Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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74 L I V R E S Témoigner à tout prix Souriante, Valentine Goby écoute l’éloge de son dernier livre par le modérateur Régis Lefort. Il s’agit de Kinderzimmer (voir Zib’67) qui en est à sa 8e réimpression. Un témoignage sur le camp de travail de Ravensbrück, sur lequel il ne reste aucune archive, dans lequel existait Le jeune public en plein essor « Tous les spectacles sont annoncés complets. » Le succès du Festival Grain de Sel prouve qu’il y a une réelle demande du jeune public et des jeunes lecteurs. De nombreuses représentations gratuites étaient proposées dont Jules Verne et le griot d’Hubert Mahela. « En Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle ». De récits en récits, Fatou Ba et Hubert Mahela posent un regard singulier sur le colonialisme, et sur l’Afrique en général. Très attentifs, les enfants ont suivi le conte de Laurent Daycard et son dulcimer (famille des cithares). L’histoire d’un garçon qui part chercher Trois cheveux d’or du diable pour conquérir une princesse. Dans la pièce Neiges, d’après Andersen, la comédienne Isabelle Lega et la violoncelliste Marie Caparros emmènent petits et grands dans l’univers, réel puis imaginaire, de la petite Gerda, dans une mise en scène épurée et délicate. Sur la place Charles De Gaulle, les cris des enfants résonnaient dans Le village des bungalows, entre ateliers de lecture, de peinture ou d’éveil aux droits des enfants. D’Actes Sud Junior à Gallimard, de nombreux éditeurs étaient présents dont des petites perles égarées comme Dada, la première revue d’art aux éditions Arola. Lors des dédicaces, les dessinateurs Valentine Goby Chris Bourgue un lieu pour les nourrissons. Elle s’est appuyée sur les récits qu’elle a recueillis de la bouche même de Marie-José Chombart de Lauwe, puéricultrice des enfants nés dans le camp. Durée de vie maximum, 3 mois. Certains en ont réchappé et Valentine Goby en a rencontré deux. De ces témoignages elle a créé une fiction, devoir de mémoire « essentiel » pour elle. Il lui a juste fallu trouver le point de vue. Ce sera celui de Mila qui, peu après son arrivée au camp découvre qu’elle est enceinte. Or elle est dans la totale ignorance de ce qu’il se passe dans son corps, n’ayant reçu aucune éducation à ce propos. Valentine Goby explique l’innocence et l’inexpérience, terribles dans ce contexte. Elle évoque ses autres romans qui parlent aussi du corps des femmes, de l’avortement, de la maternité. Elle cite Charlotte Delbo, parle longuement de la langue des camps, ce mélange d’allemand et des langues des prisonnières qu’elle ne traduit pas volontairement pour leur laisser leur horreur crue. Et surtout elle insiste sur la solidarité pour résister à la mort et l’organisation de la survie pour laquelle un bout de ficelle ou un quignon deviennent joyaux. CHRIS BOURGUE ont récolté l’admiration dont les savoureux dessins de Zaü dans L’enfant qui savaient lire les animaux aux éditions Rue du monde ou les aventures de Pomélo de Ramona Badescu chez Albin Michel Junior. Un espace était dédié aux interviews, Antoine Guilloppé parla des techniques de découpe au laser et de son livre Le voyage d’Anoki chez Gauthier-Languereau, et des difficultés du rapport éditeur/illustrateur plus financiers qu’artistiques… ANNE-LYSE RENAUT fi Valentine Goby était à L’Attrape-Mots et chez Maupetit les 14 et 15 novembre dans le cadre des Itinérances littéraires de Libraires du Sud ; Marie- Josée Chombard de Lauwe était interwievée au 20h de France 2 le 21 novembre Le Festival Grain de Sel a eu lieu du 14 au 17 novembre dans divers lieux de la ville d’Aubagne Neiges Patricia Boucharlat Neiges Patricia Bouchallat 6 fois 13 minutes de bonheur C’était une première à Marseille et l’auditorium de la BMVR Alcazar était plein à craquer. Un public nombreux et enthousiaste, auquel se sont ajoutés les internautes appelés à s’exprimer en live sur Tweeter, et dont les commentaires s’affichaient en direct sur un écran à droite de la « scène ». Treize minutes : ce concept de six conférences scientifiques de treize minutes chacune (c’est chronométré ; gare à celui qui dépasse), inspiré des conférences TED (Technology Entertainement & Design), vient de Paris. L’équipe parisienne était d’ailleurs « descendue » prêter main forte à celle de Marseille. Et pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître ! « Nerveuses, variées, inattendues », elles l’ont été en effet, les six interventions des scientifiques invités. Variées -des neurosciences à l’astrophysique, en passant par la physique, l’informatique et la linguistique-, stimulantes, souvent drôles, et tellement inattendues. Aborder le principe de parcimonie par le biais des méthodes du célèbre inspecteur Colombo, expliquer la notion de descente de gradient à l’aide du schéma d’un skieur ou donner un cours de phonétique à partir de « Ty’es fou : on craint dégun », voilà une façon peu ordinaire (et très maline) de faire sortir la science de ses chapelles de spécialistes, de croiser les disciplines et, comme nous l’a confié le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus, d’« offrir au commun des mortels les fruits de la réflexion publique, financée avec ses deniers », ce qui selon lui « devrait être l’une des missions fondamentales de l’université ». C’est une bien jolie leçon de vulgarisation qui a été donnée ce soir-là. À quand la prochaine session à Marseille ? FRED ROBERT Treize minutes Marseille, un événement gratuit organisé par des chercheurs et enseignantschercheurs d’Aix Marseille Université, a eu lieu à l’Alcazar le 3 décembre Prochain rendez-vous : jeudi 13 février à Paris (hélas, mais on pourra le suivre sur le net)
