographique et que le chorégraphe y montre, à côté de sa propre image, celles de sa vie familiale et intime. Comme dans tout autre solo ? A.F. Solo Philippe Decouflé du 15 au 17 mai..9"1"r. Scène Nationale des Salins, Martigues 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr
'ITINERRANCES MASSALIA PRINTEMPS DE LA DANSE DANSE 21 ItinErrer dans le monde Christine Fricker et sa Cie Itinerrances participent à un programme international qui vient faire escale dans la région À partir du 5 mai la chorégraphe Melissa Monteros, qui travaille essentiellement en Pologne et en Finlande, viendra diriger des danseurs de la maison de la danse d’Istres, et présentera le résultat de ces Workshops le 10 mai à l’espace 233. À Marseille, au Gyptis, la fête sera complète. Cinq chorégraphes se réunissent pour présenter un programme qu’ils ont élaboré en partie à Calgary, et qu’ils emmèneront ensuite à Oulu (Finlande). Le programme est conçu en deux parties : l’une présentera les travaux que les étudiants de Calgary ont élaboré avec Melissa Monteros et ceux que les danseurs d’Istres ont travaillé avec Christine Fricker (Je double et je décale) ; puis trois pièces de trois compagnies se succèderont : Just Because, un quintet de Melissa Monteros et Wojcieck Mochnieij ; Streams, un duo conçu par Pirjo Yli-Aumula et William Petit, qui élaborent depuis quelques années de beaux spectacles marqués par le froid russe ou scandinave ; enfin Time is on my side, que Christine Fricker a présenté le 5 avril sur le Cours Foch d’Aubagne, lors du Festival Danse en Avril (voir Zibeline 6). Le trio masculin de 20 minutes, fondé sur des séquences minutées à l’intérieur desquelles les interprètes gèrent plus ou moins leur rythme, se présente comme une série d’expérimentations où les trois danseurs sont tout à tour sujet et expérimentateurs (en blouse blanche). L’ensemble est un peu décousu (ou cousu de fil blanc ?) mais présente des moments de belle physicalité (portés enchaînés) et un regard intéressant, extérieur, sur les rapports masculins tour à tour tendres, curieux, agressifs, et jamais tout à fait circonvenus… La soirée du 7 mai donnera donc l’occasion de revoir cette jolie pièce, au terme d’un marathon de danse de presque deux heures… Elle est également programmée à l’Astronef, (théâtre de l’hôpital Edouard Toulouse qui possède un vaste plateau très bien équipé) avec In art Mony, le beau solo hip hop de David Colas (voir Zibeline n°1). AGNÈS FRESCHEL Tony Fiel - Graphisme jiCé Rencontres chorégraphiques internationales Théâtre Gyptis Le 7 mai Maison de la danse, Istres Le 10 mai Itinerrances 04 91 64 11 58 In Art Mony, Time is on my side L’Astronef les 21 et 22 mai 04 91 96 98 72 Printemps résistant Situé au pied et au cœur des cités des quartiers nord, l’Espace Culturel Busserine revendique sa différence et s’affirme comme un lieu métissé et libre où l’identité culturelle se questionne. Le Printemps de la danse y existe depuis de nombreuses années mais réaffirme, pour cette édition, sa volonté d’interroger la mémoire de l’immigration, des « autres français », des autres danses. Cela commencera donc le 30 avril avec la danse africaine des Ambianceuses, qui racontera l’histoire d’une jeune parisienne fille d’émigrés. Puis la soirée du 16 mai sera consacrée au hip hop, avec la Cie 3 e Cercle menée par David Colas et son spectacle réjouissant Hip hop museum, qui détaille les divers styles de cette danse (très instructif !). Le 20 mai, la Cie Mémoires vives jouera À nos morts, qui retrace à travers la danse, mais aussi la musique et les textes, l’histoire des Français colonisés durant les deux guerres mondiales. Du 13 au 23 mai l’espace Busserine accueillera une exposition sur la Libération de la Provence par les soldats des colonies et, le 22 mai à Cie les Ambianceuses Sébastien le Clézio Mythes féminins maxime@lamoscope.com Le théâtre Massalia a programmé un spectacle très attachant à la gare Franche. Squaws met en scène trois mythes grecs féminins : Phèdre, amoureuse d’Hippolyte son beau-fils, Médée l’abandonnée infanticide, et Antigone la révoltée sont mises en mots et en gestes par trois femmes qui s’adressent chacune à une partie du public, assis autour de la scène en dispositif trifrontal. L’intimité ainsi créée, puis la mise en geste de l’histoire, et la coexistence des trois fils narratifs qui se croisent sans se toucher, est très intéressante. La gestuelle en revanche manque d’invention, l’exécution de brio, mais le spectacle est cohérent, et ingénieux. A.F. Squaws a été créé à la Gare Franche dans le cadre de la programmation du Massalia du 1er au 4 avril 18h30, une conférence sur ce thème sera donnée par les historiens Grégoire Georges-Picot et Sabine Andrivon Milton, à l’issue de la projection de Parcours de dissidents d’Euzhan Palcy. Touts ces soirées seront précédées et ponctuées par des groupes d’amateurs, des collégiens, qui danseront du Popping, du New Style, du Coupé Décalé, du N’dombolo… Histoire de confronter leur pratique à celle des professionnels, et à leur propre histoire. AGNÈS FRESCHEL Printemps de la danse Espace Culturel Busserine Du 22 avril au 23 mai 04 91 58 09 27



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