Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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58 C I N É M A Horizons espagnols Salles combles le soir, fréquentation en hausse, 1 800 jeunes dans les séances scolaires, films variés, invités présents au rendez-vous, un directeur de cinéma aux anges, tel est le constat fait lors de la séance de clôture du 12e CineHorizontes, le 16 novembre au cinéma Prado à Marseille Le jury « fiction » présidé par Juan Antonio Vigar, directeur du festival de Malaga -avec lequel le partenariat est renforcé pour 2014-, a attribué le Grand Prix à Ilusion, un film à tout petit budget, tourné avec un appareil photo HD, une comédie « horrifique » qui a bien fait rire le public, fidèle, de CineHorizontes. Daniel Castro qui en est le scénariste, le réalisateur, l’acteur principal et le producteur, l’a dédié à son équipe qui a « travaillé pour rien ». L’histoire est simple : Daniel, un scénariste, a en tête de réaliser une comédie musicale sur le Pacte de la Moncloa de 1977 -que plus personne ne connait aujourd’hui, comme le lui rappelle un producteur- dans laquelle chanteraient les personnages de Santiago Carillo et Felipe Gonzales ! Personne ne semble Ilusion de Daniel Castro Tormenta P.C intéressé par cette idée ; ses parents comme sa petite amie en ont assez, lui demandant de devenir responsable. Le film regorge de trouvailles et de gags. Les échanges qu’il a avec son père, par mail, mis en scène en monologues face à la caméra sont hilarants tout comme ses refus de vendre à une cliente de la librairie où il essaie de travailler 3 DVD de Michael Haneke sous prétexte que chaque film de ce cinéaste, vendu, rend le monde pire. Haneke à qui il écrit d’ailleurs : « M. Haneke, votre vie doit être bien triste pour que vos films soient si pessimistes. » Autre clin d’œil au cinéma, la scène où, mis à la porte par sa femme, il s’endort sur un banc public, abrité sous une affiche d’Annie Hall de Woody Allen. Bref, on ne peut que féliciter a"`°w abe ce jeune cinéaste et le Jury de l’avoir choisi. Le public, quant à lui, a préféré Blanca Nieves de Pablo Berger pour lequel Angéla Molina a obtenu cette année le Prix Goya de la meilleure actrice et le prix Gaudì du meilleur rôle féminin. Elle y incarne la grand-mère aimante de Carmen, surnommée Blanche Neige par des nains toréros de vachettes. Pablo Berger revisite, réinvente, ré-enchante le conte des frères Grimm, le brode précieusement comme un habit de matador ou une mantille sévillane, le transposant dans le milieu tauromachique des années 30. Il se réapproprie les universaux du genre et les codes du cinéma muet pour offrir une version émerveillée, hispanisante et contemporaine de ce conte, noire et blanche. Le miroir magique y devient un magazine de mode où la jeune héroïne descendue dans l’arène, vole la vedette à sa marâtre et le corps imputrescible de la belle empoisonnée, une marchandise au baiser tarifé, dont la douleur se concentre dans une larme silencieuse. Horizontes del Sur nous avait promis une superbe édition : promesse tenue ! ELISE PADOVANI ET ANNIE GAVA CineHorizontes a eu lieu au cinéma Le Prado à Marseille du 8 au 16 novembre Horizontes del Sur 04 91 08 53 78 www.horizontesdelsur.fr Palmarès Meilleur court métrage : El Bosón de Higgs de Cristina G. Molina Meilleur documentaire : Con la pata quebrada de Diego Galán Grand Prix meilleur film : Ilusión de Daniel Castro Meilleur scénario : Las Brujas de Zugarramurdi d’Alex de la Iglesia Meilleur acteur : Javier Cámara dans Ayer no termina nunca d’Isabel Coixet Meilleure actrice : Candela Peña dans Ayer no termina nunca d’Isabel Coixet Prix du public : Blanca Nieves de Pablo Berger Cinéma au théâtre Comme tous les ans dans le cadre du Festival Russe du Toursky, le cinéma s’est invité au théâtre pour une semaine. La XIXe édition a proposé cinq titres tirés du Fonds d’état de Monologue d’Ilia Averbakh Carlton Films Export D la Russie (Gosfilmofond), qui s’enorgueillit de la plus grande collection de films au monde, 70 000 ! Déclinés en film-événement, film-émotion, film culte, film phare, film passion, tous les cinq se déroulent dans la même ville dont le nom s’est lui même décliné au fil de l’Histoire : St Petersbourg, Leningrad, Stalingrad. En ouverture, le 12 novembre, la délégation russe a présenté Monologue d’Ilia Averbakh, un film de 1972 