Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
18 DANSE AIX : PAVILLON NOIR GTP 3BIS F PERTUIS La chair sous le métal La nouvelle promotion de la formation DANCE ne manque pas de talent ! Basés dorénavant entièrement à Dresden, les 23 stagiaires européens sont formés conjointement par Forsythe, Wayne Mac Gregor, Frédéric Flamand et Angelin Preljocaj ! Ainsi, après avoir dansé au musée du Louvre quelques Métamorphoses avec les danseurs du BNM (voir page 7), ils ont recréé À nos héros, une pièce de 1986 dans laquelle Preljocaj mettait en scène une glaçante esthétique inspirée du réalisme soviétique. Plus de 20 ans après les X-D.R o jeunes interprètes ont su retrouver toute la mécanique froide des unissons, et devenir les rouages d’une machine mise en branle par les nappes sonores métalliques de Marc Khanne… auxquelles vient s’opposer le lyrisme de Katchatourian, qui entraîne les corps dans des soli où la sensualité les gagne, s’opposant au gris froid du décor… Un classique, dont les jeunes gens ont su s’emparer avec brio. A.F. À nos héros a été dansé au Pavillon Noir du 19 au 21 mars Le Sacre au Grand Théâtre ! Ne ratez pas Le Sacre de Josette Baïz ! Nous en avons déjà parlé dans nos colonnes (voir Zibeline n°4 et 6) et nous ne saurions trop insister ! Pour ceux, donc, qui n’ont pas pu se rendre à Martigues voici une occasion exceptionnelle de découvrir Le Sacre dansé par les adolescents du groupe Grenade. Sur la très furieuse musique de Stravinsky qui inspire tant les chorégraphes, les quinze jeunes danseurs se jaugent, se mesurent, s’affrontent, se séduisent avec toute la vigueur et l’énergie vitale de leur âge ! Rappelons que Josette Baïz enseigne la danse contemporaine à Aix depuis 1978 : c’est bien la moindre des choses qu’elle y soit programmée et que le Grand Théâtre, après le Pavillon Noir, lui ouvre ses vastes portes ! CHRIS BOURGUE Le Sacre Groupe Grenade le 28 avril 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net Léo Ballani pi4 I Genèse à vue Visez le titre ! Regardez comme il vient de des danseurs, les tentatives esquissées loin : des confins de l’alphabet de la pour apprivoiser un plateau rempli d’embûches et de fantômes endormis font Liseuse dont il est la 18 e étape ; il traîne un peu les pieds, et un instant on se demande craindre un instant une grande fatigue... si l’ampoule dont il est question ne serait Que nenni ! La jeunesse pointe alors son nez pas l’angoissante compagne de l’usure des dans un solo ranimé (Question de Goûts, voir souliers (chez ces gens-là la facétie n’est Zibeline n°2) en six figures plus une qui ne jamais loin...). Et la lenteur calculée de vont cesser de prendre la mesure et le l’approche du cœur du sujet par chacun temps, d’arpenter et de construire un petit Agnès Mellon monde de 65 minutes : le nouvel opus d’Appaix, ouvert aux quatre vents cardinaux du geste, de la parole, de la musique et de la couleur ; les planches deviennent scène par la magie des ren-contres ingénues, et sous le regard jaloux des spectres du ratage de plus en plus dépités... Les corps qui s’ignoraient se touchent et font se lever la danse, les énergies prennent leur rythme de croisière, les mots s’enlacent et ne font tapisserie qu’au sens noble du terme, ça frémit dans la salle, ça sourit, ça rit, ça y est. Le plateau se peuple des histoires des uns et des autres, se pare de leurs crinières folles ; on y contient en lisière un cheval emballé et de l’apaisement naît le véritable mouvement. Une humble et malicieuse genèse à vue en lieu et place d’une création. L’R de rien, comme de bien entendu... MARIE-JO DHÔ Rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre... a été créé au Pavillon Noir du 27 au 29 mars Question de Goût sera dansé à l’Espace François Mitterrand à Allauch. 04 95 04 96 42 À venir au Pavillon Noir : Le Sous Sol, du 25 au 27 avril. Troisième volet de la trilogie de Peeping Tom. Après un Jardin extrêmement dérangeant, et un Salon absolument bouleversant, le collectif propose un voyage dans un entre deux, un sous sol peuplé de vivants et de morts, obscur, jonché de terre, où tout est lourd et gras. Peeping Tom, en opposant le lyrisme des vieux à l’inconséquence des jeunes, les corps des uns aux voix des autres, la perversité à l’absence, construit des mondes excessivement glauques qui ressemblent pourtant à notre réel… Bataille intime, les 5 et 6 mai. Création de Sylvain Groud d’après le texte de Topor. Sylvain Groud fut un des plus beaux interprètes de Preljocaj, de 1992 à 2003. Depuis il a démontré ses talents de
