Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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16 THÉÂTRE ISTRES MIRAMAS L’hiver est froid e Le conte d’hiver est l’avant dernière pièce de Shakespeare, un drame qui se transforme en conte à mesure que le temps fait son œuvre, une tragi-comédie qui évoque tout à la fois la folie, la transmission et la rédemption. Venu passer quelques jours à la cour de Sicile chez son ami d’enfance le roi Léontes, Polixènes, roi de Bohème, se trouve être au cœur de la folie passionnelle et destructrice de son ami qui l’accuse d’avoir une relation avec sa femme Hermione. Aveugle et fou, Léontes ordonne à ses serviteurs Camillo et Antigonus de faire tuer Hermione, son jeune fils Mamilius, et fait exiler Perdita, sa fille encore au berceau. Cette dernière en réchappera et sera recueillie par un vieux berger… Seize ans plus tard, ses nobles origines seront dévoilées au cours des fêtes de la tonte des moutons et une fin heureuse viendra couronner l’histoire. Mais que le temps fût long… Par sa mise en scène épurée, dématérialisée, Jacques Osinski ne donne guère le choix aux acteurs qui se doivent d’être excellents. Or les voilà, débitant leur texte comme si l’ennui les avait déjà gagnés, solennels, rigides et empesés, comme prisonniers de ces décors nus et froids qui empêchent toute chaleur dans le jeu. À l’exception toutefois d’Aline Le Berre (troublante Pauline) et Baptiste Roussillon (Antigonus). L’esthétisme visuel prend le dessus, et l’incrustation vidéo ne sauvera pas non plus les fêtes censées célébrées l’amour du prince et de la bergère. Où sont passés les accents furieux des vers shakespeariens, les émotions, et la fantaisie féerique d’une fin surnaturelle ? SARA LYNCH À venir à l’Olivier Omar Porras est un des metteurs en scène actuels les plus talentueux. Sa troupe possède une énergie et un talent inimitables, fondés sur la maîtrise de techniques de jeux très diverses. Ils savent tout faire, depuis l’acrobatie jusqu’au chant polyphonique, en passant par toutes les techniques de masque, de clown, de commedia… sans jamais oublier l’émotion en coulisses. Maître Puntila et son Valet Matti va à la troupe comme un gant : le propos et la forme brechtiens sont réactivés par ce théâtre fait de la rencontre de traditions théâtrales populaires de tous les continents. Le spectacle est un vrai bonheur, et la force politique de Brecht ne perd pas un volt à ce ravalage de façade insensé. Et la fable redémarre : il était une fois, dans les contrées finlandaises au temps où Hitler guettait aux portes, un Maître aux deux visages, et un Valet qui ne se laissait pas aliéner… Maître Puntila et son valet Matti les 6 et 7 mai Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 56 48 48 Également : Didier Bezace a monté deux pièces géniales de Dario Fo et Franca Rame. Deux monologues féminins décapants, hilarants, révoltés et si justes. Il a confié ces rôles écrasants à Ariane Ascaride, qui n’a pas, sur scène, le charisme qu’elle a sur les écrans. Les textes y perdent en force. Dommage. Le Conte d’hiver a été joué le 29 mars au Théâtre de l’Olivier à Istres et sera le 6 mai, à 20h30 à Draguignan Maître Puntila et son valet Matti Marc Vanappelghem La Maman Bohème/Médée les 20 et 21mai 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr et également les 29 et 30 avril à Draguignan Douce satire Edwige Bertaudon Le docteur Knock débarque en ville après avoir acheté à son prédécesseur, le docteur Parpalaid, son cabinet et la clientèle, inexistante, qui va avec. Les gens ne sont pas malades ? Qu’à cela ne tienne, au nom de « l’intérêt supérieur de la médecine » il saura trouver les mots (et les maux) pour les convaincre de venir se faire soigner sans tarder, pour développer son commerce et s’enrichir rapidement. La troupe du Théâtre du Kronope, comme à son habitude, est masquée et costumée, donnant à cette satire sociale savoureuse une certaine couleur, entre commedia dell’arte et personnages à la Daumier, aux traits forcés, qui font sourire. Du décor ingénieux aux multiples fonctions dont tous utilisent les portes, trappes et secrets, à la musique tonitruante et efficace, en passant par le jeu très physique (un peu trop parfois ?) des acteurs, l’univers satirique de la pièce de Jules Romain s’en trouve agréablement revisité. S.L. Knock a été joué par le Théâtre du Kronope le 1er avril au théâtre de la Colonne, Miramas À venir à la Colonne Patrice Leconte met en scène non Sandrine Bonnaire et Fabrice Luchini, interprètes de son film du même nom, mais Christophe Malavoy et Florence Darel, pour une histoire de psy qui n’en est pas un. Une pièce qui fait croire aux analysés qu’on peut tomber impunément amoureux de son psy, et au spectateur de théâtre que les scènes subventionnées ont pour fonction de faire voir le ciné pour de vrai. On conseille aux Miramasséens d’attendre Archie Shepple 16 mai, ou d’aller jusqu’à Istres voir Omar Porras… Confidences trop intimes le 30 avril 04 90 58 37 86 www.scenesetcines.fr