sur la vie, ses abdications, ses victoires inattendues, ses regrets, forcément. Le professeur Nikodim Strtensky dirige un institut scientifique. Il collectionne les petits soldats de plombqui rejouent des épopées miniatures dans son salon. Neurochimiste reconnu, honoré, il mène une vie confortable, routinière, solitaire, ayant renoncé à l’amour et aux aventures scientifiques, jusqu’à ce que son existence s’emballe avec l’arrivée d’abord d’une fille perdue de vue depuis longtemps, puis d’une petite fille que la première lui abandonne et enfin d’un jeune collègue qui réveille son goût de chercheur sur la chimie du cerveau. Mais comment apaiser l’humaine douleur ? Seul l’oubli et le pardon permettent de vivre, conclura-t-il. Les images aux dominantes vert-brun, comme les photos d’un vieil album de famille, balaient 20 ans de sa vie en 100 mn. L’acteur de théâtre Mikhaïl Glouzsky, incarnant le professeur vieillissant au milieu des drames passionnels, est bouleversant. Une belle découverte. ELISE PADOVANI La Semaine du cinéma s’est déroulée du 12 au 16 novembre au théâtre Toursky, Marseille
Rencontres sensibles Pour sa onzième édition, le festival Image de ville a choisi le thème des villes méditerranéennes. Préséance pour la Capitale de la culture oblige, la programmation a commencé le 15 novembre à l’Institut de l’image par Marseille. En avant-première, restaurée et numérisée, L’heure exquise de René Allio, cinéaste mort en 1995, que rétrospectives et hommages tirent d’un relatif oubli. Le film a été présenté par l’invité d’honneur, Marcel Roncayolo, ami du réalisateur, comme lui Marseillais. L’éminent géographe pour lequel la cité phocéenne est « un animal de laboratoire » passionnant et le petit-fils d’émigré piémontais pour qui elle demeure le lieu sensible du roman familial, partagent une même perception et une même réticence aux clichés régionalistes. Le festival croisant les approches théoriques e 4% 59 P C OI NL ÉI MT AI Q U E globalisantes et les visions particulières ne pouvait pas trouver meilleure introduction. L’échange entre spécialistes de l’urbain et cinéastes s’est poursuivi avec la présentation de la première correspondance filmée produite par Image de ville dans le cadre de MP13. Le réalisateur algérien MohammedLakhdar Tati a adressé une lettre à un architecte. Il la lit immergé dans le bruit et le mouvement de la rue Didouche au centre d’Alger, que le cinéaste filme au plus près. Rue façonnée par les corps, l’Histoire et les histoires. Il a découvert, projetée dans la foulée, la réponse de Nicolas Michelin. Du haut d’une Je veux voir de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas Patrick Swirc terrasse, une sarabande de Bach en fond sonore, l’urbaniste lui parle d’autres rues semblables à la rue Didouche, artères où bat le cœur des métropoles, vecteurs du vivre ensemble, creusets où tout se mélange mais dans le même temps, s’identifie. Rues à défendre contre les dérives de la sécurisation, de l’asepsie urbanistique, du danger de faire table rase et des inquiétants projets de restructuration du quartier algérois Belcourt. La soirée inaugurale organisée dans le nouveau conservatoire aixois conçu par Kengo kuma, a proposé également une forme dialoguée, entre la partition du guitariste Alexandre Wimmer, seul sur scène, et le mélodrame de Jean Epstein, Cœur fidèle (1923) dans le rituel ciné-concert de l’ouverture du festival. Musique électro, à pulsation continue accompagnant non sans humour parfois ce mélo stéréotypé où il ne se passe pas grand chose selon le vœu d’Epstein, plus intéressé par l’expérimentation de nouvelles formes cinématographiques que par le scénario : gros plans, surimpressions, montage alterné. On y retrouve Marseille, le port, la digue du large comme on ne l’a jamais vue. Une belle proposition encore de ce festival qui crée année après année depuis dix ans, de nouvelles rencontres, sensibles. ELISE PADOVANI Le festival Image de ville s’est déroulé du 15 au 17 novembre à Aix-en-Provence et s’est poursuivi les 26 et 27 à Marseille, à la Villa Méditerranée Image de ville 04 42 63 45 09 www.imagedeville.org CULTURE L L E iTrISU a NTr rT T StirUf+iU.KISS.ISsBa1.BaNK.CON/1NeBraDtioWIIBBLIN S I i INTervlevs, OHffU, reParraGes, TrT, DoBaTS... - weBraD10 zIBeLINe, La raDIo DU JoUI^NaL IBeLIINe



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