Zibeline n°7 mai 2008
Zibeline n°7 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de mai 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aix, Miramas... les nouveaux élus parlent culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 THÉÂTRE MERLAN MASSALIA MINOTERIE TOURSKY N’est pas monstre qui veut ! René Cojo s’est livré, avec sa Cie Ouvre le Chien, à une sorte d’inventaire sociologique des monstres, à travers les âges et les continents ; il a demandé à Daniel Keene, auteur australien, d’écrire un livret sur ce thème, et au groupe The married Monk de composer une musique rock. Le public du Merlan assista donc à une création qui se déclarait « opéra rock » mais ne présentait comme analogie avec l’opéra que l’alliance texte/musique, sans sa dramaturgie ou son rapport à la fiction : cela tenait autant du boniment de foire que des imprécations des donneurs de leçons. Dès le début, trois écrans en fond de scène diffusent une série d’images de monstres, commentées au micro par un présentateur d’émission de télé qui crie son texte sur fond de musique rock. Il évoque tour à tour celui qui avait été baptisé Élephant Man, la Femme à barbe qui avait le visage de son père, les frères siamois, l’homme à tête de chien, l’hermaphrodite... Parfois le texte est très beau, comme celui sur l’homme dont le frère jumeau avait grandi en lui comme un fœtus, mais il se noie dans la musique et les images des trois écrans vidéo, qui le brouillent plutôt qu’ils ne l’illustrent... Ce que l’on retient, c’est la fascination morbide que l’être humain a toujours éprouvée pour ce qui lui fait peur et, parallèlement, le point de vue de celui qui est humilié, montré du doigt et qui souffre. Cependant la réalisation est loin d’être à la hauteur de l’ambition du concept et l’ensemble, brouillon, tient davantage de l’exercice en cours d’élaboration que d’une création réellement aboutie. CHRIS BOURGUE Elephant people a été joué au Merlan les 27 et 28 mars to Philippe Charbonnière Attendre Pommerat Joël Pommerat est programmé à Marseille, deux fois, au Massalia et au Merlan ! Mais si vous ne vous hâtez pas de réserver vos places, il vous faudra attendre le prochain passage, en décembre. Ou aller à Avignon cet été. Ou au Revest, à la maison des Comoni, à la programmation jeune public très pertinente… À Cavaillon, où Je tremble devait être joué en avril, les représentations sont annulées… Au Merlan il n’y a que deux séances, et au Massalia Le Petit Chaperon Rouge n’est joué que deux fois hors des scolaires… Quel dommage quand on sait combien les Marseillais ont adoré Cet Enfant la saison dernière, et combien les Martégaux ont été bouleversé par Le Petit Chaperon Rouge, et attendent son Pinocchio fin mai ! Pour les quelques-uns qui auront la chance de la découvrir, l’écriture de Pommerat fait naître un des plus beaux univers dramatiques contemporains. L’auteur, qui « écrit » sa mise en scène dans le même geste que ses textes, c’est à dire en présence de ses comédiens, en sculptant l’espace sonore et lumineux, possède une véritable stratégie narrative : il mène le public où il veut, dans l’émotion de l’histoire, dans la peur, la compassion, la révolte, guidant le spectateur sans didactisme, en le laissant rêver l’histoire, grâce à des effets spéciaux lumineux et sonores qui introduisent une distance et une étrangeté, des ombres, des possibles narratifs qui passent… Le Petit Chaperon Rouge, particulièrement effrayant, magique aussi, parfait pour les enfants à partir de 6 ans (pas avant !), est un petit bijou de lecture à entrées multiples. Avec ou sans Bettelheim, et consorts, il reste bouleversant, car toutes les clefs psychanalytiques n’empêchent ni l’émotion ni la surprise… Je tremble, sa dernière création dont il ne nous offre que le premier volet (le dyptique sera créé à Avignon, et joué en décembre au Merlan, on l’espère assez longtemps !), est selon ses dires sa première pièce « sans histoire », avec des personnages fragmentaires, un maître de cérémonie, et une évocation de l’effroi… A.F. Le Petit Chaperon Rouge Joël Pommerat Théâtre Massalia, la Friche les 6 (20h) et 7 mai (15h) 04 95 04 95 70 www.lafriche.org/massalia Les Comoni, le Revest (83) le 13 mai 04 94 90 91 92 Le Petit chaperon rouge Hervé Bellamy Je tremble (1) Joël Pommerat Scène Nationale de Cavaillon : annulé Le Merlan les 5 et 6 mai à 20h30 04 91 11 19 20 www.merlan.org