GAP ARLES FOS THÉÂTRE 17 Leçon de ténèbres Bon. C’est un des spectacles les plus bouleversants qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années. C’était dans un collège des quartiers nords de Marseille, une tournée organisée par le théâtre Massalia dans les établissements scolaires du département 13. La représentation s’annonçait houleuse, les classes de troisième venaient dans leur amphi avec l’évident désir de faire sauter les cours de l’après-midi, plutôt que d’assister à un moment de théâtre. Ils furent les premiers surpris. Le texte de Jan Guillou (La Fabrique de violence, ed. Agone) est magnifique, il nous fait entrer dans la conscience d’Erik, un garçon de 14 ans battu par son père, et qui devient à son tour, face à la brutalité de ses camarades de pension, hyper violent. Le récit est poignant, écrit à la première personne, et il donne des clefs pour sortir du cercle des coups, pour s’en débarrasser et s’y soustraire sans céder à la volonté de puissance de l’autre. Sans s’aliéner. Le travail théâtral de Christophe Caustier, mis en scène par Tiina Kaartama, est d’une justesse et d’une retenue exceptionnelles. Il incarne Erik, ses replis, ses surgissements de violence, ses douleurs, avec évidence. Seul sur scène il porte en lui un poids immense, douloureux, que les adolescents enfermés dans leurs relations sociales agressives ressentent visiblement jusque dans leurs tripes. À côté de moi les petits durs tremblaient, blêmes, bouleversés. Un spectacle à prescrire partout où les jeunes s’enferment dans la spirale des coups donnés ou reçus, et des absurdes intimidations. AGNÈS FRESCHEL La Fabrique de violence Jan Guillou mes Tiina Kaartama Fos à surprise Classique parmi les classiques, Les Fourberies de Scapin font régulièrement l’objet de nouvelles mises en scène. C’est le cas de celle de Arnaud Denis, qui, avec la jeune troupe des Compagnons de la Chimère, propose de bouleverser les règles du genre en faisant du valet Scapin un jeune homme d’une vingtaine d’années, pour autant pas du tout dépourvu de désinvolture, d’insolence et d’inventivité. Le jeune metteur en scène endosse d’ailleurs le rôle de Scapin, menant à un train d’enfer cette comédie satirique indémodable. Puis, pour fêter la fin de la saison culturelle, le Théâtre de Fos propose Jacques a dit… tous au théâtre, une semaine durant laquelle théâtre forain (Les puces savantes feront leur numéro !), théâtre d’objets, chanson et cinéma (Petites éclosions, 3 courts métrages d’animation) animeront les lieux. Ce sera aussi l’occasion de rendre hommage à Guignol qui, à 200 ans, est Le déménagement fantastique X-D.R le 25 avril, 19h La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 toujours et encore d’actualité. Au programme : Le déménagement fantastique de Gui Baldet, adaptation enlevée et contemporaine de la pièce écrite en 1820 par Laurent Mourguet ; une conférence animée par Stéphanie Lefort qui fera le point sur les multiples évolution de la marionnette ; et une exposition organisée par Gui Baldet lui-même, avec documents d’archives, photos et différentes versions de la célèbre marionnette. S.L. Les Fourberies de Scapin mes Arnaud Denis le 26 avril Jacques a dit… tous au théâtre du 19 au 25 mai Théâtre de Fos-sur-Mer 04 42 11 01 99 www.scenesetcines.fr X-D.R Fin de saison Au théâtre d’Arles, la saison se termine en beauté avec Fin de partie, la pièce de Beckett mise en scène par Bernard Levy. Avec, pour ce faire, le respect absolu des indications scéniques de l’auteur, des didascalies qui représentent le tiers du texte. Dans un décor minimaliste, deux personnages, un paralytique aveugle cloué sur son fauteuil (Hamm) et son domestique, debout, forcément prêt à satisfaire ses moindres lubies (Clov). Dans deux poubelles, les parents de ce dernier finissent leur vie. Insituables et insitués, les personnages de Beckett peuvent disserter à loisir de l’attente, de la mort, de la fin, du manque de communication, de la déchéance… mais avec jubilation, délectation même, tant les mots, chez le dramaturge irlandais, transforment les paroles proférées en un « espace mental où le langage crée une multiplicité de sens, où chaque mot, chaque réplique sont à considérer comme des éclats poétiques (…) » explique le metteur en scène. Avec, en prime, une interprétation remarquable de la part des quatre comédiens. S.L. Fin de partie mes Bernard Levy les 29 et 30 avril 04 90 52 51 51 www.theatre-arles.com



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