Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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62 A U PRO G R A M M E A RT S V IS U EL S La mer mère Le voyageur Patrick Zachmannrevient au port, avec sa récolte de souvenirs, d’émerveillements et de larmes. Parti trois ans durant en quête d’identité sur les rives sud de la Méditerranée, il cherchait à retrouver les racines algériennes de sa mère, perdues parmi les brumes de sa mémoire vacillante. Dans le film de 52 minutes constituant le journal audiovisuel de son expédition, on le voit interroger cette vieille dame à la voix râpeuse, tandis que les lieux de son enquête apparaissent sur les écrans en triptyque du dispositif scénique. Registres de naissance soigneusement calligraphiés, anciennes photographies se superposant aux nouvelles : le visage étonnant d’une aïeule surgit soudain, de même que la tombe d’un arrière 9 21h Ali, candidat au départ, Zarzis,Tunisie, 2011 Patrick Zachmann/Magnum Photos grand-père inconnu. Étonnamment, l’œuvre du photographe se fait plus émouvante lorsqu’il aborde d’autres récits que ceux de sa propre famille, comme si une distance supplémentaire lui permettait de se livrer pleinement à l’émotion. En interrogeant les relations puissantes qui unissent des mères restées au pays et leurs fils exilés dans les pays du Nord, il touche juste et fort. Ces jeunes gens ont quitté leur patrie pour une Europe qui ne sera « jamais aussi belle, aussi riche et accueillante que dans leurs rêves », avec une culpabilité telle de quitter une mère considérée comme sacrée, qu’il leur arrive de ne pas se résoudre à lui dire au revoir... À travers le parcours de trois d’entre eux, et le témoignage de leurs parents éplorés, se dessine progressivement : a {3's.,:.. Pk- Autoportrait avec ma mére, Paris, 1983 Patrick Zachmann/Magnum Photos l’éternelle histoire des migrants : deuil, mise en danger, absence et reconstruction. GAËLLE CLOAREC Mare-Mater jusqu’au 28 janvier MuCEM, Marseille Fort Saint Jean, bâtiment Georges-Henri Rivière 04 84 35 13 13 www.mucem.org À lire Le livre de Patrick Zachmannqui accompagne l’exposition est paru aux éditions Actes Sud. Préfacé par François Cheval, Mare Mater, journal Méditerranéen contient également le DVD du film présenté au MuCEM c Art Est Ouest La Capitale européenne de la culture qui bientôt ne le sera plus, vient de s’enrichir d’un nouvel espace consacré à l’art contemporain. Ni effet d’aubaine ou opportunisme sur la vague 2013. C’est le marseillais Alfons Alt qui a la primeur d’inaugurer avec notamment une série dédiée à Marseille. D’autres projets se préparent sous ces nouvelles cimaises de l’association Art Est Ouest. Pour certains, le 22 du cours Franklin Roosevelt n’est pas tout à fait inconnu puisqu’il a abrité l’atelier de Jean-Jacques Surian pendant de nombreuses années. Réhabilités dans la plus simple neutralité du désormais classique white cube, les cent cinquante mètres carrés accueilleront une programmation éclectique sans ligne esthétique marquée mais orientée art contemporain, peinture et photographie principalement ainsi que du design. Avec Vue partielle de l’exposition Alfons Alt dans le nouvel espace de l’association Art Est Ouest, 2013 Art Est Ouest une once d’art africain puisque le responsable des lieux et président de l’association Art Est Ouest possède une belle collection de sculptures constituée au fil des années. Plusieurs projets sont avancés mais les noms ne sont pas encore tous arrêtés. « Nous composons avec le conseil d’administration notre programmation selon des coups de cœur. Ce sont des artistes renommés ou émergents, des jeunes designers, d’ici et d’autres horizons, des pays d’Europe de l’Est en particulier avec lesquels nous avons des affinités, la Russie, l’Ukraine, aussi l’Arménie. Nous travaillons aussi sur l’idée de décloisonnement de l’art » précise Wladimir Marine, lui-même ingénieur physicien. Ce n’est donc pas un hasard si Art Est Ouest accueillera aussi des conférences scientifiques. En fait, l’association n’en est pas à son premier coup d’essai en termes d’ouverture. Constituée en 2007, elle participa à plusieurs projets culturels dans le cadre de l’année de l’Arménie ou encore l’année de la Russie et le colloque organisé par Jean-Noël Bret et son association AEPHAE. Ces collaborations sont amenées à se développer puisque désormais Art Est Ouest dispose d’un espace d’accueil et de diffusion permanent. Des ateliers à destination du jeune public sont prévus en musique, théâtre et vidéo. La programmation devrait se rythmer sur sept manifestations à l’année. 2014 ouvrira avec Piotr Klemensiewicz, en février, qui travaille à une série de peintures spécialement conçues pour l’événement. Et pour l’heure, l’exposition d’Alfons Alt (lire également p.65) devrait bénéficier d’une prolongation jusque fin décembre. CLAUDE LORIN Art Est Ouest, Marseille 22 cours Franklin Roosevelt 06 17 24 81 86
