Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 36 - 37  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
36 37
36 M U S I Q U E « Journée quatuors » pour un trentenaire Le Quatuor Zemlinsky introduisait la matinée du 24 novembre avec une programmation tchèque dédiée à Dvorak. En lice, l’emblématique Quatuor « Américain » dont la composition est concomitante de la Symphonie du nouveau monde, rappelant en cela les inspirations populaires du nouveau continent, mêlées aux influences bohêmes du pays tchèque. C’est une introduction lente qui ouvre l’ultime composition de musique de chambre de Dvorak, l’op 106, libérant alors deux thèmes plus vifs inexorablement relancés par un appel de cor(de)s. Le Furiant (danse de Bohême à 3 temps) rapide du « molto vivace », aux alternances ternaires/binaires, contraste avec sa partie centrale dont le quatuor soulignait avec épanchement les voix canoniques « faisant presque entendre une chorale d’alouettes au dessus des prairies de Bohème du sud inondée de soleil » selon le musicologue Otakar Sourek ! Le Zemlinsky était dans son élément y compris en concluant par une transcription alerte de Smetana. Des prairies de Bohème aux influences viennoises de Haydn sur le jeune Mozart, il n’y a qu’un pas franchi par le Quatuor Asasello l’après-midi, avec le KV 173 offrant un contraste saisissant avec la suite Morphing de Christian Lauba et le 4 e Quatuor de Schoenberg (période américaine encore et Ländler viennois). Entre l’écriture hautement élaborée (strict dodécaphonisme, cadre structurel traditionnel) pour cette pièce Cordes russes Le XIX e festival russe du théâtre Toursky accueillait pour sa part musicale de superbes instrumentistes. La première partie était assurée par Dimitri Karpov que l’on avait eu le bonheur d’entendre l’an dernier lors du concours Véra Lautard. On avait ainsi le plaisir d’entendre des extraits des Saisons de Tchaïkovski, la Chasse de Septembre, emportée, la rêverie du Chant d’automne d’Octobre, la romantique Troïka de Novembre. Le jeu brillant et virtuose du jeune pianiste trouvait sa mesure avec trois extraits de Rachmaninov, Étude-Tableau en mi bémol mineur opus 39, Prélude en ut dièse mineur opus 32 et le tableau de caractère extrait de Fantaisies, Polichinelle. On partait dans un univers onirique précieux avec les 5 e et 4 e préludes, la 2 e Mazurka et l’étude en ut mineur de Scriabine. La mécanique parfaite du Basso ostinato de Schedrin mettait en valeur l’impeccable articulation du virtuose qui se permit en bis d’accélérer le tempo du Vol du Bourdon de Rimski-Korsakov après une valse de Chopin tout en finesse. Deux pièces maîtresses ensuite étaient interprétées par le Trio Brahms, le Trio en la mineur op. 50 de Tchaïkovski et le Trio en mineur op.67 de Chostakovitch. Délicatesse et puissance du piano de Natalia Rubinstein, sons creusés et élégants du violon de Nikolai Sachenko, pâte sonore sculptée avec finesse du violoncelle de Kirill Rodin. On se souviendra des aigus sur le fil, ténus et clairs, des cadences, de la conscience tragique que souligne le piano, aux espaces larges dessinés par les cordes, au œuvre, lyrisme colossal de la première des dissonances de la seconde, renvoyant à celles du monde. Du grand art ! MARYVONNE COLOMBANI Concerts donnés le 19 novembre au Toursky, Marseille X-D.R Quatuor Zemlinsky Tomáš Bican maîtresse et la transcription musicale du fondu-enchaîné du contemporain bordelais, il existe un fossé expressionniste concrétisé par une harmonie évolutive pulsée sur un riche tissu polyphonique et nuancé qui contrepointait les modes de jeu « sul tasto » et « ponticello » du Viennois, finement interprétés. De l’engagement pour ces interprètes récompensés par une écoute tour à tour consciencieuse et jubilatoire ! PIERRE-ALAIN HOYET La Journée Quatuors s’est déroulée le 24 novembre au Méjan, à Arles Duo globe-trotter ! Yana Boukoff et Daniel Wayenberg forment un couple improbable. Lui est une légende vivante du piano : plus de soixante ans de carrière au compteur ! Placide, un peu en retrait, mais alerte comme un jeune homme de 84 ans, il ne trébuche qu’au sortir de scène (manquant une marche -visiblement sans séquelle) avant de claquer au clavier un périlleux op.23 n°2 de Rachmaninov à faire frissonner l’auditoire. Elle, petite-fille de Yuri Boukoff, est une belle plante de mezzo au regard qui tue. Sa voix est sombre et suave : vibrante jeunesse d’un timbre non altéré par des emplois trop lourds ! Leur programme est slave, Chansons de Dvorak ou d’anonymes Bulgares, Mélodies de Rachmaninov, Moussorgski... dont quelquesunes sont des classiques russes. Elle émeut, du tendre pathos à la gaité festive, fondus dans un romantisme tourné vers l’occident (Mélodies de Tchaïkovski) ou attiré par l’orient (« Air de Lyubasha » de Rimski-Korsakov). Lui, à l’écoute sereine, se moule dans sa pâte vocale, ses talents de conteuse. Ils donnent l’envie de se procurer leur dernier disque... cosmopolite ! JACQUES FRESCHEL J.F Le récital a été donné le 25 novembre à La Criée, Marseille Yambó ! SACD Lyrinx LYR 2288 : « De Napoli à La Habana, de Sofia à New York » (Tosti, Montsalvatge, Gershwin, Christov) Q
Délices lyriques L’église de Nazareth de Trets était comble pour accueillir Pauline Courtin qui faisait l’amitié d’une représentation exceptionnelle, accompagnée superbement par le piano d’Anaït Serekian qui offrit aussi une belle interprétation de la Fantaisie en ré mineur de Mozart. Le programme s’équilibrait entre chant sacré et chant lyrique : sensibilité inspirée du Confutatis du Requiem de Verdi, et du Pro peccatis suae gentis du Stabat Mater de Rossini par la soprano, ou du Vidit suum de Pergolèse et l’Ave Maria de Caccini par le baryton Christian Helmer. Délicieuse complicité des chanteurs dans Mozart ou Verdi ! Ah ! Andiam andiam ! murmurent-ils encore à nos oreilles dans le duo La ci Eloge de la virtuosité Associés au nom de l’illustre Farinelli, une période : la première moitié du XVIII e siècle ; une génération de compositeurs, Porpora, Broschi... et un mot emblématique : virtuosité. Au devant de la scène, l’interprète, idole des foules avides de prouesses techniques, côté cour, les compositeurs qui rivaliseront d’inventivité