Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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70 L I V R E S Le Prix littéraire a 10 ans ! Depuis 2004, le Prix littéraire des lycéens et apprentis de la région Provence-Alpes- Côte d’Azur, réalisé par l’Agence régionale du Livre Paca, propose à 1000 jeunes adultes de la région de découvrir le monde du livre, du côté de la création et du côté de ceux qui la font vivre. Depuis sa création en 2007, Zibeline accompagne le prix, critique les BD et romans, participe aux forums régionaux. Car le Prix littéraire des lycéens et apprentis concilie avec un bonheur rare éducation et création, dans un domaine qui tient particulièrement au coeur de Zibeline. Les 6 bandes dessinées et 6 romans contemporains choisis chaque année pour leur diversité de genres, de tons et d’univers, offrent aux jeunes une sélection placée sous le signe de la qualité et de la découverte. Pour fêter ces 10 années d’aventures littéraires et graphiques, nous vous proposons de retrouver dans chaque numéro de Zibeline un peu de l’histoire de ce Prix : quelques témoignages inédits, écrits ou dessinés, des auteurs qui ont participé à cette traversée et nous livrent ainsi un peu de leurs souvenirs... Zibeline Javier de Isusi - nov 2013 (Prix littéraire 2009-2010) Nrio0 CIAamp3 ; XIX w Jrk vs, -sty 24, keg ! in O eP.-12-, e Av PAX adi 04 } ; Ai'Fri re -reoar-4 4wIwz zoi£ CTA.R/'PF/e ; 41 -a-C tntr. Horizons littéraires Le Prix littéraire des lycéens et des apprentis de PACA, action éducative autour du livre et de la lecture, souffle ses 10 bougies cette année. Le premier Forum s’est tenu à Draguignan en présence des élèves de 11 lycées, particulièrement attentifs, dont les questions montrent bien qu’ils ne restent pas à la surface des mots et des images. Pour une fois il y avait la parité sur le plateau : 3 femmes (il en manquait même une) et 3 hommes, pour 2 romans et 3 BD. Les questions soulignaient l’intérêt des adolescents pour la gestation des oeuvres, leurs racines, la sélection des sujets abordés. Puis par leur fabrication : titre, point de vue, moments de l’écriture. Concernant son choix d’avoir raconté L’enfance d’Alan en images plutôt qu’en roman, Emmanuel Guibert déclare : « Je voyais les images en même temps qu’Alan me parlait. J’ai fait des dessins pour les lui offrir. Le livre n’est venu que bien plus tard. » Marie Neuser précise le choix de la 2 e personne du pluriel pour la narration : « À la 1 e personne, c’était trop psychologique, trop personnel. À la 3e, ça ne Forum lycéens déc 2013, M. Neuser,C. Baloup, M. Sowa, S. Revel, E. Guibert et A. Choplin Chris Bourgue marchait pas non plus. J’ai trouvé le philtre idéal qui implique le lecteur. » Clément Baloup s’est expliqué sur l’utilisation de photos de presse qui ont fait le tour du monde et qu’il a dessinées : « La fillette brûlée au napalm et le moine immolé par le feu : des photos qui font changer l’opinion. L’Histoire s’insère dans celle des femmes dont j’ai recueilli les témoignages. » Marzena Sowa évoque les villes polonaises et la lente évolution des mentalités qui peinent à se libérer des habitudes totalitaires tandis que Sandrine Revel déclare chercher un graphisme différent pour chacun des albums auxquels elle participe. Antoine Choplin confie son amour de la nature et des animaux qui ont repris leurs droits dans la zone radioactive de Pripiat en Russie et parle des 2 000 personnes qui sont revenues vivre sur le site avec l’envie de « rester vivants chez eux ». Tous les auteurs ont fait part de leur bonheur et de leur gratitude d’avoir été sélectionnés. Dialoguer avec de jeunes lecteurs élargit leurs horizons ! CHRIS BOURGUE Ce Forum s’est tenu à Théâtres en Dracénie, Draguignan le 4 décembre Prochain Forum : le 5 février L’enfance d’Alan Emmanuel Guibert L’association Un petit jouet mécanique (voir Zib’54) Marie Neuser L’écailler Little Saïgon Clément Baloup La Boîte à bulles (voir Zib’54) N’embrassez pas qui vous voulez Marzena Sowa & Sandrine Revel Delcourt La nuit tombée Antoine Choplin La fosse aux ours