Alger-Marseille à vif Un Écorché d’Amina Menia est l’aboutissement d’un long processus de réflexion, d’écriture et de rencontres… la vision visible de l’iceberg ! Il y a deux ans, l’artiste commence son travail de recherche autour de l’architecture de Fernand Pouillon, à Alger où elle vit et travaille, et à Marseille qu’elle découvre. Après la réalisation d’un premier film en mai 2012, la voici accueillie en résidence à l’Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Marseillaise (AGAM) dans le cadre d’un Atelier de l’Euroméditerranée, accompagnée dans son projet par la galerie art-cade qui apprécie sa « posture de chercheuse ». Là, Amina Menia trouve matière à travailler sur la mémoire des villes, l’architecture, l’histoire du bâti et de ses bâtisseurs, puisant à la source des cartographies, des plans, des photographies et des écrits : un matériau que l’on retrouve dans le Palimpseste Alger-Marseille. Son parcours créatif atteint son point culminant dans cette quatrième étape qui laisse voir les entrailles de son travail car Un Écorché parle autant de son analyse et de son Un Écorché d’Amina Menia Mazaki Watanabe ressenti sur Marseille que d’ellemême : cette manière unique d’appréhender la ville comme « un corps qui bouge, qui souffre, qui a des fractures » selon Aurélie Berthaut, administratrice de la galerie. « Amina Menia a pris en compte le contexte de rénovation à venir du lieu, ses fissures et ses infiltrations. Elle a travaillé sur la peau de ce lieu qui a vécu entre les mains des artistes. » Démarche éminemment poétique qui redouble d’intensité dans le jardin où elle installé « la pierre 11111.4.1rw W',.d.rtlW 1a "TC G mi* F] k.a.t} f Fxwi :. y Mr"Mr, MrMw.e+MS. ur4Fh..-C'MI aq.uWFtwa.da w+'y 15.1.41.1.1.111.11 at.1.1 qui pleure » que Fernand Pouillon importait des carrières de Fontvieille pour construire ses immeubles à Alger… Les voici de retour dans cette ville-miroir qu’est Marseille, évoquée par un jeu de piste pointilliste o"ar F4un I un des six étudiants de l'Ecole Jonathan d'Art de Marseille Puertas, ayant participé au montage de Jonathan Puertas, un des six étudiants de l’Ecole d’Art de Marseille ayant participé au montage de l’exposition Un Ecorché d’Anima Menia Mazaki Watanabe l'exposition Un Ecorché d'Anima Menia Mazaki Watanabe fait de dessins collés au mur (lignes fracturées évoquant la Sainte-Victoire de Pierre Buraglio), d’une montage d’étais à traverser (des lances pareilles à La Bataille de San Romano d’Uccello), de photos microscopiques, d’une vidéo. Et de textes, là aussi poétiques, qui éclairent sa pensée : « Je ne m’attendais pas à regarder la ville ainsi. En traces, en cicatrices, en corps vivant finalement. » Corps terrestre qui s’affranchit de toute géographie, frontière et territoire… M. G.-G. jusqu’au 14 janvier Galerie art-cade, Marseille 1er 04 91 47 87 92 www.art-cade.org Marseille à pas de géant De la gare Saint-Charles au quartier Picon-Busserine, jusqu’à La Rose, un parcours urbain éphémère est à l’œuvre par images photographiques interposées. Celles de Guillaume Janot, lauréat d’une commande publique du CNAP 1, dont la pratique est « essentiellement liée au voyage, au déplacement (…) entre document et fiction, réalisme et faux-semblants ». Placardées en façades, cinq et bientôt six immenses bâches -dont la plus grande atteint 150 m² - s’inscrivent dans des lieux qu’il a arpentés depuis 2011, au plus près des habitants. Là où la photographie est rarement présente. Si Guillaume Janot a pris « la ville comme cimaise » et source d’inspiration, son travail rompt avec les clichés éculés : ici, pas de Vieux-Port, ni de Major, ni de corniche… Son travail a avoir avec l’intime, souvent en écho à son lieu de résidence : chambre d’hôtel, plafond décoré, détail d’un luminaire… des images d’intérieur, sereines, en rupture avec l’agitation de la ville. Et puis il y a ce changement d’échelle frappant entre la monumentalité des photographies et la Gaëlle Cloarec taille des objets représentés, ou encore ce jeu d’opposition entre intérieur et extérieur. Entre une nature vivifiante (prise loin de Marseille) et l’architecture urbaine. Comme si le photographe mettait à distance le thème même de sa quête. Ce musée à ciel ouvert sobrement intitulé Marseille-Marseille est produit par les Ateliers de l’image qui proposent ateliers, médiations et visites accompagnées, en attendant la parution d’un Journal de la commande début 2014. Dans ces quartiers soumis à un projet de rénovation urbaine, certains des immeubles qui servent de support aux photographies de Guillaume Janot seront amenés à être détruits d’ici deux ou trois ans. Les bâches resteront accrochées jusque-là, puis remises aux habitants, qui prévoient de les recycler sous forme de sacs ou autres objets de style. M.G.-G. et G. CLOAREC 63 A U PRO G R A M M E A RT S V IS U EL S 1 Centre national des arts plastiques, Paris Marseille-Marseille jusqu’au 6 juin Les Ateliers de l’image, Marseille 04 91 90 46 76 www.ateliers-image.fr



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