pour faire briller leur poulain. Interpréter cette musique, sans la réduire à un simple exercice pyrotechnique, demande donc des qualités techniques considérables mais également une capacité à transmuer ces objets sonores en musique. L’immense mezzo-soprano AnnHallenberg, technicienne hors pair, possède toutes ces qualités : ses vocalises, d’une pureté absolue, sa ligne de chant, magnifique, sa justesse, darem la mano de Don Giovanni ! On est séduit par l’expressivité malicieuse du dialogue entre la perspicace Suzanne et Figaro des Nozze di Figaro dans le Se a caso Madama, le charme de l’entrevue de la jeune femme avec le comte qui cherche à la séduire (Crudel perche fin’ora) et qui a traduit ses espoirs dans un superbe Hai gia vinta la causa.C. Helmer était souverain en Don Giovanni dans l’Air du Champagne avant d’endosser le rôle de Leporello dans la récitation du catalogue donjuanesque. Pauline Courtin livrait à un public subjugué l’air de Gilda de Rigoletto (Gualtier Malde) avant le tragique dialogue avec Rigoletto, Tutte le feste…Si vendetta. Airs sculptés dans l’or admirable, sont au service de la musique et rien que la musique. Dans les airs les plus diaboliques de Broschi, Giacomelli ou encore Porpora, elle parvient à distiller des moments de grâce. Et que dire de son premier bis extrait de Rinaldo de Haendel sinon que le public du GTP est resté suspendu à ses lèvres, subjugué. Quant à Christophe Rousset, à la tête de son magnifique ensemble Les Talens Lyriques, il mérite le titre de dentellier ! Chaque note est pesée, chaque silence est pensé, chacune de ses lignes mélodiques cisèle l’espace. Un chef hors pair, une chanteuse d’exception, un spectacle de haute volée. CHRISTOPHE FLOQUET 11 Ce concert a été donné au GTP, Aix, le 19 novembre i flag’2013 pour l’Agence Artistik Eric Larrayadieu des voix qui jamais n’oublient le propos, timbres qui s’épousent… et une étonnante capacité à nous faire entrer directement dans chaque univers dès les premières mesures ! Un temps de bonheur suspendu ! MARYVONNE COLOMBANI Lise de La Salle LynnGoldsmith Le récital lyrique a été donné le 16 novembre à Trets Du genre talentueuse... Pour sa première soirée « Grand piano à Neptune », le Festival de musique de Toulon accueillait la pianiste Lise de la Salle. Le récital, construit autour d’un répertoire qui faisait la part belle aux transcriptions, était en réalité un tremplin à des élans virtuoses. Et de virtuosité, l’interprète n’a pas manqué : en effet, s’appuyant sur un jeu à la technique éprouvée avec un toucher autoritaire et majestueux, presque « viril », elle s’est affranchie sans ombrage des nombreuses difficultés dont Liszt et Busoni avaient émaillé leurs relectures monumentales de Bach. Pour les baroqueux de tout poil, Bach au piano est souvent vécu comme un crime de lèse-majesté mais, transcrit par ces derniers, il n’en reste plus que l’ossature. Pour autant, ce romantisme au style pianistique très démonstratif et si démesuré, témoignant d’une certaine transcendance de l’interprétation, fait encore recette auprès des amateurs de prestations surnaturelles et hors normes, ou des interprètes familiers de ce type de répertoire déjà habitués du genre avec Chopin également au programme. Cependant, à l’image d’un très beau prélude Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir de Debussy ou de l’émouvante Variation op.18b de Brahms, tirée de son fameux sextuor à la demande de Clara Schumann, la soliste n’a jamais été aussi à l’aise que dans les moments moins surchargés, exhibant au passage un toucher plus léger, révélateur d’une sensibilité plus poétique, oserait-on dire plus féminine. ÉMILIEN MOREAU Lise de La Salle LynnGoldsmith 37 MP UO LS I QT UI QE U E CULTURE L L E Le récital de Lise De La Salle a été donné au Palais Neptune, Toulon, le 19 novembre



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 1Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 2-3Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 4-5Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 6-7Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 8-9Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 10-11Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 12-13Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 14-15Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 16-17Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 18-19Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 20-21Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 22-23Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 24-25Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 26-27Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 28-29Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 30-31Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 32-33Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 34-35Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 36-37Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 38-39Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 40-41Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 42-43Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 44-45Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 46-47Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 48-49Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 50-51Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 52-53Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 54-55Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 56-57Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 58-59Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 60-61Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 62-63Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 64-65Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 66-67Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 68-69Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 70-71Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 72-73Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 74-75Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 76-77Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 78-79Zibeline numéro 69 décembre 2013 Page 80