19 Europe à Paris Agnès Mellon Deux au cube Au 3 Bis F, on conçoit les œuvres, on les partage en ateliers, puis on les montre au public. C’est au tour de Jutta Knödler, puis de Christian Ubl, d’exhiber leur travail chorégraphique Ce n’est pas tous les jours qu’une compagnie indépendante de la Région triomphe dans un des plus grands théâtres parisiens : le Ballet d’Europe a dansé Folavi (la nouvelle création de Jean-Charles Gil sur divers concertos de Vivaldi) et Mireille au Châtelet les 8 et 9 avril, et le public parisien lui a réservé un beau triomphe… Il faut dire que la compagnie, en partie renouvelée, a tenu ses promesses : les danseurs sont excellents, habités, et interprètent la pièce narrative de Jean-Charles Gil avec une émotion communicative. Surtout lorsqu’un orchestre de la qualité de Pelleas joue la suite orchestrale (arrangée par Raoul Lay à partir de l’opéra de Gounod) avec des solos superbes, des timbres subtils et toutes les nuances que la partition comporte. Mireille, que le Ballet d’Europe a joué plus de 40 fois partout dans le monde depuis sa création en 2004, est en passe de devenir une sorte de classique, au trajet narratif si limpide que chacun en comprend sans peine l’argument… Dans la région, avant sa tournée estivale, le Ballet d’Europe se produira dans des Workshops : ces cartes blanches données aux danseurs, que le Ballet d’Europe pratique depuis sa création, auront lieu au joli théâtre à l’italienne de Pertuis, le 9 mai. Une occasion de retrouver ces talentueux danseurs dans le rôle de chorégraphes occasionnels… A.F. Workshops Théâtre de Pertuis 04 90 79 56 37 www.balletdeurope.org Complices est à la croisée de deux arts : la corde et la danse. Le duo représenté par une cordéliste et une danseuse ne se contente pas de croiser leurs arts, puisque chacune s’empare de celui de l’autre et le fait sien. L’autre duo, la Voix de l’autre, fait dialoguer une corde et un musicien : deux façons complémentaires, pour Jutta Knödler, de sortir la corde de l’univers circassien, pour affirmer la musicalité, et les possibilités chorégraphiques, de son agrès de prédilection. Christian Ubl, lui, est depuis toujours dans la danse. Interprète subtil et athlétique, il conçoit pourtant, en tant que chorégraphe, une danse très peu dansée, conceptuelle, et souvent drôle. Qui s’interroge sur la nature et la réception du spectacle. Klap Klap est écrit avec la complicité d’un auteur, François Tessier. Dans son texte il emploie un nous qui rapproche l’expérience physique du danseur et la perception sensible du spectateur. Cherchant comment la scène fait sonner les corps, et comment on les applaudit. AGNÈS FRESCHEL Klap Klap X-D.R Diptyque de cordes Jutta Knödler les 25 et 26 avril Klap Klap Christian Ubldu 15 au 17 mai chorégraphe, fondés sur les mêmes qualités d’intelligence, de musicalité, de virtuosité athlétique et d’émotion intense. Car il est sans cesse bouleversant. Avec Bruno Bayesx qui a adapté le texte de Topor il danse un duo de mots, un affrontement agressif entre deux hommes, et leur public. Le Festival de la Mangrove, les 15 et 17 mai. Quatrième festival des arts des Caraïbes, de la Guyane, de la Réunion et des Comores. Durant tout le mois de mai les départements français d’Outre mer sont à la fête de la Mangrove. Le Pavillon Noir accueille le 15 mai puis le 17 mai plusieurs courts spectacles de danse contemporaine créée dans ces départements, où les compagnies métissent naturellement des influences ancestrales, pluriculturelles, à leur pratique de la danse contemporaine. Qui interroge forcément ce que signifie la danse sacrée, rituelle, de résistance… A.F. Psychanalyse du merveilleux Un danseur à tête d’ours regarde dans une télévision en bois un présentateur à figure de clown sans nez rouge, au regard étrange d’un tueur de carnaval, à la précision du verbe et les exagérations didactiques d’un Alain Decaux, qui cette fois nous parlerait de psychanalyse des contes de fées… Le cadre formel est posé : d’une part des textes précis qui rappellent l’importance des contes de fées pour l’imaginaire de l’enfant, comme seul moyen d’extérioriser ses angoisses impossibles à formuler par le verbe libérateur ; d’autre part la profusion époustouflante de costumes et de créativité sur scène. Ainsi ce ballet de la princesse face au miroir, et tout à coup cette image dans le miroir qui n’est plus elle, mais une vieille sorcière… et puis ce petit ange qu’est l’enfant n’est-il pas aussi démon ? Combat phallique à présent ; le héros s’empare d’un long reptile vert à la mesure de sa main, mène un combat entre lui et lui-même, danse hésitante de l’enfant face au monde, face au zizi qui devient phallus. Et l’autre arrive : un énorme lierre en boule, étrange plante mystérieuse et insondable : métaphore et hallucination scénique du sexe féminin ici dominé dans le combat… Domination et passivité sublimée dans l’attente de la princesse d’être délivrée par X-D.R 4e.41 za l’homme : la princesse est souvent dans une tour aussi haute que les nuages nous dit l’inquiétant monsieur loyal, de plus en plus étrange. Et, sur scène, la danseuse en lieu et place de tête porte un immense nuage. Mais cette sublimation n’est pas que céleste : au sommet d’une tour attend une jeune fille ; enfin… un homme déguisé en fille. Ce travesti hilarant joue avec deux superbes voiles de mariée attachés à sa tête comme deux tresses si longues qu’elles sont aussi des substituts de cordages : la princesse prémédite langoureusement une improbable évasion. Un Manuel du Merveilleux qui donne à voir ce voile de magie qui recouvre en fait nos inconscients, et procure un vrai moment de joie. RÉGIS VLACHOS Le Manuel du merveilleux a été dansé par le système Castafiore au Pavillon Noir, les 3 et 4 avril



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :