Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Madame Butterfl Cedric Delestrade ACM-Studio 34 M U S I Q U E L’effet papillon Divine Butterfly ! Divine Ermonela Jaho ! Gracieuse, élégante, aérienne, profonde... et l’on pourrait continuer à déverser des flots de laudatifs, tant son interprétation de cette jeune fille gracile et fragile au doux nom de Cio-cio-san, mariée à l’âge de 15 ans à l’ignoble Pinkerton (Sébastien Guèze, admirable ténor parfait dans sa posture d’impérialiste américain) a ému le public de l’Opéra d’Avignon aux larmes. Ce duo magnifique, encadré d’une distribution de très haut niveau, avec une mention spéciale pour le baryton Marc Barrard à la voix chaleureuse, soutenu par un Orchestre Régional d’Avignon-Provence en verve avec à sa tête Alain Guigal, a magnifié ce qui est certainement un des opéras les plus abouti de Giacomo Puccini. Cette musique profonde mâtinée d’orientalisme, cet hymne à la femme Madame Butterfly Cedric Delestrade ACM-Studio Mozart en son jardin Dans une saison lyrique placée sous le signe des valeurs sûres, l’Opéra de Toulon a choisi, au risque de dérouter son public, un ouvrage de Mozart peu joué et remis à l’honneur au Festival d’Aix-en-Provence en 2012 : La Finta Giardiniera. Cet opéra bouffe en trois actes, créé en 1775 à Munich, le génie n’ayant alors que 19 ans, dévoile une histoire compliquée dans un livret de second choix, assez pauvre, abusant du comique de situation, plein de masques et de faux-semblants, où les rebondissements ne mènent finalement qu’à une issue très convenue : une fois de plus, l’amour triomphe au bout de 2h30 de musique. Bien que d’un intérêt moindre au regard des chefs-d’œuvre qui suivront, cette œuvre fut quand même pour le jeune Wolfgang Amadeus l’occasion de montrer l’étendue de son talent d’orchestrateur et mélodiste hors pair à un public qui le découvrait à peine. Cette production lui a d’ailleurs amplement rendu justice tant le plateau vocal qui incarnait les différents rôles méritait tous les éloges au même titre que la direction musicale, légère et tonique, confiée à Andreas Spering. La règle théâtrale de l’unité de lieu confinait les personnages dans un unique décor floral sur fond de projections vidéos apportant à la scène une dimension temporelle, mais n’éclairant pas une intrigue malgré tout désuète. Fort heureusement, l’inspiration musicale du compositeur était encore au rendez-vous, à l’image de superbes ensembles et de beaux airs où les amateurs pouvaient découvrir une pépinière de talents lyriques de premier choix. ÉMILIEN MOREAU La Finta Giadiniera a été donné à l’Opéra de Toulon les 22 et 24 novembre Festival d’Aix-en-Provence, juillet 2012 - P.Berger violentée et humiliée reste plus que jamais d’actualité cent ans après la création de l’œuvre ! Dans une mise en scène épurée, presque minimaliste, Mireille Laroche a su tirer la quintessence de la pièce du maître italien ! La scène finale, dans laquelle l’épouse bafouée met fin à ses jours brisant à jamais le lien qui la rattache à son enfant -la touchante Violette Fauche-, est d’une pure beauté. Dans un dernier battement d’ailes s’est éteinte l’éphémère Butterfly, mais demeure en pleine lumière, dans le rouge sang du soleil d’Orient, l’universalité du message du chef-d’œuvre de Puccini. CHRISTOPHE FLOQUET Madame Butterfly a été donné à l’Opéra d’Avignon les 17 et 19 novembre Beethoven à la folie ! v Trio Les Esprits J.F La 2 e édition de la Folle Criée, consacrant deux jours à Beethoven au Théâtre National de Marseille, en collaboration avec le Festival de la Roque d’Anthéron (hors-saison), a fait recette : plus de 5500 spectateurs pour 12 concerts. Dans le Grand Théâtre, pour le premier concert, le Trio les Esprits fait le plein. Il joue « L’archiduc ». L’âme de ce jeune ensemble est Adam Laloum, formidable pianiste à la sonorité solaire, tout en écoute et recherche de fusion avec ses partenaires : Mi-Sa Yang et Victor Julien-Laferrière. Le lendemain matin, quand Anne-Queffélec s’approche du Steinway, le Petit Théâtre est bondé. La musicienne observe avec surprise un premier rang fleuri de bambins gentiment remuants. Sa Sonate « Clair de lune » fait mouche, perçue avec « une belle qualité d’écoute des enfants et de leurs parents » (dixit la pianiste), bouleversante dans sa plastique sereine, ses questionnements ou l’orage de la révolte... Au soir, c’est Etsuko Hirose qui prend le flambeau dans la grande salle toujours comble. Sa « Lettre à Elise » est léchée, analytique, mais manque de fantaisie et d’une lecture originale. C’est ce que confirment les deux belles Sonates « Pathétique » et « Tempête » livrées avec une sonorité pleine, des doigts à revendre... On entend tout : virtuosité et puissance sont au rendez-vous ! Mais on assiste au dévoilement d’une beauté romantique à la perfection un peu inquiétante... à laquelle il manquerait une voix fraîche, poétique, fragile, sensible. JACQUES FRESCHEL La Folle Criée a eu lieu les 29 et 30 novembre à La Criée, Marseille