11 Au fond de Jarry gît… L’Armature de l’Absolu est un spectacle de marionnettes pas comme les autres. La Cie Buchinger’s Boot Marionettes fait preuve d’une invention peu commune, incessante, au style très affirmé, proprement cauchemardesque. Des créatures informes et viles y accouchent de petits monstres dévorateurs qui éclatent, se retournent, se mutilent, sont réduits en chair à saucisses… sans que tout cela ne relève d’un comique scatologique Artaud X-D.R genre Schrek ; mais il s’agit bien de réveiller nos fantômes enfouis, les plus anciens, ceux du temps où le plaisir et la culpabilité tournaient autour de l’analité. Pour cela Alfred Jarry est convoqué, et son Ubu dégueulasse, mais aussi tous les chevaliers ridicules et créatures putrides qui traversent ses pièces. L’histoire se déroule suivant des tableaux de plus en plus monstrueux, plastiquement hallucinants, avec une manipulation à vue souvent virtuose, et une bande-son faite de nappes, de stries et d’humidité lourde, et de souvenirs musicaux héroïques déformés, triturés. Ubu, débarrassé de sa force comique, de sa vigueur satirique, se donne à voir dans toute son horreur : un surgissement de forces obscures, inhumaines, qui gît en nous pourtant et transparaît dans nos désirs les plus régressifs. A.F. À venir au Massalia L’hiver quatre chiens mordent mes mains et mes pieds Du 26 au 30 avril (voir Zibeline 6) L’anthologie du Théâtre d’objet Théâtre de Cuisine mes Christian Carrignon du 20 au 23 mai 04 95 04 95 70 www.lafriche.org/massalia Ubu X-D.R L’Armature de l’Absolu a été programmé au Studio de La Friche par Massalia et l’Embobineuse les 21 et 22 mars Sous le signe de la lutte Cela va plutôt mieux à la Minoterie. Normalement, si tout se confirme et se fait dans les temps, l’équipe devrait emménager dans son nouveau théâtre, un peu plus loin, Place de la Méditerranée, avant d’être expulsée de sa belle minoterie de pierre (voir Zibeline n°1). Espérons que le changement de lieu ne bouleversera pas l’atmosphère et l’allant des minotiers, leur esprit ouvert, et l’accueil qu’ils réservent à tant de compagnies. En attendant, ils se lancent dans une vaste entreprise Brecht. Un triptyque qui commence par deux œuvres assez différentes dans le ton. La Noce chez les petits bourgeois est une pièce de jeunesse d’un auteur acerbe qui symbolise la fin d’un monde par un décor qui se déglingue et se paralyse. Encore expressionniste, écrite en 1918, la pièce est plus désespérée que militante : elle a la force du constat, et ses mots sont durs, manichéens parfois. Dans La Bonne âme de Se- Tchouan Brecht met en œuvre, au-delà du portrait d’une société provinciale enfermée dans un cercle de compromissions insécable, une fable amusante, dynamique, faussement exotique, où les dieux en goguette cherchent désespérément un humain à récompenser. Car tous sont aliénés, et c’est contre cela qu’il faut se battre, et non contre les seuls méchants bourgeois… Les deux pièces sont montées par une vraie troupe épique. Avec des Songs inédits composés par David Rueff, un trio sur scène, des comédiens qui chantent, dans l’esprit de Kurt Weill. Parce que la force politique de Brecht passe en grande partie dans les Songs, sortes d’adresses directes au public. Le Cabaret Brecht donné le 29 mars fut un exemple de cette convivialité militante. Un peu brouillonne, pour que chacun y entre mieux, à l’inverse de ces spectacles en papier glacé qui repoussent parfois la caresse. AGNÈS FRESCHEL Triptyque Brecht La Minoterie du 22 avril au 17 mai La Bonne âme du Se-Tchouan le mardi à 19h La Noce chez les petits bourgeois le mercredi à 19h La Bonne âme du Se-Tchouan et La Noce chez les petits bourgeois les jeudi, vendredi et samedi à 20h 04.91.90.07.94 www.minoterie.org Richard et les anars Après avoir triomphé dans La poésie crie au secours (voir pages 31 et 69), Richard Martin quitte un instant Léo Ferré mais reste en pays libertaire : il y défend son auteur fétiche, Henri- Frédéric Blanc, son frère en révolte anarchiste. L’acteur avait déjà créé son monologue Réception du diable, un texte excessif, plein force vitale et de noirceur concomittantes, de désespoir face au monde, et d’envie paradoxale de vivre. Dans ce nouveau texte écrit pour lui Richard Martin incarnera un directeur d’hôpital psy-chiatrique, en proie à la fois à sa réalité technocratique et à ses propres mons-tres, ses fantasmes envahissants. A.F. La Révolte des fous Henri-Frédéric Blanc mes et jeu Richard Martin les 25 et 26 avril À venir au Toursky Bouvard et Pécuchet d’après Flaubert avec Guy Pion et Jean-Marie Pétiniot les 29 et 30 avril Festival Mai-diterranée Du 2 au 17 mai La nuit du conte Saïdou Abatcha, Abdoulaye Diop Dany le 6 mai Concerts : voir page 37 Festival Flamenco du 20 au 24 mai (voir page 34) Théâtre Toursky 0 820 300 033 www.toursky.org



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