Le bel instant était passé Sylvain Pattieu mixe avec bonheur ses deux domaines de prédilection, l’histoire -sociale de préférence- et la littérature. Déjà remarqué en 2012 pour son premier roman Des impatientes (La brune au Rouergue), une plongée saisissante dans l’univers des jeunes issus de l’immigration, entre lycée et centre commercial, le jeune historien, enseignant à Paris VIII, a exhumé des Archives départementales des Bouches-du-Rhône un fait divers oublié, mais qui avait fait la une en son temps. Le 25 septembre 1920, on avait découvert dans un appartement bourgeois de Marseille, le corps d’une jeune ouvrière devenue prostituée. À partir du dossier 2 U2 1602, dont on retrouve de multiples échos dans l’ouvrage (lettres, PV d’interrogatoires, articles de journaux, photos…), Sylvain Pattieu réalise une fiction étonnante, dont le titre Le bonheur pauvre rengaine pourrait être celui d’une chanson des beuglants de l’époque. Un texte hybride, où s’entrecroisent habilement d’authentiques documents (avec fautes d’orthographe d’origine) et les voix imaginées (très parlantes) des principaux protagonistes de l’affaire. En trois temps -le meurtre, l’enquête et prisons-, encadrés d’un prologue et d’un épilogue comme deux arrêts sur image, deux éphémères moments de grâce dans la courte existence d’une bientôt assassinée, le romancier double et complète l’historien, faisant revivre intensément les actes d’un drame dont on connaît pourtant l’issue. Grâce aux paroles d’Yvonne Schmitt, la victime, d’Yves Couliou, son meurtrier, mais aussi de la demi-mondaine Simone Marchand, du souteneur séducteur Fredval, et même de l’inspecteur André Robert ou du matelot africain devenu mac Cyprien Sodonou, le lecteur pénètre l’état d’esprit des personnages, et à travers eux celui de l’époque. Période à la fois effervescente et troublée de l’immédiat après-guerre, où l’alternative à l’usine et à l’exploitation semble être la « mauvaise vie ». Dans cette perspective, la jeune Yvonne apparaît surtout comme la victime d’un système qui brise les faibles et leurs pauvres rêves. Quant à Yves Couliou, ouvrier bagarreur, puis taulard, puis envoyé au bataillon disciplinaire (d’où il revient plus dur encore évidemment), Sylvain Pattieu en fait un produit de la société dont il reflète les valeurs de domination et d’apparence. Il le paiera cher lui aussi. Et Marseille dans tout cela ? « Terre d’exil et d’espoir depuis les origines », peuplée de « troupes fraîches débarquées après 1914, pour remplir les tranchées, les usines, les chantiers, tirailleurs exotiques, Russes indisciplinés, Indiens en turbans, travailleurs arabes, noirs ou annamites, marins… », n’est-elle pas le lieu idéal où dérouler cette « pelote de trajectoires, de mauvaises rencontres, de tristes sorts » ? Dans cette ville cosmopolite et interlope se rejouent les anciens conflits. S’y joue également « le sort des individus comme celui des nations, broyées par la force, broyée à son tour et à son heure. » Le bonheur pauvre rengaine, une nouvelle preuve, éclatante, engagée, que la littérature peut être l’« invention du réel ». FRED ROBERT Le bonheur pauvre rengaine Sylvain Pattieu La Brune au Rouergue, 21,50 euros Je bonheur Pauvre rengaine Sylvain Pattieu