Les Noces de Serpine Créé en 1733 à Naples, l’intermède lyrique La Serva Padrona connait un grand succès et devient rapidement une pièce autonome. Vingt ans plus tard (Pergolèse est mort entre-temps à l’âge de 26 ans), cet opéra de poche est représenté à Paris et déclenche la fameuse « Querelle des Bouffons » qui opposa ramistes (défenseurs de la tragédie lyrique française) et rousseauiste (affirmant la supériorité de l’opéra italien). À Aix, au Théâtre du Jeu de Paume le 15 novembre, c’est en français qu’on découvre La Servante Maîtresse ! Il nous faut quelques mesures d’acclimatation pour se faire à la langue, habitués que nous sommes de l’entendre dans celle de Metastase. Mais on se rend à l’évidence : le spectacle gagne en accessibilité, s’adresse ainsi à tous les publics ! D’autant plus que la mise en scène du trio de personnages est délibérément burlesque, la farce clownesque. On s’amuse aux galipettes de Scapin (rôle muet de Nicolas Gaudart), de son travestissement en capitaine fanfaron plus benêt que nature, à l’inversion ancillaire du « La ci darem la mano » mozartien : car c’est la servante Serpine qui mène le jeu de la séduction. On applaudit la scénographie efficace de Jeanne Roth (& C°), l’idée d’une « boite à lucarnes » contraignant le jeu des acteurs à un rapport facial au public, mais libérant le maitre Pandolphe au moment où l’enveloppe s’ouvre, avec fracas, à l’image d’un cœur à l’éveil du désir… Dans la très périlleuse partition pour une basse bouffe, exigeant une tessiture ample, Paul-Alexandre Dubois est impeccable (esquivant juste quelques graves profonds) et son jeu comique, au gré d’une articulation virtuose, itérative, tortueuse, s’avère de haut vol. La soprano Sevan Manoukian endosse progressivement l’habit de la mariée tandis que, roucoulades à l’appui, parodiant les tragédiennes, sa coiffe se dénoue à l’orée de l’amour. On célèbre enfin, pour parfaire la noce, l’alliance des voix avec l’accompagnement chambriste des cordes baroques de l’ensemble Café Zimmermann. JACQUES FRESCHEL e`4% La Serva Padrona a été joué au Jeu de Paume, Aix, le 15 novembre, et au Théâtre des Salins, Martigues, le 12 novembre La Serva Padrona, Café ZimmermannX-D.R o Mixtures orphiques Depuis sa création à Saint-Etienne en juin 2012, on accorde ses violons (et pas seulement à 415Hz !) pour dire que l’Orphée et Eurydice mis en scène et chorégraphié par Frédéric Flamand sur les images inventives et les costumes conçus par Hans Op de Beeck, est une féerie (voir les articles des Zibeline 53 et 68). On ne reviendra pas sur la beauté plastique des projections surprenantes d’images, belles et drôles, ses profondeurs de cadres/décors, suggérant en contrepoint ce qu’on retient du mythe... Et la robe bleue d’Eurydice danse encore dans la grisaille nocturne qui suit la représentation ! Reste que le chef-d’œuvre de Gluck (révisé par Berlioz) est un opéra peu facile à appréhender, à mettre en scène avec ses trois personnages, un chœur figé et la contrainte d’une action réduite à l’expression vocale des passions. Quelle idée salvatrice pour la musique classique de convoquer d’autres arts (à l’instar de la Réforme Gluckiste), de favoriser la circulation de leur propre énergie ! Dans la fosse, à l’Opéra de Marseille le 30 novembre, Kenneth Montgomery, aurait pu, par moment, modérer l’ardeur de l’Orchestre de l’Opéra qui, n’étant pas « baroque », couvrait parfois les graves de Varduhi Abrahamyan, excellente mezzo travestie en Orphée. On a goûté à la clarté des vocalises de l’Amour (Maïlys de Villoutreys), aux inflexions désespérées, opiniâtres paroles confinant à l’autodestruction d’Eurydice (Ingrid Perruche), au Chœur de l’Opéra qu’on n’oublie pas, même distant... en coulisse. J.F. Orphée et Eurydice a été donné par les danseurs du BNM le 30 novembre et le 1er décembre à l’Opéra de Marseille Arigatô ! a°a°, 4 9 Le mélange des styles est visible dès leur entrée sur scène : Kyû Sasayama, le chanteur, porte une veste japonaise traditionnelle noire et rouge, des lunettes rondes et couvre son crâne nu... d’une casquette des années 30. Une association originale d’époques et de genres qui se reflète également dans les mélodies du groupe Tomari (« port » en japonais), dont le deuxième membre est le guitariste Atsuhiko Takemura, qui s’inspire du ryûkôka (musique populaire japonaise née dans les années 20, qui entrecroise les styles occidentaux comme le jazz, le tango ou les musiques western avec les mélodies traditionnelles du Japon). Le résultat donne une mixture atypique associant la voix pincée et mielleuse de Kyû Sasayama avec la petite guitare électro acoustique de Atsuhiko Takemura, qui, lorsqu’il étouffe les cordes rappelle la sonorité du Shamisen (instrument traditionnel japonais de la famille du luth). En deuxième partie, le danseur Kentaro ! ! emporte le public dans la folie artistique japonaise. Ses pérégrinations chorégraphiques font de lui un danseur hybride capable d’effectuer des mouvements hip hop à une vitesse fulgurante sur des sons électro, ou encore de proposer une gestuelle plus contemporaine sur des mélodies classiques, des chansons enfantines ou tout simplement en silence. Des styles différents qui lui permettent d’évoquer toute une palette de sentiments, comme l’hésitation, l’épuisement ou le bonheur. Une très jolie preuve du pouvoir universel du langage artistique. ANNE-LYSE RENAUT Le spectacle Tomari + Kentaro ! ! a eu lieu le 6 décembre au théâtre de La Criée, Marseille, à l’occasion de L’expérience japonaise 35 MP UO LS I QT UI QE U E CULTURE L L E



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