Christian Rombi La musique de Huston Nancy Huston n’en est ni à sa première lecture publique, ni à son premier roman pour la jeunesse. C’est pourtant avec une énergie et une délicatesse particulières qu’elle s’est prêtée à l’exercice aux ABD Gaston Defferre le 26 novembre dernier, accompagnée par le musicien de jazz Claude Barthélémy à la guitare. Très expressive malgré son naturel calme, l’auteure franco-canadienne a fait entendre sans peine la voix de sa jeune narratrice, Lucy, dont le court texte d’Ultraviolet se veut le journal intime. Difficile de ne pas se laisser plonger dans les tourments adolescents de cette fille de pasteur, confrontée autant à la crise économique des années 1930 qu’à une crise identitaire, et jamais à court de questions sur le monde qui l’entoure. D’autant que, comme toujours chez Nancy Huston, la beauté de la langue ne fait pas défaut, et s’est avérée particulièrement bien servie par le dispositif musical, savant mélange d’improvisation, d’envolées vocales sur fond de chants religieux et de jolis figuralismes, reprenant un bruit de porte ou un saut au plafond. Un enregistrement de cette lecture en musique est sorti en septembre dernier : on ne saurait trop le recommander ! Nancy Huston a également publié le 21 août son dernier roman, Danse noire, récit filmique entrelacé de trois membres d’une même famille étendu sur un siècle, de l’Irlande sanglante de Pâques 1916 au Québec contemporain, dont l’auteure rêvait depuis longtemps d’honorer la langue… en passant par le Brésil, dont le rythme de capoeira se retrouve d’une page à l’autre, accompagne les séquences rêvées et s’imbrique dans les phrases mêmes. Ici encore, parole et musique sont intimement liés. SUZANNE LAY La lecture a eu lieu le 26 novembre aux ABD Gaston Defferre, Marseille Il était un soir… 75 P L OI VL RI ET SI Q U E CULTURE L L E L’amour du dessin lui est venu très tôt, vers l’âge de trois ans déclare-t-il. Et très vite aussi l’envie de montrer ses dessins puis de raconter des histoires à partir de ces dessins. Lui, c’est Emmanuel Guibert, grand monsieur de la BD et magnifique raconteur d’histoires. Celles des autres, d’Alan Cope par exemple. L’ancien GI rencontré au hasard d’une promenade sur l’île de Ré est devenu un ami et jusqu’à sa mort, en 1999, Emmanuel Guibert le retrouvait régulièrement afin d’enregistrer ses souvenirs. De ces conversations est d’abord née la trilogie mémorable de La guerre d’Alan, suivie l’an dernier de L’enfance d’Alan, une plongée émouvante dans l’Amérique des années 20 (on attend avec impatience la suite, adolescence et jeunesse, en préparation). Dessiner est ainsi pour Guibert une manière de « s’occuper d’une personne, d’autant plus quand la personne a disparu ». Mais de L’enfance d’Alan, qui justifiait la présence de l’auteur dans la région en ce début de décembre -il fait partie des bédéistes sélectionnés cette année pour le Prix Littéraire PACA- il a finalement été assez peu question durant la rencontre à la BDP. Emmanuel Guibert a préféré emmener le public ailleurs, dans son histoire à lui, au gré d’une improvisation brillante. Il a commencé par la lecture d’un savoureux « petit moment de vie parisienne », un PV comme il l’appelle, « équivalent littéraire d’un croquis dessiné » (à retrouver dans Le pavé de Paris, heureusement réédité). Ces PV, ces croquis lui permettent de s’affranchir un peu des contraintes du métier de scénariste. Il en fait souvent des livres et ce soir-là à la BDP, il a régalé le public de la projection des images d’un Ah ! L’Italie à venir. Explosion de couleurs, variété des techniques et des supports, détails architecturaux, copies de pièces de musée, scènes de rue ou de plage, jardins… un répertoire amoureux en somme. Et une occasion pour l’infatigable conteur de s’arrêter sur certains croquis et de broder, avec moult parenthèses, références, digressions… et une jubilation certaine. Que le public a partagée sans modération. FRED ROBERT Emmanuel Guibert était invité le 5 décembre à la Bibliothèque départementale des Bouchesdu-Rhône, en partenariat avec La Marelle, dans le cadre du cycle Paroles d’auteurs À lire L’enfance d’Alan L’Association, 19 euros sélectionné pour le Prix Littéraire des lycéens et apprentis PACA 2014 (voir p.70) www.biblio13.fr



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