était invité le 23 novembre à la librairie L’histoire de l’Œil pour une lecture musicale de son ouvrage À lire aussi sa chronique de PSA-Aulnay parue en octobre aux éditions Plein Jour et intitulée Avant de disparaître (19,50 euros) Cacher qui je suis « Si quelqu’un d’autre que ma grand-mère m’avait raconté tout cela, je ne l’aurais jamais cru. » En 1915, 1 200 000 Arméniens sont morts sur le territoire turc. Au cœur de ce premier génocide du XXe siècle, une histoire singulière et inimaginable, pourtant réelle et emblématique, est racontée par Fethiye Çetin à travers les aveux de sa grand-mère. Quand l’armée turque est arrivée, cette dernière n’était qu’une petite fille « adroite, intelligente et raisonnable » dont la vie paisible dans le joli village d’Havav a été bouleversée à jamais. « De même que sa mère ne s’appelait pas Esma, le nom de son père n’est pas Hüseyin… Et elle même ne s’appelait pas Seher. » Dès la première page du roman, le lecteur se trouve noyé dans une confusion de prénoms. Mais au fil de l’histoire, tout se dénoue. Son enfance, son enlèvement, sa nouvelle vie hantée par l’espoir de revoir ses parents réfugiés en Amérique… Héranouche est son prénom de naissance. Une arménienne chrétienne devenue Seher, une musulmane turque. Pieuse, humble et généreuse, cette grand-mère a gardé sous silence ce secret insoutenable presque toute sa vie. Des révélations, subtilement ponctuées d’allers-retours entre le présent et le passé. Presque cent ans plus tard, la vie de l’auteur, elle-même, sera affectée par ces confidences… ANNE-LYSE RENAUT FL'trllrG 4lfi[li Le livre cerrla gr-a rid- xtYre Le livre de ma grand-mère Fethiye Çetin Parenthèses, 18 euros Gibraltar deuxième Il y a quelques mois, nous vous présentions le premier numéro d’un tout nouveau mook semestriel Gibraltar, que son rédacteur en chef Santiago Mendieta était venu promouvoir à Marseille (lire Zib’64). Le second numéro est désormais disponible. Cette revue, belle et engagée, garde l’ambition de jeter « un pont entre deux mondes », de croiser les regards sur notre Babel méditerranéenne. Récits, reportages, fictions inédites, bandes dessinées, photographies, illustrations, les entrées sont multiples au fil de ces 180 pages. Les sujets aussi. « Spectres et lumières », annonce Mendieta dans son éditorial. Les spectres, ce sont ceux des conflits passés et de leur poids sur les générations suivantes, sujets de l’important dossier central. Gilbraltar y ressuscite la mémoire de la guerre civile espagnole, du siège de Sarajevo, des années noires de l’Algérie, selon des biais originaux, telle cette évocation du génocide arménien par le truchement d’un émouvant portrait de l’acteur Simon Abkarian. À noter que ce dossier, comme tous les autres sujets, s’accompagne de références chronologiques et bibliographiques. Quant aux lumières, ce pourraient être celles qui brillent dans les yeux des campeurs de la plage sauvage et encore libre (pour combien de temps ?) de Piémanson, près d’Arles, ou dans ceux des résistantes du Kurdistan syrien, en lutte pour la libération de leur peuple, et la leur aussi. À découvrir également, entre autres, le mouvement Slow Food et l’Unité d’habitation d’Air France à Brazzaville : une Cité Radieuse africaine en péril, à protéger de toute urgence. F.R. Revue Gibraltar 2, 17 euros Abonnements sur www.gibraltar-revue.com 1.'in+..r -.rz gbraltar M1.7.(141=.11Ezr."2+LUt,I.. Santiago Mendieta était présent à Marseille le 15 novembre à la librairie du MuCEM et le 16 au Centre Bourse pour le 22 e Carré des écrivains 71 P L OI VL RI ET SI Q U E CULTURE L L E



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